Chapitre 283
Chapitre 283 - J-1
Traduction: Moonkissed
Plus tard dans l’après-midi, l’équipe remonta dans le bus pour une courte séance d’acclimatation.
L’UEFA avait organisé pour l’Eintracht Francfort l’utilisation des installations d’entraînement du SD Leioa, un petit club situé juste à l’extérieur de Bilbao, dont le stade se nichait entre les collines verdoyantes.
La séance fut légère.
Principalement des étirements.
De petits exercices de passes.
Un peu de footing.
Rien d’intense.
Juste assez pour chasser la raideur du voyage de leurs jambes.
L’air côtier était frais et agréable, chargé d’une légère odeur d’herbe et de mer.
Debout au bord du terrain, les bras croisés, Dino Toppmöller observait attentivement ses joueurs faire circuler le ballon.
Il avait été inquiet.
Mais en les voyant ici, concentrés, détendus, plaisantant entre eux, ses préoccupations commencèrent peu à peu à s’estomper.
À un moment, Lukas reçut une passe, souleva le ballon d’un toucher fluide au-dessus du pied de Larsson, puis le piqua tranquillement vers le mini-but.
Larsson leva les bras au ciel.
« Oh, allez ! »
Quelques coéquipiers éclatèrent de rire.
Toppmöller secoua doucement la tête.
Bien.
Très bien.
***
Lorsque le bus de l’équipe revint au Gran Hotel Domine dans la soirée, la ville était devenue encore plus bruyante.
Les bars étaient pleins.
Les accents anglais se mêlaient aux accents allemands dans les rues.
Des écharpes pendaient aux balcons.
Des équipes de télévision diffusaient déjà en direct depuis les quais.
Bilbao était devenue le centre du football européen.
À l’intérieur de l’hôtel, cependant, les joueurs de Francfort se dirigèrent tranquillement vers le dîner.
Trois jours restaient.
Trois jours avant San Mamés.
Trois jours avant la plus grande soirée de leur saison.
Et quelque part entre les rires, les nerfs et l’anticipation, la réalité avait enfin fini par s’installer dans l’esprit de chacun.
Ce n’était pas simplement un autre déplacement.
Ils étaient venus ici pour remporter un trophée.
***
Le lundi à Bilbao avait été calme, contrôlé et presque méthodique.
Après la courte séance d’acclimatation disputée la veille dans le petit stade à l’extérieur de la ville, l’équipe était revenue au Gran Hotel Domine au moment où les lumières du soir commençaient à se refléter sur les eaux du Nervión.
Les premières véritables réunions tactiques de la semaine avaient eu lieu cette nuit-là.
Dans l’une des salles de conférence réservées de l’hôtel, les joueurs avaient assisté à près de deux heures d’analyse dirigées par Dino Toppmöller et son staff.
Des séquences de matchs de Tottenham défilaient sur le grand écran à l’avant de la salle.
Construction depuis l’arrière.
Transitions défensives.
La ligne défensive agressivement haute qu’Ange Postecoglou insistait à maintenir même lorsque la situation semblait ne pas s’y prêter.
Le staff interrompait régulièrement les images, traçant des lignes sur le tableau numérique, expliquant les espaces pouvant être exploités et avertissant des dangers que les joueurs offensifs de Tottenham pouvaient créer si on leur laissait du temps.
L’ambiance parmi les joueurs était sérieuse, mais pas tendue.
Ils écoutaient, posaient des questions et échangeaient parfois quelques remarques entre eux pendant qu’ils observaient les images.
Kevin Trapp intervint à plusieurs reprises, soulignant calmement certains détails depuis son point de vue de gardien et rappelant aux défenseurs à quel point les Spurs aimaient attaquer le second poteau.
Lukas resta silencieux pendant la majeure partie de la séance, assis au milieu de la salle, les coudes posés sur les genoux tandis qu’il étudiait l’écran.
Une grande partie de ce qui était montré, il l’avait déjà analysée lui-même dans le LCE.
Mais entendre le plan présenté à l’ensemble du groupe donnait une autre dimension à la stratégie.
Cela rendait tout collectif.
Quelque chose qu’ils s’apprêtaient tous à porter ensemble.
Lorsque la réunion prit fin et que l’équipe se dirigea vers le dîner, l’atmosphère se détendit à nouveau.
Les joueurs plaisantaient dans le couloir, certains continuant à discuter des séquences qu’ils venaient de voir, d’autres changeant volontairement de sujet afin de garder l’ambiance légère.
À l’extérieur des fenêtres de l’hôtel, Bilbao continuait déjà de se remplir de supporters venus pour la finale.
Des chants allemands flottaient faiblement dans l’air nocturne, se mêlant aux accents anglais qui résonnaient dans les rues.
