Chapitre 54
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Natty
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◈ Copier les compétences avec affinité ! ◈
Chapitre 54 : Rétribution
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… Et il était évident que le début ne se déroulerait pas toujours sans accroc.
Dans le domaine où ils étaient entrés à l’invitation du Grand-duc Aslan, Aiden promena un regard inquiet autour de lui.
On les avait fait entrer, mais…
*L’ambiance est un peu…*
Tout le monde était sur les nerfs.
Non seulement personne, parmi ceux qui circulaient dans le domaine, ne semblait ravi de voir des étrangers, mais pas une seule personne assise dans la salle à les observer n’avait l’air amicale.
Et certains se distinguaient plus que d’autres à cet égard.
« Je n’aime pas la façon dont ils nous regardent. »
« Je vous en prie, prenez sur vous. »
Aiden marmonna sans entrain à Katia, qui avait dit cela avec un sourire.
Elle était une véritable bombe à retardement ; chaque fois qu’elle disait ce genre de choses, il se sentait nerveux.
*Ce n’est pas que je ne comprenne pas.*
Cela dit, cette fois, les autres se comportaient si mal qu’il ne pouvait pas vraiment en vouloir à Katia.
Sur cette pensée, Aiden balaya du regard les gens qui les foudroyaient des yeux.
Ils étaient tous des vassaux du Grand-duc Aslan, mais appartenaient à différentes factions de la Maison ducale Aslan. Leurs tenues suffisaient à le deviner.
*Damian Aslan, Liza Aslan…*
Le fils aîné et la deuxième fille du Grand-duc. Les figures de proue de la lutte pour la succession au sein de la Maison ducale, qui faisait s’arracher les cheveux à tout l’Empire.
Ni l’un ni l’autre n’étaient présents, apparemment, mais leurs subordonnés se montraient toujours ouvertement hostiles envers le groupe d’Aiden.
Ils étaient assis si loin les uns des autres, de part et d’autre d’une table aussi vaste qu’une mer, qu’ils distinguaient à peine leurs visages. Pourtant, l’atmosphère était parfaitement claire.
« Ils doivent penser que nous nous mêlons des affaires d’une autre famille. »
Noel murmura, assise à côté d’Aiden, les yeux plissés.
Tout comme elle essuyait des regards désagréables, elle n’avait pas l’air particulièrement aimable non plus.
« En gros, Aiden et moi sommes considérés comme faisant partie de la faction de Sa Majesté l’Empereur. Ils craignent sans doute qu’il s’agisse d’une ingérence politique. »
« …La Nuit de la Chasse n’est-elle pas imminente ? »
Quelle que fût la situation interne du territoire, on les avait invités à aider à faire face à la catastrophe qui allait bientôt s’abattre sur eux.
Si ces gens comptaient encore se battre pour leurs intérêts face à une menace aussi grave, il n’y avait plus rien à ajouter.
« Ce serait la réaction la plus raisonnable. Mais… »
Noel poussa un bref soupir.
« …Les vassaux de la Maison ducale Aslan n’ont jamais eu bonne réputation à cet égard. »
La sauvegarde de leurs intérêts. La défense de leur pré carré. Les luttes d’influence.
On disait que ces maux rongeaient la Maison ducale Aslan, une illustre famille de guerriers, et leur mauvaise réputation s’était déjà répandue dans tout l’Empire.
Tandis qu’il y songeait, une voix s’éleva de l’autre côté de la table.
« Vous avez dû faire un pénible voyage ! »
C’était un homme à la barbiche caractéristique.
À en juger par l’épaulette sur son épaule, il appartenait à la faction de Damian Aslan.
La distance était telle qu’il avait dû hausser la voix, ce qui ne faisait que rendre ses intentions plus évidentes.
« Votre emploi du temps doit être chargé. Qu’est-ce qui amène une personne aussi remarquable que Cœur de Lion dans un trou perdu pareil ? »
La moquerie était limpide. Qu’est-ce que des gens comme eux étaient venus faire jusque-là ?
« … »
Noel inclina la tête, comme pour dire : « Sans surprise, voilà où nous en sommes. »
« Mon fiancé a reçu une invitation du Grand-duc. La Nuit de la Chasse approchant, nous sommes venus apporter notre aide. »
À ces mots, l’homme à la barbiche et tous ceux qui l’entouraient changèrent brusquement d’expression.
Cette phrase signifiait qu’Aiden, et non Noel, était ici le personnage principal.
Autrement dit…
Le Grand-duc s’intéressait davantage au mari de Cœur de Lion qu’à Cœur de Lion elle-même.
Tous les regards convergèrent vers Aiden. Après l’avoir dévisagé de la tête aux pieds, l’homme à la barbiche livra son verdict sans détour.
