Chapitre 134
Kim Minwoo fixa le président Li.
Vous ne voulez pas acheter ?
Dans ce cas, il n’aurait qu’à lui serrer le cou jusqu’à ce qu’il accepte. Maintenant que la digue avait déjà cédé, ça ne serait pas difficile.
Il lui suffirait d’être un peu plus assidu à l’avenir.
« Vous pensez pouvoir garder ce poste encore trois ans ? »
« Espèce d’insolent… ! »
Le maître de la Guilde des Neuf Dragons, debout derrière lui, s’apprêtait à dégainer son épée, fou de rage.
Une lance acérée se posa contre son cou. Le maître de guilde déglutit.
Le squelette connu sous le nom de Chevalier d’os.
Le squelette le fixait de ses yeux lumineux.
— Toi, tu n’auras pas de seconde chance.
« … »
L’attaque surprise était semblable à la précédente, mais cette fois, la lance l’avait atteint bien plus vite.
Ce n’était pas seulement une question de longueur d’arme : le mouvement était parfaitement exécuté, et la longueur seule ne suffisait pas à l’expliquer.
Hong Tao ne put s’empêcher de ravaler sa colère face à un écart de niveau aussi évident.
Sans se départir de son calme, Cédric récupéra sa lance et se rassit.
Le regard du président s’assombrit.
Il avait envie d’étrangler Kim Minwoo sur-le-champ, mais cela s’annonçait compliqué. Le problème, c’était que ça ne semblait pas si facile.
« … Hmph. Vous vous moquez de moi ? »
« Eh bien, je ne pense pas que garder ce poste coûte si cher. Après tout, ce n’est même pas votre argent, monsieur le Président. C’est celui du peuple, toujours à parler de reconstruire le pays. Pourquoi ne pas en donner un peu aux plus démunis, pour une fois ? »
Ce type était vraiment dingue.
Le président Li, qui respirait bruyamment, posa calmement sa question.
« D’abord, laissez-moi vous demander quelque chose. C’est bien un total de 600 points de statistiques ? »
« Oui, c’est exact. »
« Alors, à quoi bon l’acheter aussi cher si ça ne produit pas un effet à la hauteur ? »
Augmenter les statistiques de 600 points, quel problème cela résolvait-il ?
[NDT : 💀]
Aucun ?
C’était dépenser beaucoup d’argent pour un gain minime.
Kim Minwoo eut un petit rire.
« Bien sûr, je compte ajouter un petit service. Voyons voir. La Chine se classe généralement autour de la septième place dans les compétitions internationales, pas vrai ? Je vous ferai monter à la cinquième. »
« … Cinquième ? »
« Au moins, vous garderez la face, monsieur le Président. »
Le président garda le silence.
Si la Chine se classait septième,
c’était parce qu’elle n’avait aucun éveillé particulièrement impressionnant aux yeux du Parti communiste. Le niveau des joueurs qu’elle envoyait n’était pas mauvais, mais elle ne comptait aucune supervedette.
Si elle pouvait améliorer son classement…
« … Comment comptez-vous vous y prendre ? »
« Je suis doué pour enseigner. Comme vous l’avez vu aujourd’hui, la Guilde Ilsung en a aussi profité. »
« C’était… grâce à vos cours ? »
« Oui. Je vais vous montrer. Monsieur Hong Tao, vous êtes là ? Venez. »
Gu Long, maître de guilde, et Hong Tao s’avancèrent, l’air perplexe.
Ils se livrèrent ensuite à un combat d’entraînement.
Au bout de six échanges seulement, une épée vint se poser contre son cou.
« Vous avez de bonnes bases, mais vous manquez d’instinct. »
« … ? »
« Essayez ça. »
Une brève leçon s’ensuivit.
[Titre « Le plus grand maître » activé…]
Après quelques conseils simples, Hong Tao ouvrit de grands yeux.
« Bon sang ! Mais qu’est-ce que… ? »
Stupéfait, Hong Tao regarda le président et hocha frénétiquement la tête.
En un bref combat d’entraînement, son maniement de l’épée était devenu acéré.
Même un éveillé comme Hong Tao ne pouvait que comprendre ce que cela signifiait.
« C’est un pouvoir de monstre. »
Au sens propre.
À cette vue, les yeux du président brillèrent.
