Chapitre 220
Chapitre 220 - C’est parti !
Traduction: Moonkissed
Avant que Mount n'ait le temps de répondre, Bruno Fernandes s'approcha en trottinant et frappa une fois dans ses mains pour attirer leur attention.
« Oubliez le bruit », dit Bruno d'un ton ferme, baissant la voix mais pas son intensité. « Oubliez la foule. Oubliez-le. »
Il fit un vague signe du menton en direction des tribunes.
« Peu importe que Lukas Brandt soit sur le terrain ou assis là-haut en train de manger du pop-corn », continua Bruno. « Si nous faisons notre travail, c'est nous qui irons en finale. Mais seulement si nous restons calmes. »
Mount acquiesça immédiatement. « Oui. »
Garnacho se redressa en roulant des épaules. « Ils essaient de nous déstabiliser. »
« Et ils y parviendront », répondit Bruno, les yeux balayant le stade une dernière fois. « C'est l'effet que produit cet endroit. Mais la pression ne fonctionne que si vous l'acceptez. Nous, nous ne l'acceptons pas. »
Il applaudit à nouveau, plus fort cette fois. « Des touches précises. Des passes rapides. Faites-vous confiance. Nous sommes déjà passés par là. »
Un sifflet retentit, provenant du staff technique, rappelant les joueurs vers le tunnel.
« Allez, viens », dit Bruno en se détournant déjà. « Il est temps de se préparer. »
Mount expira lentement en le suivant, le rugissement de la foule résonnant encore dans ses oreilles. Garnacho jeta un dernier regard vers les tribunes, vers la mer de supporters de Francfort et la silhouette reconnaissable entre toutes de Lukas qui regardait depuis les gradins, puis il courut derrière son capitaine.
L'échauffement était terminé.
Maintenant, c'était pour de vrai.
De retour dans les tribunes, Lukas se pencha légèrement en arrière sur son siège, les coudes posés sur les cuisses, les yeux suivant les mouvements sur le terrain tandis que les joueurs continuaient leur échauffement en dessous.
Joanna était assise si près de lui que leurs épaules se touchaient, son genou incliné vers le sien, les mains légèrement jointes sur ses genoux. Pendant un moment, aucun des deux ne parla. C'était l'un de ces silences qui n'avaient pas besoin d'être comblés.
« Tout ira bien », dit Joanna spontanément. « Tout va toujours bien pour toi. »
Elle savait que Lukas avait passé le test pour le MTC il y a quelques jours et qu'il attendait maintenant les résultats. Il l'avait tenue informée de l'évolution de la situation du côté de Javi.
Lukas poussa un petit soupir, les coins de sa bouche se relevant. Il acquiesça, non pas parce qu'il avait besoin d'être convaincu, mais parce qu'il appréciait la façon dont elle l'avait dit, comme si c'était déjà réglé. Il lui dit qu'il n'était pas inquiet.
* * *
Le salon de la maison des Jackson brillait de mille feux bleus et blancs sous les projecteurs de la télévision, TNT Sports remplissant l'espace du bruit de la foule de Francfort bien avant que le ballon ne soit mis en jeu. Roger était assis au bord du canapé, les coudes sur les genoux, la télécommande oubliée dans sa main. Lexi était recroquevillée à l'autre bout, enveloppée dans une écharpe de Manchester United malgré l'heure tardive, une jambe repliée sous elle, les yeux fixés sur l'écran. Jane était assise entre eux, son téléphone posé face vers le bas sur sa cuisse, son attention divisée d'une manière que seule elle semblait remarquer.
À la télévision, la caméra balayait le Waldstadion, les fusées éclairantes rouge et blanc, les drapeaux ondulant comme des vagues. Les voix des commentateurs couvraient le bruit.
« Bonsoir de Francfort », commença l'un d'eux, posé et confiant. « Une demi-finale aller de la Ligue Europa, et quelle ambiance nous avons ici ce soir. »
Le graphique s'est stabilisé et le ton du commentateur s'est accentué lorsqu'il a présenté les équipes.
« Manchester United d'abord », commença-t-il. « André Onana est dans les buts. La défense à trois est composée de Lindelöf, Maguire et Yoro. Sur les ailes, Mazraoui est à droite, Dorgu à gauche. Au milieu de terrain, Casemiro joue aux côtés d'Ugarte. Devant eux, Bruno Fernandes est le capitaine de l'équipe, avec Garnacho juste derrière lui, et Rasmus Højlund en pointe. »
Il y eut une brève pause pendant que le graphique disparaissait, puis l'aigle rouge remplit l'écran.
« L'Eintracht Francfort aligne une défense à trois », dit-il d'une voix calme.
