Chapitre 120
Traductrice : Moonkissed
Je me suis présenté volontairement à la Commission de la Concurrence.
Ils ne m’avaient pas encore officiellement convoqué, mais comme nous étions sur le point de lancer le recrutement du fan-club, j’ai pensé qu’il valait mieux régler ça rapidement.
La Commission de la Concurrence avait semblé prise de court lorsque j’ai appelé, mais en réalité, ils étaient ravis que l’affaire puisse être traitée plus tôt.
Bien sûr qu’ils l’étaient.
Ce n’est qu’un groupe de fonctionnaires.
Ils veulent que les problèmes bruyants soient réglés aussi vite que possible, et idéalement sans travail supplémentaire de leur part.
Alors j’ai répondu à leurs attentes.
— Euh, c’est…
L’agent de la Commission me regarda, abasourdi.
— Je vous en prie, continuez.
— Donc vous dites que toutes ces activités ont été financées entièrement par vos biens personnels ?
— Oui. Les documents que je viens de fournir en font foi. Ils ont été préparés avec mes conseillers juridiques et fiscaux.
— D-d’accord. Je vais regarder ça.
L’agent se mit à parcourir les documents.
Techniquement, il n’y avait aucune nécessité de les examiner aujourd’hui.
Aucun enquêteur n’avait encore été officiellement désigné, et aucune enquête formelle n’avait commencé.
C’était davantage une consultation préliminaire.
Son examen relevait donc uniquement de la curiosité personnelle.
Mais au lieu de satisfaire sa curiosité, cela ne fit que l’attiser.
— Ce relevé de revenus est exact ? Vous avez vraiment gagné autant grâce à vos investissements ?
— Oui.
— Comment ?
— J’ai travaillé très dur.
— Est-ce que moi je n’ai pas assez travaillé… ? marmonna l’agent pour lui-même, surpris, avant de reprendre vite une expression sérieuse.
— Si tout est conforme, nous pourrons publier rapidement un communiqué.
— Merci.
L’issue était évidente.
Si nous avions ignoré Lion Entertainment et signé avec une autre société, il y aurait peut-être eu matière à des débats juridiques.
Lion n’aurait pas gagné, mais ils auraient pu faire traîner les choses par manipulation médiatique, ce qui aurait été agaçant et potentiellement nuisible à l’image du groupe.
Mais nous étions partis en indépendants.
Qui pouvait critiquer ça ?
Seule la mafia ou les yakuzas disent des choses comme : « Si tu ne signes pas avec nous, tu es fini. »
Sans base légale pour se battre, Lion ne ferait que se ridiculiser à s’accrocher.
Cette nouvelle allait probablement parvenir bientôt à Choi Dae-ho — il devait avoir des contacts à la Commission.
— L’enquêteur en charge me contactera plus tard ?
— Bien sûr.
— Entendu.
Il n’y a aucune chance que l’enquêteur fasse un faux pas.
J’ai l’avocat Choi Ji-woon derrière moi.
Avec le recul, miser la moitié de ma fortune sur Choi Ji-woon avait été le bon choix.
C’est ainsi que j’ai sécurisé ma première marche.
Alors que je m’apprêtais à quitter le bureau, un autre employé arriva en courant.
— Euh…
Je me retournai, intrigué, et il me chuchota :
— Vous n’auriez pas quelques bons tuyaux en bourse ?
Ah, je comprends.
Même Maître Choi Ji-woon m’avait posé une question semblable hier.
Il savait que j’avais gagné de l’argent grâce aux investissements, mais ne s’attendait pas à ce que ce soit autant.
Honnêtement, j’avais volontairement modéré mes gains.
Si j’avais accumulé des résultats complètement extravagants, cela aurait pu devenir dangereux, alors j’avais même ajouté volontairement quelques pertes.
Mais je devais bien lui répondre.
— 2017 devrait être globalement une bonne année. Le marché est solide.
— Vraiment ?
— Oui. Mais il y a une action qu’il ne faut surtout pas acheter.
— Laquelle ?
— Lion Entertainment.
La controverse sur la manipulation de Coming Up Next déclenchée par Han Sion ne montrait aucun signe de faiblesse.
Naturellement.
Coming Up Next avait dépassé les 11 % d’audience, et son influence en ligne était encore plus grande.
Cela représentait un immense réservoir de spectateurs désireux de donner leur avis.
