Chapitre 117
« Bien, tout le monde. Comme vous le savez peut-être, votre tribu va bientôt s’intégrer entièrement à Poudlard ! »
« Ici, les tribus n’existent pas : tout le monde poursuit un objectif commun. »
« J’espère donc qu’avec le temps, vous saurez mettre de côté vos rancunes et que vous ne ferez rien qui puisse nuire à l’école ou y semer le chaos. »
« Car si vous essayez, je vous promets que vous le regretterez amèrement. »
En disant cela, Davis posa sur les personnes devant lui un regard où la sévérité s’était estompée.
Il voulait aider Elric à atteindre son objectif, mais estimait tout de même devoir leur mettre un peu la pression, histoire qu’elles sachent qui commandait et d’éviter les ennuis par la suite.
Ce qu’il ignorait, toutefois, c’était que si ses paroles venaient de faire se redresser quelques Amazones, les femmes assises devant lui avaient d’autres préoccupations en tête.
Contrairement aux membres ordinaires de leur tribu, Morgana, Rowena, Elenore et Diana s’attardèrent toutes sur un autre passage de son discours, plutôt que sur son avertissement.
« Votre tribu va s’intégrer entièrement à Poudlard. »
Cette phrase résonnait dans la tête des quatre femmes, qui avaient du mal à l’accepter. Diana, surtout, commençait à se dire que sa détermination de tout à l’heure n’avait servi à rien.
Incapable de croire que c’était vrai, Diana se leva et pointa Davis du doigt en criant, incrédule :
« Impossible ! »
« Ma sœur n’accepterait jamais de dissoudre la tribu pour la fondre dans Poudlard, ou je ne sais quoi ! »
Peut-être Diana savait-elle au fond d’elle-même que cela avait de grandes chances d’arriver. Malgré ses cris, sa voix trahissait son manque d’assurance.
Morgana et les autres femmes assises à côté d’elle étaient, elles aussi, furieuses de ce que Davis venait de dire. Pourtant, derrière leurs visages courroucés, chacune laissait transparaître un soupçon de doute.
Bientôt, sous l’impulsion de Diana, toute l’assemblée se mit à regarder Davis avec méfiance, attendant visiblement qu’il fournisse une preuve de ses affirmations.
En voyant cela, Davis se gratta légèrement la tête.
Hélas… Cette tâche ne sera pas aussi facile que je le pensais.
Il prit une profonde inspiration et chercha comment prouver ses dires sans provoquer davantage de remous.
Heureusement, la chance semblait être de son côté : avant même qu’il ait pu réfléchir plus longtemps, une voix retentit depuis l’extérieur de la salle de classe et confirma ses paroles.
« Diana, assieds-toi. Il a raison, j’ai accepté. »
« Et, pour mon dernier ordre en tant que matriarche, j’espère que vous l’accepterez toutes. »
À ces mots, la foule poussa des exclamations incrédules. Diana, surtout, chancela presque ; ses pupilles se dilatèrent sous le choc.
Voyant le changement soudain dans l’assistance, Davis se demanda ce qui se passait.
Mais il eut bientôt sa réponse.
Melinda entra dans la salle de classe, George juste derrière elle, un sourire plutôt amer aux lèvres.
En sentant les regards choqués, furieux et anxieux qui convergeaient sur elle, Melinda se demanda si elle avait pris la bonne décision. Elle s’était attendue à une telle réaction, mais la vivre en personne était une tout autre chose.
« Non, Melinda. Tu ne peux plus faire marche arrière ! N’oublie pas que tu as déjà établi un plan. »
Et même si le plan échoue, tant que tu ne fais rien de stupide, tout le monde devrait pouvoir vivre ici en sécurité. En plus, nous aurons l’occasion de devenir plus fortes !
Gardant cela à l’esprit, Melinda se récita toutes sortes de raisons pour se convaincre qu’elle avait fait le bon choix.
Quelques minutes plus tard, peut-être parce qu’elle avait renoncé à hésiter, ou peut-être parce qu’elle avait enfin réussi à se convaincre, toute indécision avait disparu de son visage, remplacée par une détermination tranquille.<novelnext></novelnext>
La foule était toujours furieuse. Après avoir jeté un bref regard à Diana, Melinda se tourna soudain vers George.
« J’en ai assez vu. Allons dire à votre jeune maître que j’ai accepté. »
Elle lui jeta un coup d’œil, puis, sans attendre sa réponse, quitta la salle aussi vite qu’elle y était entrée.
George n’eut d’autre choix que d’adresser à Davis un haussement d’épaules désolé avant de la suivre.
« Ha ha, Davis, on parlera plus tard ! »
« Au fait, profite bien de ton cours ! »
Avec un petit rire, George salua Davis de la main en sortant de la salle.
« … »
Silence…
Après le départ des deux, un silence sans précédent envahit la salle. Ce qui venait de se passer avait manifestement bouleversé tout le monde, et la plupart des Amazones cherchaient encore à comprendre.
Hum…
Davis toussota pour attirer leur attention et reprendre son cours. Malheureusement, personne ne lui prêta attention pour l’instant.
Voyant cela, Davis décida de les ignorer et de poursuivre. Avec un peu de chance, elles finiraient par sortir de leur torpeur au cours de la leçon.
« Comme vous l’avez peut-être entendu, votre matriarche a déjà donné son accord. Passons donc au sujet principal. »
« Si vous êtes ici, c’est notamment pour vous joindre au directeur et vous lancer dans l’aventure de la magie. »
Tout en parcourant la salle, Davis poursuivit son cours en veillant à ce que sa voix porte jusqu’au moindre recoin.
Et, comme il s’y attendait, à mesure qu’il parlait, de plus en plus de membres de la tribu sortirent peu à peu de leur torpeur et l’écoutèrent.
Un mage !
Aucune d’entre elles n’avait jamais entendu ce terme, mais, maintenant que Davis le leur expliquait, elles se mirent soudain à aspirer à le devenir.
« Pour commencer, qu’est-ce qu’un mage ? »
« Un mage étudie les phénomènes naturels qui l’entourent et apprend à les maîtriser pour son propre usage. »
« Par exemple, regardez cette boule de feu. »
Sur ces mots, Davis invoqua une boule de feu grâce à un parchemin sur lequel il avait déjà tracé une rune de flamme.
Boum !
En voyant une flamme apparaître de nulle part, la foule fut stupéfaite. Même Diana, pourtant la plus abattue, ne put s’empêcher de commencer à l’écouter.
En voyant cela, Davis sut que son plan avait fonctionné. Il en profita pour enfoncer le clou et captiver complètement son auditoire.