Chapitre 115
En revenant à Elric, même si sa semaine n’avait pas été aussi mouvementée que celle d’Alvin, elle avait sans aucun doute été mémorable.
Comme pour Alvin, une semaine avait passé, et Poudlard avait changé de façon notable.
L’atmosphère elle-même semblait différente. La plupart des élèves marchaient désormais d’un pas léger, et leurs yeux brillaient d’espoir dès qu’ils passaient par là, comme si on leur avait directement montré un avenir meilleur.
En voyant de tels changements, les principaux responsables de Poudlard, comme Davis et George, ne purent s’empêcher de se réjouir : leurs efforts faisaient grandir l’école.
Malheureusement, Elric, qui aurait dû être le plus heureux, n’affichait aucune joie. Chaque fois qu’il regardait autour de lui, il soupirait avec regret, souhaitant pouvoir revenir en arrière et changer quelque chose.
« Ah… Je n’arrive pas à croire que les choses en soient déjà là. Je suppose qu’il ne me reste qu’à aller de l’avant. »
Elric soupira doucement. Ses yeux se mirent à trembler tandis qu’il se rappelait ce qui s’était passé.
Quelques jours plus tôt, après avoir ordonné à George de faire visiter l’école à Melinda, Elric était retourné s’asseoir dans son bureau. Il comptait prendre quelques notes et étudier un peu en attendant que Melinda fasse son choix définitif.
Malheureusement, c’était cette décision qui avait conduit à la situation actuelle.
Guerrière extrêmement talentueuse et cheffe de sa tribu, Melinda avait une vision du combat hors du commun.
Alors, en découvrant une méthode qui permettait à de nombreux humains faibles de manier des armes et de déployer une force immense après un peu d’entraînement, elle rejeta aussitôt toutes ses idées préconçues sur Elric et Poudlard.
Jusque-là, même si l’aura d’Elric lui faisait peur, Melinda avait inconsciemment méprisé le reste des habitants de Poudlard, et surtout les apprentis mages. Elle pensait qu’ils ne faisaient que profiter de la puissance d’Elric pour agir à leur guise.
George lui prouva le contraire.
Sous le regard stupéfait de Melinda, George à ses côtés, elle assista à toutes sortes d’entraînements d’apprentis mages : méditation, exercices physiques simples…
Un jour, elle vit même un apprenti mage invoquer une énorme boule de feu et s’en servir pour réduire complètement en cendres un gros rocher.
Bon sang ! Ils sont tous aussi monstrueux, ici ?
C’était ce que Melinda s’était dit quelques minutes à peine après le début de la visite.
Pourtant, ses pensées changèrent bientôt, lorsqu’une nouvelle idée lui vint soudain à l’esprit.
En repensant à tout ce qui s’était passé, Melinda comprit que quelque chose clochait.
Si Elric et les autres possèdent déjà une telle puissance, pourquoi ne m’ont-ils pas simplement capturée au lieu d’essayer plusieurs fois de me convaincre ?
Ça ne peut vouloir dire qu’une chose : je possède quelque chose qu’ils ne peuvent pas obtenir en me capturant de force !
À cette idée, les yeux de Melinda brillèrent de plus en plus. Elle avait le sentiment de n’avoir jamais été aussi proche de la vérité. Après tout, à ses yeux, la seule raison qui pouvait empêcher Elric de s’en prendre à elle était qu’il espérait en tirer un avantage.
Malheureusement pour Melinda, si elle avait raison de penser que chacun agissait pour son propre intérêt, cette fois-ci, Elric ne faisait que vérifier sincèrement si le jeu du bon et du mauvais flic fonctionnait aussi dans un autre monde<novelnext></novelnext>
Hélas, Melinda ne pouvait pas le savoir.
Cette idée en tête, elle cessa brusquement de prêter attention à la visite et se mit à réfléchir à ce qu’Elric pouvait bien vouloir lui soutirer.
Après quelques minutes de profonde réflexion, les yeux de Melinda s’ouvrirent soudain en grand.
« Si mes suppositions sont justes, alors c’est peut-être une occasion pour toute ma tribu et moi ! »
En murmurant ces mots, Melinda se remémora la conclusion à laquelle elle venait d’arriver.
Selon elle, la seule chose qu’Elric pouvait vouloir obtenir d’elles était peut-être leur capacité à acquérir une force immense sous le soleil.
Malheureusement, elle savait que cette faculté était innée et ne pouvait pas se transmettre d’une personne à une autre.
D’après les légendes, les premières Amazones avaient été spécialement créées et bénies par le Dieu Zeus, qui leur avait ainsi accordé cette faculté particulière, transmise de génération en génération.
Pourtant, même si c’était ce que racontait leur histoire, Melinda savait qu’aucune preuve solide ne permettait de le confirmer. Elle doutait même que Zeus ait jamais existé.
À présent qu’elle y repensait, toutes ces années durant lesquelles elles lui avaient offert des sacrifices conformément à leur culture, il ne s’était jamais manifesté ni ne leur avait répondu. Et la nuit dernière, alors qu’elles avaient le plus besoin de lui, il était introuvable.
Melinda secoua légèrement la tête et chassa vite cette pensée. Ce n’était pas le moment de se demander si Zeus existait ou non. Il fallait plutôt voir si elle pouvait se servir du don inné de sa tribu pour lui donner l’avantage dans la situation actuelle.
Sur cette idée, Melinda se tourna vers George, qui continuait de bavarder en essayant de lui expliquer où ils se trouvaient dans la visite.
« George, c’est bien ça ? Vous avez dit que votre jeune maître essaie actuellement de capturer les tribus des environs ? »
« J’accepte de dissoudre ma tribu et d’aider votre jeune maître à atteindre ses objectifs. En revanche, vous devrez permettre à mes Amazones et à moi de devenir des mages ! »
Melinda garda un visage impassible, mais elle était tout de même un peu nerveuse au fond d’elle-même, car elle avait ses propres petits calculs en tête.
Selon elle, si elles pouvaient combiner la magie à leur force innée, Melinda imaginait qu’elles deviendraient pratiquement invincibles.
À tel point qu’elle pourrait peut-être même prendre le contrôle de Poudlard et mener la tribu des Amazones vers une grandeur sans précédent.
À cette pensée, Melinda regarda George avec nervosité, espérant qu’il ne remarquerait pas ses petites arrière-pensées.
Heureusement, George ne sembla pas y prêter attention et accepta aussitôt. En fait, même s’il avait deviné les intentions de Melinda, il n’aurait probablement pas changé d’avis : Elric lui avait déjà dit que quiconque pratiquait la magie ne pouvait pas échapper à son emprise.
Dans un sens, la décision de Melinda revenait donc à une capitulation totale.