Chapitre 7
Après avoir attaché Léon contre un arbre avec une corde trouvée dans une grange non loin, j’attendis qu’il se réveille. Quant à Nora, elle était en train de dormir contre un arbre.
Après une quinzaine de minutes, alors que l’intérieur de mon corps finissait de se régénérer, Léon se réveilla et vomit un peu d’eau de la rivière. Il me regarda et se mit à rire comme si ce qui venait de se passer n’était qu’une blague.
Ange D. : Je vais te poser deux, trois questions. De un, qui t’envoie ?
Léon : La brigade anti-S.E.B., plus précisément la nouvelle qui vient d’ouvrir à Londres. On m’a envoyé en express après l’incident survenu dans ton lycée.
Ah oui, merde, le lycée… C’est vrai que Nora m’a poignardé dans l’enceinte du lycée. Elle risque d’avoir d’énormes problèmes par rapport à ça.
Ange D. : Seconde question, comment avez-vous su que j’étais ici ?
Léon : Secret professionnel. Si je le dis, nous risquons de sauter tous les deux.
Ange D. : Tss, d’accord… Maintenant, troisième question… SAIS-TU QUELQUE CHOSE SUR MA SITUATION ? POURQUOI JE SUIS COMME ÇA ? QUE M’EST-IL ARRIVÉ, BORDEL !?
Je perdis vite mon sang-froid. En à peine 24 h, j’avais déjà failli mourir trois fois et j’avais appris que j’étais à l’origine de plusieurs meurtres. Rien que d’y penser, je me dégoûtais. J’avais envie de dégueuler.
Léon : C’est simple… Tu as eu la première manifestation de la maladie, et tu fais partie des 8 % capables de la contrôler. Tu peux être fier de toi.
Ange D. : Je suis en aucun cas fier de moi… J’ai déjà trois morts sur la conscience. L’un n’était qu’un collégien et les deux autres, des pourritures, mais… c’était pas mon rôle de les tuer.
Je craquai et me mis à pleurer.
Ange D. : Mes parents… Ma sœur… JE NE SAIS MÊME PAS CE QU’ILS PENSERONT DE MOI À MON RETOUR.
Léon : Petit, je comprends que cette révélation soit un grand tournant dans ta vie, mais faut aussi que tu fasses la part des choses. Tu es en haut de la chaîne alimentaire. Plus rien ne peut t’atteindre, personne ne peut te tuer.
Ange D. : Je m’en branle de tout ça… Je veux juste une chose de normale dans ma putain de vie.
Léon : Malheureusement pour toi, rien ne sera plus jamais normal pour des gens comme nous.
Léon se leva alors qu’il était attaché il y a à peine deux secondes.
Ange D. : Comme nous ?
Léon : En effet, je suis moi-même un déchet, MAIS en règle. J’ai passé un certificat aux États-Unis pour ne pas être pris en chasse et pouvoir prendre en chasse les autres déchets et les S.E.B.
Ange D. : Pourquoi tenter de le tuer, alors ? Propose-moi de passer le certificat !
Léon : … C’était donc ça dont je n’arrivais plus à me souvenir ! Le certificat ! Mais quel con, ah ah !
Ange D. : Donc, tu vas me dire que t’as failli me tuer sans raison apparente !
Léon : Roooh, ça va, ça arrive à tout le monde d’oublier.
Ange D. : Pas quelque chose d’aussi important !
Je n’y croyais pas mes yeux. Ce blondinet, chassant les siens pour même pas le SMIC, avait tenté de me tuer alors qu’il devait d’abord me convaincre de le rejoindre !
Ange D. : Aaah… J’ai combien de temps pour y réfléchir ?
Léon : Je te laisse deux semaines. Et pendant ces deux semaines, je devrai te surveiller de loin, mais SURTOUT de près.
Ange D. : Comment ça ?
Léon : Je vais venir vivre chez toi.
Ange D. : Hein ? Mais nan !
Léon : T’as pas le choix. Et t’inquiète pas, si tu comptes te tirer la nouille en rentrant, je te laisserai ton intimité.
Je pense que je suis bien obligé. Si je refuse, j’ai bien peur qu’il tente de me tuer ou fasse une autre connerie du genre. Je vais donc accepter, mais avant, faut que je ramène Nora chez elle… Nan, imaginons que la police soit déjà chez elle à cause de l’accident de ce midi ! Je devrais la ramener chez moi en attendant que tout se calme.
Je partis donc vers l’arbre contre lequel Nora reposait. Je la pris sur mon dos et regardai Léon.
Léon : Je te suis.
En voyant son sourire de merde, j’étais déjà saoulé par sa présence, mais bon, je pouvais pas faire autrement. Je partis donc chez moi avec Nora sur le dos et Léon qui me collait au cul. Quelle journée de merde.
A suivre…