Chapitre 251
Combien de temps s’est-il écoulé ?
Il ne s’est pas passé grand-chose depuis cet événement et, à en juger par la lune dans le ciel, minuit vient tout juste de passer.
C’était une heure bien tardive pour recevoir une visite, mais Namgung Bi-ah ne trouva rien à redire.
Après tout, il s’agissait d’une invitée très spéciale.
« … »
Alors que Namgung Bi-ah fouillait partout, la dame, qui sirotait le thé qu’elle avait trouvé par on ne sait quel moyen, se tenait avec une grâce profonde.
Malgré son âge, elle conservait une grande beauté, et ses vêtements n’avaient manifestement rien d’ordinaire, comme Namgung Bi-ah put le constater au premier coup d’œil.
Le silence qui s’installait se faisait pesant.
Devait-elle engager la conversation ?
Alors qu’elle triturait ses lèvres, hésitant à prendre la parole, la dame assise en face d’elle brisa le silence la première.
« Je m’excuse de vous rendre visite si tard dans la nuit. »
La dame sourit légèrement en parlant,
son sourire débordant d’une élégance indescriptible qui ne fit que mettre Namgung Bi-ah encore plus mal à l’aise.
« Oh… Je… j’étais en plein entraînement de toute façon… alors… vous n’avez pas à vous en faire. »
« Je vous remercie de votre compréhension. L’entraînement, hein… Vous vous entraînez toujours à cette heure-ci ? »
« …Ah, oui… »
« Je vois. Quelle diligence. »
Après cette remarque, la dame commença à écrire quelque chose sur un papier qu’elle avait étalé.
« …L’entraînement… la nuit. »
Elle semblait noter quelque chose de très important, et Namgung Bi-ah n’osa pas jeter un coup d’œil malgré une curiosité dévorante.
Remarquant l’attention de Namgung Bi-ah, la dame s’éclaircit légèrement la gorge avant de reprendre la parole.
« Pardon, je devais noter quelque chose un instant. »
« Aucun problème… »
« Cela vous dérange-t-il si je vous appelle Jeune Dame Namgung ? »
Namgung Bi-ah hocha la tête à la question de la femme, le regrettant instantanément.
Elle aurait dû répondre verbalement. Était-ce la nervosité qui lui donnait l’impression que son cerveau avait court-circuité ?
« Vous pouvez juste m’appeler… »
La dame s’interrompit soudainement au milieu de sa phrase.
On aurait dit qu’elle avait quelque chose à dire, mais qu’elle peinait à le formuler.
« …Dame Mi. Oui, c’est ça. Vous pouvez m’appeler Dame Mi. »
« Compris… »
« Je m’excuse de vous avoir dérangée si tard. J’ai entendu dire qu’une parente du grand Clan Namgung se trouvait ici, alors je tenais vraiment à discuter avec vous. »
Namgung Bi-ah hocha la tête, mais était-ce vraiment la raison ?
Il semblait qu’elle souhaitait discuter, mais peut-être pas uniquement parce que Namgung Bi-ah appartenait au Clan Namgung.
…Pourquoi ?
Namgung Bi-ah ne savait pas pourquoi elle pensait ainsi, mais c’était son ressenti.
Après tout, son intuition se trompait rarement.
« La Jeune Dame Namgung est très calme, je vois. »
« …Ah. »
Était-ce une manière détournée de dire qu’elle était trop silencieuse et ennuyeuse ?
Si c’était le cas, Namgung Bi-ah aurait voulu changer, mais elle ne savait pas comment s’y prendre.
En vérité, elle ne parlait pas beaucoup.
« Ce serait bien si mes filles… avaient hérité de votre tempérament à cet égard. »
« Hein… ? »
Allait-elle bien ?
Namgung Bi-ah ne parvenait pas à comprendre le fil de cette conversation.
Que se passait-il ?
Luttant pour réprimer sa nervosité, elle observa la dame en face d’elle.
…L’odeur est… légère… ?
Elle était si ténue qu’elle ne l’aurait pas remarquée sans faire un effort particulier.
