Chapitre 238
Chapitre 238
Chapitre 238 - Préparations (2)
Traduction: Moonkissed
« Eh bien, je suppose que tu n'as pas le choix. Si tu m'entends, n'est-ce pas ? »
[BZZT*]
TT ne répondit pas, tandis que l'écran du système s'alluma devant Lukas, affichant son entraînement du jour.
[10 séries de 5 000 marches chacune dans la chambre hyperbare]
« Oh, tu te moques de moi ! Comment est-ce possible ? Je vais mourir !! »
[*Tout ira bien.*]
« Haaa... » Lukas soupira en s'asseyant par terre, la fenêtre d'état suivant son regard et s'abaissant avec lui. « Mais n'est-ce pas pour entraîner l'endurance ? Elle a déjà atteint sa limite, non ? Ouvre mon profil de joueur. »
[ PROFIL – LUKAS BRANDT – FOOTBALLEUR
DATE DE NAISSANCE : 30/12/2008 (16 ans)
TAILLE : 179 cm
POIDS : 63 kg
STATUT DE CARRIÈRE : PREMIÈRE ÉQUIPE DE L'EINTRACHT FRANKFURT
POSITION : MILIEU OFFENSIF
LIMITE ACTUELLE : 85
NOTE : 84
STATISTIQUES DU JOUEUR
ATTAQUE :
Sens du jeu offensif : 85 (↑1)
Contrôle du ballon : 85
Dribble : 85
Possession serrée : 84
Passe basse : 85
Passe en hauteur : 84
Finition : 85
Tête : 82
Coups de pied arrêtés : 85
Effet : 85 (↑1)
DÉFENSE :
Conscience défensive : 76
Tacles : 74
Agressivité : 71
Engagement défensif : 70
FORCE :
Vitesse : 85
Accélération : 85
Puissance de frappe : 85 (↑1)
Saut : 84 (↑1)
Contact physique : 84 (↑1)
Équilibre : 85
Endurance : 85 ]
« Oui, j'avais raison », dit-il en trouvant la statistique d'endurance. « Mon endurance est déjà à sa limite actuelle. »
[*Votre statistique d'endurance baissera si vous ne terminez pas cet entraînement aujourd'hui.*]
« Allez ! Ça n'a aucun sens. Je joue environ une fois tous les trois jours depuis deux mois, mon endurance ne devrait pas baisser. »
[*Aucune de tes statistiques ne devrait être aussi élevée à ton âge. Tu penses que tes coéquipiers ont la même endurance que toi ? Mais ils jouent tous autant que toi. Si tu veux être meilleur qu'eux, tu dois travailler plus qu'eux.*]
« Pffft... C'était censé être une citation motivante ? »
[L'entraînement commence dans 10... 9... 8...]
« Oh allez, ne sois pas mesquin », dit Lukas avec un sourire en sautant du sol et en se précipitant vers une porte vitrée avec l'inscription « HC » en haut.
*Clic*
La porte se referma derrière lui lorsqu'il entra et une substance semblable à de la brume envahit l'air, puis se dissipa progressivement pour révéler son équipement pour la journée : un stepper.
« C'est parti, je suppose », pensa-t-il en montant sur la machine et en la mettant en marche.
* * *
« Putain... Je ne peux plus bouger mes jambes, mes poumons me brûlent. Pourquoi dois-je souffrir autant ? »
Lukas parvint à peine à prononcer ces mots alors qu'il rampait hors de la porte environ 5 heures après y être entré et s'effondrait juste devant, la poitrine haletante, respirant profondément.
[*Ne dramatise pas, ce n'était pas si difficile.*]
« Je n'ai pas la force de discuter avec toi pour le moment. J'avais l'impression qu'il n'y avait plus d'oxygène. »
[*C'est normal. Répète ça régulièrement et tu courras 90 minutes sur le terrain comme si tu prenais des produits dopants.*]
« On va sûrement me soupçonner d'en prendre un jour. Parce que tu es en gros un cheat code. Un cheat code horrible, mais un cheat code quand même. »
[*Merci pour le compliment. Alors, comment tu te sens pour le match de jeudi ?*]
Lukas passa un bras sous sa poitrine et se retourna sur le dos, le regard perdu dans le vide, la sueur refroidissant trop vite sur sa peau.
« ... Jeudi ? » répéta-t-il d'une voix encore rauque. « Honnêtement ? »
Il déglutit, la poitrine se soulevant et s'abaissant tandis que la brûlure dans ses poumons s'atténuait lentement.
