Chapitre 305
La prochaine guerre (2)
Richard déploya une carte et étudia prudemment le terrain ainsi que la situation alentour. L’armée adverse comptait de nombreux fantassins et avançait donc lentement. Elle se trouvait alors à cinquante kilomètres, soit une journée entière de marche. Même une fois arrivée, elle devrait passer la nuit à se reposer avant de pouvoir attaquer.
À la frontière du Royaume de Sequoia et des Terres ensanglantées, le terrain s’élevait brusquement ; le fief de Richard dominait donc les Terres ensanglantées de plusieurs centaines de mètres. La région était accidentée, avec de nombreuses zones montagneuses difficiles à traverser. Elle se prêtait idéalement à la guérilla, et Richard décida d’y affronter l’armée de Zim. Ses troupes étaient moins nombreuses, mais toutes étaient composées d’élites aguerries par d’innombrables batailles. Il avait toujours accordé une grande valeur à leur capacité d’adaptation, et ce champ de bataille exigeait précisément cette qualité.
……
À la tombée de la nuit, l’armée du vicomte Zim s’arrêta. Elle repartirait à l’aube et atteindrait les terres de Richard le lendemain après-midi. Le jeune baron Fontaine avait déjà été acheté : il avait accepté de ne fournir à Richard ni main-d’œuvre ni matériaux. Leurs ennemis se retrouveraient ainsi sans aucune défense ; même les baraquements ne seraient que des constructions provisoires.
La Licorne des Hautes Terres arpentait elle-même une immense tente luxueuse, au centre du camp, et maudissait de temps à autre Richard à grands cris. Quand il ne l’injuriait pas, il s’imaginait torturer ce maudit chevalier des marches, au point d’être si excité qu’il ne pouvait trouver le sommeil.
Quatre belles dames de la noblesse se trouvaient dans la tente, qui paraissait ainsi un peu exiguë. Ces filles de grandes familles jouaient les servantes, lui versant de l’eau et du vin. Les règles ancestrales interdisant d’emmener des femmes ne s’appliquaient qu’aux simples soldats et n’avaient aucun pouvoir sur Zim. De toute façon, la majeure partie de cette armée était composée de ses troupes personnelles. Lisez ce roman sur NovelPing pour une expérience optimale.
Zim continua d’agiter le poing en déclarant qu’il voulait livrer un combat à mort sur le territoire de Richard. En véritable noble, il vaincrait ce simple chevalier des marches sorti de nulle part. Pourtant, au même moment, de nombreux chevaux de guerre profitaient de l’obscurité pour s’approcher peu à peu du camp. Leurs sabots étaient enveloppés de tissu, étouffant le bruit de leur trot. Les guerriers du désert juchés sur leur dos étaient des cavaliers hors pair ; leurs montures obéissaient donc docilement à leurs ordres.
Un petit groupe de soldats patrouillait en rond autour du camp provisoire, s’éloignant peu à peu de la petite troupe. Richard attendit qu’ils disparaissent de son champ de vision, puis leva la main droite. Olar sortit aussitôt son arc et visa le camp. Quand Richard abaissa la main, deux flèches enchantées traversèrent silencieusement le ciel nocturne comme des comètes et se fichèrent dans les deux sentinelles postées sur la tour de guet.
Les sentinelles s’effondrèrent aussitôt. Elles n’avaient pas pu crier, mais le bruit sourd de leur chute alerta tout de même plusieurs guerriers. Ce fut précisément à cet instant que Richard pointa le doigt devant lui et lança les dizaines de guerriers du désert derrière lui au galop vers le camp.
Quelques barbares se ruèrent à grandes enjambées vers les flancs du camp et eurent vite fait d’abattre la palissade rudimentaire à coups de grandes haches. Ils tombèrent sur quelques soldats qui venaient de sortir de leurs tentes et, dans un rire menaçant, brandirent leurs lourdes armes pour faucher les premiers, encore désorientés par l’obscurité. Ils se dirigèrent ensuite vers une autre tente, d’où s’élevaient des cris d’alarme. Les soldats qui s’y trouvaient portaient encore leurs vêtements et leurs armures, sans se douter que la mort était déjà venue les chercher.
Deux guerriers robustes encerclèrent la tente et prirent une profonde inspiration avant de faire tournoyer leurs haches ensemble. Un sifflement aigu retentit, puis les cris qui s’élevaient de l’intérieur cessèrent brusquement ; les piliers brisés, la tente s’écroula entièrement. Le sang imbiba rapidement la toile.
