Chapitre 62
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Traductrice/éditrice : Natty
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◈ Black Badger ◈
Chapitre 62 : La disparition de Martin (2)
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Je secouai la tête en regardant le scientifique de génie, qui ne semblait pas avoir l’intention de dormir de sitôt.
J’envoyai ensuite un message à mon partenaire senior. J’en profitai pour lui demander le programme de la journée.
Il était presque neuf heures. D’habitude, il commençait à me faire suer à huit heures. Pourquoi ne m’avait-il rien dit aujourd’hui ?
Pendant que j’attendais sa réponse, les scientifiques s’approchèrent de moi alors que je restais là, mal à l’aise.
Ils tirèrent sur mes vêtements tandis que je les saluais.
« Hilde. »
Les scientifiques me regardèrent d’un air grave.
« Une prime est offerte pour la tête de Martin. »
« C’est une drôle de façon de présenter les choses, non ? »
Je comprenais ce qu’ils voulaient dire, mais ça sonnait bizarrement.
Les scientifiques, eux, ne plaisantaient pas. Ils m’attrapèrent le bras et m’entraînèrent plus loin dans le laboratoire.
« C’est la récompense la plus élevée parmi toutes les quêtes actuellement proposées. »
« Une quête ? »
Qu’est-ce qu’une quête ?
Non, évidemment que je savais ce qu’était une quête. Mais pourquoi en parlait-on ici ?
Je regardai les scientifiques, perplexe. La stupeur se peignit sur les visages de ceux qui m’entouraient.
Ils en restèrent bouche bée et parlèrent tous à la fois.
« Yoon ne vous en a jamais parlé ? »
« Vous n’avez jamais entendu les explications sur les quêtes ? »
« Donc, il ne vous a rien expliqué. »
C’était la première fois que j’en entendais parler.
Quand j’acquiesçai sans comprendre, les scientifiques m’entraînèrent avec enthousiasme par le bras.
Je les suivis docilement.
Quand je passais du temps avec eux après avoir été entourée de Yoon et des autres seniors, la différence de force sautait aux yeux. Ils avaient beau tirer de toutes leurs forces, je ne sentais presque rien.
Je devais faire attention à ma force.
Ils m’emmenèrent dans une rotonde remplie d’hologrammes flottants.
Des fenêtres holographiques flottaient dans les airs. Sur leurs indications, je posai le pied sur l’un des cercles lumineux au sol. Aussitôt, des fenêtres holographiques apparurent tout autour de moi.
[Quête : 50 champignons bleus bioluminescents]
[Récompense : 500 000 wons]
[Quête : 35 cornes de Buffle enragé, état de catégorie A]
[Récompense : 750 000 wons]
[Quête : 5 hôtes de Dieu de la Peste, capturés vivants]
[Récompense : 1 000 000 de wons]
[Quête : excréments frais d’Oscilisk]
[Récompense : 3 500 000 wons]
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Ça ressemblait beaucoup aux quêtes des jeux vidéo. Les récompenses, en revanche, étaient terriblement réalistes.
Je repoussai les fenêtres l’une après l’autre et les parcourus toutes.
La plupart des récompenses se chiffraient en centaines de milliers de wons, même s’il y en avait quelques-unes autour du million. On aurait dit des missions que chacun pouvait accepter. Certaines fenêtres holographiques indiquaient le nom de la personne chargée de la demande et sa progression.
Je m’attardai sur celles où figuraient des noms familiers.
[Choi Ami : 20 ailes de papillon de feu rouge : progression à 40 %]
[Kal Dowe : 10 nageoires de baleine terrestre bleue : progression à 80 %]
[Giacomo Ro : 5 queues de lapin à corne de Haena : progression à 20 %]
[Lee Ho Chang : 100 tiques accrochées au dos de rats-bombes : progression à 95 %]
« Ce sont des missions individuelles, c’est ça ? »
« Exactement. Vous pouvez choisir celle qui vous plaît. »
Ils firent défiler les fenêtres holographiques et m’expliquèrent brièvement le système. Seuls les Blaireaux pouvaient sortir du Noyau central, mais les scientifiques avaient besoin d’échantillons pour leurs recherches. C’était pour cette raison que le système avait été créé.
En gros, c’étaient des mini-quêtes comme dans un jeu. Les récompenses provenaient des fonds de recherche alloués aux scientifiques.
Ils m’expliquèrent que des Blaireaux comme Ami, Kal et Bobby acceptaient les quêtes et s’en acquittaient consciencieusement. Beaucoup d’autres n’en prenaient jamais, ou rapportaient des échantillons dans un état lamentable.
J’éclatai de rire en apprenant que Giacomo Ro n’avait jamais rapporté un seul échantillon intact.
Ça lui ressemblait bien.
