Chapitre 1 069
Clang.
Criiiiiic—!!!
Le bruit incessant des mécanismes résonnait dans l’espace.
Une femme leva la tête au son de ce vacarme ininterrompu.
Dans les ténèbres absolues, où rien n’était visible, elle se tourna vers la source du bruit.
Tout au fond de l’abîme, un bruit lointain retentit. La porte qui aurait dû rester scellée venait d’être grande ouverte.
Une porte qui n’aurait jamais dû s’ouvrir.
Quoi qu’il arrive.
Quel que soit le temps qui passe.
Cette porte n’aurait plus jamais dû s’ouvrir.
Et pourtant, elle se tenait grande ouverte.
La femme la fixa, pétrifiée.
Fffffffffff—!!!
Au-delà de la porte, une mer abyssale de ténèbres se déversa, déferlant en un torrent furieux.
La crue se rua en avant, engloutissant le vide désolé, depuis longtemps consumé, et le remplissant en un instant.
Fffft.
Elle sentit l’eau s’infiltrer sous ses pieds nus.
Alors que les vagues montantes lui léchaient les chevilles, les yeux de la femme tremblèrent.
Comment ?
Comment cette porte avait-elle pu s’ouvrir ?
Elle ne comprenait pas. Elle l’avait verrouillée par tous les moyens possibles.
Elle n’aurait jamais dû s’ouvrir.
Si elle s’était ouverte…
C’était qu’elle avait fait le mauvais choix.
Ou bien…
« Le sceau de l’oubli s’est brisé. »
Pour faire son choix, elle avait abandonné quelque chose d’essentiel.
Si la porte s’était ouverte, cela signifiait que les souvenirs oubliés de quelqu’un lui étaient revenus.
« Non. »
Non. C’était impossible.
Elle avait tout fait pour les enfermer.
Alors pourquoi… pourquoi tout s’était-il défait si facilement ?
Fwoooooosh—!!
La femme s’élança, fendant les vagues déchaînées.
Cet espace, autrefois vaste et infini, était destiné à être submergé par ce torrent.
Les souvenirs qu’il charriait s’étendaient sur d’innombrables ères et menaçaient de l’engloutir tout entière.
L’eau montait avec violence, comme si elle cherchait à l’ensevelir.
Pourtant, la femme ne s’arrêta pas.
Non… elle ne le pouvait pas.
Elle devait atteindre cette porte. Elle devait la sceller de nouveau.
Elle n’avait pas le choix.
Le fait qu’elle se soit ouverte relevait du miracle. Si elle la laissait ainsi, cela pourrait même tourner à son avantage.
Mais…
« Non. »
Pour lui, ce ne serait pas le cas.
Résolue, elle continua d’avancer. Les courants écrasants pesaient sur son corps, mais elle ne faiblit pas.
Elle poursuivit sa route à travers cette tempête incessante de souvenirs, jusqu’à atteindre enfin la porte.
Ses lèvres se tordirent en une grimace tandis qu’elle tendait la main.
Ses doigts effleurèrent la porte. La force du flot qui jaillissait rendait sa fermeture difficile, mais elle serra les dents et poussa.
Criiiic…
À grand-peine, la porte commença à se refermer.
Elle prit appui contre les eaux déchaînées et la força à se fermer, quand…
Clac.
Quelqu’un lui saisit le poignet.
« … ! »
Ses yeux s’écarquillèrent.
Personne ne devait se trouver ici.
Il était impossible que quelqu’un d’autre existe dans cet espace.
Et pourtant, elle sentit la chaleur indéniable d’une autre main.
Troublée, la femme tourna les yeux vers celui à qui appartenait cette main.
« … Ah. »
À la vue de son visage, un murmure silencieux lui échappa.
Elle n’aurait jamais cru le revoir ici.
Celui qu’elle avait toujours désiré.
Celui qu’elle avait toujours tant espéré revoir.
Dans ses yeux perçants et impassibles brillait une rare lueur de chaleur.
L’homme qui avait autrefois été tout pour elle se tenait devant elle…
Dans cet endroit impossible.
« Toi… »
Elle essaya de prononcer son nom…
« Yehwa. »
« … ! »
Il l’appela.
Un nom qu’elle croyait ne plus jamais entendre.
En l’entendant, le corps de Yehwa se figea comme la pierre.
La porte qu’elle refermait resta immobile.
