Chapitre 156
Traductrice : Moonkissed
Les fansigns ordinaires coïncident généralement avec la période de suivi des ventes initiales.
C’est une stratégie marketing des agences qui relie le désir des fans de voir les artistes aux chiffres de ventes d’albums.
Ainsi, même hors période d’initiales, on cale souvent des fansigns à des moments où les ventes comptent.
Les records et les ventes, ça reste.
Mais pas pour Trois Mois, Cent Jours.
Ils ont annoncé qu’ils tiendraient des fanmeetings ou des fansigns après avoir terminé quatre semaines de promotions d’album.
[Parce que j’espère que le désir d’écouter la musique reste pur.]
C’était la réponse de Han Sion à une question pendant un live.
Le grand public avait réagi par son habituel « Tellement Hip Sion », mais le fandom était partagé.
— On doit vraiment faire ça ?
— Peut-on vraiment dissocier l’envie de les soutenir et l’envie d’écouter la musique ?
— Ils vont organiser le fansign comment ? Ils ont dit qu’ils ne voulaient pas lier ça aux ventes d’albums.
— Ça va être 100 % au hasard ?
— C’est touchant qu’ils pensent à nous comme ça, mais un peu déroutant aussi.
— Je préférerais qu’ils fassent la coupure d’achats d’albums classique.
— Pourquoi ? Moi, j’adore ce choixㅎㅎ Aucun autre groupe d’idols ne fait ça.
— C’est vrai. À l’inverse, si Trois Mois, Cent Jours devenait obsédé par l’argent, ça ferait bizarre, non ? Comme il n’y a pas d’agence, on dirait que tout relève de la volonté des membres.
— Ils ne lésinent ni sur les MVs ni sur la promo, ils devraient au moins gagner ça, non ?
— Exactement. Le point clé, c’est qu’il n’y a même pas de clip. Quel titre d’idols n’a pas de MV ?
— Mais ! Ils sont sur le point de vendre 1 million d’albums.
— ㅎㅎㅎㅎㅎㅎ C’est un peu excitant.
— Même Prism (le fandom de Take Scene) ne cherche plus la bagarreㅋㅋㅋㅋ
— Évidemment ! Ce n’est pas la même catégorie !
— Ils ne nous ont jamais déçus. Attendons de voir.
Tandis que le fandom se mettait ainsi d’accord, ce sont en réalité les autres agences qui s’agaçaient.
Pourquoi n’optimisent-ils pas les profits avec du merch ?
S’ils liaient les fansigns aux achats d’albums, ils auraient pu vendre 2 millions, non ?
Pourquoi ne font-ils pas de concerts ?
Regardez, si c’est parce que leur structure d’entreprise n’est pas totalement en place, on peut aider.
Et si on prenait 20 %, non, 30 % du revenu ?
Vous gardez 70 %.
On s’occupe de tout !
De telles propositions affluaient via le directeur Seo Seung-hyun plusieurs fois par jour.
Certaines grosses agences RP proposaient même de gérer gratuitement les fansigns en échange d’un MOU (memorandum of understanding).
Ce sont des offres qui n’arrivent que si Trois Mois, Cent Jours est extrêmement valorisé.
Car cela signifie qu’ils sont prêts à supporter des pertes présentes pour bâtir une bonne relation avec Trois Mois, Cent Jours.
Autrement dit, ils étaient sûrs que la valeur future de Trois Mois, Cent Jours compenserait largement les pertes actuelles.
C’était naturel.
Les membres de Trois Mois, Cent Jours ne mesuraient peut-être pas pleinement leur popularité, mais la Corée vivait, là, l’ère Trois Mois, Cent Jours.
Des parents ayant traversé les années 70–80 adoraient Trois Mois, Cent Jours.
Un père qui écoute de la musique d’idols avec sa fille, ou une mère avec son fils — c’était rare.
Mais Trois Mois, Cent Jours réunissait deux générations.
Et pas seulement.
Ils attiraient aussi une attention considérable aux États-Unis.
Le talent du diable avait rassemblé de vieux rockstars (pas forcément du genre rock) en passe de s’effacer de l’histoire.
Un album mêlant un son sophistiqué, niveau 2017 indéniable, et des sensibilités des années 1970–80.
Quiconque écoutait correctement The First Day ne pouvait qu’applaudir.
Bien sûr, la langue étant différente et sans promo aux US, ils ne faisaient pas partie de la culture mainstream.
