Chapitre 20
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Traductrice/éditrice : Natty
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Chapitre 20 : Corps spirituel (2)
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« Intéressant. »
Katia demanda, les yeux brillants, tandis qu’elle regardait Aiden se faire ballotter comme un chiffon dans le vent.
« Vous êtes en train de vous faire tabasser par un fantôme ? »
« Ne restez pas plantée là à regarder. Venez m’aider… ! »
Il n’eut pas le temps d’achever sa phrase : son corps s’envola dans une autre direction.
Les fantômes qui existaient dans le monde spirituel, un espace superposé au monde réel, ne pouvaient normalement pas exercer beaucoup d’influence sur le monde matériel.
Du moins, en temps normal.
À moins d’avoir été si terrifiants de leur vivant qu’ils en avaient tordu jusqu’aux lois de la nature.
Cela donnait sans doute une idée de la puissance du fantôme qui envoyait actuellement Aiden valser contre tout ce qui se trouvait à portée.
« Tu as du culot, petit merdeux ! »
Katia ne pouvait pas l’entendre, mais les hurlements furieux du Chevalier de l’Aube étaient d’une violence rare.
À l’inverse, l’homme avait une apparence remarquablement distinguée.
Des cheveux blonds, des yeux bleus, un beau visage et une armure complète, symbole des chevaliers. S’il se taisait, on pouvait même le trouver noble.
« Tu as dit que je n’étais qu’un nom ronflant ? Un minable sans importance ? Tu as encore du lait derrière les oreilles et tu demandes déjà à mourir… ! »
Il aurait peut-être réussi à préserver cette image s’il ne piquait pas de telles colères.
Aiden eut cette pensée tandis qu’il traversait de nouveau les airs.
« … Senior, veuillez vous calmer un instant… »
« Senior, mon cul ! Je n’ai rien à voir avec toi sous un titre pareil ! »
Le Chevalier de l’Aube leva le poing, toujours furieux. Il avait l’air prêt à frapper Aiden de toutes ses forces.
Et la situation commençait vraiment à devenir dangereuse.
« J’ai dit, ça suffit ! »
À ces mots, le Pouvoir divin jaillit du corps d’Aiden.
Le Chevalier de l’Aube, qui s’apprêtait à fondre de nouveau sur lui, se figea.
La méfiance et la stupeur se lisaient dans ses yeux.
« … Le Pouvoir divin ? »
Le Chevalier de l’Aube marmonna d’un air absent.
« Tu sens clairement le type qui manie le ki. Comment se fait-il que tu utilises aussi le Pouvoir divin ? »
« … »
Aiden eut un sourire contrit et épousseta ses vêtements crasseux.
« Je ne vous l’avais pas dit, Senior ? »
Oui, il s’était attendu à ce que l’homme s’intéresse à lui s’il lui montrait qu’il pouvait manier plusieurs pouvoirs de ce genre.
« Un cadet est venu vous saluer. Si l’on s’en tient aux gens capables d’utiliser plusieurs pouvoirs, ne sommes-nous pas dans une relation de senior à cadet ? »
À travers toute l’histoire, les gens capables de manier plusieurs pouvoirs avaient été extrêmement rares. Et le Chevalier de l’Aube qui se tenait devant lui en faisait partie.
La raison pour laquelle il avait été adulé sur tout le continent était simple : personne d’autre n’avait su manier avec autant d’adresse les pouvoirs propres à tant de nations différentes.
« J’ai besoin de votre aide. »
C’était aussi pour cela qu’Aiden essayait de rallier cet homme à sa cause.
Dans le monde entier, personne d’autre ne pouvait comprendre son parcours de progression du début à la fin et le conseiller.
« … Pour être honnête, Senior, j’ai désespérément besoin de votre aide. Sinon, quelque chose de vraiment terrible va arriver. »
Le sort du monde serait en jeu, pour l’essentiel.
À l’heure actuelle, Aiden était le seul à comprendre véritablement la menace à l’échelle mondiale que représentait le scénario principal. Autrement dit, s’il échouait, tout le monde mourrait avec lui.
« … Quelles sottises tu racontes ? Tu viens de dire que j’étais surestimé, et maintenant… »
« Je n’ai menti que pour pouvoir vous rencontrer, Senior. Sans ça, je n’aurais pas pu invoquer un esprit ici. »
« … »
« Qui, au monde, pourrait rabaisser le Premier Chevalier et un héros de tout le continent ? »
« … »
À ses côtés, Aiden sentit Katia le regarder comme s’il était complètement absurde.
Elle n’entendait pas leur conversation, mais son expression disait clairement : qui pourrait bien croire des paroles pareilles ?
-Message du système
▶ Vous entrez en contact avec « Chevalier de l’Aube », Meyer Belford.
