Chapitre 1 052
Siège
Cette scène miraculeuse attira l’attention de presque tous les soldats. Richard sentit son cœur manquer un battement lorsque le regard du jeune homme se posa sur lui, mais les deux autres insufflèrent leur force et compensèrent la perte de puissance. Tandis que la capitale impériale éclatait en acclamations capables d’ébranler la terre, il murmura pour lui-même : « Les légendes se montrent donc enfin. »
« Hé, gamin, un faible comme toi ose attaquer mon empire ? » Le guerrier rejeta la tête en arrière et éclata de rire, tandis que l’aura dorée qui l’entourait gagnait en intensité. Ses rayons lumineux ressemblaient à des flammes ardentes et s’élançaient vers le ciel avec une puissance rare, même parmi les légendes de Norland. Tout ce qui se trouvait à portée serait sous son contrôle.
Pourtant, Richard n’en était plus au point où les légendes représentaient une menace. Sa voix resta aussi calme que d’habitude. « Donc, selon toi, un faible a enterré les meilleurs généraux de ton empire et marché jusqu’à ses portes. Je vois que nous sommes d’accord : tes descendants ne valent rien. »
« Je suis Godfrey, le Fils de l’Or ! » ricana le jeune homme. « Si tu comprends ce que signifie ce nom, tu regretteras ton insolence. »
« Je ne connais pas, je m’en fiche. Je ne prête pas attention aux déchets. »
Les flammes autour de Godfrey palpitèrent soudain sous l’effet de sa rage. Sa voix tonna : « Je vais vous montrer, vermines, la puissance des légendes ! »
Il se dirigea droit vers Richard, sans se soucier le moins du monde des centaines de milliers de soldats alentour. Voyant que pas un seul archer ne tirait sur lui, il plissa les yeux, puis ricana : « Tu sais quoi ? Te tuer ne m’amuserait pas. Jouons un peu… Cette fille, là-bas, est tout à fait à mon goût ! »
Le Fils de l’Or sembla saisir le ciel à pleine main ; un rayon doré s’abattit alors à une centaine de mètres. Au premier abord, l’endroit paraissait désert, mais la lumière révéla la silhouette gracieuse de Waterflower, qu’elle enferma dans une cage sphérique dorée. La cage s’éleva lentement dans les airs, tandis qu’un tentacule de flammes jaillissait et s’enroulait autour de son corps.
Sans la moindre possibilité d’esquiver, Waterflower ne put que mobiliser son énergie intérieure pour repousser l’attaque de front. Elle parvint à empêcher les flammes de blesser son corps, mais ses vêtements commencèrent rapidement à brûler. En un instant, presque toute sa jambe gauche fut mise à nu.
Godfrey ricana : « Pas mal, elle a l’air d’avoir un peu de puissance. Ça me plaît. » Rendez-vous sur NovelPing pour lire le chapitre complet.
Les yeux de Richard s’embrasèrent de rouge, mais il força sa voix à rester calme. « Godfrey, je vais massacrer ta ville. »
« Ha ha ! Ne sois pas si pressé, gamin. J’ai veillé à ce que les flammes ne brûlent que ses vêtements. Si tu ne veux pas que la fille se retrouve exposée en public, dépêche-toi de me battre. » Au milieu de son rire dément, un autre tentacule de flammes jaillit et brûla une bonne partie du dos des vêtements de Waterflower. Elle ne chercha même pas à se couvrir ; elle pivota sur place et frappa la cage dorée. L’énergie faiblit sous le coup, mais retrouva aussitôt tout son éclat. Les yeux de Godfrey brillèrent tandis qu’il observait la scène. Il continua de rire, empoigna son épée et marcha vers Richard.
Nasia apparut derrière Richard sans qu’on sache à quel moment. « Ce type n’est pas facile à vaincre, mais au moins, il est assez stupide pour gaspiller son énergie sur cette cage. On dirait qu’il te sous-estime. Tu veux que j’en rajoute un peu ? »
« Comment ? » demanda Richard d’un ton égal.
« Il semble maîtriser les lois liées aux métaux. Je peux modifier Fanatique de guerre pour t’accorder la même capacité et te permettre de rivaliser avec lui pour le contrôle, ce qui l’affaiblira. Bien sûr, le prix sera élevé ; réfléchis-y bien. »
« Qu’est-ce que tu veux ? »
« Cette dague à sa ceinture n’est pas mal. »
« Elle est à toi », répondit-il sans hésiter.
