Chapitre 422
Combat
Une éclatante particule de lumière apparut devant les yeux de Sharon, dans le vide. C’était là sa destination : Faelor. La paroi de cristal qui entourait le plan se dressait déjà devant elle. Un flot de mana d’une pureté incomparable jaillit de ses mains et ouvrit un passage qu’elle emprunta.
De l’autre côté de la paroi, le spectacle était tout autre. De nombreuses planètes et étoiles flottaient dans l’espace, mais avant même qu’elle ait pu commencer à chercher où se trouvait Richard, une pique de lumière dorée fondit sur elle !
Le choc d’une violence inouïe projeta au loin la grand-mage légendaire, les cheveux au vent. Les yeux flamboyants, elle fixa un dieu majestueux, auréolé de lumière dorée, qui venait d’apparaître devant elle.
« Va-t’en, intruse ! » tonna le dieu. « Faelor ne t’accueille pas ! »
Une lueur bleu pâle s’alluma dans les yeux de Sharon. « Un simple dieu inférieur ose dire une chose pareille ? » ricana-t-elle. « Même le Seigneur des Abysses ne peut me chasser de son territoire, et un imbécile comme toi voudrait s’y essayer ? »
Le dieu entra aussitôt dans une rage folle. « Misérable mortelle ! Je t’enchaînerai dans un monde de feu divin pendant dix mille ans ! »
Ce cri arracha un soupir impuissant à la grand-mage légendaire. « Tu dis vraiment n’importe quoi… Tu n’as jamais franchi cette paroi, pas vrai ? »
Pourtant, l’instant d’après, son expression changea. Les contours d’une douzaine de royaumes divins se dessinèrent dans le vide, et des dieux en sortirent les uns après les autres. Les yeux écarquillés, Sharon inspira brusquement. « BON SANG ! » fut tout ce qu’elle eut le temps de crier avant d’être submergée par des vagues déferlantes de puissance divine !
……
Dans la salle de réunion de Deepblue, les grands mages discutaient de la façon de convaincre Sharon de déplacer son point de téléportation sur le toit de la tour. Un portail apparut soudain devant eux et la grand-mage légendaire en jaillit comme un boulet de canon. Elle s’écrasa au sol, traversant non seulement la table de conférence, mais aussi deux étages d’affilée avant de s’immobiliser.
Un flot inexplicablement violent de puissance divine jaillit à son tour, se muant en vagues de feu indescriptibles qui la suivirent dans le passage qu’elle avait défoncé. Le portail ne se referma qu’alors, coupant le flot.
Les grands mages étaient tous expérimentés et activèrent aussitôt toutes sortes de défenses. Pourtant, chacune de leurs tentatives se brisa au contact des flammes divines.
Heureusement, les flammes ne firent que passer devant eux. Les dieux maîtrisaient leur puissance bien mieux que les mortels. Ils ne dépensèrent pratiquement aucune énergie supplémentaire, mais la simple puissance de leur assaut suffit à écraser les mages. Si l’un d’eux avait été visé, il aurait été anéanti.
Un gouffre terrifiant s’était déjà ouvert dans le sol. Quelques quintes de toux s’élevèrent du fond, puis Sharon déclara par intermittence : « Je… vais bien ! Retournez au travail ! Que ceux qui ont besoin de soins aillent se faire soigner ! » De nouveaux chapitres paraissent d’abord sur NovelPing.
Une vague familière de mana s’éleva du trou. Sharon était déjà repartie vers une destination inconnue.
Tous les grands mages étaient blessés. Ils se relevèrent en gémissant et échangèrent des regards stupéfaits. Son Excellence avait dit qu’elle partait visiter un autre plan, mais pourquoi avait-on l’impression qu’elle venait de dévaliser le royaume divin d’un dieu ?
……
Le soleil se couchait sur Faelor. L’histoire de ce qui s’était passé près de la sphère de cristal resterait à jamais inconnue de la plupart des êtres vivants. Des millions et des millions de mortels, de toutes tailles, poursuivaient leur propre chemin, profitant de la vie et luttant pour la traverser.
Richard, qui était revenu une nouvelle fois, avait désormais assez d’influence à l’Oasis de Bluewater pour y apporter des changements. La petite cité ne pouvait plus contenir sa puissance : il fallait l’agrandir.
Il avait désormais près d’un millier de soldats, parmi lesquels les soldats humanoïdes et les lanceurs valaient chacun des chevaliers d’élite. Avec Flowsand, Io et Kellac à la tête d’un clergé d’une dizaine de membres, ses forces auraient fait l’envie de n’importe quelle organisation des Terres ensanglantées.
Et il y avait aussi ses partisans, tous jeunes et pleins de potentiel. La puissance de combat qu’ils venaient de montrer suffisait à faire hausser bien des sourcils.
Le premier dîner de Richard depuis son retour revêtait une importance considérable. Seuls ses proches pouvaient y prendre part.
Trois autres personnes assistaient au dîner. Hormis Bivier, le marchand de minerai, Richard ne les avait jamais rencontrées. Devon et Amon lui avaient recommandé les deux nouveaux venus, qui représentaient de puissants groupes marchands. Ces puissances avaient émergé après les troubles dans les Terres ensanglantées, et chacune était soutenue au minimum par un véritable comte.
On avait élu le Saint de l’Épée Rolf pour siéger en bout de table. Dans un monde où la force faisait loi, cela aurait dû sembler logique. Pourtant, le siège sous ses fesses était légèrement chaud et inconfortable. Le parchemin du Construct de guerre dans sa poche le poussa à regarder Richard d’un air complexe.