▶ Bien qu’il n’influence pas l’histoire principale, ses capacités sont exceptionnelles. Il possède une valeur équivalente à celle d’une « Figure importante ».
▶ Votre niveau de Lien avec la cible passe au niveau 1 !
▶ Le Lien est associé à la compétence « Tisseuse du Destin » !
… Si.
Il y en avait bien un.
Quelqu’un d’aussi simple.
Aiden fixa la fenêtre en laissant échapper un rire intérieur sans joie.
Il s’était attendu à ce que Meyer morde à l’hameçon s’il appuyait un peu sur ce point précis, mais sa prévisibilité frôlait le ridicule.
« … Qui pourrait croire des flatteries aussi grossières ? »
Le fait qu’il dise cela après s’être déjà laissé prendre était encore plus déconcertant.
Le Chevalier de l’Aube, Meyer, croisa les bras. Son air boudeur ne le quitta pas, mais il prit la parole.
« On raconte qu’à notre époque, quelqu’un m’a supplanté. Lionheart, c’est ça ? »
Il était étrange qu’un fantôme soit au courant de tant de choses, mais Meyer tenait énormément à son honneur et à sa réputation, comme le montrait la rapidité avec laquelle il avait réagi à la provocation d’Aiden. Il aurait été plus étonnant qu’il se désintéresse de celui qui lui avait ravi le titre de chevalier le plus fort.
Mais…
« Figurez-vous que je suis le mari de Lionheart. »
Meyer plissa les yeux, puis son expression se fit encore plus étrange lorsqu’Aiden poursuivit :
« Je vous le garantis. Elle aurait du mal à vous rattraper, elle aussi, Senior. »
Du coin de l’œil, Aiden vit la bouche de Katia se tordre.
Son expression semblait demander ce que ces paroles pouvaient bien vouloir dire, mais Aiden était sincère.
Il ne s’agissait pas seulement de savoir qui était le plus fort. Il suffisait d’ajouter une condition pour que cela devienne incontestable.
Si cet homme avait eu un peu plus de temps.
Même Lady Noel n’aurait sûrement jamais atteint les sommets qu’il avait gravis.
Pour que l’âme d’un mort reste dans le monde des vivants au lieu de passer dans l’au-delà, deux conditions devaient être réunies.
Il fallait avoir été une grande figure, digne de laisser son nom dans l’histoire.
Et il fallait porter une rancœur si profondément enracinée qu’on ne pouvait fermer les yeux, même dans la mort.
Dans le cas du Chevalier de l’Aube…
« Il y a encore tant de choses que vous n’avez jamais pu accomplir. »
L’expression du Chevalier de l’Aube changea du tout au tout.
Jusque-là, elle n’avait traduit que rage et fureur. Pour la première fois, les paroles d’Aiden semblaient l’avoir pris au dépourvu.
« … »
Le Chevalier de l’Aube n’était qu’un personnage connu à travers l’univers du jeu, et pourtant il avait laissé une impression profonde.
Le domaine qu’il avait malheureusement échoué à atteindre parce qu’il avait découvert son talent trop tard était décrit en une seule phrase laconique.
C’était un domaine que l’humanité ne pouvait pas défier.
On racontait que les légendaires exploits de bravoure qu’il avait accomplis à travers le continent n’étaient que des entraînements destinés à atteindre ce domaine.
« … Toi. »
Meyer fixa Aiden un long moment, puis renifla.
« Tu dis des choses intéressantes. Il n’y a aucune chance que même ce genre d’information ait été consigné. »
« Considérez cela comme le dévouement d’un cadet qui vous admire. »
« Mon cul. Tu es venu me voir parce que tu veux te servir de moi. Tu crois que je ne m’en rends pas compte ? »
« C’est vrai. »
« … »
Cette honnêteté désarmante coupa Meyer dans son élan. Aiden haussa les épaules et poursuivit :
« Mais vous ne trouverez personne de mieux que moi pour vous servir en retour, n’est-ce pas ? »
« Quoi ? »
« À votre avis, combien de temps faudra-t-il avant qu’une autre personne capable de manier plusieurs pouvoirs apparaisse ? »
« … »
« Et quelles sont les chances que cette personne vienne directement vous parler comme je le fais ? »
« … »
« Après avoir surmonté tous ces obstacles, quelles sont les chances de rencontrer quelqu’un qui jurera d’accomplir votre souhait à votre place ? »
Le visage de Meyer se plissa de plus en plus.
« … Tu ne choisis que des choses qui me déplaisent. »
La vérité avait tendance à faire mal.
La suite des paroles de Meyer le démontra clairement.
« Qu’est-ce que tu veux que je fasse, au juste ? En tant que fantôme, je ne peux pas faire grand-chose. »
Je le tiens.
Aiden sourit intérieurement et ramassa une relique à proximité.
