Chapitre 64
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Traductrice/éditrice : Natty
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◈ Black Badger ◈
Chapitre 64 : La famille Choi
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Le jour de la réception arriva rapidement.
Je venais à peine de sortir de l’hôpital et de me détendre un peu que le jour de la réception était déjà là. Elle commençait à dix-huit heures, le samedi soir.
Mon précieux week-end.
Le samedi, aux alentours de midi, je me rendis chez Yoon.
La maison impeccable était toujours la même. Les employés m’ouvrirent, mais aucun ne se montra. Ils m’expliquèrent que tout le monde était dans sa chambre, en train de se préparer pour la soirée.
Ami fut donc la première à venir vers moi, tandis que j’attendais tranquillement dans l’entrée.
« Hilde, tu as acheté un costume magnifique ! »
Elle portait une robe bleu marine.
Un pendentif en nacre aux reflets perlés brillait sur le tissu sombre. La robe de soie lui tombait jusqu’aux chevilles. Elle n’avait rien de tape-à-l’œil, mais était élégante et habillée.
Retenant sa robe de la main gauche, Ami dévala l’escalier pieds nus en sautillant.
Le visage de ma senior aux grands yeux s’illumina en me voyant.
« Tu l’as acheté chez le tailleur recommandé par mon petit frère, pas vrai ? Ils font du bon travail depuis qu’on est petits. »
« Merci. »
Le costume me plaisait aussi.
Le tailleur avait suggéré que les couleurs claires m’iraient à merveille, mais j’avais catégoriquement refusé et choisi le noir. Je ne voulais pas me faire remarquer sans raison dans une réception remplie de personnalités.
Ami continua de tourner autour de moi pour examiner mon costume.
Alors que je complimentais sa robe, Yoon sortit à son tour.
« Te voilà. »
Il était habillé tout en noir.
« Tu as choisi la sécurité. »
« Tu envisagerais de ne porter que du noir jusqu’à la fin de tes jours ? »
Je le lui proposai très sérieusement.
Yoon leva simplement un sourcil, puis le baissa, sans réagir davantage.
Je le pensais vraiment. Mon partenaire senior portait un costume noir, qui donnait bien plus de vie à son visage que sa blouse blanche de laboratoire.
Une main dans la poche, Yoon tendit l’autre et resserra ma cravate.
« Fais attention à ce que tu racontes là-bas. »
Il m’adressa cet avertissement avec autant de désinvolture que s’il me parlait du déjeuner.
« Il y a des oreilles partout. Ton poignet est un peu nu. »
« Hilde, tu es très bien. »
Une voix grave résonna au fond de la maison.
Notre supérieur, fin prêt, s’avançait vers nous. Je m’inclinai pour le remercier, puis détaillai l’homme pâle.
Ye-hyeon portait un élégant costume gris. Ses discrètes nuances vertes accentuaient encore la pâleur de son visage.
Ami le regarda approcher.
« Tu as finalement renoncé au costume gris foncé, Oppa ? »
« Les carreaux faisaient trop décontracté… »
« Hmph. »
Ami laissa retomber ses paupières.
Ye-hyeon parut embarrassé et observa attentivement son expression.
On aurait dit que ma senior aux grands yeux faisait un petit caprice.
Yoon la réprimanda sèchement.
« Choi Ami. Parle comme une adulte. »
« Hmph, je vous en supplie humblement. »
Ces deux-là étaient toujours aussi étranges.
Quoi qu’il en soit, ma tenue respectait le code vestimentaire. Ye-hyeon et Ami firent généreusement l’éloge de mon costume. Selon eux, personne ne pourrait lui trouver à redire à la réception.
En chemin vers la voiture, je reçus un cours express sur la réception : l’ordre d’utilisation des couverts, les règles élémentaires de savoir-vivre, et ainsi de suite.
Après qu’on m’eut assuré que les bases suffiraient, je montai dans la Bentley blanche étincelante.
La réception avait lieu dans la résidence du président d’A-Tech.
