Chapitre 15
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Traductrice/éditrice : Natty
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◈ Blaireau Noir ◈
Chapitre 15 : Noyau central (3)
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Une semaine passa rapidement.
Elle fut marquée par mes muscles endoloris et mon adaptation à mon nouveau chez-moi. Hormis les douleurs musculaires qui me déchiraient et les séances d’entraînement qui me mettaient les larmes aux yeux, il ne se passa pas grand-chose.
La journée de travail se terminait pile à dix-huit heures, mais à ce moment-là, je n’avais plus la force de rien faire. Je traversais le dîner en titubant, puis je m’enfonçais dans le pouf et passais le temps à regarder mon téléphone.
Sur mon téléphone, je cherchais et lisais des articles sur les Blaireaux Noirs.
Le sommeil me tombait dessus sans cesse, alors je ne pouvais pas lire longtemps. Malgré tout, j’en appris un peu sur le commandant en chef qui habitait juste à côté et sur l’organisation qu’il dirigeait.
Le commandant en chef Lee Ye-hyeon.
Âge réel : soixante-dix-huit ans. Âge physique : vingt-cinq ans. Héros de guerre ayant survécu à deux guerres. Celui qui avait tué une créature de niveau dix pendant la Première Guerre.
Grâce à cet exploit, il avait gravi les échelons et occupait depuis le poste qu’il avait alors obtenu. Certains critiquaient la durée inhabituelle de son mandat et le traitaient de dictateur, mais on disait qu’il dirigeait l’organisation sans scandale ni incident majeur. Pour la société, il était en quelque sorte le visage des Blaireaux Noirs.
Même à l’écran, Ye-hyeon avait l’air remarquablement beau et élégant. Sur Internet, on lui donnait toutes sortes de surnoms : un héros en temps de crise, un joli garçon, un vampire.
J’avais beau chercher, les articles continuaient d’affluer. Des chroniques affirmaient que les Blaireaux avaient privé les gens ordinaires de leur droit à mourir en paix. D’autres reprochaient à Ye-hyeon d’être un dictateur, aussi compétent soit-il. Des légendes urbaines prétendaient qu’il détenait en secret le pouvoir du Noyau central.
Peut-être parce qu’il était si controversé, il n’était pas facile de trouver des informations privées à son sujet.
Mon partenaire senior m’avait dit que je pouvais lui poser mes questions, mais celle-ci me semblait trop délicate pour la lui soumettre à la légère. Surtout, mon partenaire senior paraissait proche du commandant en chef à titre personnel, alors je n’arrivais pas à me résoudre à lui demander.
« Je devrais peut-être demander à Ricardo, plus tard ? »
Ce n’était pas comme si Ricardo avait l’air de me répondre plus gentiment.
[Les Blaireaux Noirs reprennent du terrain après cinq ans. L’approvisionnement en terres rares devrait augmenter…]
[Ye-hyeon conserve son poste de commandant en chef, comme prévu]
[Les Blaireaux Noirs, immortels et sans âge. Sont-ils vraiment un mal nécessaire ?]
[Les procédures illégales de rajeunissement en hausse. Quelle est la position des Blaireaux Noirs ?]
[Une créature apparaît dans la Zone 3 et est neutralisée sans faire de victimes]
[Un Blaireau Noir mort à quarante-deux ans après avoir donné sa vie pour sauver un enfant de trois ans]
« Ça doit être épuisant. »
Voilà la conclusion à laquelle j’arrivai au bout de six jours d’une existence monotone. Les Blaireaux Noirs suscitaient critiques et condamnations, mais aussi l’admiration des gens. À la tête d’une organisation dans une position aussi complexe, Ye-hyeon devait mener une vie épuisante.
Yoon n’avait pas exagéré en disant que l’influence des Blaireaux Noirs était immense.