Cette subtilité, cependant, témoignait des progrès de Namgung Bi-ah dans sa maîtrise, ce qui avait aiguisé sa sensibilité à de tels détails. Pourtant, la faiblesse de la présence de la dame restait inchangée.
Cette simple constatation fut un soulagement pour Namgung Bi-ah.
Cependant, le silence perdura.
Namgung Bi-ah ne savait que dire, n’étant pas du genre bavard, et surtout, elle ignorait comment traiter ses invités.
Considérant que Gu Yangcheon était né d’une concubine et que la femme en face d’elle était l’épouse légitime, Namgung Bi-ah s’interrogea sur son rôle dans cette situation sociale complexe.
Elle se souvint alors de ce que Gu Yangcheon avait mentionné un jour.
-Tu devrais parfois étudier un peu le bon sens.
Était-ce une situation où le bon sens était requis ?
Si tel était le cas, elle aurait dû l’écouter bien plus tôt.
Surtout si elle avait anticipé de se retrouver dans une telle situation.
« Cet enfant. »
Dame Mi brisa à nouveau le silence, faisant se tendre Namgung Bi-ah.
…Quoi… ?
Lorsqu’elle disait « cet enfant », on aurait dit qu’elle faisait référence à Gu Yangcheon.
Elle semblait bien parler de Gu Yangcheon.
Une critique… ?
Généralement, lorsqu’une épouse légitime parlait de l’enfant d’une concubine, ce n’était que rarement positif.
Après tout, Namgung Bi-ah en avait été témoin à maintes reprises.
Allait-elle critiquer Gu Yangcheon pour ses méfaits passés, ou pour des fautes qu’il n’avait jamais commises ?
Comment devait-elle réagir si c’était le cas ?
Devrais-je… me mettre en colère contre elle ?
Dans des circonstances normales, elle aurait pu dégainer son épée sans hésiter, mais elle devait maintenant peser soigneusement ses actes.
Si elle agissait de manière imprudente, elle serait la seule à en porter la responsabilité.
Consciente de cela, Namgung Bi-ah devait réfléchir profondément, car aucune de ses actions ne devait nuire à Gu Yangcheon.
Elle ne pouvait pas se permettre d’agir avec témérité si elle voulait rester près de lui.
Alors qu’elle se préparait à ce qui allait suivre, attendant nerveusement les mots de Dame Mi,
« Est-ce qu’il te traite bien ? »
« …Pardon ? »
« Cet enfant, est-ce qu’il traite bien la Jeune Dame Namgung ? »
Mais c’était une question tellement inattendue qu’elle rendit l’esprit déjà vide de Namgung Bi-ah encore plus confus.
Est-ce qu’il… me traite bien ?
Elle réfléchit à la question.
Dernièrement, les choses s’étaient légèrement améliorées, mais il l’évitait toujours lorsqu’elle s’approchait.
Il avait promis de ne pas disparaître, pourtant il le faisait souvent sans un mot.
Puis il revenait avec une blessure grave.
Il parlait grossièrement.
Il manquait aussi cruellement de tact…
…?
Elle se sentit de plus en plus étrange à mesure qu’elle y réfléchissait.
Alors que l’expression de Namgung Bi-ah devenait de plus en plus perplexe, Dame Mi parla avec un sourire doux.
« Je peux le deviner rien qu’en regardant ton expression. »
« …Ah… ! C’est… »
C’était une erreur.
Elle aurait dû mieux contrôler son visage.
Namgung Bi-ah se détestait d’avoir baissé sa garde à un moment pareil.
« C’est un enfant couvert d’épines, comme tu le sais déjà. »
En entendant les mots de Dame Mi, Namgung Bi-ah s’empêcha de chercher des excuses.
« Il est vêtu d’épines pour cacher ses cicatrices, alors s’il te plaît, ne lui en tiens pas rigueur. C’est la faute des adultes, pas la sienne… »
Sa voix restait stable et calme.
Sa voix dépourvue d’émotion était empreinte de froideur, mais Namgung Bi-ah sentit qu’elle commençait à se sentir plus à l’aise à chaque mot qui sortait de sa bouche.
