Chapitre 41
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Traductrice/éditrice : Natty
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Chapitre 41 : Souverain pontife
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Aiden lança un regard noir à la silhouette silencieuse, les yeux levés vers elle.
La servante cligna des yeux, l’air absent, et regarda autour d’elle avant de prendre la parole d’une voix hébétée.
« Euh, qu’est-ce que vous voulez dire ? J’ai fait quelque chose de mal… ? »
Aiden prit une profonde inspiration, sentant la veine de son front battre plus fort.
« Lady Stella. »
« … Oui ? »
« Pourriez-vous vous éloigner un instant ? »
« … ? »
Dès que Stella eut reculé, Aiden sortit un revolver de son manteau.
Il le portait toujours sur lui, au cas où.
« … Aiden ? Qu’est-ce que vous… »
Avant que Stella ait pu finir sa question,
« Loi, je le jure… »
il prononça aussitôt un serment à voix basse.
D’abord, Consécration. Ensuite, Vœu. Enfin, mantra.
Trois capacités furent immédiatement conférées à l’arme.
« … Aiden ? »
Stella demanda, déconcertée, mais avant qu’il ait pu lui répondre, dès que les trois capacités se furent ancrées dans le revolver, Aiden tira droit devant lui.
BANG !
L’attaque déchira tout sur son passage et pulvérisa le torse de la servante.
« … »
À côté de lui, Stella le fixait d’un air vide.
Tout s’était passé si vite qu’elle semblait avoir cessé de comprendre ce qui se déroulait avant même d’avoir pu réagir.
« Aiden, qu’est-ce que… ! »
« Non, ça va. »
Aiden, qui venait de faire ça, l’interrompit, toujours les sourcils froncés.
« Quelqu’un comme elle ne mourra pas pour si peu. »
L’attaque était terrifiante, mais même Katia n’avait été neutralisée que temporairement après l’avoir encaissée.
Et cette personne…
Elle était encore bien au-dessus d’une femme aussi hors norme que Katia.
« Hé. »
Les morceaux du corps de la servante flottèrent dans les airs.
« Vous n’y êtes pas allé un peu fort ? »
Sur ces mots, la servante claqua la langue et balaya l’air d’un geste du poignet.
Un geste fluide, comme si elle s’étirait.
En réponse, les morceaux brisés se recollèrent comme de la boue et se régénérèrent en un instant.
Comme Katia.
« … Hein ? »
Stella, à côté de lui, laissa échapper un son étrange.
Comme elle était capable de manier des capacités, elle devait voir la scène clairement.
L’immortalité de Katia était innée. Cette personne, en revanche, l’imitait uniquement grâce à sa propre capacité.
… C’est ridicule.
Et c’était bel et bien le cas.
Elle pouvait reproduire l’immortalité par sa seule puissance.
Une maîtrise du Pouvoir divin proche d’une technique divine.
Même Katia, qui venait juste après le Souverain pontife dans la génération actuelle, ne pourrait jamais l’égaler.
C’est un monstre.
Il l’avait déjà dit plusieurs fois, mais ni Noel ni Katia n’étaient des personnes qu’on pouvait prendre de haut.
Et si l’on réfléchissait à ce que cela impliquait…
Même une femme capable de trancher des bâtiments avec son épée, ou une femme qui refusait de mourir, peu importe le nombre de fois où elle succombait, ne pouvait pas si facilement être qualifiée de plus puissante.
Bien sûr, si on lui demandait jusqu’où ces deux-là finiraient par progresser au fil du scénario, il pourrait leur attribuer ce titre par avance.
Mais, pour l’instant, il était difficile de les appeler ainsi.
Cette femme en était l’une des raisons.
La plus puissante, la plus redoutable et la plus terrifiante utilisatrice du Pouvoir divin de l’histoire.
La dirigeante du Saint-Empire Craven, l’actuelle Souveraine pontife, Abigail III.
Tous ces titres désignaient la personne qui se tenait devant lui.
La Souveraine pontife ricana et retira sa coiffe.
Au même instant, elle claqua des doigts et des flammes sans chaleur se dispersèrent dans toutes les directions.
La tenue modeste de servante fut balayée par les flammes, révélant dessous des vêtements pontificaux noirs comme l’ébène.
Une tenue qui symbolisait le plus haut rang cérémoniel du Saint-Empire. L’emblème de la Souveraine pontife.
Dans le même temps, celle qu’on avait appelée Princesse Laila quelques instants plus tôt se dispersa en flammes et disparut.
« C’était un double rudement bien fait. Comment avez-vous percé le déguisement à jour ? »
Aiden fronça les sourcils devant la Souveraine pontife qui venait de se dévoiler.
