Chapitre 116
En entendant Melinda dire qu’elle acceptait, George ne put s’empêcher de la regarder à plusieurs reprises pour vérifier qu’elle ne plaisantait pas.
Mais en voyant son air sérieux et en percevant la gravité de son ton, il comprit qu’il n’y avait pas de malentendu.
Il s’adressa alors à elle :
« Melinda, puisque vous avez accepté de nous rejoindre, vous devez connaître toutes les règles et tous les règlements de cet endroit, ainsi que ce que signifie être mage et ce qu’est un mage. »
George avait affiché un grand sourire en disant cela, et semblait soudain beaucoup plus amical avec Melinda. De toute évidence, il avait déjà commencé à la considérer comme l’une des leurs.
Sentant ce changement soudain dans l’attitude de George, Melinda ne put s’empêcher d’esquisser un sourire gêné.
« Est-ce que les problèmes de cerveau sont un effet secondaire du fait de devenir mage ? Sinon, pourquoi les gens d’ici changent-ils sans cesse d’humeur ?? »
Repensant à Elric et voyant George agir ainsi, Melinda espéra en silence qu’elle ne leur ressemblerait pas une fois devenue mage.
Malheureusement, George, à qui elle lançait alors des regards étranges, ne se doutait pas de ce qui se passait dans son esprit. Il souriait, songeant qu’il avait accompli la tâche d’Elric avec de l’avance.
À vrai dire, George lui-même n’avait pas cru que Melinda accepterait aussi facilement. Mais puisqu’elle l’avait fait, qui était-il pour la contredire ? Là-dessus, il se prépara à écourter la visite pour la ramener rapidement auprès d’Elric et lui faire part de sa réponse.
Mais avant qu’il ait pu parler, Melinda, qui était restée silencieuse un bon moment, l’interrompit brusquement.
« George, avant de continuer… euh, est-ce qu’on pourrait peut-être aller voir ma sœur et quelques-uns des miens ? »
Elle ne parvenait pas à dissimuler l’inquiétude dans ses yeux.
Jusque-là, elle avait essayé de la cacher, mais plus le temps passait, plus Melinda s’inquiétait pour sa sœur. En se rappelant la détermination de Diana, qui avait alors voulu se sacrifier, elle ne put s’empêcher d’éprouver de la fierté.
Mais quand elle se remémora le regard éteint de Diana, qui se reprochait tout ce qui s’était passé, l’inquiétude dans ses yeux s’intensifia.
Heureusement, George ne sembla pas trouver cela si grave et lui indiqua directement où se trouvaient sa sœur et les membres de sa tribu.
« Oh, les autres de votre groupe vont bien », répondit George avec désinvolture.
Mais il se reprit aussitôt en remarquant l’inquiétude de Melinda. Puisqu’elle allait devenir une mage comme eux, il n’aurait aucun sens de se la mettre à dos pour une broutille.
Et puis, qui sait ? Melinda pourrait se servir de cela comme prétexte pour refuser l’offre d’Elric.
À cette pensée, George toussota et dut reformuler ses propos.
*Hum !*
« Ce que je voulais dire, c’est que les membres de votre tribu se portent très bien en ce moment ! »
« Si je ne me trompe pas, ils suivent tous un cours pratique avec Davis en ce moment, y compris votre sœur. »
« Et si vous le souhaitez, nous pouvons faire un petit détour pour aller les voir avant de rejoindre le jeune maître et de lui annoncer votre décision. »
En disant cela, George observa Melinda du coin de l’œil, pour voir comment elle réagissait.
Heureusement, ses paroles semblèrent cette fois la rassurer : son air inquiet s’était nettement apaisé. À sa place, une impatience commençait à poindre. De toute évidence, elle avait hâte de voir comment allait sa sœur.
Sentant ce changement d’humeur, George comprit ce qu’il devait faire.
« Très bien, puisque c’est décidé, allons-y tout de suite. »<novelnext></novelnext>
George savait que cela retarderait l’accomplissement de sa tâche, mais dans la situation présente, il n’avait pas le choix.
Secouant légèrement la tête, il fit signe à Melinda de le suivre jusqu’à leur salle de classe récemment construite. D’après ce qu’il en savait, Davis devait probablement leur faire cours là-bas.
…………
Heureusement, George avait vu juste : Davis enseignait aux autres membres de la tribu de Melinda dans la nouvelle salle de classe, située dans l’aile opposée à la leur.
À cet instant, la vaste salle, construite pour accueillir environ deux cents personnes de taille normale, était remplie d’une centaine de femmes demi-géantes, qui mesuraient en moyenne un mètre cinquante.
Morgana, Rowena, Elenore et Diana occupaient le premier rang. Toute la salle était silencieuse ; seule la voix de Davis s’élevait de temps à autre.
Les bras, les jambes et les côtes encore couverts de bandages, Davis faisait face à l’assistance, le visage grave.
En réalité, à part quelques grimaces de douleur et ses bandages bien visibles, les blessures de Davis avaient guéri d’au moins soixante-dix pour cent au cours de la semaine écoulée. Sa guérison rapide l’étonnait lui-même.
Mais Davis en avait déjà assez de rester allongé toute la journée. Il avait ignoré ses blessures et s’était aussitôt mis au travail, après qu’Elric lui eut confié une tâche en lui disant qu’il pouvait reprendre ses activités.
En regardant l’assistance attentive devant lui, Davis ne put s’empêcher d’admirer la façon de penser d’Elric.
Selon Elric, leur population totale allait bientôt augmenter, et les conflits ne manqueraient pas d’éclater.
C’est pourquoi il avait confié à Davis la « formation progressive » : tout en leur enseignant ce qu’étaient les mages et d’où ils venaient, Davis devait façonner leur vision du monde en leur donnant un objectif commun, celui de faire progresser la magie !
Heureusement, personne de la Planète bleue n’était dans les parages. Sinon, ils auraient sans aucun doute crié au « lavage de cerveau » !
En réalité, Elric savait lui aussi que ce qu’il faisait pouvait être qualifié de lavage de cerveau. Mais ce petit monde n’était pas encore développé, contrairement au plan principal. Il en avait donc déduit que les informations s’y diffuseraient à une vitesse dérisoire, voire pas du tout, ce qui permettrait à son projet de « formation progressive » de réussir.
Vu l’importance qu’Elric accordait à cette mission, Davis savait qu’il n’avait pas droit à l’erreur.
Il soupira légèrement et plissa les yeux. Son visage, déjà grave, s’assombrit davantage tandis qu’il se jurait de mener la tâche à bien.
Les yeux plissés, il fit donc face à l’assistance, prêt à mettre en œuvre le projet de « formation progressive ».