Chapitre 11
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Traductrice/éditrice : Natty
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◈ Blaireau Noir ◈
Chapitre 11 : Partenaire senior (3)
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Mon partenaire senior revint peu après.
Avec une étrange boîte en verre.
Il y avait quelque chose à l’intérieur ?
« Une créature fongique de niveau trois. »
Putain !
Yoon s’approcha en traînant la boîte en verre montée sur roulettes. Elle lui arrivait aux côtes et était assez large pour contenir six pneus de voiture, avec de la place en plus.
Quelque chose se trouvait dans ce cube de verre.
Un champignon.
Il ressemblait à un énorme coprin noir en train de fondre. Sauf que des tentacules remuaient au bord de son chapeau. Ils s’étiraient dans toutes les directions et recouvraient tout le fond de la boîte. En les voyant s’agiter sans cesse, je fronçai automatiquement les sourcils.
« Que signifie le niveau trois ? »
Ce furent les premiers mots que je prononçai.
Yoon m’expliqua d’un ton neutre :
« Plus le chiffre est élevé, plus la créature est dangereuse. Un civil armé peut survivre à une créature de niveau un. On peut tuer une créature de niveau deux avec un entraînement spécial, même sans corps amélioré. À partir du niveau trois, il faut un corps amélioré pour les tuer. On tombe souvent sur celle-ci à l’extérieur du Noyau. »
« Jusqu’où vont les niveaux ? »
« Dix. Une créature qui nécessite le déploiement de tous les vétérans Blaireaux Noirs. »
« Ça existe ? »
« Ça a existé. On n’en a plus vu depuis la Première Guerre. À titre indicatif, plus elles ressemblent à des humains, plus elles sont généralement dangereuses. La créature de type ange que tu as vue tout à l’heure serait classée niveau six ou sept. Un Blaireau Noir vétéran, ou plusieurs, peuvent s’en charger. »
Pourquoi son niveau était-il si élevé ? J’étais vraiment revenu du bord de la mort.
Je sentis mon ventre se glacer en repensant à la créature qui avait abattu son épée sur un ciel bleu. Celle que Ska avait arrêtée si facilement avait eu l’air bien plus humaine que ce coprin noir. Elle tenait une arme, alors que dire de plus ?
Je me remémorai vaguement le moment où ma vie avait été en danger.
« Ils l’ont arrêtée si facilement que je n’ai pas compris à quel point elle était dangereuse. »
« Qui l’a tuée ? »
Je clignai des yeux, surpris par sa question.
« L’assistante Ska et Ro, le partenaire senior. Je crois qu’Ami et Ricardo ont tué la chose ressemblant à une araignée, collée à la fenêtre. »
« Ce sont tous des héros de guerre. Ils font partie des dix meilleurs Blaireaux Noirs, alors évidemment qu’ils peuvent s’occuper facilement d’une créature de niveau six. »
Ils faisaient partie des dix meilleurs ?
Vu la raison d’être de cette organisation, il ne devait pas y avoir que quelques Blaireaux Noirs. La taille du bâtiment et du terrain suffisait à montrer qu’il s’agissait d’une organisation gigantesque.
Autrement dit, ils faisaient partie de l’élite de l’élite.
Comment avais-je pu me retrouver avec des gens aussi impressionnants…
« Les deux autres recrues que tu as vues quand tu es sorti du portail n’ont pas connu la guerre. »
Il parlait sans doute de l’homme et de la femme que Ricardo avait renvoyés chez eux plus tôt.
L’homme avait les yeux bleus, mais portait un masque qui lui couvrait le nez ; je n’avais donc pas vu son visage. La femme était petite et portait un carré bicolore, jaune et rose.
« Kal Dowe est là depuis un moment, au moins. Mais la gamine aux cheveux bicolores est encore une bleue. Ça ne fait probablement même pas un an qu’elle n’est plus la dernière arrivée. »
La femme aux cheveux bicolores était donc ma senior directe.