Elle était bien différente de la femme que Namgung Bi-ah s’attendait à rencontrer.
« Je vous remercie de m’avoir reçue si tard dans la nuit. Je ne devrais pas vous prendre plus de temps, je vais donc prendre congé. »
Dame Mi se leva et inclina doucement la tête.
Namgung Bi-ah se leva rapidement après elle, mais Dame Mi fit un geste de la main.
Il semblait qu’elle lui disait qu’il n’était pas nécessaire de l’accompagner, mais Namgung Bi-ah sentit qu’elle ne pouvait pas rester assise.
Était-elle vraiment venue ici pour cette courte conversation ?
Dame Mi était-elle venue pour voir quel genre de personne était Namgung Bi-ah ?
Namgung Bi-ah l’ignorait, leur rencontre ayant été trop brève et manquant d’expérience en la matière, mais elle sentait qu’elle ne pouvait pas la laisser partir ainsi.
« …C’est… une bonne personne. »
Après avoir entendu les mots que Namgung Bi-ah avait réussi à formuler avec peine, les pas de Dame Mi s’arrêtèrent soudainement.
« Jeune Dame ? »
« Bien qu’il fasse semblant de ne pas s’en soucier, il prend soin de tous ceux qui l’entourent. »
Le discours précédemment hésitant de Namgung Bi-ah devint plus fluide à mesure qu’elle parlait de Gu Yangcheon.
C’était fascinant.
Qu’elle puisse changer autant lorsqu’il s’agissait de lui.
« …Même s’il semble agir de manière imprudente, il le fait toujours pour quelqu’un d’autre. »
Bien que son tempérament fût dur et ses actions parfois extrêmes, et malgré ses déclarations quotidiennes ne vivre que pour lui-même, Namgung Bi-ah savait que sa sollicitude s’étendait bien au-delà de sa propre personne.
Elle ne comprenait pas pourquoi, parfois, son regard sur elle était teinté de culpabilité et de regret, mais puisqu’il n’en parlait jamais, elle ne prenait pas la peine de demander.
Quoi qu’il en soit, savoir qu’il se souciait d’elle suffisait à Namgung Bi-ah.
« …C’est une bonne personne. »
Elle parla clairement, mais échoua tout de même à exprimer tout ce qu’elle voulait dire en raison de sa nature réservée.
Dame Mi, plongée dans ses pensées après avoir écouté Namgung Bi-ah, offrit bientôt un léger sourire.
« …Est-ce ainsi. »
Sur ces mots, Dame Mi sortit lentement, sa silhouette s’évanouissant dans la nuit.
Laissée seule, Namgung Bi-ah eut l’impression d’avoir survécu à une tempête, s’autorisant enfin une profonde inspiration.
Dans ses réflexions futures, elle dirait que ce jour fut le plus tendu de sa vie.
Elle marchait sur le sentier nocturne.
Il y avait le clair de lune, pourtant il faisait sombre et la visibilité était réduite.
Pour une personne ordinaire sans Qi, trouver son chemin sans lumière aurait été difficile.
Cependant, Mi Hyoran marchait calmement sur le sentier.
Elle connaissait bien ce chemin, l’ayant emprunté maintes fois auparavant.
Il y avait une fleur sur la gauche.
Elle n’était plus là, mais il y avait autrefois une fleur.
Elle n’avait pas mémorisé son nom, mais c’était certainement une fleur blanche.
L’herbe était haute car le sentier n’était pas entretenu et les arbres poussaient de manière disgracieuse, mais Mi Hyoran ne s’en souciait pas.
Elle savait déjà pourquoi son mari n’entretenait pas ce chemin.
C’est parce qu’il ne voulait pas toucher au jardin qu’elle avait créé.
Personne pleine de regrets.
C’est ce que ressentait Mi Hyoran.
Alors que Mi Hyoran marchait lentement dans le jardin,
« Mujin. »
Elle appela soudainement quelqu’un,
-…Oui, Chef.
