Chapitre 52
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Traductrice/éditrice : Natty
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◈ Copier les compétences ! ◈
Chapitre 52 : Tumulte
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Quiconque se retrouvait entouré par des gens pareils gardait naturellement son calme et évaluait la situation.
« Ne jouez pas les héros ! À terre ! »
Assez calme pour remarquer quelque chose d’étrange chez les hommes qui hurlaient à pleins poumons.
… Leurs voix sont jeunes ?
La pensée lui traversa brièvement l’esprit.
Leurs voix n’étaient pas seulement aiguës. Elles étaient si fluettes qu’il en conclut qu’ils n’avaient même pas atteint l’âge adulte.
Après leur avoir rapidement jeté un coup d’œil, il constata que la plupart étaient chétifs. Leurs bras et leurs jambes dénudés étaient maigres, et ils semblaient tous vaciller sur leurs pieds.
… Ils n’avaient rien de criminels professionnels.
Tiens.
Un malaise lui remonta lentement le long de la colonne vertébrale.
Son regard s’attarda alors sur les armes qu’ils tenaient.
De vieux revolvers. Ils n’avaient rien de neuf. Ils n’avaient clairement pas servi depuis longtemps. Il aurait cru qu’ils les avaient ramassés dans la rue.
Aiden les examina attentivement.
… Il ne tarda pas à trouver ce qu’il cherchait.
« … »
Aiden ferma les yeux.
Maintenant qu’il l’avait remarqué, impossible de faire comme s’il n’avait rien vu.
Surtout qu’un des braqueurs s’approchait de Katia.
« Qu’est-ce que tu fais ? À terre ! »
« … Hum. »
Katia tourna lentement les yeux vers le braqueur, tout en faisant tournoyer sa fourchette entre ses doigts.
« Et si je refuse ? »
« … »
« Vous allez tirer ? »
Le braqueur lâcha un rire sans joie devant son audace.
« Si tu veux mourir, je ne t’en empêcherai pas. »
« Hum. »
« À terre. Dernier avertissement. »
« Mmh. »
« … »
Katia continua de faire tournoyer sa fourchette en répondant avec désinvolture, laissant le braqueur sans voix.
« … Grand frère, il y a un problème, là-bas ? »
Un des hommes qui maintenaient les clients à terre en agitant son arme prit la parole.
Sa voix tremblait. Il essayait de le cacher, mais Aiden s’en aperçut aussitôt.
Bien qu’ils fussent les criminels, c’étaient eux qui avaient peur.
« Non. Rien. »
Le braqueur qui faisait clairement office de chef arma son revolver et en rapprocha le canon du front de Katia.
La situation était explosive, mais le sourire de Katia ne faiblissait pas.
« Vous n’allez pas tirer ? »
Son regard s’assombrit alors.
Le Pouvoir divin s’amassa autour d’elle. L’air devint brûlant.
« … Votre Altesse ? »
Noel s’exprima derrière eux, l’air abasourdi.
« Qu’est-ce que vous faites ici ? »
« … C’est vraiment important, là, tout de suite ? »
Le Pouvoir divin bouillonnant s’écoulait du corps de Katia.
« Si vous ne tirez pas, alors je vais commencer… »
En entendant ces mots, Aiden inspira profondément et se leva.
Il prit sa décision en un instant. Il passa à l’action encore plus vite.
Katia tressaillit sans même s’en rendre compte et s’interrompit juste avant de libérer son Pouvoir divin.
« … Pointez-moi ça dessus. »
Aiden s’interposa devant Katia en parlant. Son doigt désignait directement l’arme du braqueur.
« … ? »
Katia lui lança un regard furieux, comme pour lui demander ce qu’il fabriquait, mais Aiden l’ignora et croisa le regard du braqueur masqué.
Tandis que celui-ci restait planté là, hébété, Aiden lui arracha son arme et en plaqua le canon contre son propre front.
Noel et Katia se redressèrent d’un bond.
Quelques instants plus tôt, leurs visages étaient détendus ; à présent, une peur évidente s’y lisait.
« Qu’est-ce que vous faites… ?! »
« Monsieur Aiden, vous avez perdu la tête ?! »
Leurs pouvoirs jaillirent en même temps.
La force qu’elles déployèrent n’avait rien à voir avec celle d’avant. Les braqueurs, mais aussi les clients qui tenaient à peine debout, s’effondrèrent, les jambes flageolantes.
« Ghh, ghh ! »
Un des braqueurs poussa un cri terrifié et braqua son arme sur Noel et Katia.