La ville commençait à ressembler à la scène de quelque chose de bien plus grand qu’un simple match de football.
***
Le mardi matin arriva dans le calme.
Mais la journée, elle, allait être tout sauf calme.
Le soleil se leva au-dessus de Bilbao dans une lumière dorée et pâle qui traversait les hautes fenêtres du Gran Hotel Domine, projetant de longs reflets sur les sols polis de la salle à manger privée de l’équipe.
Lukas se réveilla tôt, bien avant que son réveil ne soit censé sonner.
C’était devenu une habitude avant les grands matchs.
Son corps refusait tout simplement de dormir tard lorsqu’un événement important approchait.
Pendant un moment, il resta allongé sur son lit, les yeux fixés au plafond, tandis que le léger bourdonnement de la ville commençait peu à peu à s’intensifier dehors.
Quelque part au loin, un tramway grinça sur ses rails, tandis que des voix montaient faiblement depuis la rue.
Il se redressa et étira lentement ses épaules, faisant rouler son cou avant de poser les pieds au sol.
Son corps se sentait bien.
Détendu.
Reposé.
Prêt.
Après une douche rapide, il enfila la tenue d’entraînement de l’équipe et descendit, où le petit-déjeuner était déjà servi.
Plusieurs de ses coéquipiers étaient déjà installés autour des longues tables.
Larsson se servait du café tandis que Knauff était affalé sur sa chaise, faisant défiler son téléphone.
Les conversations étaient légères.
Rien de trop sérieux.
Le genre de bavardages que les joueurs utilisent souvent pour masquer l’énergie nerveuse qui remplit silencieusement la pièce.
Après le petit-déjeuner, l’équipe se réunit une nouvelle fois dans la salle de réunion de l’hôtel pour un autre briefing tactique.
Toppmöller se tenait devant le tableau numérique, revenant sur certains détails de l’analyse de la veille et affinant quelques consignes précises pour la finale.
Ce ne serait pas leur dernière réunion avant le match.
Mais c’était leur dernière occasion de revoir calmement le plan tactique avant que le cirque médiatique de la journée ne commence.
Les joueurs écoutèrent attentivement pendant qu’il parlait des distances entre les lignes, des transitions et de la manière d’exploiter les moments où Tottenham ferait monter sa défense trop haut.
Par moments, il s’arrêtait pour poser des questions, afin de s’assurer que chacun comprenait parfaitement son rôle.
La séance se termina sur quelques derniers rappels et un simple hochement de tête de l’entraîneur.
« Très bien, dit finalement Toppmöller. Le bus part dans vingt minutes. »
***
Le trajet jusqu’au stade San Mamés ne dura que quinze minutes.
Mais il parut beaucoup plus long.
Lorsque le bus de l’équipe tourna dans les rues entourant le stade, l’ampleur de l’événement devint impossible à ignorer.
Des supporters s’étaient déjà rassemblés plusieurs heures avant les événements médiatiques prévus.
Des drapeaux allemands flottaient à côté des drapeaux anglais.
Des équipes de télévision bordaient les trottoirs, diffusant en direct depuis des plateformes temporaires installées devant les entrées du stade.
Des policiers se tenaient le long des barrières pour canaliser les foules, tandis que les chants montaient et redescendaient par vagues sur la place.
À l’intérieur du bus, les joueurs regardaient par les fenêtres en silence.
L’immense façade rouge et blanche de San Mamés apparut devant eux, telle une coque lumineuse de verre et d’acier.
Même vide, le stade semblait vibrer d’anticipation.
Lorsque les portes du bus s’ouvrirent, les flashes des appareils photo éclatèrent immédiatement.
Les joueurs descendirent les uns après les autres et traversèrent l’entrée du tunnel menant à l’intérieur du stade, escortés par des officiels de l’UEFA.
***
Dans l’auditorium réservé aux médias, des rangées de journalistes occupaient les sièges face à la scène où attendaient deux chaises et deux microphones.
Des caméras appartenant à des dizaines de chaînes étaient déjà installées le long du mur du fond.
Lorsque Dino Toppmöller et Kevin Trapp entrèrent ensemble, la salle se calma immédiatement.
Les questions commencèrent rapidement.
Les journalistes interrogèrent Toppmöller sur le style offensif de Tottenham.
Sur la bataille tactique attendue au milieu de terrain.
Sur la pression liée à une finale européenne.
Toppmöller répondit calmement, mesurant chacun de ses mots et refusant de révéler le moindre détail précis concernant son onze de départ ou son approche tactique.
« Nous respectons Tottenham, déclara-t-il à un moment d’une voix posée dans le micro. Mais nous avons également une grande confiance en notre propre équipe. Les joueurs ont montré tout au long de cette compétition qu’ils étaient capables de répondre présent dans les grands moments. »