Puis, une voix surgit de nulle part, de manière surprenante.
Imperturbable, Mi Hyoran demanda calmement.
« Comment est-ce ? »
-…Comme ils l’ont dit, il semble que beaucoup de choses aient changé.
« Comme quoi ? »
-Par exemple, je pense qu’ils ont remarqué ma présence.
Aux mots de l’homme nommé Mujin, une étincelle d’intérêt vacilla dans les yeux de Mi Hyoran.
Ils avaient remarqué sa présence ?
« En es-tu certain ? »
-Oui. Pour être plus précis, je crois qu’ils ont remarqué ma présence dès que je vous ai rencontrée, Chef.
Il avait remarqué la présence de Mujin dès son entrée dans la chambre de Gu Yangcheon ?
Cet enfant ?
-À cause de cela, je n’ai pas pu m’approcher facilement, mais de loin, il semblait avoir beaucoup changé par rapport à avant.
« …Hmm. »
Mi Hyoran s’interrogea après avoir entendu les mots de Mujin, et elle lutta contre ses émotions tourbillonnantes.
« Était-ce de la joie, de la confusion, ou peut-être du regret ? »
C’était difficile.
Les émotions restaient une affaire complexe pour elle.
Elle était très préoccupée par la croissance de l’enfant, se demandant s’il avait peut-être surmonté ses cicatrices passées. Pour Mi Hyoran, cela pouvait-il aussi être appelé de l’espoir ?
Il était difficile d’identifier ce qu’était son émotion.
« C’est vrai, alors il est appelé le Vrai Dragon ? »
-Oui. Son nom s’est répandu à travers les Plaines Centrales.
Elle avait entendu dire que l’enfant avait reçu un titre.
Elle savait qu’il était beaucoup question de lui parmi les jeunes prodiges, et qu’il avait également pris place dans leurs esprits.
Cet enfant a accompli une telle chose.
Elle se demandait quand l’enfant brisé qui ne pouvait pas vaincre ses cicatrices s’était transformé ainsi, malgré son absence, comme si elle avait fui.
Ainsi, tandis que Mi Hyoran était perdue dans ces sentiments indescriptibles,
…
Mujin réfléchissait à la rencontre qu’il avait eue plus tôt.
Il ne l’avait pas mentionné à sa Chef, mais Gu Yangcheon avait fait plus que simplement sentir sa présence.
Je n’arrive pas à croire que j’ai été repéré.
Au moment où il réalisa que l’autre avait senti sa présence, il pensa à prendre ses distances, mais Gu Yangcheon regardait Mujin avec une expression très agacée.
Leurs regards se croisèrent.
À une telle distance, qui plus est.
Puis,
[Tu es plutôt gênant, alors arrête, s’il te plaît.]
Mujin fut très surpris lorsqu’il l’entendit lui parler par télépathie.
…Comment ?
La dernière fois que Mujin avait vu le fils de sa Chef, il lui avait semblé irrémédiablement brisé, de son point de vue.
Mentalement, pas physiquement.
Cependant, qu’en était-il maintenant ?
C’est léger.
Contrairement à sa présence claire, l’impression était trop superficielle pour discerner la véritable nature de la personne.
Cela signifiait que Gu Yangcheon était très habile à dissimuler sa puissance.
Comment cela était-il possible en seulement quelques années ?
Sa Chef avait peut-être quitté le clan, mais cela ne faisait que quelques années.
Pourtant, en ce court laps de temps, Gu Yangcheon avait transformé tout ce qui le concernait.
Était-il vraiment capable de faire cela tout seul ?
Ou y avait-il eu de l’aide d’autres sources ?
Mujin effaça brusquement les pensées dans lesquelles il s’était perdu.
Après tout, il n’y avait aucun moyen que sa Chef ne sache pas ce qu’il méditait.
« Je vois. Bon travail. »
-…Pas du tout.
Mi Hyoran décida alors de poser une autre question à Mujin alors qu’elle recommençait à marcher lentement.
« Maintenant que j’y pense, ton fils va-t-il bien ? »
-Ah…
Mujin sembla momentanément déconcerté par la question de Mi Hyoran.
