Chapitre 32
WeTried Translations
Traductrice/éditrice : Natty
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Copier les compétences grâce à l’affinité ! ◈
Chapitre 32 : La traque
──────
Le silence régnait dans la salle d’audience.
Lorsque le ministre de l’Administration avait parlé un peu plus tôt, le silence était clairement dû à un accord conclu dans les coulisses et à un avertissement préalable. Cette fois, il venait manifestement d’une pure stupéfaction.
Après tout, quel fou oserait dire une chose aussi insensée à un membre de la famille royale ?
« … »
Ce à quoi ils ne s’attendaient pas, c’était que le prince, après avoir entendu ces mots, ne réagisse pas particulièrement.
Il ouvrit simplement, lentement, les yeux qu’il avait gardés fermés jusque-là, assis en silence, et fixa Aiden d’un air si impassible qu’il ne laissait transparaître la moindre émotion.
« Monsieur Aiden, vos propos relèvent du crime de lèse-majesté. »
Même les mots qu’il prononça d’une voix douce n’étaient pas très éloignés de la réponse attendue.
« Vous devriez vous demander si vous êtes prêt à assumer la responsabilité de vos actes. »
Pourtant, sa voix était si glaciale qu’Aiden lui-même s’immobilisa un instant.
« Vous êtes libre de vous opposer à mes intentions et de les entraver. Mais ne m’insultez pas. N’insultez pas l’autorité impériale. Ce serait insulter l’Empire et ses sujets, dont je porte le poids sur mes épaules. »
« … »
« En tant que futur souverain, la façon dont on me traite est liée à la dignité de l’Empire. Ne l’oubliez pas. »
Chacune de ses phrases trahissait la fierté et l’assurance de celui qui représentait l’Empire.
Il ne parlait pas pour lui-même, mais en tant que porte-parole du peuple dont il avait la charge.
L’avertissement était sans équivoque.
S’ils voulaient s’affronter, ils n’avaient qu’à le faire à huis clos.
Pas de cette manière, en provoquant scandale et excès au point de troubler l’ordre de l’Empire.
C’était la limite qu’il avait fixée pour qu’ils puissent, comme ils le faisaient jusqu’à présent, « se battre sans violence ». Qu’Aiden n’aille pas plus loin.
S’il se montrait aussi agressif, le prince n’aurait d’autre choix que de lui rendre la pareille.
« Honorable. Vertueux. Incorruptible. Souverain. Patriote. »
Aiden passa en revue les mots qui décrivaient le prince dans l’œuvre originale et laissa échapper un rire intérieur sans joie.
Quel avertissement courtois.
Il usait de coups bas, mais il y avait chez lui une étrange honnêteté sur certains sujets.
La suite le prouva.
Le prince pinça les lèvres.
Puis il murmura d’une voix assez basse pour qu’Aiden seul l’entende :
« J’ai du respect pour vous. Et pas seulement pour vous, mais pour chaque membre de l’Empire. »
« … »
« Alors, je vous en prie, ne m’obligez pas à vous faire du mal. Laissez-moi vous rendre sain et sauf à votre ancienne vie quand tout ceci sera terminé. »
Ce que je veux, ce n’est pas votre ruine, mais la place de mari de Lionheart que vous occupez. Alors n’allez pas plus loin. Laissez-moi continuer à vous respecter.
« … Voilà le souverain saint. »
Une hostilité d’une rare élégance.
« Nous entendrons votre réponse aux accusations du ministre de l’Administration plus tard. Retournez à votre place… »
« Les fausses accusations sont sévèrement punies par la loi impériale. Assez sévèrement pour que même la famille royale n’y échappe pas. »
Voilà où était le problème.
Aiden n’avait aucunement l’intention de se laisser entraîner dans le jeu que l’autre camp avait préparé.
« … De quoi parlez-vous ? »
« Ce n’est pas moi qui reçois un avertissement, Votre Altesse. C’est moi qui vous en donne un. »
« … »
« Cessez ces querelles pitoyables. Avant que je vous les rende au centuple. »
Cette fois, le visage impassible du prince tressaillit.
