Chapitre 9
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Traducteur/éditeur : Natty
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Chapitre 9 : Vœu de mort (2)
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Pourquoi la deuxième princesse du Saint-Empire faisait encore plus ouvertement des avances à Aiden, il n’en avait aucune idée. Quoi qu’il en fût, il avait des choses à faire.
La première étape consistait à aller voir Noel dès le lendemain matin.
Chacun de ses mouvements était surveillé ici. Et vu les capacités de Noel, il lui serait de toute façon impossible de se déplacer en secret.
« Vous voulez sortir ? »
« Je ne crois pas avoir dit quoi que ce soit de si étrange… ? »
Aiden répondit d’un air absent à la question de Noel, qui le dévisageait les yeux plissés.
On pouvait bien sortir de temps en temps. Pas la peine de le regarder comme s’il venait de dire une énormité.
« Euh… Vous n’êtes pas satisfait de vos conditions de vie actuelles ? »
« Quoi ? »
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, dites-le-moi. Si c’est en mon pouvoir, je vous le fournirai. »
« Non, je ne suis pas malheureux ici, mais… »
Honnêtement, traîner tous les jours au quartier général de l’armée impériale à côté de Noel pendant qu’elle travaillait, c’était une torture. Aux yeux de tous, il n’était pas différent d’un gendre installé à demeure.
Après qu’il lui eut expliqué cela,
« … Ce serait plutôt une bonne chose pour vous, Aiden, non ? »
« … »
« Même quand vous ne faites rien, je vous paie régulièrement, et vous ne manquez ni de nourriture, ni de vêtements, ni de logement. »
« … »
Elle n’avait pas tort.
C’était une bien étrange excuse.
Aiden resta silencieux. Noel poussa un profond soupir et ramena ses cheveux en arrière.
« Je ne comptais pas vous garder enfermé au quartier général pour toujours, alors cela ne me dérange pas… Mais, si possible, prenez une escorte. »
« Une escorte ? »
« Bien sûr, vu les capacités dont vous avez fait preuve, je ne pense pas qu’on puisse vous faire du mal facilement. Mais vous avez le don d’attirer les incidents et les accidents. »
« … »
« Alors, pour être honnête, je préférerais ne pas vous laisser sortir du tout. »
Il était bien d’accord.
Il était le premier à vouloir échapper à cette tendance.
« … Je vais juste prendre l’air. Une escorte, ce ne serait pas un peu encombrant ? »
Mais, vu ce qu’il s’apprêtait à faire dehors, prendre une escorte n’était pas une très bonne idée.
Ce n’était pas comme s’il allait quelque part dont il pouvait être fier.
« Non, vous devriez quand même être escorté… »
« J’ai besoin d’un peu de temps seul. »
« … »
L’excuse aurait pu sortir de la bouche d’un homme marié depuis plus de dix ans et à bout de forces, mais Noel se contenta de soupirer sans protester.
Après tout, elle avait vraiment passé presque toute la journée à ses côtés.
« Alors, allez-y. »
Il ne s’était pourtant pas attendu à ce qu’elle accepte si vite.
Aiden cligna des yeux devant sa réponse sans détour.
« Pas de gardes, pas de surveillance. Allez où bon vous semble. Mais prenez ceci. »
Sur ces mots, Noel tendit quelque chose à Aiden.
C’était un petit boîtier à peine plus grand que la moitié de sa paume, qui ressemblait à une alarme personnelle.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Un dispositif de localisation. Vous n’avez pas intérêt à vous enfuir avant le mariage. »
« … »
« Je plaisante. »
« … Je ne comptais pas m’enfuir, de toute façon. »
Même s’il l’avait fait, Noel l’aurait probablement poursuivi jusqu’au bout du monde.
Satisfaite de sa réponse, Noel esquissa un léger sourire et poursuivit :
« C’est un dispositif d’alerte. Appuyez dessus au moindre danger. J’accourrai aussitôt. »
« … À ce point-là ? »
Aiden savait mieux que quiconque à quel point Noel était débordée.
Chaque document posé sur son bureau avait une grande influence sur la gouvernance du pays. Était-il assez important pour qu’elle abandonne tout ça ?
« C’est moi qui vous ai fait venir ici ; je suis donc aussi responsable de vous ramener sain et sauf à la fin de notre contrat. Ce n’est pas “à ce point-là”. C’est tout à fait normal. »
Aiden la regarda, les yeux légèrement écarquillés, tandis qu’elle parlait, puis elle reporta son attention sur ses documents.