Mon embauche irrégulière… Peut-être vaudrait-il mieux parler d’une nomination obtenue grâce à des relations ? Quoi qu’il en soit, j’étais devenue employée des Blaireaux Noirs par une voie peu ordinaire, et j’étais certaine que personne ne le découvrirait. Si ça arrivait, je ne pensais pas pouvoir supporter les conséquences.
« Les médias vont forcément démolir Ye-hyeon. Je dois vraiment faire attention. »
Voilà comment je passais mon temps. Jour après jour, je m’entraînais, regardais un peu mon téléphone et allais dormir.
* * *
Il pleuvait.
Il pleuvait depuis deux jours.
Le bruit de la pluie filtrait faiblement dans la cabine. L’air sentait le frais et l’humidité.
Inquiète à l’idée de devoir me présenter le lendemain, j’étais allongée dans mon pouf à écouter la pluie. Comment étais-je censée me présenter alors que je ne me souvenais de rien ? Après l’entraînement, j’avais fait part de mes inquiétudes à mon partenaire senior, mais Yoon n’avait pas eu l’air le moins du monde intéressé à m’aider.
Ce n’était pas comme si on allait reporter ça à la dernière minute…
Boum !
Un bruit assourdissant retentit contre la porte.
Quelque chose avait violemment heurté la porte en bois. Surprise, je l’ouvris et la pluie ainsi que le vent s’engouffrèrent dans la cabine.
Alors, je vis Ami qui se tenait à quelque distance.
« Ami ! »
La pluie me fouetta le visage tandis que j’élevais la voix.
« Qu’est-ce que vous faites ? »
« Mon parapluie s’est envolé ! »
Ami cria en courant vers la cabine.
Apparemment, c’était son parapluie qui avait volé jusqu’ici et frappé la porte. En me penchant dehors, je le vis plaqué contre la porte ouverte comme une ventouse. Le vent l’avait collé sur l’autre face.
La petite Blaireau se précipita vers le parapluie vert.
« Mon parapluie ! »
« Je l’ai. Entrez ! Avec cette pluie… »
« Aah ! »
Ami se protégea la tête des deux mains et courut dans l’entrée.
Boum ! Je libérai le parapluie et refermai la porte de la cabine. La pluie, le vent et le froid me parurent soudain bien loin. Le bruit de la pluie s’atténua brusquement.
Le silence frais revint dans la cabine.
Ami agrippa à deux mains ses cheveux pareils à des algues et leva les yeux vers moi.
« Merci. »
« Vous êtes trempée. Attendez une seconde, je vais chercher une serviette. »
« Vous maîtrisez vraiment bien votre force. »
Elle dit quelque chose que je ne compris pas tout à fait.
Ses yeux ronds se levèrent droit vers moi. Au lieu de lui poser une question, je préférai aller chercher une serviette sèche dans la salle de bains. Ami tendit les bras et prit la serviette moelleuse.
Debout près de la porte d’entrée, elle se frictionna les cheveux.
« Entrez. »
« Non. Je suis trempée. »
« Justement, vous devriez entrer. Je vais vous prêter des vêtements. »
« Ma maison est juste là, ça va. »
C’était vrai aussi.
Ye-hyeon, Choi Yoon et Choi Ami habitaient la maison en face de la cabine. Pendant que je logeais ici, Ami était passée de temps en temps pour me demander si j’avais besoin d’aide.
C’était vraiment quelqu’un de gentil.
J’apportai une veste à Ami.
Ami sourit largement et leva les yeux vers moi. Quand elle souriait, elle avait l’air incroyablement malicieuse.
Elle frotta les pointes de ses cheveux avec la serviette.
« On dit qu’un typhon approche. »
« Oui. Il n’arrête pas de pleuvoir et ça a l’air d’empirer… »
« Ce n’est pas un typhon naturel. »
Quoi ?
Voyant mon air ahuri, Ami rit d’un rire clair et enfantin.
