Chapitre 155
Traductrice : Moonkissed
L’explication du PD Kang Seok-woo était simple.
L’émission de variétés serait divisée en Saison 1 et Saison 2, la Saison 1 tournée en Corée et la Saison 2 à l’étranger.
Ce que l’équipe de production voulait montrer en Saison 1, c’était le caractère et la musique de Trois Mois, Cent Jours.
— Trois Mois, Cent Jours est trop peu connu au regard de sa notoriété et de ses accomplissements. Surtout leur manière de travailler, de s’exercer, etc.
Une partie avait été dévoilée via des contenus autoproduits, mais attendre de toute la nation qu’elle regarde des contenus autoproduits n’était pas réaliste.
Dans Coming Up Next, ils avaient dû se retenir un peu pour ne pas paraître trop bons pendant les take scenes.
À ce moment-là, Lee Ion leva la main pour poser une question.
On m’appelle souvent « garçon confucéen », mais le macho américain, c’est moi. Le vrai garçon confucéen, c’est Lee Ion.
Le voir réellement lever la main pour demander :
— Les gens s’intéresseraient vraiment à notre travail musical ?
— Normalement, non. Pour la plupart des chanteurs, la fabrication musicale n’est qu’une pastille de 30 secondes.
Mais là, si.
Trois Mois, Cent Jours avait créé du buzz avec les grands maîtres, était passé dans Color Show et était même entré au Billboard.
— On pourra aller bien plus loin dans la musique que dans les variétés habituelles. Et si vous préparez un single ou un mini, vous pourrez aussi le promouvoir.
Mais se concentrer uniquement sur la musique n’offrant pas assez de variété, on leur donna un objectif de collecte d’argent.
— Ça va durer combien de temps ?
— On vise trois mois de tournage domestique, ajustables de quelques semaines selon les circonstances.
— Qu’est-ce que ça veut dire exactement, “cacher notre identité” ?
— Exactement ça.
S’ils voulaient gagner de l’argent via des apparitions publiques, ils devraient se maquiller pour dissimuler leurs visages, et ne pourraient pas utiliser le nom Trois Mois, Cent Jours en ligne non plus.
— L’argent que vous gagnerez deviendra le budget voyage de Trois Mois, Cent Jours. Sauf transport et hébergement.
Le PD Kang Seok-woo ajouta ensuite que l’émission ne serait pas littéralement tournée avec uniquement l’argent qu’ils gagneraient.
Le montant que Trois Mois, Cent Jours gagnerait serait abondé d’un montant équivalent par le budget de production de la chaîne.
Il suggéra aussi que ça ferait bonne impression de donner l’argent gagné par Trois Mois, Cent Jours.
— Voilà pour la proposition de la prod. Qu’en pensez-vous ?
— S’il s’agit de ventes musicales, les règlements ne tomberont pas tout de suite, non ? Si on passe trois mois à faire de la musique mais qu’on sort tard, le règlement viendra peut-être trois mois après.
— On consultera des experts. Vu votre niveau de popularité, on peut estimer grossièrement ce qui se règlera pendant ces trois mois.
— Et si on joue dans des festivals régionaux en cachant nos visages, mais avec des caméras qui nous suivent, ça n’aura pas l’air bizarre ?
— On le déguisera en documentaire sur un musicien indé inconnu.
Les membres de Trois Mois, Cent Jours et le PD Kang Seok-woo poursuivirent en mode questions-réponses.
À mon avis, ce n’est pas un très bon format de variété.
Pour un musicien inconnu, gagner de l’argent uniquement par la musique, c’est difficile.
Même en faisant du busking toute la journée en Corée, est-ce qu’on ferait même 100 000 wons ? Après transport et nourriture, il ne resterait pas grand-chose.
Bien sûr, si je vendais sérieusement des compositions à des agences de divertissement, je pourrais gagner de l’argent…
Mais pour une émission de variétés, ce ne serait pas très divertissant.
Cependant, le PD Kang Seok-woo secoua la tête devant ma remarque.
— On veut un réalisme maximal.
— Réalisme ?
— Oui. Ce plan ne vient pas de l’ignorance. Laissez-nous la valeur entertainment. Vous, contentez-vous d’essayer de gagner de l’argent par la musique.