Il l’avait remarquée dès son arrivée. Un bracelet qu’on pouvait porter sans gêne, sans que cela occasionne le moindre désagrément.
« En d’autres termes, il y a des choses que seul un fantôme peut faire. »
« Quoi ? »
« Vous voulez bien essayer d’entrer là-dedans, pour commencer ? »
Aiden prononça ces mots, puis expliqua à Meyer en quoi il pouvait l’aider.
« … Comment ai-je pu me faire avoir par un type pareil ? »
Il était tout à fait naturel que l’autre pousse un soupir pareil.
▣
Un peu plus tard.
« Hum. »
Aiden laissa échapper un souffle discret en contemplant le bracelet qui brillait d’une lueur énigmatique.
L’âme de Meyer s’y était bien installée.
Ça devrait suffire…
Il avait accompli tout ce qu’il s’était fixé.
La médiumnité de Rania, l’âme de Meyer contactée grâce à elle et la compétence du Premier Prince, parfaitement adaptée à la manipulation des âmes, même s’il ne l’avait pas encore acquise.
On pouvait dire qu’il avait réuni tous les ingrédients nécessaires pour résoudre le premier acte, l’Incident du Chevalier fantôme.
« On a terminé ? »
« Oui. Nous n’avons plus qu’à partir. »
Il put répondre sans hésiter à cette question.
« Mais… »
Katia pencha la tête et l’interrompit.
« Vous ne trouvez pas qu’on est restés ici trop longtemps ? »
« … Quoi ? »
« Ce n’était pas là tout à l’heure. »
Aiden tourna les yeux dans la direction qu’elle indiquait.
Un cristal enchâssé dans le mur émettait clairement une lueur rouge. Il allait de toute évidence déclencher l’alarme, et toute la pièce se teintait de la même couleur, comme sous son effet.
Le visage d’Aiden se figea tandis que la lumière rouge envahissait la pièce.
« On dirait un système qui s’active automatiquement quand des gens restent trop longtemps à l’intérieur. »
« Au lieu d’analyser le truc, il faut l’arrêter… ! »
Aiden s’apprêtait à bouger dans la panique.
À cet instant, en un éclair…
Crac !
Le dispositif d’alarme, qui s’apprêtait à émettre une lueur rouge, se brisa.
Un coup d’épée d’une rapidité terrifiante l’avait tranché net en deux.
Aiden fixa sans comprendre la direction d’où venait l’attaque.
Noel rengainait son épée en soupirant, bien qu’il ignorât quand et où elle était apparue.
« J’ignore ce que vous faisiez, mais pourriez-vous éviter d’entrer dans un endroit pareil à la légère ? Si vous faites une erreur, vous aurez de sérieux ennuis. »
« … Lady Noel ? »
Lady Stella lui avait pourtant dit plus tôt que Noel était rentrée parce qu’elle ne se sentait pas bien.
« D’où sortez-vous ? Vous n’aviez pas dit que vous étiez rentrée ? »
« … J’étais sur le point de repartir, mais je vous ai vu, monsieur Aiden, vous infiltrer assidûment dans le Palais impérial avec Son Altesse. Je vous ai donc suivis, au cas où. »
« … »
« Vous aviez l’air en danger, alors je vous ai aidés. »
Ils s’étaient donc encore fait prendre.
Et elle les avait suivis sans même essayer de les arrêter.
Enfin…
Grâce à elle, ils avaient réglé la situation sans difficulté.
Il devait la remercier.
« Grâce à vous, tout s’est bien passé. Merci, Lady Noel. »
« … Oui. »
« … »
Qu’est-ce que c’était que cette réaction ?
Sa réponse était si sèche et guindée qu’une poupée de bois aurait paru plus vivante.
Noel détourna vivement la tête et baissa son chapeau, comme si elle tenait absolument à éviter le regard d’Aiden.
« … Nous y allons ? Je vais vous raccompagner. »
« … »
« Rentrons immédiatement au quartier général. Je préférerais que cette nuit ne s’éternise pas. »
Aiden pencha la tête devant son ton étrangement brusque et lui emboîta le pas…
« … Hum. »
Derrière eux, Katia observait l’arrière de la tête de Noel d’un air perplexe, comme si quelque chose, dans son comportement, ne collait pas.
« Vous ne trouvez pas qu’elle se comporte un peu différemment… ? »
Ces mots lui restèrent sur les lèvres.
▣
Une agitation inattendue s’était emparée du quartier général de l’armée.
Elle était probablement due à Lady Noel, qui avait assisté à un dîner avec son futur époux.
Après avoir pris congé d’Aiden et s’être dirigée vers ses appartements privés, elle provoquait un certain… « remue-ménage ».
« Ah, Lady Noel ? Le dîner de ce soir s’est bien… »
La personne qui avait commencé à lui parler referma aussitôt la bouche.