Je crus comprendre pourquoi ces deux-là n’avaient pas pipé mot ce jour-là. Trois seniors de promotions bien plus anciennes étaient dans les parages ; ils n’avaient sans doute pas pu parler à la légère.
Je repensais vaguement à ce qui s’était passé quelques semaines plus tôt quand la tronçonneuse s’était mise en marche.
« Ah, merde ! Tu m’as fait sursauter ! »
« J’ai fini de t’expliquer, alors on va commencer. »
Yoon avait parlé d’un ton sinistre.
Bon sang.
La tronçonneuse grondait entre mes mains. Je me forçai à sourire.
Je ne le sentais pas du tout. Le coprin noir n’avait pas l’air du genre à rester sagement immobile comme un vrai champignon. Et ce n’était pas comme si je savais me servir d’une tronçonneuse. Même sans mes souvenirs, je sentais que l’objet m’était étranger.
Mais je ne pouvais pas protester.
Yoon posa une main sur la boîte en verre.
« Il suffit de le regarder pour comprendre ce que tu dois faire. »
« Je comprends ce que je dois faire, mais je n’ai aucune idée de comment m’y prendre. »
« Balance la tronçonneuse. »
Mon respecté senior venait de m’offrir une précision fort utile.
« Tu ne mourras certainement pas. »
Il n’avait pas dit que je ne serais pas blessé.
À ce stade, j’avais presque envie de rire. En fait, je ris : un « ha ha ha » creux, avant de poser une question.
« Ça ne servira probablement à rien de demander, mais quelles sont ses attaques ? »
« Découvre-le par toi-même. »
Je demandais justement parce que je voulais savoir avant de les découvrir !
Une fois de plus, je ne parvins pas à transformer mes pensées en paroles. Sans même me dire de me préparer, Yoon appuya quelque part sur la boîte en verre.
À l’instant où je reculai, la boîte s’ouvrit dans toutes les directions.
Les tentacules s’agitèrent et s’étalèrent.
C’était tuer ou être tué.
Je levai la tronçonneuse en me disant que j’allais préparer des champignons braisés.
Une scène grotesque se déroula sous mes yeux. Dès que la boîte s’ouvrit dans toutes les directions, les tentacules de la créature jaillirent. Ils élargirent lentement leur portée en se tortillant. Aucun n’était très épais. Ils étaient simplement emmêlés en un enchevêtrement complexe, comme des racines d’arbre.
Elle n’attaqua pas tout de suite.
Yoon se tenait plus près de la créature que moi, les deux mains dans les poches, à observer le coprin noir. Il ne bougeait pas d’un pouce.
Il n’a pas peur ? Elle n’attaque pas la première ?
J’observai attentivement Yoon et le champignon à côté de lui.
Puis je fis un pas en avant pour m’en approcher.
Un pas.
Bang !
Une douleur sourde me traversa le visage.
À peine eus-je compris que j’avais mal au visage que mon dos et mon coccyx se mirent à me faire souffrir aussi. Ma vue vacilla. Mes oreilles bourdonnèrent, couvertes par le bruit violent de l’impact.
Je fronçai les sourcils et me forçai à me relever.
Ce tentacule venait de me frapper ?
De l’amiante tombait du plafond.
En gémissant doucement, je décollai mon dos du mur.
J’avais failli lâcher la tronçonneuse, moi aussi. J’essayai d’ouvrir les yeux correctement, puis plantai la tronçonneuse arrêtée dans le sol.
En m’appuyant dessus comme sur une canne, je me remis debout.
Yoon se tenait toujours exactement au même endroit.
Il n’a rien.
« Pourquoi c’est moi qui… »
Bang !
Je fus frappé une deuxième fois. Le champignon eut la gentillesse de me cogner l’autre joue, cette fois. J’avais dû me fracasser l’omoplate contre le mur. Une douleur aiguë me transperça l’épaule droite.
Tout mon corps vibrait de douleur.
Non, pourquoi étais-je le seul à me faire frapper ?