« Trapp dans les buts. Koch au cœur de la défense, flanqué de Tuta et Theate. Brown et Skhiri assurent la largeur et l'équilibre, Larsson au milieu de terrain. Knauff et Bahoya soutiennent Ekitike à l'avant... »
Il marqua une demi-pause, puis ajouta délibérément :
« Et sans Lukas Brandt, qui purge une suspension après sa brillante performance ici lors du match retour des quarts de finale contre l'Athletic Bilbao. »
La caméra se tourna immédiatement vers les tribunes.
Lukas apparut à l'écran, debout dans la zone d'accueil, les bras croisés, les yeux rivés sur le terrain. Le stade réagit à l'unisson. Une vague de bruit se déversa à travers les haut-parleurs.
Les doigts de Jane se crispèrent. Elle se pencha en avant sans s'en rendre compte, le regard plissé, les lèvres légèrement entrouvertes. Elle n'entendit pas Roger expirer par le nez.
« C'est une grosse perte pour eux », dit Roger. « Énorme. »
Lexi acquiesça sans quitter l'écran des yeux. « Oui. Mais c'est là que United doit se montrer intelligent. »
La caméra resta sur Lukas une seconde de plus avant de revenir sur le terrain. Jane se tortilla sur son siège, croisant et décroisant les jambes, son attention restant fixée sur l'endroit où se trouvait son image. Son téléphone vibra doucement contre sa cuisse. Elle le retourna, jeta un coup d'œil à l'écran, puis le remit à l'envers, sans le lire.
« Lexi », dit Roger, les yeux toujours rivés sur la télévision, « tu n'as pas un examen demain ? »
Lexi détourna enfin le regard, en roulant légèrement des yeux. « Ça ira. Je suis prête. Je ne vais pas rater ça. »
Elle poussa alors un long soupir exagéré et se pencha en arrière sur le canapé, croisant les bras sur sa poitrine. « C'est vraiment injuste », dit-elle, les yeux toujours rivés sur l'écran. « Une demi-finale européenne au Waldstadion, cette ambiance, et je suis coincée ici à la regarder sur TNT Sports. Je devrais être là-bas. Dans les tribunes. C'est exactement le genre de soirée dont on se souvient toute sa vie. »
Roger ne détourna même pas les yeux de la télévision. « Tu as aussi un examen demain », dit-il calmement, comme s'il récitait un fait gravé dans le marbre. « Un examen assez important, d'ailleurs. »
Lexi gémit. « Je sais, je sais. Tu me l'as répété dix fois. Ça ne rend pas la chose moins douloureuse. »
Roger sourit légèrement, puis se tourna vers elle. « Écoute », dit-il. « J'ai déjà réservé les billets pour le match retour. Old Trafford. Pour nous trois. La demi-finale, à domicile. »
Le cœur de Jane fit un bond si violent qu'il en fut presque douloureux. Elle se tourna instantanément vers lui. « Vraiment ? »
Roger cligna des yeux, plus surpris par le ton de sa voix que par la question elle-même. Jane ne réagissait presque jamais ainsi. Au cours de leurs quinze années de mariage, elle avait assisté à d'innombrables matchs de United, des soirées de coupe, des derbies, voire des finales européennes, toujours encourageante mais jamais vraiment investie. Elle était avant tout une fan du Celtic, et cette loyauté n'avait jamais vraiment faibli. United avait toujours été le club de Roger, le club de Lexi. Pas le sien.
« Tu sembles très enthousiaste », dit Roger en plissant légèrement les yeux. « Tu es sûre que ça va ? »
Jane se redressa immédiatement, lissant le tissu de sa manche comme si elle avait été surprise en train de faire quelque chose de mal. « Quoi ? Non. Je voulais juste dire... Je suis surprise, c'est tout. Les billets sont difficiles à obtenir, surtout pour une demi-finale. » Elle fit une pause, puis ajouta rapidement : « J'avais des projets ce jour-là, mais ils ne sont pas importants. Je peux les reporter. »
Roger acquiesça lentement, toujours un peu perplexe, mais il laissa tomber. Lexi, en revanche, rayonnait, imaginant déjà le bruit, les lumières, la tension qui régnait à Old Trafford sous les projecteurs. Jane se pencha en arrière sur le canapé, les yeux rivés une fois de plus sur l'écran, masquant soigneusement son excitation, ses pensées étant ailleurs.
Jane sourit faiblement, mais ses yeux étaient déjà revenus à l'écran alors que les joueurs s'alignaient dans le tunnel. Le rugissement de Francfort était désormais constant, presque physique, s'échappant des haut-parleurs et envahissant la pièce.
La caméra suivit les équipes sur le terrain. Maillots rouges. Maillots blancs. L'hymne de l'Europa League s'estompa. L'arbitre jeta un coup d'œil à sa montre.
Jane joignit les mains sur ses genoux.
Le coup de sifflet retentit.
Et la demi-finale commença.