Chapitre 212
[Traducteur - Prøks]
[Relecteur - Prøks]
Chapitre 212 : Démon de l’Épée (2)
[Controverse autour de l’abus de pouvoir du maître de guilde de Katana !]
[Révélations du chauffeur ! Les images de la caméra embarquée montrent une gifle…]
[La stagnation de la deuxième équipe d’attaque : la faute au maître de guilde de Katana ?]
[Neuf maîtres de guilde témoignent ! Le maître de guilde de Katana a volontairement négligé sa mission pour gonfler ses exploits…]
Une série d’articles parut au Japon.
Tout commença par la controverse autour de l’abus de pouvoir.
Kentaro, le maître de guilde de Katana.
« C’est un type cupide et impatient. »
Il avait toujours posé problème.
Mais ses liens étroits avec les hautes sphères japonaises avaient empêché ses frasques d’éclater au grand jour.
Jusqu’à ce que tout s’effondre du jour au lendemain.
Le Premier ministre Masato avait choisi de sacrifier le maître de guilde de Katana pour sauver sa peau.
Toutes sortes de scandales éclatèrent.
Comme si cela ne suffisait pas, on le désigna comme l’une des principales causes de l’échec de la deuxième équipe d’attaque, jetant de l’huile sur le feu de l’opinion publique.
Il regarda Nakazawa, le Démon de l’Épée.
C’était le Démon de l’Épée qui avait activement préconisé d’enterrer Kentaro.
Kim Minwoo connaissait bien son caractère, lui aussi, et avait donc contacté le Premier ministre.
« Les articles sont bien écrits. »
— En effet. C’est propre. Ce type ne s’en remettra jamais. Le Premier ministre et les neuf grandes guildes lui ont tourné le dos. Enfin, je suppose que les autres maîtres de guilde ont jugé que c’était la bonne chose à faire.
« Vous avez l’air soulagé. »
— C’était un sale petit prétentieux. Je l’ai trop gâté, et il ne savait plus rester à sa place.
« Il s’en est pris à vous aussi, Démon de l’Épée ? »
— Ça fait un bon moment que j’ai pris ma retraite. Tu crois qu’un vieil homme fini comme moi attirerait l’attention de quelqu’un qui ne connaît pas sa place ?
« Donc, vous vouliez l’enterrer. »
— Enfin, ce n’est pas plus mal pour toi non plus. Comme je te l’ai dit, ce type est mesquin. Si tu dois en faire un ennemi, mieux vaut t’en débarrasser d’abord.
Il n’avait pas tort.
Que se serait-il passé si Nakazawa n’était pas intervenu ?
« Je me serais probablement battu contre lui. »
Il aurait affronté Kentaro et, en plus, risqué de se retrouver aux prises avec la deuxième équipe d’attaque qui l’accompagnait.
Mais les choses avaient changé.
Non seulement la situation s’était réglée sans heurts, mais il se trouvait maintenant très tranquillement…
…à Kyoto.
Plus précisément, il se trouvait dans un célèbre restaurant de ramen de Kyoto.
Slurp ! Slurp !
La liste de choses à faire de Merhen.
L’une d’elles consistait à manger de délicieux ramen au Japon.
Cédric, qu’il avait lui aussi invoqué, savourait la richesse du bouillon.
— Ce bouillon est riche. Vous avez dit qu’il était fait à partir d’os de porc ?
— Délicieux. Délicieux.
Restaurant recommandé par le Démon de l’Épée : validé.
À cet instant,
son téléphone sonna.
Il reconnut le numéro.
C’était le Premier ministre Masato qui l’appelait.
« Allô ? »
— Vous avez vu ?
« Oui, j’ai lu les articles. Vous avez réglé ça proprement. »
— Ce n’était pas difficile, vu qu’il était une cible toute trouvée. Alors, comme vous me l’aviez dit… j’aimerais que vous m’aidiez à redresser l’opinion publique. Vous savez, après la catastrophe d’Hokkaido.
« Vous êtes pressé ? »
— …À votre avis, que pensera le reste du monde ?