« Ce type-là ? »
À cette remarque méprisante, le visage de Noel se durcit, tandis que celui de Katia tressaillit encore plus violemment.
*…Je comprends.*
Du point de vue d’Aiden, ce n’était pas si étonnant.
Contrairement à Noel ou Katia, il n’était pas connu pour des prouesses particulières et n’aimait pas attirer l’attention.
Cela dit…
« …Votre Altesse. »
« Je sais, je sais. Je ne vais pas faire d’histoires. »
Katia répondit calmement. Son visage ne trahissait pas non plus la moindre colère.
« Ce n’est rien. Pour l’instant. »
…Même si, aux yeux d’Aiden, elle ressemblait déjà à une bombe dont la mèche avait été allumée.
« Enfin, si le Grand-duc vous a invités, il doit bien y avoir une raison. »
Heureusement, l’homme à la barbiche ne semblait pas vouloir insister.
« Nous n’avons pas l’intention de nous mêler de vos affaires de famille. »
Dans le même esprit, Aiden fit de son mieux pour empêcher la situation de dégénérer.
« Nous comptons seulement régler le problème que le Grand-duc nous a demandé de résoudre le plus pacifiquement possible, puis repartir… »
« Ah, bien sûr. »
Il aurait peut-être gardé cette attitude si l’homme à la barbiche ne l’avait pas interrompu avant qu’il ait pu finir.
« Bien sûr que oui. »
« … »
Aiden plissa les yeux devant ce sarcasme évident.
…À l’évidence, ils n’allaient pas pouvoir se sourire jusqu’à la fin, quoi qu’il arrive.
▣
En vérité, l’atmosphère ne changea pas d’un iota par la suite.
Les tensions ne s’affichaient pas ouvertement, mais chaque parole et chaque geste se faisaient de plus en plus acérés.
« Pourrions-nous au moins obtenir des informations sur les bêtes magiques qui apparaissent fréquemment dans la région… ? »
« C’est confidentiel. Il serait difficile de communiquer ces informations à des étrangers. »
« …Dans ce cas, à quel soutien matériel et humain pouvons-nous nous attendre ? »
« Pourquoi ne pas en discuter directement avec le Grand-duc ? Je n’en sais rien. »
« … »
Ce type était incroyablement agaçant.
Chacune de ses réponses donnait à Aiden cette impression.
La conversation se poursuivant ainsi, Aiden avait de plus en plus de mal à dire quoi que ce soit, tandis que Noel et Katia perdaient peu à peu patience.
« …À ce rythme, nous n’obtiendrons aucune coopération. »
Lady Noel souffla ces mots à Aiden.
La colère dans sa voix n’avait rien d’ordinaire.
« Je comprends qu’ils soient occupés à se quereller, mais là, c’est trop. Protéger les civils n’est-il pas le devoir fondamental de ceux qui détiennent le pouvoir ? »
…Aiden ne pouvait qu’être d’accord.
Il tourna la tête, contrarié.
« Ça m’énerve aussi. »
Une attaque de bêtes magiques à grande échelle était imminente, et eux s’affairaient à défendre leurs intérêts et à mettre des bâtons dans les roues des autres. C’était vraiment abject.
Surtout au vu de la situation actuelle.
*…Ce n’est pas un incident ordinaire.*
Dans le jeu d’origine, cette attaque de bêtes magiques était d’une telle ampleur qu’il était impossible d’y faire face sans aide extérieure. Le duché avait forcément sombré dans le chaos. S’ils traitaient ainsi jusqu’aux personnes venues les aider, il était évident que la situation serait difficile à maîtriser.
Aiden observa les gens qui ne prenaient toujours pas la peine de cacher leur hostilité, le regard chargé de mépris.
*Le prince valait mieux qu’eux.*
Au moins, le prince possédait largement les qualités attendues d’un dirigeant.
Ces gens étaient des parasites. Des incapables si aveuglés par leur propre intérêt qu’ils ne voyaient pas venir la catastrophe, et qui se souciaient davantage de leur pouvoir que des vies humaines.
Ce qui signifiait…
Qu’il n’y avait aucune raison de les traiter comme des êtres humains.
*Hum…*
Aiden tapota la table du bout des doigts, plongé dans ses réflexions.
Il passa en revue ses priorités et ses objectifs.
Comme toujours, ses deux objectifs principaux étaient simples.
Accomplir la quête principale et copier les compétences des personnages importants.
Alors, au bout du compte…
La marche à suivre pour atteindre ces deux objectifs, c’était…
« … »
Aiden passa une main dans ses cheveux et soupira.
Enfin.
Ces derniers temps, il avait l’impression que sa personnalité changeait peu à peu.