*… Cette femme.*
À part le fait qu’elle l’avait enlevé sans prévenir, elle prenait vraiment ses responsabilités au sérieux.
Elle veillait au moindre détail avec un tel soin, malgré l’avoir kidnappé, qu’on aurait dit une mère poule.
« Merci. »
C’était une bonne personne.
Cette pensée lui vint soudainement.
▣
« Papa, une drôle de personne m’a kidnappé. »
… Évidemment, quand quelqu’un vous avait kidnappé, difficile de penser autre chose de lui.
À peine sorti du quartier général, il appela sa famille.
[Qu’est-ce que tu racontes, maintenant ?]
La voix abasourdie de son père résonna dans le récepteur.
[Tu as emprunté de l’argent à des mafieux ? Je t’avais dit de ne pas traîner avec des criminels de ce genre…]
« Papa, toi et moi, on est des criminels aussi. »
Difficile de croire qu’un homme qui tenait des propos aussi ordinaires et respectueux de la loi gagnait sa vie en volant.
C’était bien l’homme qui avait élevé Aiden en lui apprenant à ne jamais s’aventurer dans des eaux trop profondes.
Aiden soupira et poursuivit :
« J’ai été kidnappé, mais ce n’est pas si grave. On m’a enlevé dans un endroit chaud et confortable, avec le ventre plein et de l’argent dans les poches. »
[… Ça veut dire quoi, au juste ?]
« Ça existe, ce genre de choses. Je ne peux pas t’expliquer maintenant, mais, aussi surprenant que ça puisse paraître, tout est vrai. Je vis comme ça dans le quartier le plus cher de la capitale impériale. »
[Ils peuvent pas me kidnapper, moi aussi ?]
… Voilà son père.
Cela dit, s’il apprenait où se trouvait Aiden à cet instant, il s’évanouirait sûrement de stupeur. Aiden le lui raconterait plus tard, une fois que tout serait réglé, comme s’il s’agissait d’une épopée héroïque.
« Plus important, papa… »
Et même si son père n’était pas très fiable,
il y avait encore des choses auxquelles Aiden pouvait se fier à lui.
« Tu connais quelqu’un dans le marché noir de la capitale impériale ? »
Un instant, le silence régna à l’autre bout du fil. Puis Aiden entendit un profond soupir.
[Tu comptes y travailler, toi aussi ?]
« J’ai besoin de recueillir des informations. Je n’ai aucun contact ici, alors il me faut une recommandation. Où est-ce que je dois aller ? »
[Billy Hagan, à l’atelier d’outillage. Le mot de passe, c’est “croissant de lune et soleil”.]
Même si son père n’était qu’un petit voleur des ruelles, des décennies à gagner sa vie ainsi lui avaient permis de se constituer un réseau professionnel absurde.
Aiden ricana.
« C’est mignon. Compris. »
[Aiden.]
« Oui ? »
[Fais attention. N’oublie pas que Sissela et moi, on sera toujours de ton côté. S’il t’arrive quoi que ce soit, n’oublie pas d’en parler à ta famille.]
« … Je sais. »
Ces gens resteraient du côté d’Aiden jusqu’à la fin du monde.
C’était pour cela qu’il se démenait autant.
Pour pouvoir à nouveau vivre en paix avec son père et sa petite sœur.
« … Pff. »
Et vraiment…
L’endroit où il se promenait à présent méritait amplement qu’on parle de lutte.
Les bas-fonds de la capitale impériale avaient l’atmosphère sinistre que leur nom laissait présager. Où qu’il regardât, il ne voyait que des gens qui avaient l’air d’avoir quelque chose à cacher.
Malgré tout, s’il était venu jusque-là, c’était pour une raison.
*Le premier acte commence ici.*
Le premier acte, intitulé « Faille de la capitale impériale », racontait les troubles majeurs et la rébellion qui éclataient dans la capitale de l’Empire. Ça, il le savait avec certitude.
Il savait aussi ce à quoi il devait d’abord prêter attention.
*Une grande quantité d’armes distribuées illégalement va inonder le marché noir.*
Après tout, pour déclencher des troubles et une rébellion à grande échelle, il fallait une armée entraînée, et les armes nécessaires ne tomberaient pas du ciel.
Elles seraient naturellement acheminées par des voies clandestines.
Le premier acte commençait lorsque le « protagoniste » se retrouvait mêlé à une affaire liée à ces armes distribuées illégalement.