« Rien de bon, probablement. »
— Vous avez raison. Alors, comme promis, dites-leur que la guilde Katana a fait preuve de négligence. Au bout du compte, je vous ai demandé de l’aide et vous êtes intervenu. Je pense que cela suffira. L’opinion publique se montrera alors un peu moins sévère envers le gouvernement.
« Une promesse est une promesse. Mais, vous savez, vous ne trouvez pas que la balance penche un peu trop d’un seul côté ? »
— Qu’entendez-vous par là ?
« Vous étiez dans une situation où il vous fallait sacrifier quelqu’un pour vous sauver. »
— …Vous voulez dire que vous ne pouvez pas le faire ? J’ai pourtant agi immédiatement.
« Du calme. Est-ce que je n’ai pas dit que je tiendrais ma promesse ? Repensez à ce que je vous ai dit. »
Un silence lui répondit à l’autre bout du fil.
Après un instant,
la voix assourdie du Premier ministre se fit entendre.
— …Qu’est-ce que vous voulez de plus ?
« Pas grand-chose. Vraiment. »
— D’habitude, quand on dit ça, c’est qu’on veut beaucoup.
« Je vous assure que ce n’est pas grand-chose. Au fait, le Japon mène-t-il une politique protectionniste ? »
— Qu’entendez-vous par là ?
« Non, vous avez beaucoup de bons produits. Mais vous en importez très peu. C’est dommage. »
Contrairement aux États-Unis, qui commerçaient activement,
et à la Chine, qui avait entrouvert ses portes, le marché japonais ressemblait à un brise-lames infranchissable.
C’était déjà le cas quand seul le Groupe Ilsung était en jeu, mais encore davantage depuis que Kim Minwoo était entré dans la danse.
« Depuis quand, déjà ? »
Ça devait remonter à la toute première fois où il avait battu le record du monde d’un portail de rang F. Plus Kim Minwoo se faisait remarquer, plus les exportations vers le Japon diminuaient drastiquement.
« Ce n’est pas comme si le gouvernement interdisait quoi que ce soit, si ? Notre président fait toujours la grimace. Il dit que le Japon impose sans arrêt des conditions déraisonnables. »
— …
« Je ne dis pas ça pour rien, c’est juste frustrant. Les produits Ilsung sont-ils de vulgaires produits ordinaires ? Les téléphones Ilsung s’arrachent partout dans le monde, notre équipement rivalise avec les grandes marques de luxe, et les runes se vendent comme des petits pains. Les éveillés japonais ne devraient-ils pas, eux aussi, profiter de produits de qualité ? »
C’était une bonne occasion.
Une occasion en or de pénétrer le marché japonais, si fermé.
« Le Premier ministre a beaucoup de pouvoir. »
S’il donnait son feu vert, tout serait réglé.
Le moment était idéal.
Le Premier ministre Masato était un opportuniste qui ne pensait qu’à sauver sa peau. La destitution immédiate de Kentaro en était la preuve. Il était prêt à pactiser avec le diable pour conserver le pouvoir.
Et Kim Minwoo pouvait jouer un rôle important dans le maintien au pouvoir du Premier ministre Masato.
Il devait donc lui faire une proposition à ce moment-là.
— Et si je refuse ?
« J’ai promis, alors je ferai une déclaration à la télévision en votre faveur. Mais je mettrai un peu moins de cœur à l’ouvrage. »
— Hum…
« Monsieur le Premier ministre. Devenons de bons amis. »
— …De bons amis ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
« Vous savez bien. Le président chinois, le président américain. Vous n’en avez jamais entendu parler ? »
— Vous dites que vous êtes ami avec les deux ?
« Bien sûr. Si nos relations étaient purement commerciales, aurions-nous pu être aussi étroitement liés ? »
À vrai dire, il tenait le président chinois en laisse et partageait ses bénéfices avec le président américain…
Mais le Premier ministre japonais ne pouvait pas connaître tous ces détails compliqués.
Pour être franc, le fait qu’il ait menacé le président chinois avec une bombe nucléaire était un secret d’État que même le président américain ignorait.