Il ne la connaissait pas, mais son allure générale lui semblait familière.
Physiquement, elle était presque le reflet de Katia. Des cheveux blancs. Des yeux dorés. Même leur aura se ressemblait.
En revanche, leurs vêtements étaient aux antipodes.
Vu le lien qui les unissait, c’était plutôt approprié.
La mère biologique de Katia. Et…
La boss finale du deuxième acte.
Elle était l’adversaire finale de l’épisode où Katia tenait le premier rôle.
L’obstacle que Katia devait surmonter.
« Malgré tout, qui commence par attaquer sans prévenir, dites-moi ? Le mari de Lionheart, peut-être ? »
La Souveraine pontife sourit avec férocité et approcha son visage de celui d’Aiden.
Même cette expression ressemblait exactement à celle de Katia.
Une férocité espiègle mêlée à l’agressivité d’une bête sauvage.
Il n’était pas difficile de comprendre de qui Katia tenait ce tempérament.
Mais Aiden ne cilla pas en répondant.
« Votre Sainteté a fait la même chose sans hésiter. »
C’était leur première rencontre, et pourtant aucun des deux n’avait la moindre intention de faire preuve de formalités.
L’attitude de la Souveraine pontife se comprenait, vu la différence de statut, mais celle d’Aiden était inattendue.
« Vous ne comptez pas céder d’un pouce ? Dur, dur. »
« La courtoisie. »
La Souveraine pontife semblait lui reprocher son attitude, mais Aiden soutint son regard sans s’émouvoir.
« Je ne la réserve qu’à ceux qui en font preuve les premiers. »
L’attaque lancée alors qu’elle se faisait passer pour la Princesse Laila n’avait pas été assez puissante pour le tuer d’un coup, mais elle était redoutable.
Même s’il n’en était pas mort, il aurait été grièvement blessé.
Et, en plus de ça…
Elle avait aussi malmené Katia sans la moindre hésitation.
Il n’avait aucune raison d’accueillir quelqu’un comme elle avec le sourire.
Les lèvres de la Souveraine pontife se tordirent.
Comme si elle disait : « Eh bien, regardez-moi celui-là. »
La réaction évidente de quelqu’un qui commençait à s’intéresser à lui.
« … C’est juste. »
La Souveraine pontife laissa échapper un petit rire approbateur.
« Je me demandais pourquoi Katia s’était si bien installée ici. Il y a donc un clown né dans cette maison. »
« Votre Sainteté. »
Aiden soupira et l’interrompit.
« Vous n’êtes pas venue juste pour bavarder, si ? »
« … »
« Je suis un homme occupé. »
Du coin de l’œil, il aperçut Stella, qui ne parvenait toujours pas à suivre la situation et le regardait bouche bée.
« … Vous êtes complètement taré, pas vrai ? »
La Souveraine pontife elle-même le disait ; son attitude était donc vraiment extrême.
Mais…
Et alors ?
Aiden se retenait déjà.
Vu son caractère, il n’avait aucune raison de se retenir davantage.
« Avant de parler de mon caractère, il y a bien quelque chose que vous devriez faire en premier, non ? »
« … Quoi ? »
À tous points de vue, il y avait quelque chose qu’elle devait faire.
D’abord, elle avait envoyé Katia le traîner au Saint-Empire sans prévenir. Ensuite, elle avait tourmenté Katia sous ses yeux. Et, pour finir, elle l’avait soumis à une autre épreuve.
Il n’avait pas la moindre raison de lui parler gentiment.
Il devait tirer tout ce qu’il pouvait de cette situation.
« Quand on fait une erreur, il est normal d’en payer le prix. »
« Hum ? »
« Vous avez fait tant de choses répréhensibles. Vous n’espériez tout de même pas vous en tirer avec de belles paroles ? »
« Hmm ? »
« Accordez-moi deux faveurs, et je laisserai tomber. »
À ce stade, la Souveraine pontife semblait presque rire d’incrédulité.
« Voyons voir. Qu’est-ce que vous comptez laisser tomber, exactement ? »
« Si je révélais publiquement ce que le Saint-Empire a fait subir à Katia et à moi, Votre Sainteté n’y gagnerait rien, n’est-ce pas ? »
« … »
« Et ce ne serait pas le seul scandale à gérer. »
Le sourire féroce de la Souveraine pontife s’accentua.
Elle expira doucement et plissa les yeux.
« Écoutez, Aiden. »
« Oui. »
« Vous aimez respirer ? »
« En général. »
« Vraiment ? »
Puis sa vision se déchira.
Le Pouvoir divin jaillit et teinta les alentours de rouge, distordant ses sens.