Nous parlâmes à peine pendant le trajet. Ye-hyeon, assis à l’avant, consultait son téléphone en silence, les yeux baissés. Yoon et Ami étaient côte à côte à l’arrière, à regarder par les fenêtres sans un mot.
Après avoir vérifié l’état de mes seniors dans le rétroviseur, je gardai sagement le silence et me concentrai sur la conduite.
La tension qui émanait des trois était à suffoquer.
* * *
Nous passâmes deux contrôles avant d’arriver.
Après le dernier, un immense manoir apparut derrière la vitre de la voiture. J’avais trouvé la maison de Ye-hyeon assez luxueuse, mais celle qui se dressait devant moi jouait dans une tout autre catégorie.
J’essayai de ne pas avoir l’air d’un provincial, mais je ne pouvais détacher les yeux du manoir qui grandissait devant nous.
Ils étaient vraiment si riches que ça ?
La voiture s’arrêta devant les grilles ouvertes.
Des gardes nous ouvrirent les portières. Je descendis rapidement et suivis mes seniors dans le jardin.
Le jardin resplendissait dans la pénombre bleutée du soir. Les lumières disposées avec soin étaient magnifiques.
Pas que j’aie pu en profiter, avec toute cette tension.
La réception se tenait dans une annexe située derrière la maison principale.
Mais on nous invita d’abord dans le salon de réception de la maison principale.
Nous devions saluer séparément la famille du président d’A-Tech.
Je restai tranquillement près de la porte à regarder Yoon et Ami échanger les salutations avec la famille A-Tech.
Yoon serra la main d’un homme âgé.
Celui-ci portait un costume gris foncé et des lunettes à monture fine. Il s’exprimait avec courtoisie.
« Cela fait longtemps, Yoon. »
« Grand frère. »
Yoon répondit d’un ton sec.
« Cela fait longtemps. »
Ils étaient trois dans la pièce.
Tous plus âgés. Deux hommes et une femme. Aucun ne ressemblait à Yoon ou Ami. Ils avaient toutefois tous les cheveux noirs bien coiffés, les yeux sombres et des costumes élégants qui respiraient la richesse.
L’homme que Yoon avait appelé « Grand frère » serra la main de Yoon et d’Ami, puis se tourna vers Ye-hyeon.
« Commandant en chef. »
« Président Choi Hyun-jun. »
Ye-hyeon lui serra la main avec un sourire professionnel.
« Comment allez-vous ? »
A-Tech.
Alors que les créatures représentaient toujours une menace, cette entreprise était responsable de l’industrie fondamentale la plus importante du Noyau central. A-Tech fabriquait les appareils d’entretien des Noyaux. Elle produisait également du matériel militaire et des produits informatiques ; ses autres activités étaient très lucratives, mais son identité de marque reposait sur les appareils d’entretien des Noyaux.
Des appareils conçus grâce au brevet de Yoon.
C’était pour cette raison que l’argent ne cessait d’affluer sur le compte bancaire de Yoon.
Des appareils qui maintenaient l’humanité en vie, jour après jour.
A-Tech ne faisait que fabriquer ces appareils ; leur gestion était confiée séparément à une organisation appelée la Société de gestion des Noyaux. Cela ne diminuait en rien l’importance d’A-Tech.
Chaque fois que le quartier général des Blaireaux Noirs étendait son territoire, il contactait A-Tech. J’avais entendu dire que même en l’absence d’un événement majeur comme une expansion territoriale, le quartier général recevait régulièrement des rapports d’A-Tech.
Le président Choi Hyun-jun demanda :
« Aucune expansion territoriale n’est prévue ? Cela fait un bon moment que nous n’avons reçu aucune annonce à ce sujet. »
« Nous nous y préparions, mais les créatures sont agitées ces derniers temps. »
Ye-hyeon esquissa un sourire.