« Kal est vraiment le VIP des scientifiques. L’état des échantillons qu’il rapporte est incroyable. »
« Ami est douée pour attraper les créatures volantes. Aucun Blaireau ne rapporte d’aussi bons échantillons de créatures volantes qu’elle. Du coup, les scientifiques qui les étudient ne s’adressent qu’à Ami. »
« Pour Ro… je ne crois pas qu’il ait voulu accomplir la quête. Il a rapporté ça par hasard, et le scientifique qui faisait des recherches dessus est devenu fou et lui en a demandé. »
« Il a probablement même oublié que c’était proposé comme une quête. »
« Comme vous l’avez peut-être deviné, Yoon ne prend pas de quêtes. Il est déjà assez occupé avec ses propres recherches. »
« Vous devriez vous y mettre, vous aussi, Hilde. »
Les gens en blouse blanche tentèrent sérieusement de me convaincre.
« Je vous paierai tout en espèces, en une fois. »
« Ça va de soi. Je peux aussi vous verser une avance quand vous voulez. »
« Mes échantillons sont des plantes, alors vous ne risquez pas de vous faire attaquer. »
Ils étaient tous très enthousiastes.
Quand je leur dis que je choisirais une quête après avoir obtenu l’autorisation de Yoon, les scientifiques poussèrent des cris de joie.
Je regardai, un peu gênée, tous ceux qui m’acclamaient.
Ils étaient vraiment si contents que ça ?
« Retrouvez Martin, s’il vous plaît. »
L’un des scientifiques qui s’était lamenté de la disparition de Martin pendant l’appel d’urgence désigna une fenêtre holographique.
« Vous voyez la récompense ? »
Impossible de la manquer.
La somme était énorme, impossible à ignorer. J’acquiesçai et me tournai vers la fenêtre holographique qui brillait d’un rouge vif.
Elle en imposait tellement que son contenu se résumait à ceci :
[Quête : corps principal de Martin]
[Récompense : 30 000 000 de wons]
Les gens du laboratoire prenaient Martin très au sérieux.
Je le fixai sans rien dire et secouai la tête sans même m’en rendre compte.
Au même instant, mon téléphone vibra dans ma poche. Je le sortis et lus la réponse de Yoon.
[Yoon : Je ne peux pas les arrêter, alors laisse-les faire.]
[Yoon : À l’origine, tu étais en congé jusqu’à demain. Tu es restée deux jours à l’extérieur du Noyau central. Mais entraîne-toi pendant une heure et demie. Ensuite, va là-bas pour faire ajuster un costume.]
[Maison de couture M : emplacement GPS]
[Yoon : Je ne pense pas pouvoir partir à cause de Ye-hyeon, alors entraîne-toi toute seule pendant les deux prochains jours.]
Alléluia.
Le commandant en chef n’allait pas mieux, ce qui était dommage, mais j’étais ravie d’avoir du temps libre sans m’y attendre.
Je ne pus retenir mon sourire et lui répondis.
[Oui. Je ferai ça. Au fait, quelle taille fait Martin ?]
[Yoon : À peu près celle d’une tête humaine.]
Voilà qui était clair.
Je relevai la tête et examinai attentivement la taille des têtes des scientifiques qui se tenaient à côté de moi.
Quand ils finirent par me demander, tout à fait raisonnablement : « Pourquoi vous étudiez nos têtes avec autant d’attention ? », je leur dis de garder John à l’œil et quittai le laboratoire.
* *
Je passai deux jours heureux.
Je suivis consciencieusement les consignes de mon partenaire senior. Je m’entraînai autant qu’il le fallait et fis tailler un costume dans une boutique absurdement chère.
Le costume coûtait bien plus que ce que mon salaire me permettrait jamais de payer, mais le tailleur m’assura d’un ton entendu que « c’était déjà réglé » et refusa mon argent. Je ne savais pas si c’était Yoon ou Ye-hyeon qui l’avait payé.
Il faudrait que je demande des explications à mon partenaire senior plus tard.
Une fois tout ce que j’avais à faire terminé, je courus dans tout le quartier général à la recherche de Martin, puis rentrai dans mes quartiers pour jouer. Je terminai les jeux les uns après les autres, en commençant par ceux qui se finissaient le plus vite.
J’étais heureuse d’avoir tant de jeux à terminer. Ce serait bien si je pouvais rester enfermée pour jouer éternellement.
Comme à l’époque…
Comme à l’époque ?
Un souvenir enfoui tenta de remonter à la surface, puis replongea aussitôt.
Je pinçai les lèvres, frustrée, et me concentrai sur le jeu.
Je passai ainsi le temps jusqu’à huit heures du soir, alors que mon congé touchait presque à sa fin. Je ne sortis qu’au moment où les réverbères allaient s’allumer.