C’était parce qu’il ne s’attendait pas à ce que sa Chef se souvienne d’une telle chose.
Après une brève pause pour rassembler ses pensées, Mujin répondit d’un ton maladroit.
-Il semble qu’il aille bien.
Il semblait que son fils passait son temps près du fils de la Chef, et il semblait aller bien, à en juger par son expression.
« …C’est bon à entendre. »
-Chef.
« Hm. »
-Puis-je vous demander comment s’est passée votre rencontre de tout à l’heure ?
Après avoir entendu Mujin, Mi Hyoran s’arrêta net.
« Intéressant, que tu me poses une question. »
-…Je m’excuse si c’est un sujet sensible.
« Non, tu n’as pas besoin de t’excuser. »
Son expression changea.
L’émotion passagère sur le visage de Mi Hyoran s’effaça, et elle retrouva son expression froide.
« Elle ne semblait pas être la meilleure. »
Elle parlait de Namgung Bi-ah.
Elle avait peut-être une beauté extrême, pourtant elle semblait manquer de ce qu’il fallait pour être issue d’un clan noble.
Elle avait du talent et possédait également un titre, mais cela ne satisfaisait pas assez Mi Hyoran.
Le monde regorge d’individus talentueux ; ainsi, en cette matière, quelque chose d’autre que le talent martial était plus important.
J’allais agir moi-même.
Clan Namgung.
Ils étaient peut-être au centre des Quatre Clans Nobles de la fière Faction orthodoxe, mais c’était aussi un lieu profondément empêtré dans d’innombrables actes malpropres.
Les ténèbres qui y résidaient étaient si denses qu’elle était capable de mettre fin aux fiançailles si elle le souhaitait.
De plus, l’association marchande des Fleurs Blanches possédait beaucoup de moyens à cet égard.
Pour Mi Hyoran, qui était maladroite pour s’exprimer, c’était tout ce qu’elle pouvait faire pour ses enfants.
Mi Hyoran aurait pu arrêter ces fiançailles si elle l’avait voulu,
-…C’est une bonne personne.
Mais après avoir entendu ce que l’enfant du Clan Namgung avait dit à la fin, Mi Hyoran mit ses pensées en pause.
« Elle manquait peut-être de quelque chose, mais ce n’était pas une mauvaise enfant. »
Après avoir prononcé ces mots, Mi Hyoran marcha lentement.
Elle n’entendit aucune réponse de la part de Mujin, mais elle ne s’en soucia pas.
« …C’est toujours difficile. »
Elle aurait souhaité pouvoir faire autant pour ses autres enfants que ce qu’elle faisait pour ses filles, mais elle trouvait cela extrêmement difficile.
Elle ne savait même pas si elle pouvait oser le faire.
Parce qu’elle n’était pas leur mère biologique.
Se déplaçant lentement, elle regarda à nouveau vers l’endroit où les fleurs blanches fleurissaient autrefois.
Celle qui avait l’habitude d’avoir des fleurs blanches à cet endroit.
« … »
Il n’y a pas si longtemps.
Elle se souvint d’un enfant s’approchant d’elle, poussé par la main d’un ami, le visage plein de peur.
À cause de la ressemblance de son visage avec celui de son mari, elle trouvait amusant qu’il ait les larmes aux yeux.
Tout en tendant sa petite main tremblante vers elle, l’enfant dit ceci.
-D-Dame Mi… ceci…
Dans sa main, il y avait une fleur blanche.
C’était la fleur que son amie cultivait dans son jardin.
Elle se demanda quelle réponse elle avait donnée à l’enfant tout en acceptant la fleur de sa main tremblante.
Ai-je dit merci ?
Il n’y avait aucun moyen que j’aie dit une telle chose.
Si j’avais dit cela, alors il ne serait pas retourné en courant vers sa mère, les larmes coulant sur son visage.
« Quelle déception. »
Mi Hyoran ne savait pas de quoi elle était déçue, malgré ces mots.
Ces mots étaient juste sortis.