« Nous vous contacterons dès que le moment sera venu. »
« Nous attendrons. »
« Merci de prendre si bien soin de notre petit dernier, qui n’est pas toujours à la hauteur. »
La femme aux cheveux soigneusement attachés sourit, les bras croisés.
Elle présidait une compagnie d’assurances issue d’une scission d’A-Tech.
Sans perdre son sourire, elle regarda Ami.
« Notre petite dernière ne grandit jamais. »
Ami cligna deux fois de ses grands yeux ronds.
Elle sembla sur le point de répondre, mais remarqua que Ye-hyeon prenait la parole et se tut. Il accueillit la salutation aussi naturellement qu’il avait salué le président d’A-Tech.
« Présidente Choi Hyun-young. C’est plutôt moi qui ai reçu l’aide d’Ami. »
J’avais l’impression de devoir peser chaque mot.
L’homme qui fronçait légèrement les sourcils rompit l’atmosphère étouffante de raideur.
Le deuxième fils de la famille Choi.
« Les créatures ne sont pas agitées. Les anciens n’ont probablement pas réussi à se mettre d’accord sur le territoire à conquérir. »
« Hyun-seok. »
« Choi Hyun-seok. »
Le président et la présidente le réprimandèrent en même temps dès qu’il eut fini de parler.
Ye-hyeon fut le seul à sourire.
Un sourire de circonstance qui n’atteignait pas ses yeux.
« Au bout du compte, c’est moi qui prends la décision finale. »
« Tu n’es que la marionnette des anciens, mais tu sais joliment tourner tes phrases. »
« Choi Hyun-seok ! »
« Choi Hyun-seok. Si tu comptes continuer à te comporter ainsi, va-t’en. »
« Vous ne vous sentez pas bien ? »
Alors que le président et la présidente s’emportaient, Yoon posa sa question d’un ton perplexe.
Bien sûr, tout le monde savait que cette question était hautement sarcastique. Je regardai avec stupéfaction mon partenaire senior afficher un air qui disait : *Je pose la question en toute sincérité.*
« Je me souviens que vous n’étiez pas aussi pénible d’habitude. Il ne vous resterait pas peu de temps à vivre, par hasard, sans que je le sache ? »
« Bande de mendiants ! Vous ignorez jusqu’à la gratitude que vous devriez avoir pour avoir été recueillis, et vous osez l’ouvrir ! »
« Choi Hyun-seok ! Je t’ai dit de ne pas mettre Ami dans le même sac que lui ! »
La présidente Choi Hyun-young lança cette réprimande cinglante à son deuxième fils.
… Était-ce vraiment ça qui méritait de la mettre en colère ?
Personne ne sembla pourtant surpris. Tandis que le président Choi Hyun-jun poussait un soupir, que Choi Hyun-seok fulminait et que Ye-hyeon restait silencieux, le visage étrangement menaçant et impassible, Yoon et Ami se tournèrent vers la présidente Choi Hyun-young.
Mon partenaire senior la fixa sans expression.
« Vous ne pourriez pas être un peu moins partiale, pour une fois ? »
« Je n’aime que les gens normaux. »
Choi Hyun-young en était convaincue.
Comme si elle énonçait une évidence, elle ajouta :
« Ami est mignonne et adorable, mais toi, tu me donnes la chair de poule. »
Ne ris pas, Hildebert.
Je pinçai les lèvres et réprimai de justesse le rire qui menaçait d’éclater. L’ambiance ne se prêtait pas du tout à rire, et je dus mobiliser toutes mes forces pour me retenir.
Le ton de la présidente, comme si elle se demandait pourquoi Yoon lui posait une question aussi évidente, était drôle. Le fait que Yoon n’ait pas l’air vexé pour un sou l’était tout autant.
Ami qui hochait la tête comme pour dire « Mon petit frère est un peu flippant », c’était drôle aussi.
Heureusement, aucun son ne m’échappa.
Mais je crois que je me trompais en pensant l’avoir bien caché.
La présidente, qui souriait à Ami, tourna les yeux vers moi.