À mesure que le choc et la douleur qui m’enserraient s’estompaient, je me forçai à ouvrir les yeux, fermés si fort qu’ils en étaient plissés.
Les tentacules remuaient dans les airs. Ils s’étaient écartés de chaque côté pour former des poings ronds.
Si je me relève, je vais encore me faire frapper, pas vrai ? Et si j’essaie de m’approcher, je vais aussi me faire frapper.
Alors je vais les couper avant qu’ils me démolissent. C’est sûrement pour ça qu’il m’a donné la tronçonneuse : ces trucs peuvent être tranchés.
Je rassemblai mes forces et me relevai rapidement. Après plusieurs grandes inspirations, je commençai à récupérer. Je me promis de balancer la tronçonneuse dès que je serais debout.
Je bougeai lentement le pouce et la mis en marche.
Vrrrrrrrr !
La lame vrombit bruyamment.
Je me redressai d’un bond en donnant un coup de tronçonneuse dans le même mouvement.
Fschht !
« J’en ai eu un ! »
« Hé. »
Quoi ? À l’instant où j’essayai de répondre, une violente bourrasque me frappa le visage.
Je tournai la tête, mais pas assez vite.
Flac !
Je ne tombai pas à la renverse.
Je titubai, puis retrouvai l’équilibre. Quelque chose s’était ouvert et ma bouche se remplit d’un goût de sang. J’essayai de retrouver la vue et balançai la tronçonneuse. Fschht. Une sensation satisfaisante accompagna le bruit d’un tentacule qui s’effondrait. Le tentacule tranché me heurta le dessus du pied.
J’entrouvris les yeux et évaluai rapidement la situation.
À peine m’étais-je tourné vers la créature que ma vision fut entièrement occupée par un tentacule gigantesque.
Vlan !
Celui-là me frappa comme il faut.
Cette fois, je fus projeté au sol. Je lâchai aussi la tronçonneuse. Un petit son m’échappa lorsque l’impact fit résonner l’arrière de mon crâne.
C’est rude.
Allongé par terre, je frottai mon front qui avait pris le coup. C’était un niveau trois. Pas un niveau cinq ou six. Il devait y avoir un gouffre inimaginable entre ça et le niveau maximal, le niveau dix, mais je n’arrivais même pas à m’en approcher ?
Ses attaques n’étaient même pas compliquées. Son corps principal était enraciné sur place et ne pouvait pas bouger.
Il devait bien y avoir un moyen.
Je restai allongé par terre à réfléchir jusqu’à ce que la douleur s’estompe et que mon esprit s’éclaircisse. Puis un fragment de souvenir étrange me revint.
Je tenais une manette. Je regardais un grand écran. Des graphismes grotesques. Des graphismes mignons et rebondissants. Des effets sonores tape-à-l’œil et des motifs qui se répétaient…
Des motifs répétitifs.
Je redressai lentement le haut de mon corps.
« Pourquoi c’est moi le seul à me faire frapper ? »
À ma question lugubre, Yoon ne bougea que les yeux.
« Elle attaque tout ce qui bouge au-dessus d’une certaine hauteur. »
« Ah. Pas étonnant que tu sois resté complètement immobile. »
Yoon haussa un sourcil, mais ne bougea pas d’un poil.
Plus je le regardais… quel drôle de type. Il y avait beaucoup de gens qui bougeaient si peu et changeaient si rarement d’expression ?
Je regardai l’homme, toujours dans la même posture que celle qu’il avait avant que je me fasse frapper, et lui demandai :
« Je peux ramper jusqu’à elle et la découper à la tronçonneuse ? »
« Rien ne t’en empêche. Mais tu ne pourrais pas faire ça sur le terrain. »
« Il y a une méthode appropriée, sur le terrain ? Comment vous vous occupez de cette chose, d’habitude ? »
« Tu t’approches et tu lui colles un coup de poing. »
Simple, et totalement inutile.
Écœuré, je contemplai la créature qui se tortillait.
À ce stade, j’allais tuer cette chose, même si je devais m’entêter.