À gauche de Rolf se trouvait le seigneur Moonbear, à sa droite Richard. Celui-ci était bien sûr la véritable vedette du dîner. Tous ceux qui le connaissaient, comme Devon, Bivier et Amon, savaient que ce repas n’était, au fond, qu’une vente aux enchères privée. Richard avait toujours toutes sortes d’objets remarquables en sa possession et, après une absence si longue, il y avait fort à parier qu’il allait tous les surprendre.
Les mets qui garnissaient la table n’intéressaient guère les convives. Ils en avalèrent quelques bouchées à la hâte, puis reposèrent leurs couverts. Richard fit débarrasser la table par un serviteur, puis sourit. « Tout le monde, j’ai passé les trois derniers mois sur le demi-plan de mon maître… »
Cette phrase provoqua un tollé parmi les nouveaux venus. Richard révélait enfin le statut de son maître : seul un être légendaire pouvait posséder un demi-plan. Ceux qui le connaissaient un peu mieux, en revanche, n’en crurent rien. Les parchemins divins souillés révélaient déjà que Richard bénéficiait d’un soutien bien plus puissant. Les êtres légendaires pouvaient intervenir dans les affaires des dieux, mais leur marge de manœuvre avait ses limites.
Richard n’eut d’autre choix que de lever la main pour calmer tout le monde. « Je ne sais pas si cela vous intéressera, mais j’ai rapporté un lot d’équipement. Commençons par cette épée… Ne vous méprenez pas, ce n’est qu’un échantillon. »
Tout en parlant, Richard posa l’épée magique sur la table. Les deux saints changèrent d’expression dès le premier regard, et Bivier ne tarda pas à les imiter. Habitué à évaluer le minerai et les métaux, il comprit sans peine combien cette épée surpassait les armes ordinaires.
L’arme circula de main en main, chacun l’examinant avec attention. Dès qu’elle revint dans les mains de Richard, tous les regards convergèrent vers lui, dans l’attente de la suite.
« C’est une épée longue en acier de lafite, enchantée pour produire un effet de froid et gagner en tranchant. » Les paroles de Richard confirmèrent les suppositions de la plupart des convives. Ces épées suffisaient à équiper la légion d’élite d’un duc ou la garde personnelle d’un comte ou d’un marquis. Les enchanteurs étaient très difficiles à trouver sur le marché, et les plus gros lots en circulation ne dépassaient généralement pas une douzaine ou une vingtaine d’armes. Ce chapitre a été copié depuis novelping dot com sans autorisation.
Devon prit la parole le premier. « Trois mille cinq cents pièces d’or l’unité. Je les prends toutes, autant que vous en avez. » C’était un prix raisonnable. Une épée semblable aurait valu cinq mille pièces d’or dans un royaume humain, mais ils se trouvaient dans les Terres ensanglantées et Richard voulait vendre en gros.
« Très bien, je vous les cède à ce prix. J’en ai apporté deux cents. » Les paroles de Richard réjouirent aussitôt tout le monde, et les épées furent immédiatement réparties entre les acheteurs. Dans Norland, elles valaient environ mille cinq cents pièces d’or ; on en fabriquait de grandes quantités dans leur pays natal.
Richard vendit ensuite cinq arbalètes à quarante mille pièces d’or chacune, avec soixante carreaux. En ajoutant la moitié des boucliers et des armures, ses recettes totales atteignirent un million et demi de pièces d’or.
Il se mit aussitôt à acheter en gros. Il acheta des armes lourdes, des gantelets et des armures de plates couvrant la moitié du corps, de quoi équiper un millier d’hommes. Rien que cela lui coûta huit cent mille pièces d’or et, une fois ses achats de minerais et de matériaux magiques terminés, il ne lui en resta que trois cent mille.
« Je dois garder cette somme de côté, au cas où quelqu’un m’apporterait la tête de Chuck ou de Phinbar. Il faudra bien que je paie la prime, non ? » expliqua Richard avec un sourire.
« Trois cent mille pour les deux ? » Bien que chacun sût que le Cosaque rouge était l’ennemi juré de Richard, l’importance de la prime les stupéfia. Richard n’exagérait certainement pas : quiconque savait un tant soit peu tenir des comptes aurait compris qu’il lui restait trois cent mille pièces d’or en poche.
Constatant que nombre d’entre eux n’étaient pas encore au courant de la hausse de la prime, Richard sourit. « Non, trois cent mille chacun. »
Cette fois, personne ne protesta. Tous se turent plutôt et se mirent aussitôt à calculer comment obtenir les têtes des deux hommes. Avec une promesse de trois cent mille pièces d’or, même un saint ne paraissait pas si difficile à tuer. Aucun des convives n’avait un statut qui lui permettait d’agir ouvertement, mais qui, dans les Terres ensanglantées, ne possédait pas un ou deux réseaux clandestins ? Même si la prime avait été moins élevée, une telle transaction aurait aussi considérablement renforcé leurs liens avec Richard.
Rolf sentit soudain le parchemin du Construct de guerre lui brûler dans la poche.
……
Quand le dîner prit fin, Rolf ne se pressa pas de partir. Il entraîna Richard à l’écart et lui demanda à voix basse : « Tu en as d’autres, de ces parchemins ? »
Richard fit mine de ne pas bien comprendre le bretteur. « Oh, les parchemins du Construct de guerre ? Ils sont très difficiles à fabriquer, mais ce n’est pas comme si je n’en avais pas. Je devrais pouvoir t’en obtenir quelques-uns pour vingt mille pièces d’or chacun. »
Les yeux de Rolf s’illuminèrent. « J’en veux deux ! Je demanderai à quelqu’un de t’envoyer l’argent ce soir ! »