Chapitre 132
Traductrice : Moonkissed
On dit souvent : « Les vrais fans parmi les fans sont les fans occidentaux. »
Cette expression est née du fait que les passionnés occidentaux sont connus pour plonger dans une culture avec une ampleur et une expertise considérables.
Ils aiment particulièrement l’analyse et le débat, si bien qu’il n’est pas rare de voir des fils de forum ou des communautés en ligne s’embraser en véritables batailles d’interprétation dignes d’un séminaire universitaire.
Mais si le genre en question est le blues, profondément enraciné dans la culture américaine ?
Et si cela implique Donald McGus, un géant du blues ?
Il n’y avait pas besoin d’en dire plus.
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La querelle monta rapidement à plus de dix mille commentaires.
Cependant, ce n’était pas une bataille pour savoir si la musique était bonne ou non.
Quiconque appréciait le blues ne pouvait que reconnaître le génie de la performance conjointe de Han Sion et Donald McGus.
Le sujet du débat était simple :
— On l’entend bien, non ? C’est Donald McGus qui mène la pièce. Aucun doute là-dessus.
— Juste parce que quelqu’un mène ne veut pas dire qu’il est techniquement supérieur. Regarde 0:34–0:46. La technique de guitare de Zion provoque une dissonance avec McGus. Ça veut dire qu’il n’a pas pu suivre.
— C’est évident, non ? Donald McGus improvisait, et ce Zion jouait un passage préparé à l’avance.
— Conneries. Alors comment tu expliques 1:11–1:17 ? McGus s’amuse avec la blue note et Zion répond instantanément. Comment ça ne serait pas de l’improvisation ?
— D’accord. C’est un call-and-response parfait.
— Bon… C’est vrai que la spontanéité de Zion brille ici, mais ça ressemble plutôt à une sorte de rubato.
— Je confirme. Seule cette partie était improvisée.
Donald McGus et Zion.
Lequel des deux était meilleur ?
C’était le cœur du débat.
Et, en poussant plus loin : la performance de Zion était-elle vraiment improvisée ?
Mais qu’ils participent à la querelle ou qu’ils se contentent de l’observer, tous s’accordaient sur un point.
Que Zion et Donald McGus étaient des musiciens de calibre égal.
C’était stupéfiant.
Qui était Donald McGus ?
Un musicien qui avait débuté il y a 48 ans, à seulement 18 ans, et qui n’avait jamais quitté l’échelle du blues depuis.
L’arbre le plus profondément enraciné du genre, portant les cernes de l’âge et de l’expérience.
Alors, qui était ce jeune homme, échangeant des mélodies avec un tel maître, d’égal à égal ?
— À Seaside Heights, Zion est une légende. Il a captivé tous les musiciens de la ville en une semaine seulement.
— Quand il a pris l’open mic du théâtre, le public était envoûté. Il jouait mieux du piano que de la guitare, et chantait en même temps.
— (Vidéo) Ici, il joue de la basse. Et apparemment, ce n’était même pas la sienne, mais une empruntée.
Une avalanche de témoignages dignes de légendes urbaines suivit, mais personne ne connaissait vraiment la véritable identité de Zion.
Car Sion n’avait jamais parlé coréen durant son séjour à Seaside Heights.
Alors, quand des rumeurs commencèrent à dire que Zion pourrait être un guitariste japonais ou un pianiste chinois…
— Attendez, le gars dans cette vidéo de Color Show, c’est pas Zion ?
— Hein ? Je crois que tu as raison.
— Non, regarde les vêtements, ils sont différents.
— Les vêtements, ça se change, idiot.
— Il n’a pas l’air plus jeune dans Color Show ? On dirait un gamin.
— Ferme-la et écoute la guitare dans Color Show. C’est Zion.
Il y eut quelques allers-retours, mais même dans Colorful Struggle de Trois Mois, Cent Jours, Han Sion avait une partie de guitare.
Et bien qu’il y eût une différence entre guitare électrique et acoustique, cela suffisait aux superfans occidentaux pour analyser chaque style et habitude de jeu en détail.
— C’est lui ! Ce gars, c’est Zion de Seaside Heights !
— Sa manière de finger les accords diminués est identique. Ce ne sont pas des accords ouverts.
— Oui ! C’est bien lui !
La conclusion fut atteinte.
L’homme qui était apparu de nulle part et avait bouleversé Seaside Heights, jouant un instrumental jazz digne d’un Grammy avec Donald McGus…
— En fait, c’était un artiste K-pop ?