« Hein ? » Nasia parut un peu surprise. « Cet objet vaut presque une offrande de premier ordre. Tu ne le regretteras pas ? »
« Il faut que je le tue pour la récupérer, pas vrai ? La manière habituelle suffirait à le repousser, mais je veux qu’il crève. »
Godfrey se mit à courir tandis qu’ils parlaient, bondit soudain à une centaine de mètres dans les airs et apparut au-dessus de l’armée de Richard. Il brandit sa gigantesque épée en un large arc et fit pleuvoir sur les soldats ce qui ressemblait à des éclats d’or massif. Même les armures de qualité supérieure se désagrégèrent sous sa puissance, et chaque blessure causée par ces projectiles changeait en métal la peau alentour. Les chevaliers humanoïdes eux-mêmes ne résistèrent pas à l’attaque, tandis que les soldats ordinaires périrent sur-le-champ.
« Je vais te faire un peu saigner du cœur, gamin ! » hurla Godfrey en riant comme un dément. Il tournoya dans les airs et lança une série de ces attaques. Très vite, plus de deux mille soldats furent blessés ou tués.
Richard éclata soudain de rire. Sa voix, amplifiée par le mana, résonna : « À quoi d’autre m’attendre de la part du Triangle de fer ? À une bande de lâches qui ne savent s’en prendre qu’aux gens du peuple. »
Sa voix retentit si fort que même ceux qui se trouvaient encore dans la capitale l’entendirent. Godfrey se tourna aussitôt vers Richard, tremblant de rage et grommelant des menaces de torture. Mais Richard fonçait déjà de son plein gré dans sa direction. Une telle audace lui parut insultante ; fou de colère, il rugit : « Je vais te montrer ce qu’est une légende ! »
Ces mots tonnèrent aux oreilles des soldats de Richard et en firent s’effondrer un millier de douleur. Richard continua pourtant de voler vers l’avant, formant au passage une boule de feu de la taille de son poing.
Godfrey se figea d’abord, puis ricana : « Tu crois me battre avec une boule de feu ? Qu’est-ce qu’une si petite boule de feu pourrait faire ? Allons… »
Sa voix s’éteignit soudain et ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il vit la boule de feu passer du rouge à l’orange, puis au bleu. Chaque mutation avait accru de deux rangs la puissance du sort, le portant instantanément au rang… Même lui n’aurait pas pris cette attaque à la légère ; mais, en plus, il y percevait quelque chose qui le mettait mal à l’aise.
En un instant, les kilomètres furent franchis et Richard se retrouva à moins de cent mètres de Godfrey. Il passa une main devant la boule de feu, qui se mit à tournoyer rapidement avant de jaillir de sa paume.
« Vitesse, portée, poursuite, incantation instantanée… Comment ?! » s’exclama le Fils de l’Or. Un sort de rang 7 bénéficiant d’autant d’effets était plus difficile à lancer que la plupart des sorts de rang 9. Pourtant, Richard l’avait lancé instantanément !
Une silhouette indistincte apparut derrière Godfrey, qui ne l’avait pas remarquée, et le poignarda aussitôt dans le dos. Un sifflement étrange retentit dans le ciel tandis que Gangdor jaillissait de la foule et abattait sa hache. Au même instant, des malédictions de toutes sortes vacillèrent sur le corps de Godfrey et le firent gémir. Il cracha soudain du sang frais, où luisait une pointe d’or. Il avait déjà résisté à une volée de malédictions, mais certains de ces sorts s’étaient révélés bien plus puissants qu’il ne l’avait prévu. À son niveau, même la plupart des sorts de haut rang n’auraient dû l’atteindre qu’une fois sur cinq environ ; pourtant, nombre de malédictions élémentaires faisaient mouche une fois sur deux.
Ce ne fut qu’à cet instant que le Fils de l’Or sentit le véritable danger. Il rugit et libéra une vague d’énergie dorée dans toutes les directions pour repousser les malédictions. Quatorze boucliers dorés se formèrent également autour de lui, le protégeant de la tête aux pieds.