Impatients de poursuivre le massacre, les guerriers frappèrent encore à l’aveuglette les formes qui saillaient sous la toile. À chaque coup, celle-ci rougissait davantage. Ils ne s’arrêtèrent que lorsqu’une douzaine de soldats s’approchèrent en formation. Un officier subalterne menait le groupe et empêcha les barbares d’avancer davantage.
À cet instant, une boule de feu traversa l’obscurité et s’écrasa devant les soldats. L’explosion en projeta quatre dans les airs et en transforma quatre autres en torches humaines. Les barbares, apparemment insensibles à la peur, s’engouffrèrent dans la formation brisée et chargèrent l’officier. Leur but n’était pas de tuer le plus d’ennemis possible, mais de semer le chaos et d’abattre les chefs. Sans leurs capitaines, les fantassins ne seraient plus qu’un tas de sable dispersé.
Alors que les barbares levaient haut leurs haches, ils sentirent soudain une brise les frôler. Comment un vent pouvait-il souffler dans ce monde de flammes déchaînées et d’énergie ? Leurs paupières tressaillirent tandis qu’ils s’apprêtaient à frapper, mais l’officier devant eux se raidit brusquement. Une lame terne émergeait de sa poitrine, lui transperçant le cœur.
Phaser apparut derrière l’officier, tel un démon. Le corps à demi courbé, elle se faufila rapidement entre les deux barbares et se dissimula derrière eux. Ces guerriers savaient que l’assassine faisait partie des troupes de Richard ; ils poussèrent donc un rugissement et abattirent leurs haches, fauchant les soldats qui la poursuivaient.
Richard longeait alors les abords du camp. Il avait déjà une vue d’ensemble du chaos qui y régnait : son armée avait percé les lignes sur trois côtés. La tente immense et voyante de Zim se trouvait à moins de cent mètres, mais plus d’une centaine d’élites s’étaient déjà rassemblées autour d’elle. Un général de niveau quatorze hurlait ses ordres, ralliant les soldats dispersés et les disposant en formations défensives. Suivez les derniers chapitres sur novelping point com.
La capacité du général à établir une ligne défensive autour du vicomte suffisait à prouver sa valeur. Les soldats sous ses ordres étaient eux aussi courageux et puissants. En voyant la formation défensive bien ordonnée autour de la grande tente, Richard renonça à son plan initial : profiter de l’embuscade pour capturer Zim vivant.
Pourtant, la véritable attaque n’avait pas encore commencé. Errant dans le camp au cœur de la nuit, Richard lança boule de feu après boule de feu au milieu de la mêlée. Ces grands projectiles incendiaient généralement trois ou quatre tentes, et les vents violents attisés par les flammes ne faisaient qu’étendre davantage l’embrasement chaotique.
Soudain, de nombreux cris s’élevèrent des écuries du camp. Personne n’avait remarqué la boule de lumière grisâtre qui s’y était glissée avant d’exploser silencieusement en une attaque mentale contre les écuyers qui gardaient les lieux. La panique gagna tout le monde, et les chevaux de guerre, effrayés, se mirent à ruer et à mordre, s’efforçant de se libérer de leurs liens.
Au milieu de ce chaos, des hurlements et des cris résonnèrent dans la nuit. Une volée de hachettes siffla dans les airs, fauchant sept ou huit écuyers dans la confusion. Ces hachettes étaient d’une puissance immense : elles pouvaient même trancher les os des majestueux chevaux de guerre.
BANG ! Les deux trolls défoncèrent les barrières des écuries, et les barbares ainsi que les guerriers du désert s’y engouffrèrent pour attaquer les écuyers. Un autre sort de terreur s’abattit au milieu des ennemis. Son emplacement et son timing étaient d’une précision extrême : les guerriers du désert, qui semblaient agir dans le désordre, ne furent pas touchés. Tous les écuyers se retrouvèrent affaiblis, tandis que les barbares qui avaient chargé les premiers furent à peine affectés, grâce à la vaillance naturelle de leur peuple. La moitié de leurs adversaires étant hors de combat, le combat tourna au massacre.
Une nouvelle vague de cris étranges retentit dans la nuit, mais personne ne parvint à reconnaître la langue de ces hurlements. Une autre volée de hachettes traversa rapidement le ciel et abattit dix écuyers regroupés. Face à cette attaque féroce, leur moral finit par s’effondrer et ils s’enfuirent dans toutes les directions.