— Oh, j’ai toujours pensé que la K-pop finirait par cartonner en Amérique. Ils sont vraiment passionnés.
— Je pensais que la K-pop, c’était que de l’entraînement mécanique.
— K-pop ou pas, Zion mérite du respect. Son talent est réel.
— Trop stylé, frère.
Les vues du Color Show explosèrent.
Les chiffres en Corée n’avaient aucune comparaison.
La base culturelle était tout simplement plus large en Occident.
Et Colorful Struggle devint la chanson composée par Han Sion qui resta le plus longtemps classée au Billboard.
Cela signifiait que le morceau correspondait parfaitement à la sensibilité émotionnelle occidentale.
Même s’il était interprété avec Trois Mois, Cent Jours, l’essence de la chanson demeurait inchangée.
— Il nous faut l’audio.
— Pourquoi diable Apple Music ne le distribue pas ?
— Bande d’idiots. Il est dispo partout sauf sur Apple Music.
— Pourquoi pas sur Apple ? À cause de Samsung ?
— Plausible.
— Ah, Apple Music vient de l’ajouter. Il y a dû avoir un retard dû à un contrat de diffusion.
— Mais ça veut dire quoi Sedalbaekil ?
— Sedal veut dire apaiser en espagnol.
— Comme soulager le mal de dos ? C’est bizarre.
— Plutôt soulager les blessures du passé, peut-être ?
— Haha. S’ils étaient des gangsters, ça voudrait dire effacer les crimes passés—comme Snoop ou Pusha T.
— Les fans de hip-hop, dégagez.
— Je suis le seul à trouver que le sens du rythme de Koo est vraiment unique ?
— J’ai jamais trouvé les Asiatiques de l’Est sexy avant, mais Lee est vraiment charismatique.
— Barrez-vous si vous êtes là juste pour le physique.
— Quelqu’un a d’autres recommandations de leurs morceaux ?
À ce moment-là, les internautes coréens s’étaient déjà mobilisés.
Des vidéos sous-titrées de Han Sion et Trois Mois, Cent Jours dans Coming Up Next furent mises en ligne, avec Resume.
Fait surprenant : les auditeurs occidentaux n’accrochèrent pas tant que ça à Seoul Town Funk.
Ils reconnurent que l’arrangement était excellent, mais ne voyaient pas l’intérêt d’écouter une reprise quand l’original existait.
Les chansons qui les firent vraiment vibrer furent Resume et, de manière inattendue, Under the Streetlight.
— Oh, le rock progressif, mort aux États-Unis, vient de sortir de son cercueil en Corée !
— Wow, les musiciens coréens sont tous aussi incroyables, ou c’est juste eux qui sont extraordinaires ? Ils couvrent tellement de genres !
— Sedal doit être une superstar en Corée ?
— Non non. Ils ont débuté via une émission de télé-réalité cette année. On dirait qu’ils commencent seulement à être connus.
— J’ai regardé Coming Up Next aussi. Les sous-titres étaient moyens, mais ça valait le coup. Par contre, y’avait un truc bizarre.
— Quoi ?
— C’était pas une compétition pour débuter, et Sedal a perdu ? Alors pourquoi ils sont sur Color Show ?
— Sedal a perdu ? Leurs adversaires étaient si bons que ça ?
— D’après ce que j’ai entendu, ils étaient juste moyens. Mais le plus drôle, c’est que Chris Edwards y apparaît.
— Quoi ?
Seaside Heights.
Zion et Donald McGus.
Coming Up Next.
Toutes les chansons de Trois Mois, Cent Jours.
Peu importe par où on entrait dans l’histoire, on revenait toujours à Color Show.
— Merde. Je viens d’écouter Colorful Struggle. Morceau de dingue.
— Je pensais que c’était juste des nerds de la K-pop qui en faisaient des caisses—mais non. C’est fou.
Le R&B contemporain à base rock de Colorful Struggle avait frappé en plein dans le goût des auditeurs occidentaux.
Et puis, l’impensable arriva.
HOT R&B/HIP-HOP SONGS
…
Colorful Struggle – Sedalbaekil
HOT R&B SONGS
…
Colorful Struggle – Sedalbaekil
Ils entrèrent dans le Billboard.
48ᵉ du classement R&B/Hip-Hop (qui va jusqu’à 50).