Le jeune homme resserra sa prise sur son poignet, puis lui écarta doucement la main.
En la regardant, il demanda :
« C’est ton nom ? »
« … »
Yehwa ne répondit pas.
Non… elle refusa de répondre.
Elle avait l’impression qu’elle ne devait pas le faire.
Et pourtant…
« Ton nom ? Un nom, hein… Hmm… D’accord. »
« À partir de maintenant, tu t’appelleras Yehwa. Ça ira très bien. »
Elle l’avait désiré si ardemment, si longtemps.
Mais aucun mot ne lui vint.
Le silence emplit l’espace.
Et tandis que la porte restait ouverte, les émotions qu’elle avait enfermées se déchaînèrent et la noyèrent entièrement.
Son monde fut englouti par la mer abyssale.
(Si vous lisez cette traduction ailleurs que sur .net ou SilkRoadTL, elle a été volée.)
BOUM—!!!
Une explosion assourdissante déchira l’air et fendit l’espace. Une lance tranchée en deux, déchiquetée par la force du choc, lacéra le vide.
Le ciel, déformé au loin, témoignait sans équivoque de l’écrasante puissance de Taechun.
« … Ha. »
Et pourtant, malgré la force qu’il venait de déchaîner, Taechun ne laissa échapper qu’un rire creux.
Ploc.
Quelque chose tomba de son corps ✪ Nоvеlіgһt ✪ (version officielle).
Il baissa les yeux.
C’était son bras.
Son membre tranché roula sur le sol avant de se changer en poussière et de disparaître.
« … Est-ce seulement possible… ? »
Mais Taechun ne prêta aucune attention à son bras perdu. Son expression déformée demeura fixée sur la silhouette qui se tenait devant lui.
L’être qui venait de trancher son énergie…
L’être qui lui avait coupé le bras.
Ce qui se tenait devant lui dépassait l’entendement.
GRONDEMENT—!!!
Comment aurait-il pu appeler cela ?
Les ténèbres.
Un vide insondable et dévorant, entièrement privé de lumière.
On ne pouvait même pas parler de nuit. C’était quelque chose de plus pur encore… les véritables ténèbres.
Elles s’étendaient, puis se condensaient à nouveau, changeant de forme comme un être vivant.
La façon dont elles bougeaient, leur nature même…
Taechun ne trouvait pas les mots pour les décrire.
« Comment… une chose pareille peut-elle exister… ? »
Les seuls mots qu’il parvenait à prononcer exprimaient son incrédulité.
Car il n’y avait pas d’autre explication.
Cette chose…
C’était la divinité.
Une présence divine écrasante, d’une immensité insensée. Une puissance qui semblait surgir de nulle part.
« … Ce n’est pas un simple fragment qui descend ici. »
Un dieu.
Non… quelque chose de plus grand qu’un dieu avait posé le pied dans ce monde.
La pression divine qui émanait de cette chose…
Elle égalait celle d’une véritable descente.
Même après tout ce que Taechun avait vécu…
Même après tout ce qu’il avait vu, c’était trop.
Cette seule pression pouvait affecter des royaumes entiers.
Le monde lui-même ne pouvait supporter une telle chose.
Et comme pour le prouver…
Criiiiiiiiiic—!!!
Des fissures lézardèrent l’espace, se propageant depuis les ténèbres.
Pour l’instant, elles étaient petites.
Mais bientôt, elles dévoreraient tout.
« … »
Taechun plissa les yeux.
Un imprévu.
Jusqu’ici, tout avait été imprévisible, mais ça… ça dépassait tout.
C’était quelque chose qu’il ne pouvait pas endurer.
Même lui ne pouvait résister à cette chose.
« … D’où viens-tu ? »
Il était bien trop tard pour supposer qu’il ne s’agissait que d’un fragment du Seigneur Dragon.
Non…
Une divinité indépendante se tenait là.
Et, parmi tous les êtres divins que Taechun connaissait…
Ils étaient peu nombreux à posséder une présence aussi immense.
S’il devait faire une comparaison…
Seul le Maître des Mille Royaumes pouvait rivaliser avec elle.
« Ça n’a aucun sens. »
Il murmura tout haut ce qu’il pensait.
« Pourquoi est-ce que je sens en toi la divinité des Mille Royaumes ? »
Voilà pourquoi il était si bouleversé.
Cette chose n’était pas une présence divine unique.