« … »
Oui. Le protagoniste.
Des personnages comme Noel et la deuxième princesse du Saint-Empire, que la fenêtre du système qualifiait de personnes les plus importantes du scénario, l’étaient parce qu’ils étaient liés au protagoniste. Ils n’étaient pas le protagoniste eux-mêmes.
Le centre de ce monde, la personne qui faisait basculer tout le récit du jeu. Le sauveur qui finirait par sauver le monde.
Une telle personne devait bien se trouver quelque part.
Elle devait exister.
*Cette personne, c’est mon billet de sortie de ce scénario.*
Ce qu’Aiden devait faire, à présent, c’était trouver cette personne et lui refiler tous les fardeaux qu’on lui avait imposés.
Un figurant comme lui devait s’effacer et laisser la scène à la personne destinée à briller.
Toutes ces histoires pénibles de futur mari de la Cœur de lion et de sauveur du monde.
Pour ça, il lui fallait au moins une vague idée de ce qui allait se passer dans les prochains jours.
Si ce monde avait un protagoniste, il se trouverait forcément là où de telles affaires éclataient.
*…*
Mais…
Et s’il n’y avait personne ?
Et si, tout comme les documents qu’il avait trouvés auparavant ne l’avaient pas révélé, ce protagoniste n’existait tout simplement pas…
*… Non, je n’en sais toujours rien.*
N’était-ce pas pour ça qu’il était venu ? Pour en avoir le cœur net ?
*C’est ici.*
Perdu dans ses pensées, il arriva à destination.
L’Atelier de Billy. Un nom d’une banalité affligeante pour un magasin d’outillage du marché noir.
Lorsqu’il entra, un homme d’âge mûr, qui n’avait pas l’air le moins du monde intéressé par les clients, lui jeta un regard las.
« Croissant de lune et soleil. »
À l’écoute du mot de passe, le boutiquier se gratta la joue et répondit :
« Les renseignements coûtent cinquante pièces d’or. Qu’est-ce que vous voulez savoir ? »
« Je vous donne cinq cents pièces d’or. Dénichez tout ce que vous pouvez sur ça. »
Aiden posa sur le comptoir une liasse de documents qu’il avait préparés à l’avance.
Ils portaient sur les armes qui circulaient au marché noir. Une fois qu’il aurait compris les grandes lignes, il pourrait facilement se faire une idée des lieux de transaction, des vendeurs et des acheteurs.
Le boutiquier feuilleta les documents, les parcourut du regard, puis renifla avec mépris et ricana.
« Vous fouillez dans des informations qui vont vous coûter la vie. Le danger vous attire, je suppose ? »
« … Je n’ai pas le choix. »
« Quel dommage. »
Quelle ironie : il devait se jeter au milieu des ennuis pour les éviter.
Tandis qu’Aiden essuyait des larmes imaginaires, l’homme lui posa une autre question.
« Il vous faut combien de temps ? »
« Le plus vite possible. Vous en aurez pour combien de temps ? »
« Demain, ce sera bon. Tenez votre promesse pour les cinq cents pièces d’or. »
Il fallait s’y attendre de la part d’une connaissance de son père. Cet homme ferait le travail.
Aiden hocha la tête, puis flâna dans la boutique tandis que l’homme déplaçait les documents du comptoir à son établi.
Le magasin d’outillage du marché noir de la capitale impériale proposait clairement bien plus de marchandises que les boutiques d’objets magiques des faubourgs où Aiden avait l’habitude d’opérer.
L’objet qui attira aussitôt son attention en était la preuve.
*… Pourquoi vendre un truc pareil au marché noir ?*
En tant que professionnel, Aiden comprit immédiatement de quoi il s’agissait.
Un masque ajustable alimenté par une pierre magique et un modulateur de voix.
C’étaient des outils parfaits pour commettre des crimes, mais, à l’origine, il s’agissait de projets de recherche d’organismes gouvernementaux. Ils n’avaient rien à faire là, exposés à la vue de tous. C’étaient assurément des articles haut de gamme qu’on ne trouvait qu’à la capitale impériale.
« Vous achetez ? Je garantis la qualité, mais le prix n’est pas négociable. »
« … Je n’ai pas les moyens. »
À vrai dire, Noel lui avait versé une « indemnité de contrat » plutôt généreuse, et il avait une bonne somme sur lui. Malgré tout, il n’aurait probablement pas besoin de ce genre d’objets de sitôt.