D’après le directeur Seo Seung-hyun, les débuts de Trois Mois, Cent Jours avaient déjà secoué l’industrie.
Des trainees démissionnaient, la scène indé bouillonnait, et la demande en compétences de composition montait en flèche.
La croyance s’était répandue : si tu es bon en composition, tu peux percer en solo ou en idol même sans agence.
Faisant écho aux mots du directeur Seo, le PD Kang Seok-woo dit que Trois Mois, Cent Jours pouvait montrer le désespoir ou l’espoir de l’indépendance — du moment que c’était réel.
Oh ?
Dans ce cas…
— PD Kang Seok-woo.
— Oui ?
— Et si on gagnait une somme énorme dans ces trois mois ?
— Ce serait bien, non ? Il y a un problème ?
— Vous avez dit que la chaîne égalerait le montant gagné pour les coûts de prod.
— Exact.
— Et si on gagnait, disons, 10 milliards de wons ?
— Dix milliards ?
Tandis que les yeux de Kang Seok-woo s’écarquillaient, les auteurs à côté ricanaient en griffonnant frénétiquement.
Ils prenaient ça pour du grand n’importe quoi.
Bien sûr, dix milliards, c’était ridicule.
Un artiste inconnu ne reçoit pas de cachets d’apparition.
Mais j’avais volontairement exagéré pour orienter la conversation.
— Quel que soit le montant, ça va. La chaîne l’égalisera.
Le format de l’émission semblait arrêté.
L’espoir des musiciens indépendants, le désespoir de la chaîne.
— Ah, on discute encore de quelques titres, mais on penche pour “Self Made”.
Un truc du genre mettre notre nom dans Self Made.
Se(dal)lf Made, par exemple.
Là-dessus, la réunion variétés prit fin.
On est rentrés au dortoir, qui nous semblait désormais la maison, et on a tenu une réunion entre membres.
— Une réunion pour les variétés ? On n’a même pas commencé à tourner.
Je secouai la tête à la remarque de On Saemiro.
Le sujet du jour n’est pas la variété, c’est l’argent.
Et, coup de chance, le concept de l’émission tourne aussi autour de l’argent.
— C’est à propos du règlement.
— Du règlement ? C’est pas beaucoup trop tôt pour ça ?
On a joué à huit festivals universitaires en septembre, et bien plus d’événements sont bookés en octobre.
Surtout que les ventes d’album ont explosé, nos cachets ont grimpé.
Octobre sera un gros mois de revenus.
Cependant…
— L’investissement initial a été lourd.
Avec les revenus de cette année, impossible d’atteindre l’équilibre.
Surtout en ajoutant salaires et primes du staff.
Je me sens responsable.
Notre album dépassera à coup sûr le million d’exemplaires, et avec des ventes régulières, on pourrait viser 1,5 million.
Ce sera probablement l’album le plus vendu de 2017.
Mais on n’a pas gagné grand-chose sur l’album lui-même.
À cause de l’édition limitée et du lecteur CD, il ne nous reste pratiquement aucune marge.
À l’origine, je comptais fournir le lecteur CD de ma poche.
C’était un caprice personnel.
Mais les membres s’y sont fortement opposés, alors c’est devenu un investissement initial, qui a sévèrement rogné la rentabilité.
On n’a pas perdu d’argent, mais on n’en a presque pas gagné.
Seuls les revenus de streaming tombent réellement sur notre compte.
Notre problème de revenus ne concerne pas que l’album — les clips aussi.
Le MV de State Of Mind est sorti superbe.
Mais il a coûté une fortune (bien plus que les gens ne l’imaginent) et compte aussi comme investissement initial.
C’est pour ça qu’on n’a pas fait de MV pour Pin Point.
Moi, dépenser, ça ne me dérange pas, mais les membres, si.
Même sans rien dire, ils s’inquiètent du fardeau d’investissement qui s’accumule.
Mais tout ça, c’est parce que j’ai besoin de vendre 200 millions d’albums.
Si Trois Mois, Cent Jours était un groupe « normal », ils capitaliseraient sur le succès de l’album avec une ribambelle d’événements, d’émissions de variétés et de concerts.
C’est pourquoi je voulais être honnête.
Surtout en pensant à la situation de portefeuille de On Saemiro, il est important de faire quelques règlements vite.