Après un bref silence, Aiden gronda d’une voix sourde :
« Aiden Kellermain, époux de Lionheart, porte plainte contre le prince. C’est vous qui cherchez à faire porter à Lady Noel la responsabilité de crimes qu’elle n’a pas commis. »
Aiden veilla à ce que chacun, dans la salle d’audience, l’entende clairement.
Sa déclaration était si explosive qu’elle plongea la salle dans un silence encore plus profond qu’auparavant.
« … »
Rad et le prince se raidirent alors.
Ils avaient dû comprendre d’instinct ce que signifiaient ses paroles.
C’était une déclaration de guerre ouverte. Aiden affirmait qu’il avait suffisamment confiance en lui.
Bien sûr, seul un fou agirait ainsi. S’il échouait, il devrait aussitôt payer de sa vie. Défier la famille royale à ce point avait un tel prix.
Mais c’était justement pour cette raison…
Les propos d’Aiden prenaient désormais du poids aux yeux du public et gagnaient en crédibilité. De quoi émousser leur attaque, qui visait à répandre un scandale et à ruiner sa réputation.
L’attaque sociale qu’ils avaient lancée contre Noel ici même venait de perdre tout son sens.
« Espèce de salaud… ! »
Tandis que Rad grinçait intérieurement des dents en fusillant Aiden du regard, une voix s’éleva de nouveau dans la salle silencieuse.
« Fixez une date pour une audience distincte. J’y révélerai tout. »
« … »
« Tout à l’heure, vous m’avez demandé si j’étais prêt à assumer la responsabilité de mes actes, n’est-ce pas ? »
Aiden fixa droit dans les yeux le prince, dont le visage s’était figé.
« Vous, avez-vous vérifié si vous étiez prêt à en faire autant ? »
▣
C’était arrivé la veille.
Aiden s’était attaqué au prince, mettant même sa propre tête en jeu.
« … Waouh. »
Marchant à ses côtés, Katia lâcha cette exclamation admirative en feuilletant les journaux qu’elle tenait à la main.
Elle en avait pris dans plusieurs journaux différents, mais tous affichaient le même titre.
Ils parlaient de ce qu’Aiden avait fait au tribunal la veille.
« C’est incroyable. Tout l’Empire en parle. »
« … Heureusement, tout ce qui me concernait personnellement a été supprimé. »
C’était probablement grâce aux relations de Noel, et peut-être même à celles de l’Empereur. Les détails concernant Aiden avaient manifestement été retirés d’une manière ou d’une autre.
Au moins avait-il échappé à une célébrité démesurée.
Dieu merci, il y avait des journaux et la télévision, mais pas Internet. Il pouvait donc préserver un peu sa vie privée, au moins…
« … Plus important encore. »
Aiden soupira intérieurement et fit apparaître la fenêtre du système devant ses yeux.
Infos sur les quêtes
▶ Tout échec dans les événements ci-dessous entraînera de lourdes pénalités !
◈ Faux mariage (important !)
▶ Vous avez été choisi comme époux de Lady Noel. Respectez votre contrat avec l’autre partie jusqu’au bout !
▶ Un événement lié va bientôt se produire. (J- ?)
▶ Il s’agit d’un événement d’une importance capitale. Il a la valeur d’une « quête principale » !
▶ Une fois l’événement terminé, votre relation avec la cible changera radicalement !
La fenêtre avait été mise à jour après l’incident de la veille.
Le « combat de soumission » indiqué dans l’histoire principale ne précisait toujours pas quand il aurait lieu, mais cette partie, elle, avait été actualisée.
C’était probablement lié à la situation du Lord Protecteur, comme la fois précédente.
« … »
Ce qui le tracassait, c’était cette phrase qui annonçait que leur relation « changerait radicalement ».
Katia avait déjà fait l’objet d’un message similaire. Autrefois, elle grognait comme si elle voulait le dévorer, mais maintenant, ils se considéraient comme des amis.