La soudaine ascension de la Guilde Ilsung.
Si c’était grâce à cet enseignement…
« La cinquième place est peut-être à portée. »
Accumuler des réussites était extrêmement important pour qui voulait garder le pouvoir.
Améliorer son classement lors de la Conquête des portails ?
[NDT : Juste pour vous prévenir, le nom n’est pas encore fixé ! Depuis quelques chapitres, je choisis celui qui sonne le mieux dans la phrase, et je confirmerai le nom quand cette compétition aura lieu. D’ici là, il continuera de changer selon le contexte. Merci de votre patience :)]
C’était très tentant.
Le président se redressa.
Il était désormais davantage disposé à discuter sérieusement.
« Si nous achetons la potion, comment comptez-vous régler cette affaire ? »
« Hmm. Et si on organisait une autre grande Bataille des guildes ? Même si la Chine, après avoir acheté les potions, perdait un combat où elle aurait eu l’avantage six contre quatre, ce ne serait pas si grave, non ? »
« … Nous négocions, puis nous nous battons ? »
« On vous entraînera juste assez pour ça. »
« Vous nous demandez donc de perdre encore ? »
« C’est toujours mieux que de se faire écraser sans pouvoir rien faire. Vous êtes doué pour ce genre de choses, monsieur le Président. Vous savez, les phrases du style : “Ce n’est que le début.” Vous vous en êtes bien sorti avec Liang Xiaojun aussi. »
« … La Chine ne peut-elle pas gagner, pour une fois ? »
« Non. »
Son refus catégorique, qui ne laissait aucune place à la négociation, fut suivi d’un bref silence.
Le président Li réfléchit.
Une défaite à six contre quatre.
Cela restait une défaite, mais si le match était disputé, contrairement à celui-ci…
« On pourrait peut-être trouver de quoi se justifier. »
Au moins, ils auraient une excuse.
De ce point de vue, ce n’était pas totalement inacceptable.
« Malgré tout, dix fois le prix, c’est excessif. Le peuple ne l’acceptera pas. »
« Il y a bien des façons de conclure un accord en secret. On n’a qu’à rédiger un contrat annexe. »
Un prix raisonnable en apparence, mais dix fois supérieur en coulisses.
N’était-ce pas le compromis idéal ?
« C’est notre première transaction, il faut du temps pour établir la confiance. Je ne vous demanderai pas une somme déraisonnable. Contentons-nous de faire prendre l’élixir à cinq personnes. 240 000 milliards. Un chiffre rond, c’est parfait. »
Le président et les membres de la Guilde des Neuf Dragons derrière lui pâlirent.
L’acheter dix fois plus cher était déjà vertigineux, mais il fallait maintenant en donner à cinq personnes ?
240 000 milliards, c’était astronomique.
La Chine était un pays socialiste.
Elle avait toujours mis en avant le bien-être social et l’égalité, mais dépenser 240 000 milliards pour renforcer cinq individus ?
Si ces cinq-là étaient entraînés et devenaient des joueurs de rang mondial, ce serait différent. Sinon, cette transaction les mènerait à leur perte si elle était découverte.
De plus, à en juger par ses propos, l’entraînement s’arrêterait à un niveau modéré.
« C’est trop. Peut-être une ou deux personnes… »
« Non. Il en faut cinq. »
Kim Minwoo se montra catégorique.
Il fallait les ferrer dès la première transaction.
Si l’accord venait à être révélé, les dirigeants essuieraient une perte colossale.
C’était pour cela qu’il fallait qu’ils deviennent une source de revenus fiable, ou plutôt des partenaires.
Le président garda la bouche close.
Il n’était pas assez naïf pour ne pas comprendre pourquoi Kim Minwoo essayait de lui soutirer une grosse somme dès cette première transaction.
« … Bon sang. »
Le président Li Zemin eut un pressentiment.
Il devait faire un choix, ici et maintenant.
Soit lui serrer la main pour de bon, soit le tuer sur place, quel qu’en soit le prix.
« Ah, au fait. »
« … ? »
« J’ai obtenu un truc intéressant au tournoi. Ça s’appelle une Bombe nucléaire. C’est à peu près comme ça. »
« … ! »
Le président Li écarquilla les yeux de stupeur en lisant la description de l’objet.