Difficile d’imaginer qu’il aurait besoin de tromper quelqu’un alors qu’il se trouvait dans sa position actuelle.
« … »
À moins que ce qu’il apercevait dehors, par la fenêtre, ne lui fasse changer d’avis.
« … ? »
Aiden tendit le cou pour observer ce qui se passait juste devant la boutique.
La scène lui disait quelque chose.
Il avait l’impression qu’il ne pouvait pas simplement détourner le regard et passer son chemin…
« … ! »
Quand il reconnut clairement la scène,
ses yeux s’écarquillèrent peu à peu.
- Message du système
▶ Une « quête secondaire » a été attribuée.
▶ Un malus sera appliqué en cas d’échec.
▶ Voulez-vous consulter les détails ? [O/N]
En voyant le message apparu en même temps que la scène, le visage d’Aiden blêmit complètement.
*… Non.*
Non.
Non, sûrement pas.
Ce n’était certainement pas la situation qu’il croyait reconnaître.
Les yeux tremblants, Aiden consulta les détails de la « quête secondaire ».
« … »
Il se frotta le visage, le regard vide.
*… Je ne veux plus vivre.*
Vu ce qu’il devait faire à présent, sa réaction était tout à fait naturelle.
« J’ai une question. »
« Laquelle ? »
« Combien coûte ceci ? »
Aiden désigna le masque et le modulateur de voix qu’il venait de déclarer trop chers.
▣
Par nature, le marché noir attirait toutes sortes de gens, mais chacun savait qu’il valait mieux éviter certaines choses.
Par exemple, se faire remarquer, transporter des objets de valeur ou venir sans escorte…
À cet égard,
cette petite fille ressemblait à une proie qui saignait à flots au milieu d’un banc de requins.
Elle avait l’air beaucoup trop précieuse pour mettre les pieds dans un endroit pareil.
Son costume sur mesure était clairement l’œuvre d’un maître artisan. Ses gants et ses bottes étaient parfaitement assortis, et la vente d’un seul de ces articles suffirait à couvrir les dépenses mensuelles d’une personne ordinaire.
À l’évidence, elle n’avait rien à faire ici.
« Vous promener habillée comme ça, petite demoiselle, ça ne vous mènera à rien de bon. »
Et quand tous ces éléments se trouvaient réunis, des gens de ce genre ne tardaient pas à apparaître, comme de la limaille attirée par un aimant.
Une bande de voyous au sourire lubrique. Chacun était armé, même si leurs armes n’étaient pas de très bonne qualité ; certains avaient toutefois de petites armes à feu, comme des pistolets.
Pour les gens ordinaires, dépourvus de capacités particulières, cela suffisait à les faire détourner le regard. Sans compter que le marché noir était une zone de non-droit. Un spectacle pareil ne méritait l’attention de personne.
De fait, tandis que la bande encerclait la jeune fille, personne ne montra la moindre envie d’intervenir.
« Ce n’est pas un endroit où l’on peut se promener tranquillement avec des vêtements aussi élégants. Vous êtes venue sans même savoir où vous mettiez les pieds ? »
« Au marché noir ? »
« … »
Cette réponse presque enjouée laissa l’homme sans voix.
Son ton donnait l’impression qu’elle venait de sortir pique-niquer après le déjeuner.
« … Je ne pensais pas que vous seriez assez stupide pour venir ici en connaissance de cause. Qu’est-ce qui vous a pris de venir jusqu’ici… »
« Je suis venue par plaisir. »
Sa réponse était si inattendue que les voyous la dévisagèrent, bouche bée.
« Quoi ? »
« C’est la première fois que je viens au marché noir de la capitale impériale. Mais je suis allée de nombreuses fois dans les ruelles de ma ville natale. »
La jeune fille gardait son sourire radieux.
« Vous pourriez m’aider ? Je pense que des gens comme vous feraient très bien l’affaire. »
Les voyous échangèrent des regards. Bientôt, ils laissèrent échapper des ricanements.
« Bien sûr. On va vous aider. Évidemment. Pourquoi ne pas aller là-bas d’abord, pour que vous nous expliquiez ce dont vous avez besoin ? »
En parlant, l’un d’eux désigna une ruelle particulièrement isolée du marché noir.
Dans sa tête, il avait probablement déjà dépouillé la jeune fille de tous ses biens, puis comptait la prendre en otage et soutirer jusqu’à la dernière pièce à ses parents, manifestement riches.
Et même devant une crise aussi désespérée, le sourire de la jeune fille ne fit que s’élargir.