La voix d’Aiden déchira la salle.
« Pointez votre arme sur moi ! »
« Q-Quoi… ?! »
« Pointez-la sur moi si vous voulez vivre ! »
« … »
Même Noel et Katia, qui déployaient leurs pouvoirs, tressaillirent devant son ton ferme.
Quand leur force retomba, Aiden reprit d’un ton calme :
« Lady Noel, Votre Altesse, vous voyez bien que l’arme est braquée sur moi, n’est-ce pas ? Au moindre faux pas, je risque de mourir. Je vous en prie, retirez vos pouvoirs. »
« Mais qu’est-ce que vous… »
« Je vous en prie. Je vous le demande. »
Sa voix était basse et polie, ce qui rendait ses paroles d’autant plus lourdes.
Noel et Katia tressaillirent toutes deux en croisant son regard. D’ordinaire, les yeux d’Aiden semblaient alourdis par la fatigue, mais en cet instant, ils étaient d’une clarté exceptionnelle.
« … »
« … »
Tandis que Noel et Katia relâchaient silencieusement leurs pouvoirs, Aiden glissa lentement la main dans son manteau.
Il bougeait avec une extrême lenteur, comme pour montrer qu’il ne cherchait à menacer personne. Il finit par sortir un portefeuille en cuir.
Il était assez épais, grâce à tout ce que Noel lui avait récemment donné.
Aiden le tendit lentement au braqueur.
« Prenez-le. »
« … »
« Vite. Prenez-le. Et ne touchez pas à l’argent des autres. »
Le canon toujours plaqué contre son front, Aiden fourra presque de force le portefeuille dans les mains du braqueur.
Quand celui-ci l’accepta avec hésitation, Aiden reprit d’un ton égal :
« En descendant la quatrième rue, vous devriez trouver un quartier d’aide aux pauvres. Vous pouvez encore y trouver du travail. Menez une vie honnête si vous voulez continuer à nourrir ceux qui dépendent de vous. »
« … »
« Vous mourrez jeune si vous continuez comme ça. Écoutez-moi si vous ne voulez pas faire souffrir votre famille. »
« … »
« Partez. Vite. »
« … »
« J’ai dit : partez ! »
Le braqueur tressaillit au cri d’Aiden, puis serra le portefeuille contre lui et recula.
Il rassembla les autres, qui restaient plantés là, hébétés, et quitta rapidement le restaurant.
Un silence vide s’abattit sur le restaurant, comme si une tempête l’avait balayé.
Tout le monde ne pouvait que regarder tour à tour Aiden et les braqueurs, bouche bée.
« … Haaah. »
Aiden poussa un profond soupir et se laissa retomber sur sa chaise.
… Je déteste vraiment attirer l’attention.
Il lui était arrivé bien des fois de se jeter dans le danger parce qu’il avait besoin d’une occasion de copier une compétence, mais chaque fois qu’il se retrouvait aussi brutalement sous les projecteurs, il finissait épuisé. Il y avait des limites à ce qu’il pouvait faire qui ne lui ressemblait pas…
« Qu’est-ce qui t’a pris, à l’instant ? »
Katia posa le menton sur sa main en lui posant la question.
Son visage était parfaitement impassible.
… Vu son tempérament habituel, cela signifiait qu’elle était en colère.
Ce qu’Aiden venait de faire lui déplaisait clairement.
« Qu’est-ce que tu avais en tête quand tu… »
« … Ce n’étaient pas des braqueurs, au départ. »
Mais Aiden n’avait pas perdu la tête et agi sans raison.
Il se frotta le visage et répondit d’une voix lasse :
« Les barillets étaient vides. »
« Quoi ? »
« Les armes étaient vides. Ils ont probablement ramassé de la ferraille, l’ont rafistolée et ont trouvé un moyen de la faire passer pour de vraies armes. »
Ils s’étaient servis de faux revolvers pour faire croire qu’ils étaient vrais et rafler de l’argent rapidement.
Au lieu de s’en prendre à un grand établissement comme une banque pour gagner gros, c’étaient de petites frappes qui se contentaient de vider la caisse d’un restaurant comme celui-ci.
« … C’était une méthode souvent utilisée dans les taudis. »
Aiden se souvenait de tout.
« Comme le moindre faux pas pouvait leur coûter la vie, seuls ceux qui étaient vraiment au bord de la famine s’y risquaient. Ils ne l’ont probablement pas fait par envie. »
Le désespoir et la terreur qu’ils avaient affichés pendant tout le braquage ne faisaient que confirmer son impression.