« Il n’est probablement pas encore rentré chez lui. »
Un sac en papier à la main, je me dirigeai vers l’aile de l’hôpital. Je voulais saluer Samuel. Il ne devait pas y avoir d’autre Blaireau que moi pour être hospitalisé à chaque retour de mission.
J’espère qu’il aimera le quatre-quarts que j’ai acheté hier au grand magasin.
À mon arrivée à l’aile de l’hôpital, on m’apprit que Samuel se trouvait dans la chambre privée de Ye-hyeon.
Il n’était toujours pas sorti de l’hôpital ?
Je comprenais maintenant pourquoi mon partenaire senior ne m’avait pas contactée. Une fois cela éclairci, je pris la direction du service où séjournait Ye-hyeon.
Je suivis mes souvenirs jusqu’au couloir où se trouvait sa chambre.
Puis, dans le couloir des chambres privées luxueuses, je tombai sur un scientifique qui tenait un paquet de la taille d’une tête humaine.
« Oh. »
Je repérai l’homme qui attendait, anxieux, devant la chambre privée de Ye-hyeon.
En regardant le paquet qu’il tenait, je lançai :
« Une tête humaine. »
« Hi ! »
L’homme tenant le paquet recula, horrifié.
« Non, ce n’est pas ça ! »
« Qu’est-ce qui n’est pas ça ? »
Je n’avais même rien dit.
J’essayai de prendre l’air le plus inoffensif possible, mais le visage du scientifique devint livide en un instant. Les yeux fixés sur le paquet, qui avait l’air suspect même lorsque je fermais les miens, je l’examinai attentivement.
On aurait dit qu’il allait s’enfuir si je m’approchais davantage.
Je devrais peut-être essayer de le raisonner calmement.
« Vous venez rendre visite à quelqu’un ? »
Je m’adressai doucement au scientifique, qui serrait le paquet contre lui.
« Moi aussi. Vous voulez qu’on entre ensemble ? »
Pas de réponse.
Le scientifique tremblait et promenait son regard autour de lui. J’attendis patiemment de voir sa réaction. S’il s’enfuyait, je le poursuivrais. S’il me répondait, je le raisonnerais.
Au bout d’un long moment, le scientifique finit par répondre :
« Ah. Non… »
« Non ? »
Alors, qu’est-ce qu’il faisait là ?
« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici ? »
L’homme se mit à suer froidement.
Il avait l’air si pitoyable qu’on aurait dit qu’il allait s’évanouir d’un instant à l’autre.
Dans cet état, il n’arriverait sans doute même pas à courir correctement. Je serais impressionnée s’il parvenait à se retourner et à fuir sans que ses jambes lâchent.
Je m’adressai encore à l’homme tremblant.
« Vous avez quelque chose à remettre à quelqu’un ? Je peux le faire à votre place, si vous voulez. »
« Pardon ? »
« Ce que vous tenez. »
Je levai la main qui ne tenait pas le quatre-quarts et désignai le paquet.
« Ça. Vous voulez que je le remette à votre place ? »
Silence.
Le scientifique resta immobile et me regarda. J’observai attentivement les changements sur son visage.
Oh. Si j’attendais tranquillement comme ça, je pourrais récupérer Martin.
Son expression changeait à vue d’œil. De la peur, il passa à l’hésitation, puis à la résignation.
Et de la résignation,
à la détermination…
Au moment où le scientifique se mordit la lèvre et prit son courage à deux mains, la porte de la chambre d’hôpital s’ouvrit à la volée.
Le visage impassible de Yoon apparut dans l’embrasure.
« Hé. »
La voix grave et froide de mon partenaire senior résonna dans le couloir.
« Pourquoi tu te parles tout seul dans le couloir au lieu d’entrer ? »
« Hiiii ! »
Le cri perçant du scientifique retentit dans le couloir.
« Au secours ! »
Après avoir hurlé directement dans l’oreille de Yoon, le scientifique se mit à courir dans le couloir blanc.
L’adrénaline avait peut-être fait effet, car il s’éloigna rapidement sans même trébucher.
Mon partenaire senior regarda son dos qui s’éloignait, comme s’il n’en croyait pas ses yeux. Je jetai le sac de quatre-quarts dans le couloir et passai en trombe devant mon partenaire senior, toujours sur le seuil.
« Je vais le rattraper ! »
« Ouais. »
Yoon répondit calmement.
« Si tu le laisses filer, tu feras cent tours de piste. »
Pourquoi est-ce que ça retombait sur moi ?
Bien sûr, je n’avais pas le temps de répondre. Je serrai les dents et me lançai à la poursuite du voleur qui avait dérobé Martin, comme si ma vie en dépendait.
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