« Tout de même, pourquoi le commandant en chef a-t-il amené un Blaireau ordinaire dans un endroit pareil ? »
Sentant tous les regards se tourner vers moi, je relevai précipitamment la tête.
Toute la famille Choi me dévisageait.
« Même s’il est l’invité spécial de Porden, vous n’avez jamais amené un Blaireau ordinaire dans un endroit où se rassemblent des gens aussi dangereux, n’est-ce pas ? »
« Monsieur Taleb. »
Choi Hyun-jun s’approcha et me tendit la main droite.
« Enchanté. Je suis Choi Hyun-jun. »
« Ah. »
Je lui serrai rapidement la main.
« Enchanté, monsieur le président. »
Je serrai aussi la main de la fille aînée et du deuxième fils. Choi Hyun-young me sourit pendant que nous échangions une poignée de main, mais Choi Hyun-seok garda son air renfrogné.
Une fois les salutations de rigueur terminées, le président se tourna vers Ye-hyeon.
« J’ai entendu dire que monsieur Taleb était un nouveau Blaireau. »
« Oui. Yoon est son partenaire senior. »
Pendant un instant, la famille Choi se figea à la réponse calme de Ye-hyeon.
Mais ils avaient manifestement de l’expérience. À l’exception de Choi Hyun-seok, les deux autres se figèrent simplement, comme si on avait appuyé sur pause. Ils n’ouvrirent pas de grands yeux et ne s’étranglèrent pas avant de reprendre contenance.
Le président Choi Hyun-jun alla même jusqu’à répondre :
« Vous devez avoir vos raisons. »
« Non, Grand frère. C’était une décision du responsable du personnel. »
« Alors le responsable du personnel devait avoir ses raisons. »
Choi Hyun-jun enterra le sujet à la hâte.
Comme s’il ne voulait pas en entendre davantage, il changea de conversation.
Ils n’avaient pas besoin de réagir aussi vivement.
Ou alors, était-ce en fait une réaction normale et raisonnable ?
Quoi qu’il en soit, le président de la famille Choi revint à la raison de ma présence ici.
Parce que Porden m’avait invité.
Évidemment, ce n’était pas la réponse qu’ils attendaient.
« Quand je vous ai aperçu dans les articles, je vous ai pris pour un Blaireau ordinaire. Même en apprenant que Porden vous avait personnellement invité à la réception, j’ai supposé qu’il voulait attirer l’attention en conviant un beau Blaireau. Mais si vous étiez vraiment un Blaireau ordinaire, le commandant en chef aurait décliné l’invitation en apprenant que les anciens seraient présents. »
« C’est un Blaireau ordinaire qui ne perdra pas la vie pour avoir simplement vu le visage d’un ancien. »
Ye-hyeon répondit sans perdre son léger sourire.
« Pour l’instant, c’est la seule explication que je puisse vous donner. »
« Est-ce une nouvelle recrue destinée aux hautes fonctions ? »
« Non. Ska et Gilbert s’en sortent très bien. »
« Alors serait-ce quelqu’un destiné à devenir le bras droit d’un ancien ? »
« Non. »
La voix de Ye-hyeon se durcit à la question de Choi Hyun-young, qui semblait presque se parler à elle-même.
Le commandant en chef répondit d’un ton poli, mais étrangement glacial :
« Hildebert est à moi, désormais. »
La famille Choi me dévisagea.
Mais je n’avais rien à répondre. C’était nouveau pour moi aussi.
Je venais tout juste d’apprendre qu’il existait plusieurs anciens. Naturellement, je n’en avais jamais rencontré en personne et je ne savais pas exactement ce que signifiait être le bras droit de l’un d’eux.
J’étais simplement reconnaissante que Ye-hyeon m’ait revendiquée sans hésiter…
Je soutins leurs regards et hochai légèrement la tête.
Ils m’observèrent longuement.
Le salon sentait bon le bois naturel.
Le président Choi Hyun-jun rompit lentement le silence qui remplissait la pièce.