C’était d’innombrables divinités fusionnées en une seule…
Une existence grotesque.
Et, pire encore…
« … Je sens ma propre divinité en elle. »
Quelque chose en cette chose résonnait avec sa propre puissance.
Comment ?
Comment était-ce seulement possible ?
« … Qu’est-ce que tu es, au juste… ? »
Tandis que Taechun murmurait son incrédulité…
Vrrrrrrrr—!!!
Les ténèbres frémissantes s’immobilisèrent soudain.
Puis elles commencèrent à prendre forme.
La masse informe se condensa pour former une silhouette humaine.
Au début, ce n’était qu’une ombre.
Puis des mèches de cheveux apparurent.
La peau prit forme.
Ses yeux s’illuminèrent.
Des yeux violets.
Une peau blanche.
De longs cheveux flottants.
La silhouette qu’elles avaient adoptée…
C’était elle.
La femme que Taechun venait d’affronter quelques instants plus tôt.
« … ! »
Un frisson parcourut l’échine de Taechun.
Non.
Ce n’était pas simplement le même visage.
C’était tout autre chose.
Fssssss.
À mesure que son corps se solidifiait, la vérité apparut clairement…
Ce n’était pas la femme qu’il avait affrontée jusque-là.
« Haa… »
Un léger soupir lui échappa tandis que ses cheveux ondulaient.
Ses yeux améthyste mi-clos se tournèrent lentement vers Taechun.
Fwoosh.
Les ténèbres qui l’enveloppaient se transformèrent en manteau et retombèrent sur ses épaules.
Une longue robe noire bordée de fourrure, lourde et majestueuse.
Dans sa main…
Une épée, plus distincte qu’auparavant, désormais entièrement formée.
La femme…
À présent complètement transformée…
« … Ah. »
Elle se couvrit les yeux d’une main et poussa un profond soupir.
« Pourquoi… ? »
Pourquoi cela s’était-il produit ?
Son expression ne trahissait aucune compréhension…
Seulement une confusion profonde et sans fin.
« Toi… qu’est-ce que tu… ? »
Taechun essaya de parler.
Mais…
GRONDEMENT—!!
Avant qu’il ne puisse finir, une pression écrasante s’abattit sur lui.
Sa bouche se referma brusquement.
Crac—!!
Ses os craquèrent, puis se brisèrent sous la force.
Il tomba à genoux.
« Guh… ! »
« … Tais-toi. Je n’ai aucune envie de t’écouter pour le moment. J’ai mal à la tête. »
La femme baissa les yeux vers Taechun, qui s’effondrait.
Ses yeux brûlaient…
Non seulement de puissance, mais aussi d’émotion.
« Toi… qu’est-ce que tu es… ? »
Incommensurable.
Sa présence divine dépassait toute mesure.
C’était…
Une véritable descente.
Il ne s’était pas trompé.
Elle était un être de la même nature que lui.
Et pourtant…
Comment ?
Comment avait-elle réussi à descendre ici ?
« Les Mille Royaumes… n’auraient jamais dû permettre cela. »
Une chose d’une telle ampleur aurait dû être empêchée.
Le Maître des Mille Royaumes n’aurait jamais permis une telle chose.
Et pourtant, elle se tenait là, défiant toute logique.
Alors que Taechun, écrasé par la pression, se forçait à demander…
« La permission ? »
La femme esquissa un sourire en coin.
« C’était décidé depuis longtemps. »
Un instant perdu dans le temps.
Un instant dont personne ne se souvenait.
« … »
À sa réponse, le visage de Taechun se déforma.
« Qu’est-ce que… tu es ? »
Il avait posé cette question encore et encore.
Il ne s’attendait pas à recevoir de réponse…
Et pourtant, cette fois…
« Cheonma. »
Un seul mot.
Prononcé calmement, sans hésitation.
En l’entendant, Taechun tenta de réagir…
Mais…
Fschlak.
Une ligne noire fendit l’air.
Et…
Sa tête se fendit en deux.
Ploc.
Sa tête tranchée tomba au sol…
Puis se changea en poussière, comme son bras.
Elle se dispersa et disparut.
Yehwa regarda la poussière s’éloigner…
Ses yeux violets tremblaient.
Et derrière elle…
Gu Yangcheon.
Il se tenait là, le visage impénétrable.
Son regard était rivé sur elle.
Pas avec stupeur.
Ni avec crainte.
Mais comme s’il réfléchissait.