24ᵉ du classement R&B Songs (qui va jusqu’à 25).
Bien sûr, ce n’étaient pas des charts majeurs comme le Hot 100 ou l’Album 200.
Mais parmi les classements « secondaires », le chart R&B était l’un des plus importants.
Même au niveau le plus bas, y entrer n’était pas une mince affaire.
Et si le Color Show avait beaucoup d’influence, y apparaître ne garantissait pas d’entrer au Billboard.
— Si la performance avec Donald McGus avait été sortie, ils auraient explosé le classement Jazz Instrumental.
— Non, atteindre la 48ᵉ place du chart R&B est encore plus impressionnant.
— En gros, c’est nous les nerds qui les avons mis dans les charts. Mission accomplie.
— Le morceau était bon, abruti.
Les auditeurs américains qui avaient d’abord découvert Zion étaient sidérés.
Ils suivaient juste un nouveau talent du blues—et voilà qu’il apparaissait dans les charts R&B.
Mais aussi surpris qu’ils soient…
Cela ne pouvait se comparer à la Corée.
[Trois Mois, Cent Jours entre dans le Billboard à la 24ᵉ place !]
[Trois Mois, Cent Jours fait l’histoire sur Billboard !]
Les gros titres s’emballaient, traitant la 24ᵉ place du chart R&B Songs comme s’il s’agissait du Hot 100.
Ceux qui connaissaient la vérité pestaient contre l’exagération, mais le grand public s’en fichait.
Plutôt que les détails techniques, ils retenaient simplement que Trois Mois, Cent Jours avait atteint la 24ᵉ place du Billboard.
L’affaire prit feu.
Oubliez Choi Daho—ne fallait-il pas contacter Trois Mois, Cent Jours immédiatement ?
Ne fallait-il pas commencer à les booker ?
Ce sentiment se répandit vite.
Puis, une publicité de 15 secondes fut diffusée à l’échelle nationale, balayant ce qu’il restait de l’influence de Choi Daho.
Un teaser de Stage Number Zero.
— C’était pas ce gars-là qui avait chanté —— dans —— ? Pourquoi un chanteur pro se pointerait ici ?
Des flashs rapides de scènes intrigantes passèrent à l’écran.
Puis soudain, le rythme ralentit.
Et alors…
— J’espère qu’ils donneront tout.
— Et si possible, qu’ils gagnent.
Trois Mois, Cent Jours apparut au complet.
C’était toute leur apparition.
Le reste de la pub se limitait aux infos de diffusion de Stage Number Zero.
[Qui deviendra la véritable star de Stage Number Zero !]
Seulement deux ou trois secondes sur une pub de quinze secondes.
Mais l’impact fut colossal.
— Bordel, Trois Mois, Cent Jours va être dans SNUMZERO ???
— C’est quoi ce délire mdr. Billboard et maintenant SNUMZERO ?
— On peut pas juste supposer qu’ils ont déjà gagné et leur filer l’argent ? Nos gars doivent tourner un MV de Colorful Struggle…
— Passant par ici. Franchement, c’est une super idée.
— Allez, SBN. Faites un sacrifice noble. Donnez le prix à Trois Mois, Cent Jours et choisissez un dauphin.
— Mdr… Tentant.
— Trois Mois, Cent Jours, lançons un crowdfunding pour l’album. J’arrête de boire et je les soutiens.
— Neuf ans de vie indé, même en ignorant les girl groups à l’armée… et maintenant je tombe pour un boy group…
La réaction du public ne laissait aucun doute.
À ce stade, Trois Mois, Cent Jours était un booster d’audience garanti et un atout de premier ordre.
Ils avaient franchi le point de bascule.
L’influence de Choi Daho s’était volatilisée.
Les appels affluaient.
Même des grandes émissions de variétés de chaînes publiques—chose rare pour des rookies.
Et enfin, la nouvelle que le fandom de Trois Mois, Cent Jours attendait désespérément arriva.
[Music Taste de SBN confirme la participation de Trois Mois, Cent Jours !]
— Enfin !
— Une émission musicale !!!!!!!!!!
— Enfin la fin de l’ère Dahoㅠㅠㅠㅠ
— Leur pré-enregistrement devrait être déclaré jour férié national ??
Mais une nouvelle inattendue suivit.
[La chanson de promotion de Trois Mois, Cent Jours ? Colorful Struggle + piste pré-sortie du prochain album]
C’était un teaser d’album.