« C’est une créature qui modifie le climat. On ne savait pas quand le typhon s’était formé, mais les scientifiques du quartier général l’ont confirmé cette fois. Ils disent qu’il se dirige par ici. »
« … Il existe des créatures de ce genre ? »
Et pourquoi se dirigeait-elle par ici ?
La petite fenêtre de la cuisine trembla sous le vent. Le bruit de la pluie et les vibrations de la fenêtre emplissaient la cabine bleutée.
« Ouais. Il y a toutes sortes de créatures. On utilise le mot “créature” pour désigner tout ce qui sort des portails, alors elles n’ont pas grand-chose en commun. Vous vous souvenez de celles qu’on a rencontrées ? Certaines ont l’air aussi étranges, d’autres ressemblent au papillon dans l’œil de ce typhon. »
« Un papillon ? »
« Ouais. Il ressemble à un énorme papillon. »
« … Comment vous l’attrapez ? »
« En général, on ne le fait pas. Elles sont difficiles à attraper et ne causent pas tant de dégâts que ça. »
La semaine prochaine, je devrais chercher des informations sur les créatures. En écoutant Ami, j’y pensai dans un coin de ma tête. J’avais prévu de me renseigner d’abord sur la Première Guerre et la Seconde Guerre, mais étudier les créatures me semblait plus important.
Ami plia la serviette en deux.
« Mais je crois qu’il va falloir attraper celle-là. »
« Parce qu’elle vient par ici ? »
« Ouais. »
Après tout, le commandant en chef habitait juste en face. Ils ne pouvaient pas laisser une créature se diriger vers eux sans rien faire.
Je repris la serviette pliée des mains d’Ami. Je refusai quand elle proposa de la laver et de me la rendre.
Ami me regarda tandis que je posais la serviette mouillée sur le meuble à chaussures.
« Vous est-il déjà arrivé de casser quelque chose chez vous par accident ? »
Quelle drôle de question.
Surprise, je baissai les yeux vers mon aînée.
« Euh… Non. »
« C’est impressionnant. Maîtriser sa force, ce n’est vraiment pas facile. »
Ami désigna la porte que je venais de refermer avec un Boum !
« On perd souvent le contrôle de sa force quand on est pressé, comme vous venez de l’être. Pas seulement les nouvelles recrues. Même les Blaireaux qui ont cinq ans d’expérience font parfois la même erreur. Il faut dix ans après avoir reçu une greffe de corps amélioré pour ne presque plus jamais se tromper. »
« Vraiment ? Je n’y ai jamais prêté une attention particulière… »
« Ouais. C’est mon frère qui me l’a dit. »
Yoon ?
Je sentis mes yeux s’agrandir. Il y avait de quoi. Au cours de la semaine passée, Yoon ne m’avait fait aucune autre évaluation.
À part me réprimander sans arrêt à propos du tir.
Ami sourit.
« Il a dit que vous aviez bel et bien un corps amélioré, mais que vous ne faisiez pas d’erreur en maîtrisant votre force. D’après lui, vous la contrôlez aussi naturellement que si vous viviez dans ce corps depuis vingt ans. »
« Merci. C’est un compliment, n’est-ce pas ? »
« C’est une bonne chose ! Même si Yoon s’est sans doute contenté d’énoncer un fait objectif. »
C’était vrai. Il n’était pas du genre à faire des compliments.
Tandis que je repensais à la semaine passée avec mon partenaire senior, la voix d’Ami monta vers moi.
« Vous ne trouvez pas ça vraiment étrange ? »
Quoi ? Moi ?
Clac, clac, clac ! Un grand bruit attira notre attention. La fenêtre tremblait violemment. Sous la pluie battante, j’entendis vaguement un moteur.
Le visage d’Ami s’éclaira.
« Ye-hyeon est rentré ! »
Le commandant en chef ?
« Il est peut-être revenu de son voyage d’affaires ! Il a dit qu’il assisterait à votre présentation s’il le pouvait. »
Pourvu qu’on m’achève.