À ce stade, aucun camp ne pouvait plus contrôler le récit.
L’opinion publique menait désormais le débat.
Et cette opinion était unanime.
– MDR, même après ça, TakeScene a quand même gagné ?
– Exactement, quel culot mdr
– Mais techniquement, TakeScene a gagné, non ?
– Si les juges étaient si biaisés, comment leur faire confiance ?
– Yep. Le seul truc fiable, ce sont les classements musicaux — et ils ne sont même pas proches.
– Under the Streetlamp pourrait finir dans le top 30 de fin d’année.
– Resume est quasiment garanti.
Bien sûr, Choi Dae-ho ne restait pas inactif.
Il essaya divers moyens d’infléchir l’opinion publique.
[Lion Entertainment : « Nous répondrons fermement à la propagation de fausses rumeurs. »]
[Coming Up Next : « Aucun favoritisme envers des candidats spécifiques. »]
Il publia des démentis officiels.
Pendant ce temps, en coulisse, il généra du bruit :
[Les supposés problèmes de Lee Ion avec son ancienne agence]
[Le scandale de harcèlement scolaire de Koo Taehwan (+preuves à l’appui)]
[Savez-vous qui sont les parents de Choi Jaesung ?]
Il savait que ces gestes étaient désespérés, mais avec une opinion publique si féroce, il ne pouvait pas rester sans rien faire.
Mais le public n’était pas dupe.
– MDR, ils nous prennent pour des idiots ? Où sont les preuves ? Rien que des rumeurs sans fondement.
– Le service RP de Lion doit être en train de fracasser ses claviers mdr
– Vous croyez que la scène idol est si facile à manipuler ?
Si l’ordre des attaques avait été différent —
Si le coup de Han Sion avait été moins précis —
Peut-être que cela n’aurait pas pris cette ampleur.
Mais l’assaut de Han Sion avait frappé droit au cœur.
Il avait transformé l’accusation de manipulation en accusation d’intention de la production, puis l’avait fait glisser jusqu’à l’accusation de trucage pur et simple.
Oui, il avait utilisé d’innombrables petites agences de RP, et oui, en y regardant de près, il y avait des incohérences partout.
Mais le public ne se souciait plus des détails.
Ils voulaient savoir si TakeScene avait joué des chansons préparées à l’avance dans l’émission.
Bien sûr, Lion n’avait aucune explication convaincante.
– Lion est devenu complètement silencieux mdr
– S’ils ne disent rien, c’est évident.
– Ils doivent être en train de renommer en urgence la chanson de débuts de TakeScene.
– Lion-liar.
– MDR, trop fort.
C’était vrai.
TakeScene avait bien interprété des chansons préparées à l’avance.
Finalement, Lion Entertainment n’eut d’autre choix que de publier un communiqué officiel :
Bonjour, ici Lion Entertainment.
Nous tenons à clarifier notre position face aux rumeurs infondées circulant en ligne…
En résumé :
Tout était un malentendu causé par des rumeurs exagérées.
La mission finale de Coming Up Next était une sélection libre de chansons, sans restrictions.
TakeScene avait simplement choisi une chanson travaillée durant ses années de trainee.
Oui, c’était un ancien morceau, mais aucun fonds de l’agence n’avait été mobilisé.
C’était une création faite pour le plaisir avec un compositeur interne ami, interprétée pour sa valeur sentimentale.
Les enregistrements diffusés en ligne manipulaient de vieux démos de manière malveillante.
Ils promirent de prendre des mesures légales fermes contre les auteurs de ces rumeurs.
Ce n’était pas une grande défense.
Le message se résumait à : « Croyez-le si vous voulez. »
Mais ce n’était pas une défense désastreuse non plus.
Bien que fictive, sa logique interne tenait debout.
La réflexion de Choi Dae-ho était simple :
Les polémiques en ligne s’enflamment comme un feu de paille, puis s’éteignent en une semaine.
Tant qu’il gagnait du temps, les gens finiraient par reléguer cela à un vieux scandale déjà réglé.
Et cela semblait fonctionner.
Il bloqua toute couverture médiatique supplémentaire, activa un marketing viral pour diffuser un sentiment positif sur le communiqué, et le volume du buzz commença à baisser.
Bien sûr, Han Sion tenterait de maintenir la polémique en vie.
Il frapperait fort une fois monté en haut de l’affiche.