Comparé à avant, ça constituait certainement un changement radical.
Le problème, c’était…
« … Lady Noel ne m’est-elle pas déjà extrêmement favorable ? »
Franchement, ce ne serait pas exagéré de dire qu’elle allait au-delà de la bienveillance et se montrait presque ouvertement trop protectrice.
Il comprenait qu’elle se sentait responsable de l’avoir amené ici et de l’avoir mis dans cette situation, mais même ainsi, elle le faisait parfois sursauter.
Si leur relation changeait « radicalement », elle ferait sûrement un bond encore plus grand dans cette direction. Comment allait-elle se comporter, alors… ?
« … »
À vrai dire, ça l’inquiétait un peu.
La veille, juste après l’incident qu’il avait provoqué, en était la preuve.
« … Je me suis fait passer un sacré savon. »
Dès leur retour au bâtiment du gouvernement, elle l’avait fait asseoir et lui avait passé un savon pendant des heures.
Comment allait-il gérer les conséquences ? S’il continuait comme ça, impossible de savoir ce qui pourrait arriver. De son point de vue à elle, qui voulait le ramener sain et sauf auprès de sa famille, la situation était vraiment compliquée…
Bien sûr, il n’avait pas pu dire un mot, car il sentait parfaitement qu’elle le réprimandait si durement qu’il en avait les larmes aux yeux uniquement parce qu’elle s’inquiétait sincèrement pour lui.
« Merci. »
… À bien y réfléchir, n’avait-elle pas dit ça à la fin ?
« De toute façon, vous l’avez fait pour moi. »
« Je… Je ne pensais pas que vous iriez aussi loin. »
Après ces mots, Noel s’était enfuie dans sa chambre comme si elle cherchait à échapper à la situation.
Elle lui avait demandé de la prévenir s’il y avait quoi que ce soit qu’elle puisse faire pour l’aider.
… Elle avait aussi les joues écarlates.
« Hmm. »
Il l’avait déjà entendue le remercier une fois, alors qu’elle était complètement ivre, mais c’était la première fois qu’elle le faisait en étant sobre.
Et même s’il s’en voulait…
Il appréciait qu’elle veuille l’aider par tous les moyens, mais il ne pouvait pas l’emmener ici.
« Pourquoi ? »
« Parce que ce que je m’apprête à faire, seule Katia peut le faire. »
À ces mots, Katia, qui marchait à côté de lui d’un petit pas vif pour suivre son rythme, lui adressa un grand sourire.
« … Alors, c’est quelque chose que seuls des amis peuvent faire ensemble ? »
« On peut dire ça ? »
Ça ne lui semblait pas utile de nier, alors il acquiesça. Katia, sa capuche rabattue sur la tête, gloussa et se colla à Aiden.
Elle s’agrippa fermement à son bras, comme si elle voulait se l’approprier, manifestement ravie de sa réponse.
« … C’est vraiment comme ça que se comportent les amis proches ? »
La question lui vint naturellement à l’esprit.
Enfin.
Il avait toujours pensé qu’elle avait du mal à définir ses relations, mais parfois, lui-même ne savait plus très bien ce que signifiait « ami » à ses yeux.
Plus précisément, il ne savait pas ce qu’elle pensait de lui.
Ce n’était clairement pas romantique, mais ce n’était pas non plus une amitié ordinaire. Alors, qu’est-ce que c’était… ?
« … Bref. »
Il allait devoir réfléchir davantage à l’attachement de Katia, bien plus grand qu’il ne l’avait imaginé.
Mais avant ça, il devait d’abord s’occuper d’autre chose.
« Mon objectif immédiat, c’est… »
Révéler que le prince attaquait Noel en incitant les autres à agir contre elle. Pour cela, il devait procéder en trois étapes.
D’abord, prouver que les armes introduites clandestinement dans la capitale impériale n’avaient rien à voir avec Noel. Ensuite, prouver que l’attaque contre le quartier général de l’armée impériale dans la capitale n’avait pas non plus de lien avec elle.