Celui que les autres appelaient grand frère était probablement l’aîné d’une bande de garçons et de filles sans parents ni tuteurs.
Des gens qui vivaient au jour le jour, dormaient sans toit au-dessus de la tête et évitaient de mourir de froid en partageant leur chaleur.
« Le crime reste mal. Je ne cherche pas à les défendre. Mais… »
Il se gratta la tête et parla sans détour :
« … On peut bien accorder une dernière chance à quelqu’un qui se démène pour nourrir ceux qui dépendent de lui, non ? Il essaie de nourrir sa famille. »
« … »
« Ils n’ont pris que mon argent, alors personne d’autre ne leur en voudra. »
Katia l’écouta en silence, puis pencha la tête.
« Comment tu sais tout ça ? »
« … »
Après un instant de silence, Aiden plissa les yeux et répondit :
« Parce que j’ai failli faire quelque chose de semblable, moi aussi. »
Katia fronça les sourcils, comme si elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire.
Mais Noel, qui avait écouté ces paroles sans rien dire, ouvrit légèrement plus grand les yeux.
« Ces deux-là, Aiden et Sissela… Ce sont des enfants que j’ai recueillis dans la rue. Je ne les ai jamais interrogés sur leur passé. Je crois que c’est pour ça que nous nous entendons si bien. »
« N-Non, tout est de ma faute. Ils n’ont pas le choix et sont obligés de faire ces choses à cause de moi… »
… Peu de temps auparavant.
Noel se rappela avoir entendu ces paroles de la famille d’Aiden.
Cet homme avait été un orphelin de guerre qui mendiait dans les rues.
Personne ne savait où ni comment il avait vécu avant cela.
… Je comprends mieux, maintenant.
Elle ne savait rien de cet homme.
Rien de ce qu’il avait traversé, de ce qu’il avait vécu, ni de ce qui avait fait de lui l’homme qu’il était aujourd’hui.
Elle ne savait vraiment rien.
« … »
Noel se mordit doucement la lèvre en méditant là-dessus.
Cet homme…
… Où était-il allé, et qu’avait-il fait ?
Elle était curieuse de connaître l’origine de cette « capacité » qui lui permettait de manier son ki avec tant de désinvolture, d’utiliser le Pouvoir divin et de recourir sans hésiter aux techniques d’un chevalier aussi légendaire que le Chevalier de l’Aube. Mais, au-delà de tout cela…
Noel était tout aussi curieuse de découvrir le véritable passé de cet homme, dissimulé sous ses pouvoirs éblouissants.
Quel genre d’homme êtes-vous, monsieur Aiden ?
Tandis qu’elle tournait cette question dans son esprit, Aiden continuait d’observer les alentours, les yeux plissés.
« … C’est quand même étrange. »
« Quoi donc ? »
« Même s’ils étaient désespérés, rien ne les obligeait à venir jusqu’à un quartier commerçant aussi huppé. D’habitude, ils s’en prennent aux petites échoppes perdues dans une ruelle. »
Tandis qu’Aiden parlait, quelqu’un s’approcha et tira une chaise en face de lui.
Aiden regarda l’homme s’asseoir, puis lâcha :
« À moins qu’on les ait forcés à le faire. »
« Voilà une interprétation intéressante. »
C’était un homme d’un certain âge.
Il avait les épaules larges, une cicatrice qui lui barrait tout le visage et une foule de médailles épinglées à son costume.
Noel se redressa aussitôt en le reconnaissant. Katia écarquilla également légèrement les yeux.
C’était sans doute la preuve qu’il était assez célèbre.
On ne lui avait pas encore présenté cet homme, mais Aiden savait qui il était.
Non pas parce que l’inconnu était célèbre.
— Message du système
▶ L’affinité de la cible « Grand-duc Aslan » a augmenté.
▶ Le niveau de lien a augmenté !
▶ Vous pouvez copier 1 compétence !
… Mais parce que ce truc venait de l’annoncer sans la moindre discrétion.
« Que faites-vous ici ? »
« Je recrute. »
L’homme sourit à la question d’Aiden.
Rendal Dreyfus Aslan, le Grand-duc du Nord.
« Et vous venez de réussir l’épreuve. Félicitations. »
Le noble le plus ancien et le plus éminent de l’Empire retroussa le coin des lèvres.
Notes :
En coréen, le Grand-duc Aslan est qualifié deux fois de « choego », avec des caractères différents qui signifient à la fois « le plus ancien » et « le plus grand » noble de l’Empire.
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