Chapitre 1 337
Pour le premier et le dernier
Un nuage noir se forma lentement à l’horizon. Il fondit sur eux et recouvrit le ciel, flottant sans hâte vers les défenses de Faelor. Richard estima rapidement le nombre de faucheurs à plusieurs dizaines de milliers, et ce chiffre ne cessait de grimper. Malgré sa détermination, il se surprit à jeter un regard à Nasia, qui se tenait à ses côtés.
« Tu as peur ? » Un rare sourire, empreint de douceur, se dessina sur le masque de Nasia.
« Un peu, oui », admit-il sans détour.
« Quelle sottise. Qu’y a-t-il d’effrayant là-dedans ? Même si tout le monde ici périssait au combat, tu finirais quand même par réduire toutes ces machines en ferraille. »
Richard sourit à son tour, mais avec amertume plutôt que par dérision. « Je sais, mais j’espérais… Laisse tomber, j’ai compris. »
Personne ne pouvait vivre éternellement, et rien en ce monde n’était parfaitement prévisible. Il savait qu’il devrait assumer les conséquences de sa décision de rester et de combattre, même si cela devait lui apporter une victoire creuse. À cet égard, Nasia avait tout à fait raison. Même si tous ses subordonnés périssaient, il devait remporter cette bataille pour celui qui tomberait le premier et le dernier.
Il observa ses soldats, dont beaucoup affichaient désormais la peur sur leur visage. Même les vétérans les plus aguerris savaient que les ennemis qui approchaient étaient la mort incarnée ; même les chevaliers runiques et les saints étaient gagnés par la crainte.
Richard se téléporta sur la ligne de front, tira ses trois épées divines et les planta dans le sol. Puis il se retourna vers ses soldats et, pour la première fois depuis des années, fit apparaître un globe lumineux au-dessus de sa tête. « À tous les guerriers qui me reconnaissent pour roi, je fais cette promesse : je serai en première ligne dans cette bataille ! Réduisez ces machines en ferraille ! » Ce chapitre a été copié de novelping(.)com sans autorisation.
Son discours était plutôt bref, mais rien n’aurait pu galvaniser davantage les troupes. Malgré la vague interminable de faucheurs qui marchait vers eux, les soldats poussèrent un puissant cri de guerre. De nombreux vétérans au visage buriné fixaient le globe au-dessus de la tête de Richard, les yeux injectés de sang, tandis qu’ils se remémoraient les récits d’autrefois.
Le regard de Richard se posa sur la nuée de navires de guerre qui approchait, parmi lesquels se mêlaient de nouveaux modèles. Un vaisseau de transport, large de trente mètres et long de près de cent, volait désormais près du sol, en très grand nombre. Il y avait aussi un immense navire de guerre de plus d’un demi-kilomètre de long, qui chargeait de gigantesques canons à faisceau, certainement capables de le menacer, lui aussi. Les transporteurs s’arrêtèrent à quelques kilomètres de là et abaissèrent une rampe, déversant leurs drones. Les guerriers de chair et les guerriers-araignées furent alors rejoints par des créatures semblables à des éléphants mécaniques, dont le haut du corps était fait de chair et hérissé de dizaines d’armes différentes.
Les chiffres dans le champ de vision de Richard se mirent à défiler de façon erratique, au point qu’il finit par revenir à sa vision normale. Mais son esprit avait déjà achevé ses calculs : l’armée des faucheurs comptait désormais plus de cent mille individus !
Les guerriers de chair s’écartèrent lentement et avancèrent à petits pas vers l’Armée cramoisie, leurs canons menaçant de déclencher une salve meurtrière de rayons. Les navires de guerre dans le ciel s’avancèrent eux aussi, d’abord à la même allure que les troupes au sol, puis accélérèrent à environ huit cents mètres de distance. Un éclat aveuglant envahit le champ de bataille tandis que les rayons s’abattaient sur les lignes de front des Archeron.
Richard s’y était préparé depuis longtemps. Il s’agenouilla aussitôt et saisit un bouclier spécialement conçu pour se protéger. Les fantassins lourds dressèrent tout autour d’eux des pavois réfléchissants semblables, tandis que les autres soldats se repliaient dans les structures défensives et se préparaient à riposter. Ces boucliers pouvaient disperser une grande partie de l’énergie des attaques des faucheurs ; même si l’énergie restante suffisait à percer le métal, elle ne pourrait traverser les armures. Seule une centaine de grands navires de guerre parvint à percer les défenses et à toucher les soldats abrités derrière.
