Chapitre 71
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Traducteur/éditeur : Natty
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◈ Copier les compétences avec affinité ! ◈
Chapitre 71 : Ganesha
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Le lendemain.
Aiden était assis dans son bureau, l’air grave, quand Noel inclina la tête et lui demanda :
« Quelque chose vous préoccupe ? »
« … Non. »
C’était ce qu’il avait répondu, mais en réalité, il avait de quoi se faire du souci.
Surtout à cause de la fenêtre apparue la veille.
-Journal du système
▶ La cible « Drakan » a développé une affinité pour vous. Vous pouvez copier 1 compétence !
▶ La cible « Ganesha Aldebaran » a développé une affinité pour vous. Vous pouvez copier 1 compétence !
▶ Des événements supplémentaires suivront grâce à vos progrès. Faites encore augmenter leur affinité !
N’importe qui aurait eu l’air grave après avoir lu de tels messages.
… Drakan ?
Cela désignait des êtres mi-humains, mi-dragons. Des hybrides entre les humains et le peuple des dragons.
Les dragons étaient généralement des êtres dotés d’une autorité si divine qu’on les appelait des bêtes divines. Même à moitié dragon, un Drakan devait être puissant, puisqu’il avait hérité de la moitié de cette force.
S’il devait formuler une hypothèse, c’était pour une raison très simple.
Ils existaient vraiment.
Ganesha était un PNJ spécial qui n’apparaissait que sous certaines conditions, mais les Drakans n’étaient que des données fictives, présentes uniquement dans l’univers du jeu.
Un être qui n’était jamais apparu dans le jeu principal, et dont Aiden lui-même ne comprenait pas pleinement la nature.
Il en connaissait l’existence, mais n’avait jamais imaginé en rencontrer un pour de vrai. Il était donc tout naturel qu’il soit décontenancé.
Cela dit…
C’est tout de même tout bénéfice, non ?
Il en aurait été autrement si cet être lui avait été hostile, mais il lui était déjà favorable. Il n’avait aucune raison de s’en plaindre.
En fait, même si d’autres choses imprévues apparaissaient par la suite, il garderait la même attitude.
Ce ne sont pas tous des mines à compétences ?
Un optimisme à toute épreuve était très bon pour la santé mentale.
Quoi qu’il arrive, si de tels êtres existaient, cela signifiait qu’il avait encore des compétences à copier. Peut-être que des compétences puissantes dont il ignorait jusqu’à l’existence allaient lui tomber dessus par brassées.
Quelle occasion incroyable. C’était comme recevoir un cadeau surprise…
« … »
Ironie du sort, de plus en plus de gens semblaient ces derniers temps nourrir de sérieux doutes sur sa santé mentale.
« Aiden. Évitez d’afficher cette expression. Elle me donne des frissons. »
Ce furent les premiers mots de Lady Stella en entrant dans la pièce pour lui faire son rapport.
« Un représentant de l’Union des marchands libres est arrivé. Il a demandé à vous rencontrer en privé. »
« L’Union des marchands libres ? »
Noel inclina la tête en entendant ce nom.
En pratique, il s’agissait de la banque centrale du continent. On pouvait sans exagérer la considérer comme la plus haute autorité dans tout ce qui touchait à l’argent.
La visite soudaine d’une organisation aussi importante au quartier général de l’armée était pour le moins inattendue.
« Très bien. Je vais me préparer. »
« Non, Lady Noel. Ce n’est pas… »
Stella laissa paraître sa difficulté à expliquer clairement la situation.
Vu ce qui allait suivre, c’était compréhensible.
« Ils ont précisé qu’ils souhaitaient voir Aiden. »
« … »
Cela signifiait qu’ils jugeaient Aiden plus important que Noel.
Les expressions de Noel et d’Aiden se décomposèrent étrangement au même moment.
▣
Helmut se frotta nerveusement les mains.