« … »
Heureusement, une seule action pouvait le rapprocher considérablement de ces deux objectifs.
Il lui suffisait de trouver une chose.
L’organisation derrière ces opérations, le point de convergence des trois incidents.
Il avait déjà entendu parler d’une piste à leur sujet.
« Si même moi, je ne parviens pas à les trouver, c’est que la personne qui les soutient est au moins un noble de haut rang. Tu veux que je déterre leur protecteur ? Tu cherches à faire tuer quelqu’un ? »
Billy Hagan lui avait répondu ainsi, la fois où Aiden lui avait demandé d’enquêter sur les personnes qui faisaient passer des armes en contrebande dans la capitale impériale.
Une organisation avait quelqu’un pour la soutenir, au point qu’un informateur aussi compétent avait préféré s’en tenir à l’écart après avoir dit ça.
« Les armes introduites ici, dont la Bombe infernale. Le Pilier de suppression qui a servi à enlever Katia. Les racines nécessaires pour créer une brèche dimensionnelle… »
Rien de tout cela ne pouvait s’obtenir par des voies ordinaires. Il y avait donc de fortes chances qu’une organisation se charge de ce genre d’affaires dans leur ensemble.
Et si une telle organisation existait, elle devait posséder quantité de preuves démontrant que le prince et le ministre de l’Administration avaient commandité ces actes.
Du moins, c’était le fonctionnement habituel des activités illégales qu’Aiden avait observé quand il travaillait comme escroc.
« Ah, donc on est là pour trouver leurs hommes de main ? »
Après qu’il lui eut expliqué son objectif, Katia hocha la tête comme si elle avait compris.
Bien qu’elle fût de sang royal et qu’elle eût vécu loin des regards, elle avait tout de même grandi dans un palais royal où les intrigues allaient bon train. Elle savait apparemment déjà comment ce genre d’affaires fonctionnait.
Pour faire entrer de tels objets dans la capitale impériale sans que la nouvelle se répande, il fallait agir vite et mobiliser le plus petit nombre possible d’agents d’élite.
Pour mener des opérations dangereuses et secrètes, il fallait réunir le moins de personnes possible, mais les plus compétentes.
Et l’endroit où Aiden marchait en ce moment pouvait être qualifié d’habitat naturel de ces gens-là.
« … Nous revoilà. »
Le marché noir de la capitale impériale.
C’était le lieu idéal pour commencer l’enquête.
Un foyer du crime, un endroit où la loi ne s’appliquait pas et où les informations abondaient presque sans limites.
Il était presque content d’y être de retour.
En y repensant, n’était-ce pas là qu’il avait rencontré Katia pour la première fois ?
« Alors, comment tu vas les trouver ? Même s’ils sont dans les parages, on n’a encore aucune information. »
« C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. »
Ces gens s’étaient si bien dissimulés que même un informateur n’avait rien pu découvrir à leur sujet. La comparaison n’était pas du tout exagérée.
« Alors… »
Aiden laissa échapper un petit rire.
La méthode qui lui était venue à l’esprit l’amusait lui-même.
« … Et si on enlevait toute la paille ? L’aiguille tomberait avec. »
Il avait l’impression d’être plus téméraire que d’habitude quand il était avec Katia.
Peut-être que son habitude de rechercher d’abord les sensations les plus fortes pour éprouver quelque chose déteignait sur lui.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? »
« Katia. »
Quand Katia pencha la tête pour poser la question, Aiden lui répondit comme si de rien n’était :
« La vie est un peu ennuyeuse, ces derniers temps, pas vrai ? »
« … »
À peine eut-elle entendu ces mots…
Un sourire malicieux s’étala sur le visage de Katia.
« Je savais bien que devenir ton amie était une bonne idée. »
Sans même savoir exactement de quoi il s’agissait, elle comprit d’un seul regard qu’Aiden avait imaginé une méthode particulièrement stimulante.
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>