Environ 250 000 albums s’étaient vendus aux États-Unis, donc ils n’avaient atteint que la demi-certification or (500 000) pour l’instant.
Ça restait un niveau qu’un artiste underground avec une popularité régionale pouvait atteindre.
Mais, quelle que soit la vente, les louanges étaient écrasantes.
Chris Edwards avait même révélé que la prochaine sortie, Players, était composée par Zion.
Au vu de tout ça, pour les boîtes extérieures, Trois Mois, Cent Jours était une terre où coulent lait et miel.
Ils étaient désespérés de s’incruster.
Ils voulaient se rapprocher.
S’ils avaient su que ça arriverait, ils auraient aidé quand Choi Dae-ho devenait fou !
S’ils pouvaient juste décrocher un featuring !
Ils auraient dû essayer de les caser en variétés à l’avance !
Des lamentations fusaient de partout.
Mais Trois Mois, Cent Jours, et Han Sion qui les menait, ne montraient aucun intérêt.
Ou, du moins, c’est l’impression que cela donnait.
Mais c’est seulement parce qu’ils ignoraient la situation exacte de Han Sion.
Pour Han Sion, l’album devait rester pur.
Le marketing n’avait pas sa place dans le désir pur des fans d’acheter un album.
[Si tu cherches à posséder l’instant de quelqu’un avec une ressource échangeable contre n’importe quoi au monde, c’est de l’offrande, du culte, et de la conquête.]
Si les achats d’albums étaient liés aux fansigns, ça ne compterait peut-être pas comme une vraie — devil’s count.
Si les gens se souciaient plus de la récompense que du désir d’acheter l’album ?
Alors ce n’était pas vraiment posséder l’instant de quelqu’un par des moyens purs.
Bien sûr, le diable ne l’avait pas expliqué aussi en détail, mais c’est ainsi que Han Sion interprétait ses mots.
C’est pourquoi le fansign n’aurait lieu qu’une fois toutes les promos terminées.
Les TT se demandait toutefois comment ils allaient gérer ça.
Puis, un jour d’octobre.
[La vidéo du festival d’aujourd’hui à l’université Kookmin !]
Comme d’habitude, les TT traînait sur le site officiel.
La page d’accueil de Trois Mois, Cent Jours était sommaire côté design mais parfaite côté fonctionnel.
Au début, la profusion de fonctionnalités déconcertait, mais on s’y faisait vite, et désormais c’était très pratique.
Ainsi, même si les fans postaient des vidéos sur YouTube, ils préféraient publier sur le site.
Comme ça, ils pouvaient profiter de vraies réactions de fans sans trolls (bon, pas totalement absents).
En outre, autrefois, il fallait payer un abonnement sur certaines plateformes pour échanger régulièrement des messages ou interagir avec les artistes.
Mais la page de Trois Mois, Cent Jours avait ses propres fonctions de communication.
C’est pourquoi le public s’est mis récemment à les appeler des « idols communistes ».
Pas au sens littéral du communisme, mais par contraste avec des idols ouvertement obsédés par l’argent, ça voulait dire l’inverse.
Même si le communisme ne signifie pas ça, le mème s’est largement répandu parce que tout le monde en comprenait l’idée.
Puis, une annonce longtemps attendue a surgi de l’équipe de management.
[Nous recherchons des TT souhaitant participer au fansign !]
Enfin !
C’est l’heure !
Comme personne n’avait la moindre idée de la façon dont le fansign serait géré, le fandom a cliqué en masse sur l’annonce.
Un questionnaire façon Google Forms est apparu.
Les questions étaient très détaillées.
Dates auxquelles vous pouvez venir à 100 % ?
Créneau horaire préféré ?
Si vous ne pouviez rencontrer qu’un seul membre, lequel choisiriez-vous ?
Votre chanson préférée ?
Qu’est-ce qu’ils tramaient donc ?
En effet, l’argent rend le sourire.
Après avoir reçu leurs règlements, les membres semblaient tous plus détendus.
Surtout On Saemiro…
— On Saemiro. Je t’ai dit de mettre de côté.
— Je peux pas cocher quelques items de ma bucket list avant d’épargner… ?
Il était obsédé par le shopping.
Acheter des tonnes de petits objets entre 10 000 et 30 000 wons.
Mais en regardant sa bucket list, je me suis senti un peu coupable, alors j’ai laissé faire.