Il ne sentit aucune chaleur. La Souveraine pontife ne déployait même pas correctement une capacité.
Ce phénomène résultait uniquement de sa présence et de sa pression.
Il suffisait de croiser son regard pour avoir l’impression qu’une main invisible lui serrait le cœur.
« Alors laissez-moi vous poser une autre question. »
Sa voix elle-même semblait saturée de parasites.
« Si vous aimez respirer, vous devriez choisir vos mots avec davantage de soin. C’était une menace ? »
Entendre ses paroles donnait l’impression qu’on lui grillait le cerveau. Voilà la pression qu’elles exerçaient.
Sa peau semblait pourrir. Une sensation répugnante, comme si du goudron avait été versé dans chacune de ses veines, parcourut tout son système nerveux.
« … »
C’était une capacité monstrueuse.
Et tandis qu’il en subissait toute la puissance, Aiden ne put penser qu’à une chose.
… Quelle prise de choix.
S’il pouvait copier les compétences d’une personne pareille, ce serait le jackpot absolu… !
« … »
Peut-être que Meyer l’avait trop souvent battu à mort, ces derniers temps. Même face à une véritable menace pour sa vie, ses pensées prenaient une direction étrange.
Pourtant, cette pensée était indéniablement juste.
Et son prochain coup était son atout pour la concrétiser.
Quelque chose s’éclaira dans son esprit.
Aiden leva calmement les yeux vers la Souveraine pontife.
« Oui. »
« … »
« C’était une menace. »
« … »
Hors de son champ de vision, Stella, qui ne se contentait plus de ne pas suivre la situation et semblait avoir renoncé à la comprendre, se tenait là, bouche bée une fois de plus.
« Si vous n’accédez pas à mes demandes, je poursuivrai jusqu’au bout. »
« … »
« Je vous garantis que je ne peux pas vaincre Votre Sainteté, mais je peux vous causer des ennuis vraiment agaçants et continuer jusqu’à ce que vous en ayez assez. »
À ces mots, Stella semblait sur le point de s’évanouir.
Mais Aiden n’agissait pas ainsi parce qu’il avait perdu la tête.
C’est comme ça qu’on obtient quelque chose d’elle.
D’après ce qu’il savait de la Souveraine pontife, elle préférait les gens qui lui tenaient tête à ceux qui s’inclinaient devant elle.
Quel mauvais caractère. Elle poussait les gens jusque-là, mais voulait ensuite qu’ils continuent à lui résister.
C’était pour cette raison qu’elle n’avait cessé de mettre Aiden sous pression depuis le début.
Son envie de découvrir où se situaient ses limites était presque palpable.
Où il finirait par céder. Jusqu’où elle devait le pousser pour le faire plier.
Et mettre quelqu’un à l’épreuve…
Cette femme ne se lancerait jamais dans ce genre de choses si elle n’attendait rien de lui.
Elle avait donc une certaine idée de ce qu’elle voulait de lui.
Vu ses intentions, mieux valait l’affronter ouvertement que céder maintenant. Cela lui vaudrait davantage ses faveurs.
En fait, le sourire de la Souveraine pontife s’élargit à ses paroles.
Aiden continuait de répondre à ses attentes.
Tout à l’heure, elle avait semblé s’intéresser à lui. Cette fois, elle avait vraiment l’air de l’apprécier.
Et pour enfoncer le clou…
« Cela dit, je ne suis pas complètement sans scrupules. Je tâcherai de garder les choses équilibrées. »
« Quoi ? »
« Je crois que vous voulez que je vous aide pour quelque chose, Votre Sainteté. »
« … »
« Ce n’est pas pour ça que vous me poussez aussi loin ? »
Il prenait les devants tout en montrant qu’il avait percé à jour toutes ses intentions.
Et même davantage.
Pourquoi lui avait-elle fait passer épreuve après épreuve ? Pourquoi voulait-elle continuer à évaluer ses capacités ?
Inutile de calculer. Il connaissait déjà ce qui la préoccupait le plus.
« La question des droits de succession semble vous tracasser. »
La lutte de pouvoir entre les héritiers qui lui succéderaient à la tête du Saint-Empire.
Le deuxième chapitre du scénario, Blasphème contre la divinité, portait précisément là-dessus.
« Si vous m’aidez, je vous prêterai assurément main-forte plus tard. »
Après qu’Aiden eut ajouté ces mots, la Souveraine pontife garda le silence un long moment, puis laissa retomber son Pouvoir divin dans un petit rire.
La pression qui écrasait tout le corps d’Aiden disparut d’un coup.