« Je sais ce que je devrais ressentir. De l'excitation. De la détermination. De la confiance. » Une pause. « Mais oui... il y a un peu de bruit dans ma tête. »
[*Du bruit ?*]
« Manchester », dit-il. « Old Trafford. Leurs fans sont partout. Chaque clip, chaque citation, chaque publication... c'est comme s'ils jouaient déjà le match en ligne. » Il poussa un soupir qui ressemblait presque à un rire. « Ils agissent comme si c'était déjà fini. Comme si j'allais me heurter à un mur. »
[*Et alors ?*]
« Et une partie de moi sait que c'est stupide », a poursuivi Lukas. « J'ai déjà joué dans des stades hostiles. Bilbao. Mayence. Même à l'extérieur contre le Bayern. » Il a légèrement tourné la tête, serrant les mâchoires. « Mais cette fois, c'est différent. Deux buts de retard. Demi-finale. Tout le monde regarde. Si nous ne marquons pas rapidement, le match peut nous échapper. »
Le voilà. Le doute. Petit, contrôlé, mais réel.
[*Bien,*] répondit TT calmement. [*Cela signifie que tu comprends les enjeux. La peur ne t'affaiblit pas. Laisser la peur dicter tes décisions, oui.*]
Lukas ferma les yeux.
[*Parlons faits,*] continua TT. [*Tu as marqué ou contribué à plusieurs buts lors de matchs cette saison. Tu as renversé des déficits plus importants que celui-ci. Deux buts, ce n'est pas un miracle pour toi. C'est un résultat normal.*]
« ... Quand tu le dis comme ça, ça semble stupide de s'inquiéter », marmonna Lukas.
[*Exactement. Ce match ne concerne pas Old Trafford. Il ne concerne pas l'histoire. Il ne concerne pas le bruit. Il s'agit de répéter des actions que tu as déjà exécutées des dizaines de fois.*]
TT n'éleva pas le ton. Il ne dramatisa pas.
[*Appuie comme tu appuies toujours. Bouge comme tu bouges toujours. Tire quand l'occasion se présente. N'essaie pas d'être légendaire, sois juste précis.*]
Lukas expira lentement par le nez.
« Bon sang », dit-il doucement. « Tu commences à parler comme un vrai entraîneur. »
[*C'est une insulte.*]
Il esquissa un sourire fatigué malgré lui. « Non, je suis sérieux. Tout ce calme, cette assurance. Bientôt, tu vas me tapoter le dos et me dire de faire confiance au processus. »
Il y eut un moment de silence.
*BZZT*
[Nouveau protocole chargé.]
L'écran du système réapparut devant lui.
« ... Quoi ? » Lukas ouvrit un œil.
[*Puisque tu trouves le renforcement émotionnel dérangeant,*] répondit TT d'un ton neutre, [*nous allons revenir à l'entraînement physique. Lève-toi.*]
Lukas gémit. « Tu te moques de moi. Je ne sens littéralement plus mes mollets. »
[*Excellent,*] dit TT. [*La fatigue résiduelle augmente l'adaptation.*]
« Tu es diabolique », marmonna Lukas en essayant de s'asseoir, ce qu'il regretta immédiatement.
[Stairmaster. 3 séries de 500 marches chacune.]
Il fixa le plafond, puis éclata d'un rire essoufflé.
« Ouais », dit-il en se forçant à se mettre à genoux. « C'est clairement un code de triche. »
[*Commence quand tu es prêt,*] répondit TT. [*Manchester n'attendra pas.*]
* * *
La même nuit, dans une pièce située au 9e étage d'un immeuble de 14 étages.
La pièce était calme, d'une manière que seul le pouvoir pouvait se permettre.
Une douce lumière ambrée baignait les panneaux de bois sombre et la pierre mate, jamais crue, jamais complètement tamisée. Un mince ruban d'encens brûlait quelque part, invisible, son parfum propre et discret, entre le cèdre et la fumée, destiné à apaiser plutôt qu'à s'imposer. L'air était frais, soigneusement régulé, et transportait le faible bourdonnement d'une ville animée au-delà des baies vitrées.
Un vieil homme était assis dos à la pièce, son fauteuil de direction détourné du bureau, face à la fenêtre. En contrebas, la ville scintillait et pulsait, les phares des voitures coulant comme des veines de lumière, les tours clignotant patiemment dans la nuit. Il ne bougea pas, même lorsque la porte derrière lui se referma dans un clic.
De l'autre côté du bureau se tenait une jeune femme, le dos droit, les mains soigneusement jointes devant elle. Une tablette sous le bras. Elle avait appris depuis longtemps que cet homme n'aimait pas les mouvements inutiles.
Le silence s'étira. Pas gênant. Intentionnel.
Finalement, il prit la parole, d'une voix calme, sèche, mesurée.
« Tu as dit que City avait augmenté son offre ? »
« Oui », répondit-elle immédiatement. « 80 millions de base. 10 millions en suppléments réalisables. »
Une pause. Un doigt se leva, puis se posa à nouveau sur l'accoudoir en cuir.
« Et Krösche et Hardung ? » demanda-t-il. « Comment ont-ils réagi ? »
« Ils tiennent toujours publiquement », dit-elle. « Mais en interne... Krösche commence à vaciller. Le chiffre force les discussions. »