Chapitre 1 227
Le combat des anges
Michael gronda comme une bête primordiale et se lança dans une attaque fulgurante, mais Richard parvint à dévier toutes ses frappes sans le moindre effort. Ce puissant céleste, capable de détruire autant d’Armures célestes qu’il le voulait, se sentit défié par le jeune homme, ce qui le plongea dans une profonde confusion. Il était né pour éliminer les hérétiques ! Même si la force n’était pas son plus grand atout, il égalait tout de même les dragons ! Une autre réalité s’imposa à lui : ses aptitudes au combat étaient bien inférieures à celles de Richard.
Depuis des décennies, Richard avait consacré l’un de ses esprits à analyser sans relâche les arts martiaux du Dragon Éternel. Il était désormais arrivé à un point où il ne pouvait presque plus améliorer ses talents de combattant. Il en avait certes perdu une partie le temps de s’habituer à sa force nouvellement acquise, mais ce problème était désormais presque derrière lui.
« Quoi ? Ça vous agace de ne pas faire le poids ? Ne vous en faites pas, vous trouverez bientôt d’autres raisons de vous lamenter », lança-t-il en riant devant la colère et la confusion de l’ange, avant de tirer le Juge de son fourreau. « Pourquoi est-ce que ces vers ailés m’insupportent autant ? »
À ces paroles accusatrices, l’aura du Juge changea. Sa lame s’allongea jusqu’à mesurer près de deux mètres, tandis que son tranchant dentelé, jusque-là irrégulier, devint uniforme. Une faible aura noire se mit à danser autour de la lame : elle venait des enfers !
Bien qu’ils fussent tous deux des êtres de l’ordre, les démons étaient les ennemis jurés des anges. Chaque camp était particulièrement puissant contre l’autre, et leurs attaques s’en trouvaient considérablement renforcées. Les évêques et les paladins de l’Église de la Gloire frissonnèrent en sentant l’aura de l’épée, qu’ils considéraient sans doute comme le pire des péchés.
« Comment osez-vous traiter avec les démons, ici… AAHH ! » hurla Michael lorsque le Juge frôla l’une de ses ailes. L’aura noire détruisit une grande partie de la barrière dorée et la démembrа dans le même mouvement. Il ne resta que la racine de l’aile : une blessure bien plus grave que la petite entaille qu’aurait infligée l’épée sous sa forme précédente.
Le céleste chancela en reculant, son domaine se réduisant à un rayon de cinquante mètres autour de lui. Le Juge, lui, continuait à se contorsionner, s’efforçant d’absorber toute la lumière qu’il venait d’engloutir. Cette énergie sombre ne cessait de le renforcer. Ce chapitre a été copié depuis novеlping.com sans autorisation.
Richard pointa de nouveau son arme vers l’avant. « Vous avez vu ? Les dieux ne vous ont pas donné leur force pour que vous vous en vantiez. »
« UN SIMPLE VER DE TERRE ISSU D’UN PLAN INFÉRIEUR OSE BLESSER UN ÊTRE DIVIN ? VOUS ET VOTRE PLAN TOUT ENTIER PAIEREZ POUR VOS PÉCHÉS, CRÉATURE ABJECTE ! »
Richard tressaillit, mais les membres du camp adverse aussi. Tous ceux de l’Église présents ici étaient considérés comme des serviteurs du Seigneur radieux, et aucune hiérarchie ne devait distinguer les différentes races qui le servaient. Les évêques et les cardinaux ne pouvaient qu’afficher leur mécontentement, mais Richard, lui, éclata de rire. « Alors, laisse ce ver de terre t’apprendre une leçon. »
Une lumière éclatante jaillit de l’armure d’argent et de cramoisi. Richard se transforma en météore rouge sang et fondit sur Michael en un instant. Le ciel explosa en gerbes rouges, noires, bleues et dorées. Au milieu des éclairs, Michael fut frappé à plusieurs reprises, tandis que toutes ses attaques étaient bloquées. Son épée flamboyante venait du Plan céleste et était considérée comme divine jusque là-bas. Le Juge appartenait clairement à une classe inférieure de lames, et pourtant Michael n’en avait brisé que trois dents, tandis que Clair de Lune tenait bon sans le moindre dégât ! Richard avait vite appris à se servir de l’épée verte pour parer principalement, réservant le Juge aux attaques surprises.