Au fond, Helmut était criminel et escroc ; le quartier général de l’armée n’était donc pas un endroit où l’on pouvait se sentir à l’aise. C’était moins désagréable qu’un poste de police, mais cela restait l’ennemi naturel des gens comme Helmut.
« Porte-parole de l’Union des marchands libres… »
En se répétant le rôle du jour, Helmut poussa un soupir intérieur.
Le Marchand de la Mort, qui avait engagé Helmut, exerçait manifestement une influence considérable, jusque sur la banque centrale du continent.
Les documents, le sceau et les papiers d’identité remis à Helmut étaient tous authentiques ; ils avaient certainement été vérifiés maintes fois.
Et comparé à ces préparatifs terrifiants, le travail confié à Helmut était plutôt simple.
Quoi qu’il arrive, il faut que je l’escroque…
Helmut se remémora les consignes, l’air inquiet.
Son employeur avait exigé que Helmut escroque le mari de Lionheart, même si la tromperie était minime.
L’ampleur de l’arnaque importait peu. L’essentiel était de tromper la cible, d’une manière ou d’une autre.
Helmut ignorait ce que le Marchand de la Mort cherchait à accomplir, mais la somme offerte était indispensable. Si on lui demandait de le faire, alors il le ferait, tout simplement.
Helmut attendit tranquillement dans la salle de réception. Au bout d’un moment, la porte s’ouvrit et la cible en question entra d’un pas assuré.
« … Heureusement, il a l’air un peu à côté de ses pompes. »
Après avoir jaugé l’homme d’un coup d’œil, Helmut afficha un large sourire de façade.
Helmut avait été si tendu, s’attendant à ce que le mari de Lionheart dégage une aura écrasante. Mais n’était-ce pas simplement un homme ordinaire, comme on en croisait partout ?
« Enchanté, Helmut. J’ai appris que vous nous aviez contactés au sujet d’une occasion d’investissement. »
« Oui, monsieur Aiden Kellermain. C’est un plaisir de vous rencontrer. »
Aiden lui sourit chaleureusement et lui serra la main. On aurait dit la cible innocente par excellence.
Comment un homme aussi quelconque avait-il bien pu se faire une place aux côtés de Lionheart… ?
« J’ai rassemblé tous les détails utiles dans ces documents. Lisez-les attentivement avant de prendre votre décision. »
Mais peu importait.
Helmut devait tout de même faire le travail pour lequel il avait été engagé.
Helmut lui tendit les documents avec un sourire éclatant ; Aiden les parcourut calmement.
Dans une arnaque, le plus important était le degré de méfiance de la cible. Un mensonge, aussi élaboré soit-il, ne valait rien si l’autre était certain qu’on lui mentait.
À cet égard…
« Tout a été vérifié. Une entreprise de vente d’alcool pour un vignoble haut de gamme… »
Le nom de l’Union des marchands libres, qu’Helmut avait fait valoir, était idéal pour dissiper ce genre de méfiance.
Helmut sourit avec satisfaction en entendant ces mots.
Rien n’était plus facile qu’une arnaque cautionnée par une autorité.
« Mais si cette occasion d’investissement est si intéressante, je ne vois pas pourquoi vous auriez dû venir me chercher parmi tant de personnes. On ne pense pas exactement à l’argent quand on s’apprête à épouser une militaire. Même si ma femme aime bien l’alcool. »
… Ce n’était pas faux.
« Non. C’est justement pour cela que nous sommes venus. »
À ces mots, Helmut se racla la gorge et se redressa.
C’était là que les choses sérieuses commençaient.
« Nous vous faisons cette offre parce que nous croyons en votre potentiel, monsieur. Nous souhaitons grandir avec vous. »
« Ah. »
« Personnellement, vous m’intéressez davantage que Lionheart. »
« Hmm. »
« Bien. Permettez-moi de vous exposer tous les détails… »
Helmut poursuivit en multipliant les flatteries et en expliquant le contrat dans ses moindres détails, mais l’expression d’Aiden se durcit à mesure qu’il l’écoutait.