[NDT : J’ai vraiment oublié quand c’est arrivé.]
— D’abord, veuillez régler cette affaire.
« D’accord. »
Il avait donné sa parole.
Kim Minwoo acquiesça sans hésiter et lança la diffusion.
[EN DIRECT - Depuis Kyoto]
Les spectateurs commencèrent à affluer.
* * *
Le Premier ministre Masato, qui venait de raccrocher, attendit le direct de Kim Minwoo.
La diffusion commença peu après.
Kim Minwoo tint bel et bien sa promesse.
Il critiqua les « vieilles eaux croupies » comme Kentaro, aveuglés par leurs propres exploits, et alla même jusqu’à flatter le Premier ministre en disant que celui-ci lui avait demandé de l’aide.
— « Si j’ai pu entrer sain et sauf à Hokkaido, c’est aussi grâce à la coopération du gouvernement japonais, ou plus précisément, du Premier ministre Masato. Alors pourquoi l’ai-je critiqué ? Ceux que j’ai dénoncés, ce sont les vieilles eaux croupies comme Kentaro. Les articles sont simplement parus au même moment. »
« Hum. C’est vrai. C’est vrai. »
Les critiques sur l’incompétence du gouvernement japonais allaient ainsi prendre fin.
Et, au bon moment, un bouc émissaire était apparu.
« Au fait, cette coopération… »
Les yeux du Premier ministre brillèrent.
Récemment, les relations diplomatiques avec la Corée étaient entrées dans une période de refroidissement.
Il n’y avait pas de raison particulière à cela.
On dit bien qu’on est jaloux quand son cousin achète un terrain.
Alors, comment ne pas être jaloux quand la Corée, un pays qu’ils traitaient implicitement comme un petit frère, prospérait ?
Il entendait presque son taux d’approbation dégringoler.
Il avait donc bloqué autant d’informations que possible.
Il avait collaboré avec de nombreux NewTubers « nationalistes », déployé des armées de commentateurs et délibérément entravé la circulation de l’information.
Les membres du gouvernement du Premier ministre Masato avaient fait de leur mieux.
« Mais nous vivons à l’ère de la mondialisation. »
Masato savait lui aussi qu’il ne pourrait pas bloquer les informations éternellement.
La croissance économique de la Corée.
Et son ascension sur la scène internationale.
« Si nous ne pouvons pas l’arrêter, ne devrions-nous pas faire le premier pas… »
Même le président des États-Unis, la nation la plus puissante du monde, s’était allié à Kim Minwoo.
Et s’ils devenaient de « bons amis », quelques retombées intéressantes pourraient bien lui échoir.
Kim Minwoo n’était pas seulement un champion du classement mondial ; c’était aussi une figure clé du célèbre Groupe Ilsung.
En seulement six mois, le Groupe Ilsung était passé de la vingtième à la neuvième place du classement des entreprises mondiales.
Le Premier ministre appela le secrétaire en chef du Cabinet.
« Contactez la Corée. Organisons un match amical avec le Saint de l’Épée. »
* * *
[Le gouvernement japonais demande un match amical !]
[Démon de l’Épée contre Saint de l’Épée, premier et deuxième du Panthéon ! Le duel du siècle aura-t-il lieu ?]
[Le Saint de l’Épée Seo Jinchul accepte sans hésiter !]
[Le Démon de l’Épée Nakazawa prévoit de se rendre en Corée avec Kim Minwoo…]
Le match amical entre le Démon de l’Épée et le Saint de l’Épée.
La nouvelle, partie du Japon, secoua bientôt la Corée à son tour.
Internet s’enflamma.
— Waouh haha, ça va vraiment avoir lieu ? C’est sérieux ?
— Qu’est-ce qui se passe ? Il a toujours refusé quand le Démon de l’Épée le lui proposait, lol.
— Le Démon de l’Épée disait qu’il voulait se battre une fois avant de mourir.
— Enfin, ils ont tous les deux plus de quatre-vingts ans…
— Mais qui va gagner, à votre avis ?
— Le Saint de l’Épée. Regardez les sites de paris. C’est huit contre deux.