« Ça a l’air très utile. N’importe où. »
Kim Minwoo sourit.
Comme vidé de ses forces, Li Zemin soupira et murmura :
« … Vous ne vous attendez pas à ce qu’on réunisse une telle somme en si peu de temps, n’est-ce pas ? »
« Pas besoin de me payer en liquide. J’accepterai n’importe quoi. »
Les transactions ne se concluaient pas toujours avec de l’argent.
Des matières premières, des objets, des parts, des biens précieux…
Il y avait quantité de choses à recevoir en échange.
En tenant compte de tout cela, la somme n’était pas insurmontable. Le potentiel de la Chine était indéniable.
« Alors, on rédige le contrat ? Si c’est difficile, on peut payer en plusieurs fois. Que diriez-vous de deux mois ? »
C’était un contrat si généreux qu’on pouvait se demander s’il en existait un autre pareil.
* * *
Le regard du président Li s’aiguisa un instant, comme s’il avait eu une mauvaise idée, mais la Bombe nucléaire lui fit vite passer l’envie et lui servit de leçon.
Il vit alors le président signer le contrat, docile comme un agneau.
Il y apposa même son sceau avec bienveillance.
« Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Vous ne serez pas perdant, monsieur le Président. Voyez ça comme le prix à payer pour garder votre poste, d’accord ? »
« … Vous me garantissez votre coopération ? »
« Bien sûr. La cinquième place. Promis. Votre avenir est assuré, monsieur le Président. »
Les dix membres de la Guilde des Neuf Dragons qui avaient participé à la Bataille des guildes.
Ils participeraient tout naturellement à la Conquête des portails, eux aussi.
S’il faisait prendre l’élixir à cinq d’entre eux et les entraînait un peu, comment pourraient-ils ne pas atteindre la cinquième place ?
« Ce ne sera pas plus mal pour Li Zemin non plus. »
Un homme avide de pouvoir tout ce qu’il y avait de plus classique.
Il occupait la présidence depuis vingt ans sans jamais céder sa place.
Du moment qu’il avait l’assurance de conserver son poste, que la Chine pourrisse ou non lui importait peu.
C’était pareil pour les autres dirigeants. S’il s’y prenait bien, ils deviendraient une source de revenus très fiable.
« Restons ensemble encore très, très longtemps, monsieur le Président. »
— Oui. Le président Li a une tête de vieil ours, c’est adorable.
« … »
Le président, qui fixait Merhen sans comprendre, hocha la tête comme s’il avait saisi.
Ce n’était pas comme s’il n’avait qu’une ou deux invocations cinglées.
Mieux valait ne pas y penser.
* * *
[(Dernière minute !) Contrôle des exportations : le président Li Zemin n’en a pas entendu parler. Il entre dans une colère noire en apprenant la nouvelle !]
[(Dernière minute !) Les relations avec la Corée du Sud progressent à grands pas ? Ding Guangxian, vice-premier ministre chinois et sixième dans l’ordre du pouvoir, limogé sans préavis ! Ding Guangxian était activement impliqué dans ce contrôle des exportations…]
[(Dernière minute !) La Chine succombe-t-elle à Kim Minwoo ? Visite surprise de Kim Minwoo à Zhongnanhai ! Le président Li l’accueille chaleureusement en le serrant dans ses bras…]
[(Dernière minute !) Kim Minwoo qualifie le président Li Zemin de personne généreuse et franche. Tout était un malentendu. Il révèle qu’il envisage sérieusement de vendre la potion…]
[(Dernière minute !) La potion sera vendue à un prix raisonnable… Le président Li déclare que l’avenir de la Guilde des Neuf Dragons est bien plus assuré qu’auparavant !]
― Attendez, Ding Guangxian n’est pas l’un des proches de Li Zemin ?
― Quoi d’autre ? Il coupe la queue pour sauver le reste, mdr.
― Ils ont dû flipper en voyant les effets de la potion, haha.
― La Bataille des guildes s’est terminée sur un dix à zéro, alors il fallait bien exprimer des regrets, quitte à virer le sixième personnage le plus puissant, mdr.
― J’ai vérifié et ils la vendraient à 16 milliards de wons l’unité. Le coût doit tourner autour du double, non ?
― Ouais, mais même comme ça, on dirait que la Chine l’achète à un prix raisonnable.