D’ordinaire, Helmut jubilait intérieurement.
Il doit se dire quelque chose comme…
Pour qui me prend-il ?
L’offre était joliment présentée, mais quiconque avait un peu de jugeote voyait que les risques reposaient sur Aiden, tandis qu’Helmut empochait les bénéfices.
Et c’était précisément ce que voulait Helmut.
C’était le principe même.
Faire croire à l’autre qu’il était malin. Lui donner l’assurance d’avoir percé à jour toutes les manœuvres d’Helmut. Après quoi, le reste se déroulait sans accroc.
N’importe qui se méfierait d’un inconnu qui l’approchait soudain avec une offre prétendument avantageuse. Personne ne tomberait dans un piège aussi grossier.
La meilleure chose à faire était donc de lui faire croire qu’il avait percé à jour le plan d’Helmut.
Et généralement…
Les gens malins qui remarquaient qu’on cherchait à se servir d’eux tentaient de retourner la situation à leur avantage.
Ils cherchaient à maximiser leur part et à doubler Helmut à leur tour.
La proposition d’investissement apportée ce jour-là par Helmut était parfaitement conçue pour orienter les pensées d’Aiden dans cette direction.
Et dès qu’il se mettait à penser ainsi…
Il tombe dans le piège.
Un piège dans lequel les gens malins tombaient encore plus facilement.
Si cet homme avait été stupide, il ne se serait pas laissé prendre. Mais il était manifestement plus futé qu’il n’en avait l’air.
Cela dit, c’est dommage pour vous.
Le problème, c’était qu’Aiden avait affaire à Helmut, un escroc chevronné dans ce domaine.
Tout était conçu ainsi. Aiden aurait beau se creuser la tête, une fois le contrat signé, des dizaines de manœuvres minutieuses seraient déjà prêtes à se retourner contre lui.
La méthode consistant à faire signer un contrat à quelqu’un, à le laisser se lancer dans l’affaire, puis à lui faire comprendre que l’adversaire était plus malin qu’il ne le pensait pour finalement le battre à son propre jeu affichait un taux de réussite presque parfait.
Un piège à plusieurs niveaux, bâti sur une succession de guerres psychologiques. Même les plus aguerris, qui avaient déjà eu affaire à Helmut, s’étaient fait piéger à maintes reprises par des combines de ce genre.
« … »
Pourtant, la cible commença à s’écarter quelque peu des attentes d’Helmut. Au lieu de le prendre de haut et de signer le contrat sans attendre, Aiden revint calmement à la première page.
On y trouvait le parcours professionnel d’Helmut. Une fausse identité préparée pour l’occasion par l’Union des marchands libres.
« Vous avez d’abord travaillé sur le terrain pour un fabricant d’armes. Plus de dix ans d’expérience auprès d’un maître artisan dans un atelier réputé. C’est un parcours impressionnant. »
« … »
Quelque chose clochait.
La plupart des gens arrivés jusque-là auraient pris Helmut de haut, négocié les conditions et signé aussitôt.
Toutefois, Helmut mit ce malaise de côté et prit la parole avec le même sourire affable.
« … C’est exact. Mon maître m’a beaucoup appris. »
« Quand avez-vous parlé à votre maître pour la dernière fois ? Cet atelier m’a toujours intéressé. »
« Nous nous parlons encore souvent. »
« Même aujourd’hui ? »
« Oui. Nous sommes proches, voyez-vous. »
« Ah. »
Aiden tendit la main vers Helmut.
Helmut la regarda, perplexe, et Aiden haussa les épaules.
« Non, ça veut dire que je vais envisager votre offre favorablement. C’est juste une poignée de main. »
« … »
… N’était-ce qu’une impression ?
Cet homme était-il finalement tombé dans le piège d’Helmut, lui aussi ?
Toujours hésitant, Helmut tendit la main.
L’autre la serra fermement, comme s’il venait de saisir une proie.