— L’argent ne ment pas, haha.
— Honnêtement, le Démon de l’Épée n’est-il pas surcoté ? Il est juste célèbre au Japon, non ?
— La deuxième place au Panthéon, c’est une blague pour toi ? Cela dit, c’est vrai qu’il est inférieur au Saint de l’Épée.
— Mais c’est vrai que ce sera un duel privé ?
— Vu qu’ils sont tous les deux à la retraite et leur âge, ça se tient.
— Au moins, ils nous communiqueront le résultat, haha. Je ne pensais même pas que ce combat aurait lieu.
— Grave, haha.
Le Démon de l’Épée Nakazawa.
Lui aussi suivait les nouvelles. La majorité des gens, au Japon comme en Corée, pariaient sur la victoire du Saint de l’Épée.
« Mais ça vaut le coup d’essayer. »
Ses yeux brillèrent d’un éclat acéré.
À cause de son âge.
Parce qu’il avait honte de ses actes passés.
Parce qu’il voulait se battre à la régulière.
C’était vrai : il avait voulu provoquer ce duel pour ces raisons-là.
Mais, au fond, Nakazawa était le genre d’homme à agir quand la situation lui était favorable.
S’il avait été évident qu’il allait se faire écraser, il n’aurait même pas songé à organiser le duel.
« Moi aussi, j’ai beaucoup changé. »
Après sa retraite,
au lieu de s’accrocher à une réputation inutile, il avait fait le point sur lui-même, s’entraînant et passant du temps à méditer.
Peut-être parce qu’il avait renoncé à son avidité et à son ego, son escrime avait encore progressé durant cette période où il avait entraîné son esprit, davantage qu’à l’époque où il avait livré d’innombrables batailles.
« Ces derniers temps, j’ai l’impression de voir quelque chose… »
Ça le démangeait.
« J’ai l’impression d’entrevoir un domaine plus profond que celui où l’on se contente de manier l’épée avec son corps. »
Depuis qu’il avait ressenti cette sensation, aucun épéiste japonais n’avait tenu plus de dix échanges face à lui.
« Peut-être même le Saint de l’Épée… »
Il pourrait bien prendre l’avantage. Cette idée ne l’avait pas quitté, même après avoir vu le récent record du Saint de l’Épée dans un portail de rang S.
Le regard assuré, il monta dans la voiture avec Kim Minwoo et prit la direction de la Secte de l’Épée.
Bientôt, un magnifique bâtiment en bois apparut devant eux.
Devant le portail,
un homme au visage familier se tenait là. Il s’approcha de Kim Minwoo, qui descendait de voiture avec un large sourire.
« Comment allez-vous ? »
« Je vais toujours bien. Et vous, monsieur ? »
« Moi aussi, je vais bien. Tout comme toi. »
Il tapota l’épaule de Kim Minwoo, puis posa les yeux sur le Démon de l’Épée qui l’observait derrière lui.
« Ça fait longtemps, Démon de l’Épée. »
« En effet, Saint de l’Épée. »
Les deux épéistes se dévisagèrent.
Comme il était courant chez les épéistes, le corps du Démon de l’Épée dégageait une aura acérée. Le Saint de l’Épée, lui, était différent. On ne percevait aucune aura chez lui.
Sans le savoir, on l’aurait pris pour un vieil homme ordinaire en promenade.
À cette constatation, le visage de Nakazawa se durcit.
« Il dissimule complètement son aura ? »
Impossible.
Du moins, pour les épéistes qui avaient consacré leur vie à l’épée. Même le plus médiocre d’entre eux dégageait un soupçon d’aura.
Et le Saint de l’Épée, alors ?
On pouvait certes atténuer sa présence volontairement, mais la dissimuler complètement relevait presque de l’impossible.
Surtout au point qu’un épéiste de son calibre ne sente absolument rien !
« Comment… »
« Je me demandais pourquoi tu avais changé d’avis… Tu as beaucoup progressé. »
Le visage du Démon de l’Épée se renfrogna quand il vit le Saint de l’Épée le regarder avec fierté, comme un père contemplant son fils devenu adulte.
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