Pourquoi la personne la plus haut placée de l’organisation voudrait-elle assister à la présentation de la recrue la moins gradée ? Et quelqu’un d’aussi célèbre ? Quelqu’un qui, d’après Ami, était si occupé que même les gens vivant avec lui voyaient rarement son visage ?
Ami posa la main sur la poignée et leva les yeux vers moi.
« Merci d’avoir rattrapé mon parapluie et de m’avoir donné une serviette. Je vais y aller. »
« Ah, oui ! Rentrez bien. Avec cette pluie, en plus… »
« C’est juste en face. Quand vous ouvrirez la porte, la pluie entrera encore, alors reculez un peu. »
« Non, je devrais aussi saluer le commandant en chef. »
Je passai le bras au-dessus de l’épaule d’Ami et saisis la poignée.
Ami me remercia et prit son parapluie vert. J’ouvris la porte pendant qu’elle le déployait.
L’air extérieur s’engouffra. La pluie pénétra dans l’entrée. L’odeur du vent, et la visibilité au-dehors, limitée par la pluie battante…
Une luxueuse voiture noire était garée devant la maison en face de la mienne.
« Ye-hyeon ! »
Ami courut vers l’homme en costume noir qui sortait de la voiture.
« Votre voyage d’affaires est terminé ? »
Ye-hyeon ouvrit un parapluie noir.
L’homme au teint clair sourit en voyant Ami courir vers lui. Toujours avec son sourire doux, il lui dit quelque chose. Je ratai l’occasion de le saluer et me contentai de les regarder.
Il ressemble exactement à l’homme que j’ai vu à l’écran.
J’avais bien fait d’en apprendre autant sur lui, mais plus j’en savais, plus j’étais mal à l’aise…
Ye-hyeon croisa mon regard.
Il me sourit lui aussi. Ses grands yeux allongés se plissèrent. J’inclinai précipitamment la tête pour le saluer. La pluie faisait trop de bruit pour qu’il m’entende, de toute façon.
Ye-hyeon me fit signe de fermer la porte.
Je hochai la tête et refermai la porte. Alors, je compris les mots que Ye-hyeon avait articulés.
« À demain. »
Waouh. J’avais l’impression que la pression allait me faire rendre mon dîner.
* * *
Après avoir regardé Hilde rentrer dans la cabine, Ye-hyeon et Ami se détournèrent.
La porte d’entrée refermée, la pluie sembla lointaine.
Ye-hyeon replia son parapluie, le posa contre le meuble à chaussures et retira ses chaussures. Ami replia elle aussi son parapluie vert, puis enleva ses chaussures trempées.
Alors qu’ils s’attardaient tous deux dans l’entrée, Yoon arriva de l’intérieur.
« Tu es rentré. »
« Ouais. »
Ye-hyeon répondit sans façon et sourit à Yoon.
Puis il posa légèrement une main sur l’épaule d’Ami.
« Ami, va te laver d’abord. »
« Je vais utiliser la salle de bains du deuxième étage, ça va ! »
« Pourquoi es-tu trempée ? »
« Mon parapluie s’est envolé à cause du typhon. »
À la réponse calme d’Ami, Yoon lâcha un reniflement incrédule.
Ami fit comme si elle ne remarquait pas l’attitude brusque de son frère aîné. Elle retira ses chaussettes détrempées et entra pieds nus dans le salon. En voyant ses chaussettes mouillées, elle fronça les sourcils et lâcha un petit « Beurk ».
À côté d’elle, Ye-hyeon secoua les gouttes de pluie de ses épaules.
Le regard de Yoon se posa sur Ye-hyeon.
« Tu n’étais pas censé rentrer demain ? »
« Si. Mais demain, c’est la présentation officielle de Hilde, alors je suis rentré un jour plus tôt. »
« Pour ça ? »
Yoon haussa un sourcil.