― Pour être honnête, dix fois le prix, ça me paraissait excessif. Mais s’ils font ça, les États-Unis vont rester les bras croisés ?
― Aucune nouvelle. Qu’est-ce qui se passe ?
― Kim Minwoo a sûrement déjà contacté les États-Unis. On dirait qu’ils ont convenu de coopérer.
― Coopérer en vendant des potions à la Chine ? Les États-Unis sont hypnotisés ou quoi ? Mdr.
― C’est plutôt 8 milliards que 20 milliards, non ? Haha, tant qu’ils ne font pas de bénéfices démesurés, ils ne fermeront pas les yeux.
― Une potion de haut rang coûte environ 2,3 milliards de wons ? Ils la vendent 3 milliards en tenant compte des risques d’échec de la production et des coûts de main-d’œuvre. Dans ce cas, un coût de 8 milliards semble à peu près juste, non ?
― Alors, quoi ? Ils ont conclu un accord secret ? Pour plus du double du prix ?
― Peut-être ? Pendant ce temps, le Japon est en train de péter un câble, haha.
― La Chine reçoit la potion, mais pas eux ? Ils doivent suer à grosses gouttes. XD
― Kim Minwoo a dit qu’il ne comptait pas se rendre au Japon, haha.
― Ouais~ Il doit aller à l’Hôtel des ventes céleste, haha. Il va y étaler notre richesse, haha.
― Il a dans les 45 000 milliards de wons, maintenant ?
― Avec autant d’argent, il pourrait sûrement écraser la plupart des pays, mdr.
― (Terrifié) 45 000 milliards, c’est l’estimation la plus basse. Il y a 100 % de chances qu’il ait obtenu quelque chose de l’Arabie saoudite et de la Chine, mdr.
― Le prix de l’équipement de nécromancien crève le plafond et s’envole dans l’espace, mdr.
― Au fond, c’est peut-être normal ? Les autres pays ne veulent sûrement pas chercher des noises à Kim Minwoo, haha.
― Si tu remportes l’enchère, tu dois acheter l’objet, mdr. Si tu mises gros et que Kim Minwoo ne l’achète pas, t’es foutu, mdr.
― Il a quoi comme équipement, Kim Minwoo ? Il portait pas que du rare jusqu’à maintenant ?
― Ouais. À part une épée et quelques accessoires, il avait une tenue complète d’équipement rare. Il a dû récupérer quelques pièces de plus au tournoi… Ce n’est pas qu’un simple jeu du chat et de la souris, hein ?
Puis,
la nouvelle tomba.
[(Dernière minute !) Le président américain Robert va se rendre en Corée ?]
[(Dernière minute !) Visite très inhabituelle en Corée ? Tous les rendez-vous auraient été annulés en urgence !]
[(Dernière minute !) Robert affirme que la Corée est un allié essentiel, comparable aux Five Eyes. Il révèle qu’il se sert beaucoup de son Téléphone Ilsung. Il annonce vouloir renforcer les liens entre les deux pays comme un diamant à l’occasion de cette visite…]
[(Dernière minute !) Le président Lee Kanghoon accueille à tout moment la visite du président américain ! Il affirme que Kim Minwoo, trésor national de la Corée, a rehaussé le prestige du pays…]
― C’est quoi, ça ? Depuis quand la Corée est au même niveau que les Five Eyes ?
― Aucune idée ? Pourquoi autant de compliments sortis de nulle part ? Comme il a parlé du Téléphone Ilsung sans crier gare, c’est sûrement à cause de Kim Minwoo, haha.
― La vente des potions n’avait pas été discutée à l’avance ?
― On dirait que non. Si ça n’avait pas été discuté, les États-Unis seraient restés silencieux ? Ils auraient d’abord imposé des sanctions, mdr.
― Alors pourquoi venir en vitesse comme ça ?
― Comme d’habitude, la Corée n’a probablement rien de spécial… À voir les choses, Kim Minwoo doit transporter quelque chose de précieux, haha. Un truc qui ferait accourir même le président américain, haha.
― Kim Minwoo est fou ? Le roi d’Arabie saoudite, le président chinois et maintenant le président américain, haha.
― L’Arabie saoudite le supplie, la Chine est jalouse et les États-Unis sont nerveux, haha.