Elle était vraiment modeste.
Il cochait la plupart des items, mais apparemment n’avait pas encore mangé de gâteaux de poisson jusqu’à satiété.
Où trouver des stands d’eomuk en octobre ?
Ce n’était pas intentionnel, mais comme nous avions décliné la plupart des offres de variétés, notre valeur montait.
Dans ce milieu, la rareté égale l’argent.
Alors que nous vaquions à nos journées, j’ai entendu une info intéressante au festival d’aujourd’hui.
Par chance — ou malchance — nous n’avions encore jamais croisé Take Scene en events.
Soit les agences évitaient volontairement les chevauchements, soit Lion Entertainment jouait la prudence.
Même humilié par nous, l’influence de Choi Dae-ho n’avait pas disparu.
Lion Entertainment restait l’une des trois plus grandes agences de Corée, et Choi Dae-ho demeurait l’un des producteurs les plus performants.
Il ne leur était donc pas difficile d’éviter d’être programmés en même temps que Trois Mois, Cent Jours.
Mais…
Aujourd’hui, au festival de l’université de Gunam, nous allions rencontrer Take Scene.
Comme nous avions été bookés à la dernière minute, Take Scene ne pouvait pas éviter.
Ce qui était intéressant, c’est qu’aucun membre de Trois Mois, Cent Jours ne semblait nerveux.
— On ferme la soirée de toute façon. Take Scene ouvre.
— Vraiment ?
— Et puis…
On Saemiro me souffla à l’oreille.
— J’ai croisé Juyeon à Masked Singer.
— Oui.
— Et j’ai gagné.
Eh bien, c’est vrai.
Take Scene n’est pas un groupe facile.
Il est rare que quelqu’un débute à Take Scene plutôt qu’à For the Youth, mais je connaissais le nom de Take Scene déjà avant.
Parmi eux, Juyeon réussirait comme vocaliste solo après avoir laissé tomber l’étiquette d’idol.
Mais…
Même en me retirant de l’équation, Trois Mois, Cent Jours était désormais meilleur.
Par le passé, il y avait un biais dû aux attaches personnelles, mais objectivement, c’était le cas à présent.
Alors j’ai souri.
Jusqu’ici, les membres de Trois Mois, Cent Jours manquaient de confiance à cause de ma présence.
Ça sonne comme une phrase de collégien, mais c’est vrai.
Je suis un régressé qui a consacré d’innombrables années à la musique.
J’ai toujours vécu au sommet du Billboard, gagné des Grammys, et été considéré comme l’un des plus grands chanteurs de tous les temps.
Donc mes compétences ne sont pas quelque chose qu’on cache ou qu’on esquive facilement.
C’est pour ça que The First Day a réussi, et que Trois Mois, Cent Jours a pris confiance.
J’attends notre prochain album avec impatience.
Une fois le projet Self-Made avec le PD Kang Seok-woo terminé, je veux lancer la production d’album.
Je sais que c’est normalement le moment d’un single ou d’un mini…
Mais j’aime les albums physiques.
Il faudra que je les amadoue.
Tandis que je pensais à ça, le festival a commencé.
Personnellement, je ne m’attendais pas à ce que Take Scene se pointe en loge.
Les artistes occupés calquent généralement leur arrivée pile à l’heure pour les festivals universitaires.
Si nous étions assis ici, ce n’était pas par envie.
On tournait Self-Made, en filmant Trois Mois, Cent Jours dans ses déplacements.
Vu notre relation avec Take Scene, le plus normal aurait été que le van de Lion Entertainment attende dehors puis reparte après leur scène.
Mais non.
— Bonjour. Vous allez bien ?
Comme s’il s’y était préparé avant d’entrer, le leader de Take Scene, C.U, sourit naturellement et nous salua.
Les membres de Trois Mois, Cent Jours se levèrent tous pour répondre.
Je n’étais pas certain, mais apparemment certains de chez nous étaient proches de membres de Take Scene.
Koo Taehwan n’était-il pas proche de Ready ?
Hormis Fade, je n’avais pas d’animosité particulière non plus.
Mais les relations se façonnent selon les circonstances — il n’y avait aucune raison d’être encore proches.
En regardant ces salutations un peu gênées, je m’approchai de Fade.
— Salut ?
Fade se mordit la lèvre, jeta un coup d’œil aux caméras de Self-Made installées pour le tournage, puis hocha légèrement la tête.