Ye-hyeon retira sa veste noire et esquissa un sourire.
« Entre autres. Mon voyage d’affaires s’est terminé plus tôt aussi… Comment va Hilde ? Ton premier partenaire junior. »
« Le premier être humain à être sorti d’un portail. »
La réponse de Yoon fut froide.
Ami leva les yeux vers Yoon, ses chaussettes mouillées à la main. Ses yeux noirs et ronds suivirent le regard froid de son frère de sang.
Ye-hyeon observa Yoon d’un air impénétrable avant de prendre la parole.
« Ce n’est pas faux. Mais avant cela, j’aimerais entendre ton évaluation objective. »
« Avec un entraînement adapté, il a clairement le potentiel de dépasser le Blaireau moyen. Il a un vrai don pour l’activité physique. Sa concentration est utile et il ne se laisse pas facilement effrayer. Il est aussi persévérant. »
« Ce ne sont que des compliments. »
Ami, qui regardait son frère sans expression, se détendit.
Elle rayonna comme si elle avait reçu les compliments elle-même.
« C’est super ! J’avais peur qu’un garçon aussi gentil ait du mal à s’adapter ! »
« Comment sais-tu qu’il est gentil ? Ça fait combien de temps que tu le connais, au juste ? »
« Il est gentil. »
À la remarque sèche de Yoon, Ye-hyeon l’affirma d’une voix douce mais ferme.
De sa longue main pâle, il desserra sa cravate bleu marine.
« Yoon. Hilde est gentil de nature, alors traite-le bien, même s’il n’est pas à ton goût. Après tout, tu apprécies les gens gentils. »
« On devrait d’abord savoir à quoi il ressemble. Regarde ce typhon. »
Yoon glissa une main dans sa poche et leva les yeux au ciel. Son regard froid se porta un instant sur la fenêtre avant de revenir.
Un silence naturel s’installa dans la pièce, puis Yoon reprit la parole.
« Il attire les créatures. »
La voix grave de l’homme résonna dans la maison calme et spacieuse.
« C’est étrange que tu saches tout ça et que tu agisses quand même comme si de rien n’était. »
Ye-hyeon soutint le regard de Yoon sans rien dire.
La pluie frappait les fenêtres. Elle ne semblait pas près de s’arrêter. Un silence chargé d’un froid lugubre s’abattit sur la maison élégante. Un silence né dans l’attente de la réponse d’un supérieur.
Ye-hyeon, qui avait observé Yoon d’un air impénétrable, baissa les paupières.
Le commandant en chef rompit le silence d’une voix rauque.
« Je regretterai peut-être mon choix plus tard. »
Ses paroles, qui tenaient presque du monologue, laissèrent les deux membres de la fratrie silencieux.
Après avoir contemplé le sol d’un air pensif, Ye-hyeon releva la tête.
L’homme ferma les yeux, le visage plus doux que lorsqu’il siégeait dans son bureau officiel.
« Je suis fatigué. Je n’ai dormi que trois heures hier. »
« Va te laver et dormir. Donne-moi tes vêtements et ta cravate. Ami, toi aussi, va te laver. »
« D’accord. »
Ils se séparèrent. Les deux personnes qui revenaient de l’extérieur se dirigèrent vers les salles de bains, tandis que Yoon entra dans une pièce, les vêtements de Ye-hyeon sur le bras.
À force de vivre avec Ye-hyeon, ils avaient appris que l’ignorance pouvait parfois être une bénédiction. Ils savaient aussi que Ye-hyeon avait ses raisons de ne rien expliquer. S’ils insistaient pour obtenir des réponses, ils n’auraient pas celles qu’ils espéraient. Ils risquaient d’apprendre la vérité et de se retrouver mêlés à des affaires compliquées.
Les membres de la fratrie refoulèrent leurs doutes grandissants.
* * *
Jour J.
Je me rendis à l’auditorium pour ma présentation.
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