À la fin de cette première vague d’attaques, les troupes des faucheurs étaient parvenues à se rapprocher encore. Des escadrilles de navires de guerre tournoyaient au-dessus des premières défenses de Richard, détruisant plusieurs boucliers par leur seul nombre. Les pertes augmentèrent rapidement.
Une flamme froide brûla dans les yeux de Richard. Il disparut de l’endroit où il se trouvait, ses épées avec lui. Un instant plus tard, une escadrille de navires de guerre qui volaient trop bas fut enveloppée d’une lueur rouge et s’embrasa. Plus d’une douzaine explosèrent en une seule attaque. Sa silhouette se brouilla puis disparut avant que l’ennemi puisse riposter. Rendez-vous sur novelping point com pour lire le chapitre complet.
Le gigantesque navire de guerre qui se tenait loin derrière les lignes de front trembla soudain. Un épais rayon lumineux parcourut un kilomètre entier avant de frapper un groupe de vaisseaux dans les airs. Richard apparut brusquement, le visage grave, et tendit les deux mains pour former plusieurs barrières de lumière crépitante.
La puissance du canon du vaisseau amiral était toutefois trop grande. Les barrières explosèrent rapidement, laissant l’énergie restante du rayon s’abattre sur lui. Richard bascula en arrière et disparut à nouveau, mais le vaisseau amiral pivota et pointa ses canons vers une zone vide, où il réapparut un instant plus tard.
Comprenant rapidement que le vaisseau amiral pouvait le suivre pour une raison ou une autre, Richard décida de miser sur la vitesse plutôt que sur la discrétion. Sa silhouette vacillait sans cesse, disparaissant de chaque endroit avant que l’ennemi puisse le verrouiller. Il apparut bientôt juste au-dessus du navire et plongea vers lui, mais des dizaines d’embrasures de canons s’ouvrirent soudain et tirèrent des rayons lumineux qui tissèrent sur sa trajectoire un filet mortel !
Une lueur de détermination passa dans les yeux de Richard. Il gronda, se recroquevilla pour réduire l’impact et traversa tout droit le mur de la mort avant d’atterrir sur le pont de l’immense navire de guerre. Il enfonça son épée dans le métal, le déchira dans une explosion et s’engouffra par l’ouverture.
L’intérieur de l’immense navire de guerre ressemblait à un labyrinthe. Une douzaine de rayons attaquèrent Richard dès qu’il eut atterri, certains provenant de canons, les autres de guerriers de chair. Mais Richard gronda et déclencha l’Anneau du Destin, anéantissant tout ce qui se trouvait dans un rayon de trente mètres. Un énorme trou s’ouvrit dans le navire. Ne sachant pas où pouvait se trouver le noyau d’une telle machine, il choisit simplement une direction au hasard et fonça. Esquivant, déviant ou encaissant les faisceaux d’énergie les uns après les autres, il détruisit sans relâche tout ce qui s’approchait pour l’attaquer.
Certains soldats engagés dans le combat levèrent les yeux lorsque l’effrayant navire de guerre, au loin, se mit à trembler, des flammes jaillissant sans cesse de sa coque. Quelques minutes suffirent pour qu’il commence à tomber. Avant qu’il ne touche le sol, une épée enflammée le trancha en deux tandis que Richard s’échappait des décombres. Ceux qui avaient pu souffler un instant éclatèrent en acclamations. Cela ne signifiait pas la victoire, mais la défaite rapide du vaisseau amiral ennemi leur redonna un peu d’espoir.
Les flammes faisaient déjà rage de toutes parts. Les drones terrestres des faucheurs avaient engagé le combat contre les guerriers Archeron. Des groupes de cent chevaliers runiques lançaient sans cesse leurs javelots contre les machines de guerre dans le ciel, tandis que ceux qui se trouvaient sur les bords abattaient les unités terrestres pour leur dégager le passage. Quelques centaines d’archers elfes de la nuit décochaient des flèches magiques vers le ciel depuis l’arrière ; chacune pouvait faire tomber au sol les plus petites machines de guerre. Près d’un millier de druides protégeaient ces archers.
Un éléphant de guerre chargea les lignes de bataille, des dizaines de rayons lumineux jaillissant des armes qui le hérissaient. Pourtant, plus d’une centaine d’assassins elfes apparurent à proximité, tels des fantômes. Ils sortirent leurs canons-tonnerre et, dans une déflagration assourdissante, déchiquetèrent la chair et la majeure partie du métal. Quand les assassins se dispersèrent, le haut du corps de l’éléphant de guerre avait entièrement disparu ; sa moitié inférieure métallique grinçait vainement tandis qu’une douzaine de soldats de l’hiver broyaient le métal à coups de marteaux de guerre maniés à deux mains.