Les sourcils froncés, je cherchai une solution. Je pouvais ramper jusqu’à elle et la tuer, mais ça ne marcherait clairement pas sur le terrain.
Si j’allais la tuer, autant le faire correctement.
Si je me faisais frapper encore quelques fois, je comprendrais son schéma d’attaque. Je me rappelai soudain que j’étais du genre à aller au bout d’un jeu une fois commencé. Qu’il s’agisse d’un jeu de rythme ou d’un RPG, je jouais sans me lasser jusqu’à l’avoir terminé.
J’avalai le sang qui s’était accumulé dans ma bouche.
« Yoon. »
« Quoi ? »
« Ça ne te dérange pas si ça prend du temps ? »
« Fais comme tu veux. »
Sa voix était dépourvue d’émotion.
« Si tu décides que tu n’en peux plus, tu peux arrêter tout de suite. Si tu veux, tu peux continuer jusqu’à l’aube. »
« Ah. Je ne serai sûrement pas encore là à l’aube. »
« Je l’espère. »
« J’aurai fini avant que rester aussi immobile devienne pénible pour toi. »
Mais il fallait d’abord que je me fasse frapper encore quelques fois.
Je tendis le bras et récupérai la tronçonneuse que j’avais laissée tomber.
La douleur qui avait secoué tout mon corps avait disparu. Je ressentirais sûrement la même chose en me relevant, mais je n’arriverais à rien si je craignais la douleur.
Après avoir expiré longuement, je me préparai à me lever.
Mon partenaire senior, immobile comme une statue.
Avant que cet homme ait besoin d’aller aux toilettes, j’aurais fini. Je gardai cet objectif grandiose à l’esprit et me relevai, tronçonneuse en main.
* * *
Je me fis frapper plus de trente fois.
À la trente-deuxième tentative, je compris exactement son schéma d’attaque. À la trente-troisième, je réussis à trancher tous les tentacules qui fonçaient sur moi. Et à la trente-quatrième, je coupai les tentacules et m’approchai du champignon.
Après plusieurs heures, mon partenaire senior était tout près. La créature fongique était tout près. Le coprin noir grandissait à vue d’œil. Un champignon qui n’avait plus rien pour se tortiller.
Je me ruai en avant et vis son chapeau noir.
Je levai la tronçonneuse, dont la lame était couverte de morceaux de tentacules.
De toutes mes forces, j’abattis la lame en marche.
Pschhhhh !
Le chapeau se fendit en deux et de l’encre me recouvrit le corps.
Ça pique !
« C’est quoi, ça ? »
« Je t’ai dit que c’était empoisonné. »
Après plusieurs longues heures, Yoon bougea enfin.
De l’encre avait dû l’éclabousser aussi. Il s’épousseta d’un air impassible.
« Si tu ne voulais pas être couvert d’encre, il fallait le finir à coups de poing. Bref, il est bien mort. Beau travail. »
« Ça pique encore. »
Le champignon géant se fendit en deux et s’affaissa.
J’avais tué la créature après trente-quatre tentatives, mais je n’éprouvais pas la satisfaction à laquelle je m’étais attendu.
Je restai là tandis que toutes les zones éclaboussées commençaient à me lancer douloureusement. À force de rester immobile, ma respiration se calma et mes sens retrouvèrent leur vitesse normale.
La créature, fendue comme un champignon coupé au couteau, laissait couler de l’encre. Des tentacules tranchés jonchaient la salle d’entraînement. La tronçonneuse s’était arrêtée. Les murs étaient rayés. De l’amiante était tombée partout.
Une odeur grasse, difficile à décrire, flottait dans l’air.
Après avoir contemplé d’un air absent les traces de ce combat acharné, je laissai tomber la tronçonneuse.
« Le corps amélioré détoxifie aussi les poisons ? »
Quand je tournai la tête pour lui poser la question, Yoon, qui observait les alentours, croisa mon regard.