« Si vous survivez, nous nous reverrons souvent. »
Sans vraiment comprendre ce qu’il voulait dire, je baissai discrètement la tête.
* * *
Ye-hyeon exprima le souhait qu’Ami ne participe pas à la réception, si possible.
Il expliqua que certaines personnes feraient mieux de ne pas croiser son chemin.
Ma senior aux grands yeux ne parut ni surprise ni déçue. Elle hocha calmement la tête, comme si elle s’y attendait, puis annonça qu’elle allait voir son père adoptif avant de disparaître.
La famille Choi dit qu’elle avait des affaires à régler avant de se rendre à la réception.
Yoon, Ye-hyeon et moi fûmes donc les seuls à partir d’abord pour l’annexe.
L’annexe était lumineuse et accueillante.
Le haut plafond dégageait la vue. Des lustres de cristal scintillaient au-dessus de nos têtes. De hautes fenêtres et des nappes d’un blanc immaculé complétaient le décor.
Des gens élégamment vêtus discutaient avec entrain.
C’était un lieu à l’ancienne, où chaque détail semblait avoir été soigneusement pensé.
Des sandwichs de réception. Des pâtisseries. Des biscuits et du chocolat. Des fruits et de la gelée au vin. De l’eau gazeuse. Du xérès. Du pain beurré et des scones. De la viande rôtie avec des légumes et des pommes de terre, du pâté de bœuf. De la sole meunière. Des huîtres frites. De fines tranches de dinde et de jambon.
Un menu curieusement classique.
Était-ce le thème de la soirée ? Ou simplement le goût de l’hôte ?
Dans les deux cas, les cuisiniers avaient dû en baver.
Je décidai que je me remplirais l’estomac un peu plus tard. La simple odeur me mettait déjà en appétit.
Tout occupée à regarder autour de moi, je faillis rentrer dans le dos de mes seniors lorsqu’ils s’arrêtèrent.
Yoon et Ye-hyeon s’étaient immobilisés devant une table couverte de sandwichs de réception et de thé Earl Grey.
« Hilde. »
« Oui ? »
« Tant qu’on est ici, ne t’éloigne pas de moi, sauf si tu n’as vraiment pas le choix. »
Ye-hyeon gardait les yeux fixés sur le fond de l’immense salle.
« Tu ne dois pas te retrouver seule avec les anciens. »
Je suivis son regard.
Des gens dont j’avais déduit l’existence dans le bureau du commandant en chef, mais au sujet desquels personne ne m’avait donné d’explications. Des personnalités puissantes qui qualifiaient quelqu’un comme moi de Titan et exerçaient sur Ye-hyeon une influence qu’il ne pouvait ignorer.
Des gens qui profitaient des privilèges de corps qui ne vieillissaient pas, tandis que les civils ordinaires ignoraient jusqu’à leur existence.
Il n’était pas difficile de les repérer là où Ye-hyeon regardait.
Des influenceurs, des gens d’affaires prospères, des célébrités, des politiciens. Même parmi ceux qui avaient été invités pour leur notoriété, les anciens sortaient du lot.
Malgré leurs sourires radieux, la présence qu’ils dégageaient sans même en avoir conscience était impossible à ignorer.
Ils vous dévoreraient tout cru si vous vous approchiez.
Je regardai un homme d’âge mûr, grand, aux cheveux blond platine, puis une femme du même âge aux cheveux argentés ondulés et relevés en chignon, avant de marmonner :
« Ils ne cachent pas du tout leur agressivité. »
Ye-hyeon se tourna vers moi, les yeux écarquillés.
Le commandant en chef me regarda avec une surprise sincère, puis cligna plusieurs fois des yeux en repérant le couple que j’observais.
Ensuite, il éclata de rire.
« Allons les saluer. »
Quand il eut repris son sérieux, un peu plus tard, les beaux yeux de mon supérieur se plissèrent.
« On dirait que c’est possible. »
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