De telles idées folles ne devraient pas lui venir aussi naturellement.
« Lady Noel. »
À ces mots soudains, Noel se tourna vers lui, les yeux légèrement écarquillés.
Mais dès qu’elle entendit la suite, son expression se figea.
« Vous me faites confiance ? »
« … »
Une vive inquiétude passa dans les yeux de Noel.
« …Oui. »
« …Vous avez mis un temps fou à répondre. »
« Vous devriez poser la main sur votre cœur et réfléchir à tout ce que vous avez fait jusqu’ici. »
« … »
« À votre avis, pourquoi m’a-t-il fallu autant de temps pour répondre ? »
…Il n’avait pas grand-chose à répliquer.
Quand il se mettait à faire des bêtises, il n’y allait pas de main morte ; même Katia avait reconnu qu’il pouvait se montrer impitoyable.
« Faites-moi confiance. J’ai un plan. »
« … »
« Alors, vous allez coopérer sans faire d’histoires ? »
« … »
Plus Aiden parlait, plus l’inquiétude se lisait sur le visage de Noel.
« …Très bien. Essayez. »
Elle lui donna pourtant son accord plus facilement qu’il ne l’avait prévu.
Ça ne lui plaisait pas, mais elle le suivrait quand même.
Aiden pensa qu’elle avait accepté plus vite que prévu, puis se leva en penchant la tête.
Enfin, il avait son accord. Il pouvait donc s’y mettre.
Il prit plusieurs bouteilles de vin dans ses bras et se dirigea à grands pas vers l’homme à la barbiche.
« …Si vous m’invitez à boire un verre, je dois décliner. Nous ne sommes pas assez proches pour partager un verre. »
Aiden fixa l’homme à la barbiche, qui lui adressait un sourire pincé, puis pencha la tête.
« Moi non plus, je n’en ai pas spécialement envie. »
« …Pardon ? »
« En fait, je me suis fait une réflexion en venant. Si vous aviez été un peu moins impoli, je crois que je m’en serais voulu. »
« Qu’est-ce que vous… »
« Mais je ne crois pas que ce soit nécessaire. »
Avant que l’homme à la barbiche puisse poser une autre question, Aiden abattit de toutes ses forces une bouteille de vin en plein sur son crâne.
Des éclats de verre volèrent dans toutes les directions. Le vin rouge et le sang, plus rouge encore, giclèrent dans les airs.
L’homme à la barbiche s’effondra aussitôt, inconscient, sur la table. Ceux qui l’entouraient poussèrent des cris et des hurlements.
« Q-Qu’est-ce que vous foutez ?! »
Une bouteille de vin s’abattit sur la tête de quelqu’un qui s’apprêtait à crier.
Une autre personne s’écroula à côté de l’homme à la barbiche.
« C’est de la tyrannie ! Qui a laissé un fou pareil entrer dans le territoi… ! »
Crac !
Une personne de plus s’effondra.
« Gardes ! Appelez les gard… ! »
Crac !
Une personne de plus s’effondra.
« … »
« … »
Le silence envahit la salle.
Après avoir assommé plusieurs autres personnes en un instant, Aiden balaya la salle de son regard habituellement las.
« Quelqu’un d’autre veut crier ? »
« … »
« Quelqu’un d’autre veut se montrer impoli ? »
« … »
« Non ? »
« … »
Tous les regards se tournèrent vers les quelques bouteilles de vin qu’Aiden tenait encore dans ses bras.
Son ton était parfaitement calme, mais son intention ne pouvait être plus claire. Si quelqu’un disait quoi que ce soit, il lui ferait faire connaissance avec l’une de ces bouteilles.
« Alors, j’ai quelques questions, et j’apprécierais des réponses sincères. »
« … »
« Je prendrai votre silence pour un accord. »
Tandis que tous gardaient le silence devant Aiden, qui débitait poliment des choses insensées, Noel se passa les deux mains sur le visage.
« …Aiden. »
La voix tremblante, elle parvint à peine à formuler une phrase.
« …Vous n’avez pas dit que vous aviez une bonne idée et que je devais vous faire confiance… ? »
En voyant Lady Noel, qui semblait ne pas comprendre pourquoi elle était censée lui faire confiance, Aiden hocha la tête.
« Tout va bien, Lady Noel. »
« …Qu’est-ce qui va bien ? »
« Dans ce genre de situation, il faut continuer à frapper jusqu’à ce que l’autre camp ne puisse plus émettre un son. »
« Pardon ? »
« Ça veut dire que je n’ai même pas encore vraiment commencé. »
…À bien y réfléchir.
Cet homme semblait vraiment devenir plus fou de jour en jour.
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