Il était resté debout sans bouger pendant près de trois heures, mais ne semblait pas le moins du monde fatigué. Ses yeux noirs et impénétrables me fixaient droit dans les miens.
Il ressemblait vraiment à un fantôme.
« Certains poisons peuvent être détoxifiés, d’autres non. Mais tu résistes sans aucun doute mieux au poison qu’une personne ordinaire. »
« Le poison de ce champignon est du genre qu’on peut détoxifier, pas vrai ? »
« Non. »
Quoi ?
« Sur le terrain, si tu étais couvert de son poison, il faudrait prendre un antidote. Mais celui-ci a été neutralisé, alors ça ne pose pas de problème. Tu sais comment agit le poison ? »
Tu crois que je sais comment agit le poison alors que je ne connais même pas mon propre visage ?
Mon expression dut lui répondre, car Yoon eut un petit reniflement.
« En gros, pour qu’un poison tue quelqu’un, il faut qu’il soit absorbé par le corps et qu’il atteigne le cœur. En général, il pénètre dans une veine et rejoint le cœur. Il faudrait entailler un bras à peu près jusqu’à mi-épaisseur pour atteindre une artère, et c’est difficile d’aller aussi loin. Quand le poison arrive au cœur, il passe une fois par les poumons, puis se répand dans les artères. Il faut donc agir avant ça. »
« Et s’il n’y a pas d’antidote ? »
« Je t’ai dit qu’il ne projette pas d’encre si tu le frappes. Et si tu as été couvert de poison sans antidote, commence par le laver rapidement à l’eau savonneuse pour le neutraliser. »
Et s’il n’y avait même pas d’eau savonneuse ?
Je retins ma question, parce que Yoon serait sûrement agacé. J’étais aussi trop fatigué pour bavarder. Dès que je compris que l’encre dont j’étais couvert était sans danger, la tension retomba et l’épuisement m’envahit.
Je voulais m’asseoir. Je venais de faire beaucoup trop d’exercice physique d’un coup. J’avais mal aux bras, aux endroits où j’avais été frappé et aux jambes.
Si le sol n’avait pas été recouvert d’encre, je me serais écroulé sur place.
Je fermai les yeux et poussai un énorme soupir.
« … Bref, je l’ai tué. Mais ça m’a pris un temps stupide. »
« Toi. »
J’ouvris les yeux en entendant Yoon.
Je répondis d’une voix lasse :
« Oui ? »
« On dirait que tu faisais du sport, avant. »
Je clignai des yeux.
« Moi ? J’en ai l’air ? »
« Ouais. »
Je me demandai pourquoi il pensait ça.
Je me demandai aussi ce que valait le jugement de quelqu’un qui avait regardé tout ce cirque sans bouger. Dire que j’avais l’air d’avoir fait du sport ne voulait pas dire que j’avais remué comme un imbécile, si ? M’étais-je mieux débrouillé que je ne le pensais ?
Mais Yoon se détourna sans expliquer.
« Bref, je vois l’idée générale. On y va. Il faut que tu te laves. »
« Et tout ça ? »
« Un robot viendra nettoyer, pas besoin de t’en soucier. »
Yoon jeta un coup d’œil à la salle d’entraînement.
« Les douches sont à droite… »
« Aaaah ! Oppa ! »
Je sursautai.
Je me retournai vivement et vis Ami, les yeux écarquillés. Elle se tenait dans l’embrasure de la salle d’entraînement. Deux hommes étaient derrière elle : Ricardo et un inconnu.
Ricardo s’appuyait contre le mur, les bras croisés, les yeux plissés par un sourire. Comme s’il avait su que ça arriverait.
L’inconnu contempla la salle d’entraînement, incrédule.
Après être restée figée un instant, Ami se précipita vers nous.
« Qu’est-ce que tu as fait à Hilde ? »
Ami fonça droit sur Yoon et se mit à le frapper de partout.
« Qu’est-ce que tu as fait à une recrue officiellement affectée hier seulement ? »
Je savais que ce salaud était cinglé.
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