Le logement et les repas sont couverts par la carte société, mais ils veulent sûrement des avoirs personnels aussi, non ?
— Ma proposition : réglons la moitié des bénéfices et utilisons l’autre moitié pour réduire la dette.
— Ça ne va pas prendre une éternité à rembourser ?
Ion hyung posa la question, et je marquai une pause.
J’avais beaucoup réfléchi à la façon d’aborder cette discussion.
Jusqu’à la dernière minute, j’hésitais entre enjôler avec de belles paroles ou être franc.
Normalement, j’aurais choisi la persuasion, mais pas cette fois.
Cette vie est différente — j’ai décidé d’être direct.
— Si on le voulait, on pourrait gagner bien plus d’argent.
Quand un chanteur réussit, les agences engrangent des profits énormes.
Mais nous n’avons pas d’agence. En dehors des frais d’activité, tout est à nous.
Et si on augmentait le prix du deuxième album, ajoutait des photocards aléatoires ? Maximiser les goods ?
On se ferait critiquer.
On dirait que le succès nous a changés.
Et ils auraient raison.
Pour le premier album, on a dû jouer la carte du « marketing vertueux » à cause des pressions extérieures.
On avait besoin du public et du fandom avec nous.
Mais à partir du deuxième album, on pourrait maximiser les profits.
La pluie d’argent en vaudrait-elle la peine, malgré les critiques ?
Ce n’est pas tout.
On pourrait se contenter de sortir des singles et des minis, vivre d’événements et de concerts.
Sortir un album complet tous les 2–3 ans.
C’est ce que font la plupart des artistes.
Et il n’y a rien de mal à ça.
Les artistes méritent de gagner de l’argent et de se reposer.
Mais moi, je ne veux pas ça.
Même avec 10 millions d’exemplaires par an, il faudrait 20 ans pour atteindre 200 millions.
Je veux sortir des albums chaque année.
Sortir aussi mes propres singles et des albums de producteur.
Donc…
J’espère qu’on ne remboursera jamais complètement l’investissement.
Ce serait idéal si les membres vivaient dans le confort avec la moitié des bénéfices pendant que l’entreprise reste à jamais endettée.
Et j’espère qu’on n’aura jamais à faire des variétés ou des events juste pour éponger la dette.
Je veux que Trois Mois, Cent Jours, ce soit d’abord la musique, ensuite l’argent.
Je sais que c’est égoïste.
Je sais que tout ça sert mon objectif.
Mais je voulais être honnête avec les membres.
Quand j’eus fini, les membres clignèrent des yeux, puis parlèrent.
— En gros… tu dis que tu veux qu’on continue ensemble pour toujours, mais tu l’as emballé en discussion financière ?
— … ?
Je cillai à la réplique de Lee Ion.
De quoi il parle ?
Alors On Saemiro prit le relais.
— Je pense que tu te trompes sur un point. Moi, je me sens déjà plutôt luxueux, là, tout de suite.
— Là, tout de suite ?
— Je dors dans un lit, je chante pour vivre, je mange ce que je veux.
— Certes…
— Et si on touche la moitié des bénéfices en règlement, on n’est pas riches, là ?
Choi Jaesung enchaîna.
— Moi, l’argent m’importe peu. Je veux juste de la popularité.
— Pareil. Ma champignonnière se porte très bien.
Mes réflexes de régressé, un brin sombres, commencèrent à remonter.
Ils disent ça maintenant, mais dans 3–4 ans, ne seront-ils pas comme tous ceux que j’ai déjà rencontrés ?
Ils s’énerveront, demandant pourquoi on doit travailler si dur alors qu’on a déjà suffisamment réussi.
Mais…
J’ai vu ces membres.
Comment ils ont tout sacrifié pendant une semaine pour enregistrer Resume sous ma direction.
Comment ils étaient aux anges en recevant un 70/100.
Alors je ne jugerai pas trop vite.
Pas avant qu’ils ne me déçoivent d’abord.
— Très bien. On fait comme ça. Mais quand vous touchez vos règlements, mettez bien de côté.
— Pourquoi ?
Pourquoi ? Évidemment.
Pour acheter du Bitcoin.
Pas maintenant — d’ici un an environ.
Ainsi, nous avons arrêté notre position.