« … ! »
Ses sourcils semblaient légèrement fatigués.
Mais quelque chose d’autre se cachait dessous.
Une noirceur putride.
Celle des gens qui avaient franchi le seuil de la mort encore et encore.
Comme s’il s’était fait berner de cette façon d’innombrables fois et s’y était habitué.
Comme s’il avait eu affaire à des gens comme Helmut à maintes reprises.
« Vous avez les mains douces. »
« … »
« Le travail sur le terrain n’était pas aussi dur que vous le pensiez, hein ? »
« … »
Aiden se pencha vers Helmut en parlant, et Helmut en eut le souffle coupé.
L’atmosphère qui émanait de cet homme n’avait pas changé d’un iota.
« Et vous avez dit que vous voyiez souvent votre maître. »
Avec le même détachement,
« Ce maître artisan est mort l’année dernière. »
Il déchira le mensonge d’Helmut en lambeaux.
L’expression d’Helmut se figea.
« C’est un atelier extrêmement réputé. Vous avez choisi un nom bien trop connu pour mentir à son sujet. »
« … »
« En plus, la qualité de leurs produits a baissé ces derniers temps, et leurs prix se sont effondrés. Qui a monté cette proposition d’investissement ? Il faudrait d’abord lui apprendre les bases de l’escroquerie. »
Il avait raison. C’était vrai.
… Si seulement l’atelier dont parlait cet homme ne se trouvait pas à l’autre bout du continent.
La distance physique entraînait directement une pénurie d’informations. Même s’il était réputé et fabriquait des produits de luxe, les nouvelles ne pouvaient pas circuler rapidement.
Et pourtant…
Parmi toutes les informations du monde, il connaissait des détails sur un atelier parmi tant d’autres ?
Mais quelle pouvait bien être l’étendue du réseau d’information de cet homme ?
« … E-Eh bien, c’est… »
« Les escrocs qui vendent leurs combines toutes faites finissent par être dépassés, Helmut. C’est bien d’avoir du savoir-faire, mais à quoi bon si les bases sont déjà bancales ? Il ne faut négliger la collecte d’informations à aucun stade. »
Aiden parla en bâillant.
Sa voix était toujours indifférente et lasse, si monocorde qu’elle ne trahissait pas la moindre émotion.
Mais Helmut avait l’impression de se tenir nu devant cet homme.
À partir d’un détail insignifiant, Aiden avait démantelé toutes les manœuvres préparées par Helmut.
« Il faut étudier tous les jours, faire des recherches et recueillir la moindre information avant de pouvoir paraître crédible. Les gens sont bien plus malins que vous ne le pensez, de nos jours. »
« … »
En regardant Aiden parler avec tant d’indifférence, Helmut comprit aussitôt quelque chose.
Son employeur avait dit que cet homme était ordinaire.
Ordinaire, mon cul.
… Ce salaud n’est pas un expert ordinaire… !
Helmut reconnut l’aura d’un professionnel du même milieu.
Et pas simplement de quelqu’un qui s’était donné du mal dans ce genre d’affaires. Cet homme jouait dans une tout autre catégorie.
« Et vu les événements récents… il n’y a qu’une seule personne qui me viendrait à l’esprit pour tenter un coup pareil. »
Aiden soupira et se frotta le visage.
« Marchand de la Mort. Vous écoutez quelque part, pas vrai ? »
« … »
« Vous m’avez déjà joué un tour il n’y a pas longtemps. C’est quoi, cette fois ? Vous me coupez vraiment dans mon élan. »
Aiden lança ces mots d’un ton désinvolte dans la pièce.
[… Ha, ha.]
Quelque part,
[Hahahaha !]
un rire mécanique éclata.
-Message du système
▶ Vous avez accompli avec succès la « Quête bonus ».
▶ L’affinité de la cible, « Ganesha Aldebaran », augmente. Vous pouvez copier 2 compétences !
… Et avec ces messages.
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