Sa réaction était naturelle.
Un seul regard à l’expression de Noel, qui avançait dans le couloir à grands pas, suffisait à comprendre qu’il valait mieux ne pas lui adresser la parole.
« M-Madame. Vous allez bien ? »
« Je vais bien. »
« Si vous ne vous sentez pas bien, je vais appeler l’unité médicale… »
« J’ai dit que j’allais bien. »
« Aïe… »
L’une des personnes qui s’inquiétaient pour elle retint son souffle sans le vouloir.
Sans doute parce que Noel lui avait répondu d’un ton si sec.
D’ordinaire, son visage n’exprimait guère autre chose qu’une neutralité impassible ou un sourire de circonstance. Mais son expression actuelle, toujours aussi impassible, donnait nettement l’impression qu’elle réprimait quelque chose de toutes ses forces.
Elle doit être de mauvaise humeur…
Quelque chose avait dû se passer au dîner.
Tandis que tous ceux qui le pensaient reculaient avec hésitation, Noel poursuivit sa route jusqu’à ses appartements.
Elle ouvrit la porte d’un coup de pied, posa son épée comme si elle la jetait de côté, puis retira son manteau et son chapeau avant de les suspendre au portemanteau.
Ensuite…
« … »
Elle s’effondra en avant et se cogna le front contre son bureau.
Boum !
Ce ne fut qu’alors qu’une partie de la chaleur qui semblait avoir rougi non seulement ses oreilles, mais aussi le sommet de son crâne, commença à retomber.
Elle avait eu un mal fou à contenir tout cela sans laisser personne s’en apercevoir.
Qu’est-ce que c’était ?
Qu’est-ce que c’était ?
Qu’est-ce que c’était, qu’est-ce que c’était, qu’est-ce que c’était ?
Ces pensées seules occupaient tout son esprit.
Sa respiration s’accéléra.
Elle avait réussi à tenir jusqu’à ses appartements, mais une chaleur semblait déferler dans tout son corps.
C’était comme si quelqu’un avait versé du feu liquide dans ses veines.
« Cette personne me plaît, vous savez. »
« … ! »
La phrase résonna de nouveau dans son esprit et elle se cogna encore le front contre le bureau.
Boum !
… Qu’est-ce que c’était ?
Même en haletant, le front contre le bureau, et en se frottant la tête contre celui-ci jusqu’à mettre ses cheveux en désordre, elle n’arrivait pas à chasser cette question de son esprit.
Elle-même ne comprenait pas ce qui venait de se passer.
Cet homme avait dit qu’elle lui plaisait.
Pourquoi ? Comment ? Pour quelle raison ?
Du moins, à sa connaissance, il n’y avait pas la moindre raison pour qu’un homme pareil éprouve de tels sentiments à son égard.
Un mensonge.
À l’origine, il était escroc. Il avait sûrement dit ça uniquement pour se tirer de cette situation.
Elle le comprenait avec sa tête.
Le problème, c’était…
« Je le ferai. Je vous prouverai ma valeur. Si cela nous permet de nous fiancer. »
« Mais pourquoi monsieur Aiden voulait-il apprendre le Pouvoir spirituel, au juste ? »
« Il a dit que c’était pour quelqu’un qu’il aime. »
« Je vous l’avais dit. Vous avez choisi un bon mari. Peut-on vraiment se plaindre de la vie quand quelqu’un d’aussi doué vous regarde avec tant de dévouement ? »
Il y avait tout ce qu’elle avait vu et entendu jusque-là.
« … »
À y réfléchir, n’était-il pas étrange qu’il prenne son parti, quitte à mentir ?
Compte tenu de tout ce qu’Aiden avait fait jusque-là, les conditions proposées par le Prince correspondaient parfaitement à l’attitude qu’il avait toujours affichée.
Il voulait éviter autant que possible les tâches dangereuses, tenait énormément à sa famille et préférait vivre tranquillement sans attirer l’attention.
Et pourtant.
Avait-il vraiment une raison de refuser une proposition qui répondait à toutes ses attentes, au point de recourir à un mensonge ?
Inventer une absurdité pareille, prétendre que…
Aiden l’aimait…
« … ! »
Le front toujours appuyé contre le bureau, Noel se mit à le marteler des poings.
Boum ! Boum !
Elle avait laissé quelque part toute retenue et toute dignité, mais elle n’avait pas le loisir de s’en soucier.
Pourquoi avoir dit ça, monsieur Aiden ? Pourquoi… ?
Au milieu de ses pensées emmêlées, ravagées et désespérément embrouillées, seules ces questions surnageaient avec netteté.
« … Haaah… »
Un long soupir, comme si on lui arrachait l’âme, s’échappa des lèvres de Noel.
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