Mais le public ne reste que rarement enflammé sur un même sujet sans nouveaux rebondissements.
Sans nouveau carburant, les choses s’éteignent vite et tombent dans l’oubli.
— Ce salaud…
Ainsi, bien que la rage bouillonne en lui, Choi Dae-ho devait endurer.
Pour l’instant, il ne pouvait attaquer Trois Mois, Cent Jours directement.
Jusqu’aux débuts de TakeScene, il ne pouvait se permettre aucun scandale les reliant à Trois Mois, Cent Jours.
Au moment même où il pensait cela—
Bzzz-bzzz.
Son téléphone vibra.
C’était un message de Han Sion.
[PDG, ne vaudrait-il pas mieux s’arrêter ici ? Inutile que nous nous fassions du mal mutuellement.]
Exactement le même texte qu’auparavant.
Une moquerie, sans doute.
Bouillonnant de fureur, Choi Dae-ho faillit l’appeler mais se retint.
Une idée lui traversa l’esprit.
— Et si j’avais accepté la dernière fois ?
TakeScene représentait un investissement coûteux.
Ils avaient même produit une émission de variété entière pour eux.
Si le groupe s’effondrait, Lion Entertainment pouvait subir un sérieux coup.
Mais à cause de Han Sion, tout était devenu instable.
Le calendrier de début ne pouvait plus être repoussé, mais la réaction du public était imprévisible.
Il se souvint alors de ce qu’avait dit le PDG de DoubleM.
— Il vaudrait mieux vous réconcilier maintenant. Laissez-les partir. Avant qu’ils ne reviennent avec un feu plus grand.
S’il avait fait ça…
Choi Dae-ho sursauta.
Une idée absurde.
En toutes ses années de compétition, il n’avait jamais eu une telle pensée.
Pourtant, pourquoi… y pensait-il maintenant ?
— Je dois être fatigué ces temps-ci.
Sa rage s’éteignit, remplacée par une émotion étrange et nouvelle.
Inconfort ? Inquiétude ?
Proche, mais pas exactement.
Choi Dae-ho quitta le bureau, pensif.
Mais dès le lendemain—
En voyant le nouveau scandale qui dominait Internet, il comprit ce qu’était cette émotion.
Ce n’était pas de l’inconfort—
[Fade de TakeScene : vidéo d’excuses fuitée.]
[Pourquoi Fade a-t-il présenté ses excuses à Han Sion ?]
[Révélations en coulisse du staff de Coming Up Next.]
C’était de la peur.
La vidéo d’excuses envoyée par Fade n’était pas quelque chose que je pouvais utiliser facilement.
Pour être précis, si je la révélais sans précaution, cela pouvait se retourner contre moi.
Fade avait présenté ses excuses avec une humilité parfaite, donc la rendre publique pouvait me faire passer pour un tyran.
Mais ne l’avais-je pas déjà dit ?
La réaction la plus cruelle du public, c’est : « Je le savais. »
Et c’était exactement le bon timing.
L’équipe RP de Lion Entertainment gardait désespérément le silence.
Espérant que la polémique s’éteigne en veillant au grain.
À ce moment, il suffisait d’une seule histoire négative.
– Exactement mdr. Ceux qui disent « pauvre TakeScene » sont vraiment sans cervelle. Vous croyez qu’ils ignoraient ce qui se passait ?
– Qu’a-t-il bien pu faire pour devoir s’excuser de « causer de l’inquiétude publique » ?
– Un membre du staff a révélé que Fade a fait une crise après s’être fait écraser par Han Sion pendant la mission karaoké mdr
– Oui, c’était bien pendant cette mission mdr
Voilà comment ça marche.
Et après ça ?
[(Zoom sur le divertissement) Scandale de trucage & personnalité : le côté sombre d’une audition à 11 % d’audience.]
[Le scepticisme du public grandit face aux débuts de TakeScene.]
[Une production truquée et biaisée ? Le deal de co-production M-Show & Lion Entertainment.]
Le contrôle médiatique de Choi Dae-ho s’effondrerait.
C’est l’industrie du divertissement elle-même qui commencerait à s’en mêler.
À ce stade, Choi Dae-ho n’était plus en train de mettre la pression sur Trois Mois, Cent Jours—
Ils étaient tous deux sur le ring, à se battre.
Et rien n’est plus divertissant que de voir un combat.
Surtout si on peut tirer profit de sa diffusion.