« … Vous êtes vraiment bizarre. Je n’arrive pas à savoir si vous êtes exceptionnel ou complètement fou. »
« Je vais prendre ça pour un compliment. »
« Très bien, espèce de taré. »
« … »
Son ton était brusque, mais ce n’était clairement pas une réponse négative.
-Message du système
▶ La cible « Abigail III » s’intéresse davantage à vous.
▶ La « compétence : Tisseuse du Destin » s’active !
▶ Le nombre de compétences copiées a augmenté de 1 !
▶ Les informations liées seront mises à jour ultérieurement dans le scénario principal !
La fenêtre apparue devant lui le confirma aussitôt.
Tandis qu’Aiden exultait intérieurement, la Souveraine pontife soupira et croisa les jambes.
« … Voyons voir. Qu’est-ce que vous vouliez me demander ? »
À ce stade, elle avait de fait accepté sa proposition.
Aiden lui adressa un grand sourire.
Quelle bonne affaire.
… En réalité, il était de toute façon lié par la quête. Il aurait donc dû l’aider, que la Souveraine pontife le lui demande ou non.
Il se retrouverait mêlé à ses problèmes quoi qu’il arrive.
Normalement, rien que d’y penser aurait donné le vertige, mais pour l’instant, ça allait.
S’il pouvait faire croire qu’il lui rendait un service énorme, cela lui suffisait pour le moment… !
Bien sûr, c’était une chose.
Sa première demande était évidente.
« Je vous l’ai dit tout à l’heure. »
« … Hum ? »
« Présentez vos excuses à Katia. »
« … »
« Je ne tolérerai pas que Votre Sainteté traite mon amie comme bon lui semble. »
« Et si je refuse ? »
« Alors, nous serons ennemis. »
La Souveraine pontife resta silencieuse un instant en regardant Aiden.
Il n’y avait aucune émotion dans sa voix. Il formulait même sa demande avec calme.
Mais la pensée qui lui vint en le voyant fut :
Les vrais chiens féroces n’aboient pas.
Son calme rendait ses intentions d’autant plus évidentes.
S’il n’exigeait pas que Katia reçoive des excuses, il comptait vraiment faire capoter les négociations et s’en prendre sérieusement à elle.
La dirigeante du Saint-Empire. L’une des souveraines des grandes puissances du continent.
Il est fou.
Mais c’était justement pour ça qu’elle l’aimait bien.
La Souveraine pontife ricana.
« Très bien. Je m’en chargerai. Quand je reverrai cette gamine, je lui dirai franchement que j’ai eu tort. »
« … »
« Vous ne me croyez pas ? Je pourrais même le jurer sur mon vrai nom devant le God of Purification. »
« … Non. Ça suffira. »
Hum.
Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle l’admette aussi facilement.
Vu son caractère de cochon, il s’était attendu à ce qu’elle s’emporte et lui demande qui il était pour lui donner des ordres.
Enfin…
Puisqu’elle avait cédé si facilement, il était normal qu’Aiden fasse lui aussi un petit pas vers elle.
Il lui restait encore une deuxième demande, mais ne pouvaient-ils pas commencer par détendre l’atmosphère ?
« Permettez-moi d’abord de me présenter comme il se doit. Pour sceller notre réconciliation. »
« Vous présenter ? »
« J’espère que nous nous entendrons bien à l’avenir. »
Leur première rencontre avait été plutôt hostile, mais il espérait sincèrement qu’ils s’entendraient bien désormais.
À ces mots, Abigail III, qui l’avait écouté d’un air contrarié, pencha légèrement la tête.
Puis elle sembla réfléchir un instant à ses paroles avant d’incliner la tête de l’autre côté.
« … »
Qu’est-ce qu’elle faisait ?
-Message du système
▶ La cible « Abigail III » s’intéresse davantage à vous.
▶ La « compétence : Tisseuse du Destin » s’active !
▶ Le nombre de compétences copiées a augmenté de 2 !
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Pourquoi le compteur venait-il encore d’augmenter ?
Tandis qu’il se posait la question, la Souveraine pontife prit la parole avec gêne, de l’autre côté de la pièce.
« … Hé. »
« … Oui ? »
« Vous êtes en train de me draguer ? »
« … »
Quelles absurdités racontait-elle, celle-là ?
Qu’est-ce qu’il avait bien pu dire qui lui avait fait penser ça… ?
« … Non. »
Aiden parvint à peine à répondre, et la Souveraine pontife poursuivit d’un ton bourru.
« Je suis célibataire depuis toujours. »
« … »
« Soyez clair, que je ne me fasse pas de fausse idée. Vous avez une jolie frimousse et vous savez bien parler… »
« … »
… Ça ne semblait pas être son problème.
Aiden ravala sa remarque.
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