― C’est plus un carré amoureux qu’un triangle, mdr.
― On vit à l’époque de Kim Minwoo…
* * *
Après une rencontre chaleureuse avec le président Li Zemin, Kim Minwoo et son groupe rentrèrent en Corée.
Il se rendit aussitôt à la Maison-Bleue.
Le président Lee Kanghoon
accueillit Kim Minwoo avec un grand sourire.
« Monsieur Kim Minwoo, je tiens à vous remercier au nom de la Corée. Vous avez vraiment fait un travail remarquable. »
Quand Kim Minwoo avait reçu le message de la Chine annonçant sa visite, il avait cru qu’il allait s’évanouir.
Un méga-accord de 240 000 milliards.
Même pour la Chine, verser une somme pareille en liquide était difficile.
De plus, la livraison devait se faire discrètement.
Il avait donc demandé un peu d’aide au gouvernement coréen.
Des négociations secrètes entre hauts responsables des deux pays avaient eu lieu.
Ils en étaient à finaliser les modalités de livraison, par différents moyens.
C’était particulièrement vrai pour les ressources.
Il était notamment question de vendre de grandes quantités de ressources à prix réduit, de transférer à des sociétés-écrans des parts de sociétés minières publiques ou des participations détenues par l’État, et de remettre des œuvres d’art ou des antiquités de grande valeur.
Toutes sortes de solutions avaient été évoquées.
Il avait même reçu environ 50 000 milliards de wons en liquide à dépenser à l’Hôtel des ventes céleste.
On aurait dit qu’ils avaient imprimé l’argent de toutes pièces.
Comme l’émission de monnaie était restée un secret bien gardé parmi les plus hauts dirigeants, il y avait peu de chances que cela s’ébruite.
Imprimer une telle somme ne posait pas de problème.
Dans un monde où l’économie s’était considérablement développée grâce aux portails, imprimer 50 000 milliards de wons…
La Chine en avait les moyens.
Tant qu’elle fournissait suffisamment de liquidités, elle pouvait gérer la situation sans provoquer de grosses perturbations.
Quoi qu’il en soit, il continuerait à recevoir de l’argent par différents canaux, dès maintenant et à l’avenir. Le président Lee Kanghoon avait joué un rôle déterminant dans cette affaire ; il comptait donc lui accorder quelques avantages, lui aussi.
« Mais votre approvisionnement n’est pas gratuit, n’est-ce pas ? »
« Haha. Bien sûr, je compte payer le prix fort. »
Le président Lee Kanghoon répondit avec un sourire chaleureux.
Grâce à Kim Minwoo, la Corée en profitait elle aussi, indirectement.
Acheter des ressources à leur juste prix ?
N’était-ce pas justement impossible, la Chine leur mettant constamment la pression ?
Bien sûr, cet accord ne réglait pas complètement le problème des ressources, mais l’important, c’était qu’il ne s’agissait que d’un début.
Comme la Chine avait choisi de payer en plusieurs fois, une nouvelle vague arriverait le mois suivant.
Pour Kim Minwoo non plus, ce n’était pas une mauvaise affaire.
Il recevait une quantité colossale de ressources, sans compter l’argent liquide.
Il valait bien mieux les vendre au gouvernement coréen que de les garder. Ils dépassaient ce que le Groupe Ilsung pouvait consommer.
« Je pourrai écouler tout ça petit à petit. »
Une transaction discrète.
Si elle était révélée, elle ébranlerait les dirigeants chinois.
Bien sûr, vu l’étroite coordination entre les gouvernements coréen et chinois, il était peu probable que la situation dégénère trop.
« Il faut que je garde une personne dans l’ignorance. »
Les États-Unis.
Ils étaient très perspicaces.
S’il voulait continuer à se servir de la Chine comme d’une source de revenus bien pratique, le soutien et la coopération des États-Unis étaient indispensables.
Ça tombait bien.
« Le président Robert a dit qu’il voulait me voir. »
« En effet. Franchement, vous êtes le seul à pouvoir faire venir cet homme arrogant en Corée sur-le-champ, monsieur Minwoo. »
« Tant mieux. C’est bien d’avoir beaucoup d’argent quand on va à l’hôtel des ventes. »
On aurait dit qu’il pourrait aussi discuter agréablement avec les États-Unis.