Elle semblait vraiment ravie d’avoir trouvé des gens prêts à « l’aider ».
« Prenons le temps d’en discuter, d’accord ? Nous avons tout notre temps, maintenant… »
Il poursuivit, incapable de cacher son ravissement, mais sa phrase fut coupée par une main qui lui agrippa fermement l’épaule.
« C’est qui, ce connard ?! »
L’homme se retourna en grondant, agressif, mais tressaillit aussitôt.
Celui qui lui tenait l’épaule avait l’air d’un cauchemar.
Sa peau était irrégulière, comme si quelqu’un l’avait patiemment tailladée au couteau. Une cicatrice lui barrait le visage, du front jusqu’au cou. Il avait le nez crochu, un seul œil, et une partie de sa lèvre avait été arrachée.
Il était si hideux que même un criminel endurci, qui avait tout vu, aurait blêmi en le découvrant.
« Dégage. »
Sa voix aussi avait une sonorité étrange, comme une lame raclant une plaque de fer. Il suffisait de l’entendre pour que tous les hommes présents reculent.
« Q-Quoi ? Tu veux te battre, espèce de… »
« Ne me fais pas répéter. »
Sa voix descendit encore d’un ton.
À mesure que ce visage horrible se rapprochait, quelqu’un poussa un petit cri effrayé.
« Dernier avertissement. Dégage. »
« … »
Son discours passionné était clairement assez puissant pour toucher les cœurs.
Tous les voyous en comprirent le message et s’éparpillèrent sans un mot, fuyant pour sauver leur peau.
« Toi aussi. »
Puis l’homme aux paroles si éloquentes se tourna vers la jeune fille, comme s’il crachait ces mots.
« Rentre chez toi. Ce n’est pas un endroit pour quelqu’un comme toi. »
Sur ces mots, il pivota brusquement et s’éloigna sans hésiter.
Il avait fait ce qu’il était venu faire et semblait prêt à partir.
« Monsieur. »
Mais une voix l’attrapa aussitôt par la nuque.
« Vous savez qui je suis, n’est-ce pas ? »
Les mains et les pieds comme paralysés, Aiden, toujours déguisé, s’immobilisa lentement.
« … Qu’est-ce que vous voulez dire… »
« Vous n’êtes pas venu me sauver, n’est-ce pas ? »
« … »
« Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. »
Elle avait parfaitement raison.
Ceux qu’Aiden avait tenté de sauver n’étaient pas la jeune fille, qui semblait sans défense, mais les voyous armés.
Plus précisément, quand on savait qui était cette jeune fille…
Quête secondaire
▶ Entrez en contact avec « Deathwish », Katia Heinkel Craven.
▶ Résolvez la situation aussi pacifiquement que possible.
▶ Si vous gérez la situation actuelle sans heurts, la sympathie de la cible à votre égard augmentera considérablement !
▶ Un malus sera appliqué en cas d’échec !
… Ces hommes venaient de mettre la tête dans la gueule du lion, et Aiden les avait attrapés par la nuque pour les en tirer.
« Ce n’est pas bien. Tout allait devenir amusant, et vous avez tout gâché. »
« … »
« Ces hommes auraient pu être neutralisés en invoquant la légitime défense. Pas vrai ? »
Les mains derrière le dos, toujours le même sourire radieux aux lèvres,
la jeune fille s’approcha d’Aiden à petits pas rapides.
Sa voix était aussi ravissante que des perles de jade roulant sur un plateau, mais Aiden avait l’impression que ses vaisseaux sanguins se ratatinaient rien qu’en l’entendant.
« Qu’est-ce que vous allez faire ? »
« … Qu’est-ce que vous voulez que je fasse, au juste ? »
« Vous devez assumer vos responsabilités. Vous avez gâché mon passe-temps. »
« … »
« J’avais un peu de temps libre après être venue jusqu’à l’Empire. J’en ai profité pour me ménager une pause et trouver une si belle occasion. »
Bon sang.
Bon sang, alors.
Tandis qu’Aiden répétait ces mots dans sa tête, la jeune fille poursuivit avec son sourire radieux.
Il se souvenait de ce visage.
La deuxième princesse du Saint-Empire.
L’un des personnages centraux les plus importants du scénario principal, du côté du Saint-Empire.
Et voilà qu’une personne pareille lui demandait,
« Vous voulez bien me tenir compagnie et discuter un moment ? »
sur un ton parfaitement désinvolte.
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