Michael affichait un mélange de stupeur et de colère. Chaque fois que le Juge le frôlait, il lui volait une partie de sa lumière, qui faisait autant partie de lui que son corps physique. Richard pouvait simplement trancher l’air et le blesser grièvement, tandis que lui n’avait aucun moyen de riposter véritablement.
Au cœur de ce combat acharné, Richard esquissa soudain un sourire. Michael sentit un danger extrême et tenta de s’envoler, mais il était bien trop tard. Une sphère rouge sang éclata dans le ciel au moment où retentissait un nouveau cri déchirant. Richard fut projeté à plusieurs dizaines de mètres, puis parvint à reprendre son équilibre. Des flammes dorées ravageaient tout son corps, mais la puissance de Midren les éteignit rapidement. Son sourire, lui, ne s’effaça pas un instant.
Lorsque la sphère lumineuse se dissipa, les cardinaux poussèrent des exclamations de stupeur. Une autre aile venait d’être arrachée au dos de Michael !
Les célestes puisaient leur énergie dans leurs ailes de lumière, qu’ils considéraient comme un symbole de rang et de prestige. Les anges à six ailes étaient des êtres suprêmes, ce qui expliquait pourquoi la version de combat de Midren en possédait tant. Richard avait toutefois rétracté les siennes dès le début du combat pour gagner en mobilité, tandis que Michael les avait gardées déployées. À présent, l’ange ne pouvait plus afficher qu’une expression de douleur ; son rayonnement doré vacillait, même dans un rayon de dix mètres autour de lui.
Le céleste se tourna soudain vers le pape. « Donnez-moi toute votre puissance ! »
Les cardinaux reculèrent, stupéfaits, mais le pape resta calme et leva haut son bâton. En quelques instants, une lumière dorée s’arracha à l’archevêque Ruford et à tous les cardinaux, avant de se rassembler à l’extrémité du bâton. Ruford comprit soudain que la grâce divine qu’il avait accumulée pendant des années se consumait sans contrôle. Elle s’évanouissait à une telle vitesse qu’en quelques minutes, il ne serait plus qu’un humain privé de tout pouvoir.
« NON ! ARRÊTEZ ! » hurla l’archevêque, tandis que les autres cardinaux restaient figés, paralysés par la stupeur. La source de ce chapitre est novelping.com.
Méfiant quant à ce qui allait se produire, Richard se désengagea de Michael et adopta une posture défensive. Martin vint le rejoindre dans les airs au même moment. « On raconte que le Seigneur radieux n’avait pas assez de puissance lorsqu’il tenta pour la première fois d’allumer son étincelle divine. Ses fidèles offrirent volontairement leur propre lumière au Seigneur, lui permettant ainsi d’accéder à son trône divin. Ce bâton doit avoir hérité de cette fonction. »
« Volontairement, dites-vous ? » Richard fixa les rangées de clercs stupéfaits, peu convaincu. « Est-ce mentionné dans votre livre sacré ? »
« Non, c’est un secret transmis entre les papes et les enfants divins. »
« Je vois. »
Un rayon lumineux jaillit de l’extrémité du bâton du pape et forma une barrière dorée autour de Michael, tout en entreprenant de soigner les ailes qu’il venait de perdre au combat. Martin jeta alors un regard chargé d’inquiétude au Juge que tenait Richard. « Michael est coriace. Soyez prudent. »
L’aura noire réparait rapidement les dégâts infligés au Juge et faisait repousser les dents qui avaient été détruites. De telles armes étaient rares, même dans les enfers ; en tant qu’enfant divin, Martin se sentait extrêmement mal à l’aise en sa présence. Richard brandit toutefois l’arme dès qu’elle fut restaurée et afficha un sourire narquois. « Eh bien, je n’ai pas envie de rester ici les bras croisés. »
Les six ailes de Midren se déployèrent, et Richard se changea en un éclair rouge qui fondit sur les quatre autres anges ennemis présents sur le champ de bataille. Des sphères cramoisies explosèrent l’une après l’autre, et les quatre anges s’effondrèrent à tour de rôle. Les corps enfermés dans l’Armure céleste furent broyés, puis la brume noire dévora leur sang et leur chair jusqu’à faire éclater l’ensemble runique lui-même. Lorsque les pièces d’armure retombèrent au sol, elles libérèrent des ondes de puissance explosive qui blessèrent des rangées de paladins et d’autres soldats ennemis. Le métal, presque entièrement détruit, se couvrit de fissures.