Chapitre 160
Chapitre 160 - Signal Iduna Park
Traduction: Moonkissed
Ils s'assirent tous les quatre et entamèrent une conversation anodine : ils parlèrent du voyage depuis Brême, du match, de l'ambiance incroyable qui régnait dans le stade. Mais sous cette atmosphère chaleureuse, une tension silencieuse persistait.
Personne n'en parlait, personne n'avait besoin de le dire.
Le regard de Mme Brandt s'attardait parfois un peu trop longtemps, son sourire vacillait parfois avant de revenir.
Elle était heureuse, sincèrement, de voir son fils sourire à nouveau, de le voir aller de l'avant.
Mais au fond d'elle-même, une ombre persistait.
La dernière fois qu'elle avait vu Javi aussi heureux, c'était avant que tout ne s'effondre avec la mère de Lukas. Ce chagrin avait laissé des cicatrices non seulement chez Javi, mais aussi chez toute la famille Brandt, des cicatrices invisibles que le temps n'avait pas complètement effacées.
Pourtant, elle ne voulait pas gâcher ce moment. Elle tendit la main, serra doucement celle de Javi et sourit.
« J'ai hâte de rencontrer les parents d'Anne », dit-elle doucement. « Ce sera bien pour les deux familles de faire connaissance. »
« Ils sont à la table d'en face », dit Anne. « Nous dînerons ensemble après le match. Marco s'assure que les réservations sont parfaites. »
Javi approuva d'un signe de tête. « Bien. C'est un grand jour... pour nous tous. »
En bas, un rugissement soudain éclata dans la foule.
Tous les quatre se tournèrent vers le terrain.
Lukas se tenait près de la ligne médiane, jonglant avec le ballon, non pas avec ses pieds cette fois, mais avec sa tête.
Un... deux... trois... dix... quinze... et ça continue. Chaque touche était précise, parfaitement synchronisée, comme si le ballon était le prolongement de son esprit.
La foule se mit à applaudir en rythme à chaque coup de tête.
Puis, lorsqu'il attrapa le ballon sous son bras et s'inclina légèrement vers la tribune sud, les applaudissements se transformèrent en une ovation.
Mme Brandt mit une main sur sa bouche. « Oh, mon... »
Le père de Javi sourit fièrement, les yeux fixés sur son petit-fils.
Javi se pencha en avant, observant en silence, les yeux légèrement humides.
Anne sourit à côté de lui. « Tu devrais voir ta tête en ce moment », le taquina-t-elle doucement.
Javi gloussa, sans quitter le terrain des yeux. « C'est mon fils », murmura-t-il.
Les lumières du stade brillèrent plus fort et les voix des commentateurs revinrent dans la retransmission.
O'Hagan :
« Et le voici : Lukas Brandt. 16 ans. Déjà l'une des étoiles montantes de l'Allemagne. Si l'on en croit ce qui s'est passé jeudi dernier, ce soir pourrait être un nouveau chapitre en devenir. »
La foule s'agita encore plus.
Les joueurs terminèrent leurs exercices et retournèrent dans le tunnel, pour réapparaître quelques minutes plus tard.
Alors que les hymnes nationaux s'apprêtaient à retentir, la caméra s'attarda sur Lukas, debout, le menton levé, prêt à nouveau.
FWEEE
Le coup de sifflet de l'arbitre retentit et l'Italie donna le coup d'envoi de la soirée.
Dan O'Hagan (commentateur) :
« C'est parti pour le match retour des quarts de finale de la Ligue des Nations de l'UEFA entre l'Allemagne et l'Italie. L'Allemagne mène 3-1 après cette soirée mémorable à Milan, et elle est pleine de confiance après son retour en deuxième mi-temps inspiré par le jeune Lukas Brandt, le phénomène de 16 ans qui a participé aux trois buts après son entrée en jeu à la mi-temps. Il est titulaire ce soir, ce qui témoigne de la grande confiance que lui accorde Julian Nagelsmann. »
Kehl :
« Oui, Dan, et c'est une composition passionnante de la part de l'Allemagne, pleine d'équilibre, de puissance et de créativité. Voyons comment ils se sont organisés. »
O'Hagan :
« Entre les poteaux, Oliver Baumann conserve sa place dans les cages. Devant lui, une défense à trois composée de Jonathan Tah, Antonio Rüdiger et Nico Schlotterbeck. Au milieu de terrain, Joshua Kimmich et Maximilian Mittelstädt évolueront en tant qu'ailiers, avec Angelo Stiller en retrait et Leon Goretzka qui poussera vers l'avant depuis le milieu de terrain. »
« En attaque, il y a beaucoup de talent : Jamal Musiala et Lukas Brandt évolueront en tant que numéros 10, et Tim Kleindienst mènera l'attaque en tant qu'unique attaquant. Un trio offensif audacieux, qui allie énergie juvénile, intelligence et capacité à conclure. »
Kehl :
« Le fait que Brandt soit titulaire ce soir est un événement majeur : après avoir fait ses débuts à Milan, il est désormais titulaire à Dortmund. Il est calme, confiant et bénéficie du soutien du public local. Quelle opportunité ! Il évolue également à un poste où il est très connu dans son club, il sera donc intéressant de voir sa performance ce soir. »
O'Hagan :
« Du côté de l'Italie, aucune surprise non plus dans la composition. Gianluigi Donnarumma est le capitaine et gardien de but. La défense à trois est composée de Buongiorno, Bastoni et Gatti. Au milieu de terrain, Di Lorenzo et Udogie occupent les ailes, tandis que Tonali, Ricci et Barella forment le trio central. En attaque, Daniel Maldini fait équipe avec Moise Kean. »
Kehl :
« Luciano Spalletti s'en tient à son habituel 3-5-2, dans l'espoir d'exploiter les arrières latéraux avancés de l'Allemagne. Kean et Maldini chercheront à étirer la ligne arrière, et les courses tardives de Barella pourraient à nouveau être déterminantes. »
O'Hagan :
« L'ambiance ici est assourdissante. Les drapeaux flottent, les chants résonnent et les joueurs se rassemblent maintenant dans le tunnel. L'avance de l'Allemagne est mince, mais elle a le vent en poupe. L'Italie sait qu'elle a besoin de quelque chose de spécial pour rester en vie. Tout est prêt ici, au Signal Iduna Park. Allemagne contre Italie : deux géants du football, une place en demi-finale à la clé ! »
À peine deux minutes s'étaient écoulées lorsque le rythme s'est accéléré. L'Italie a tenté de construire depuis l'arrière, mais Goretzka, toujours aussi perturbateur, a anticipé la passe avant qu'elle n'atteigne Tonali. Il est intervenu de manière décisive, interceptant le ballon juste à l'intérieur de la moitié de terrain allemande et le touchant une fois avant de le glisser rapidement vers Lukas, posté juste au centre du cercle central, dos au but.
Ricci était déjà collé à lui, le pressant fortement. Lukas pouvait le sentir arriver avant même le contact.
D'une première touche, il a délicatement dévié le ballon de l'extérieur de son pied gauche, un mouvement instinctif et précis qui a fait passer le ballon juste devant la jambe de Ricci et dans la course de Musiala.
« Belle touche de Brandt ! » s'est exclamé O'Hagan. « Il savait exactement où se trouvait Musiala ! »
Musiala n'a même pas réfléchi. D'un seul coup d'œil, il a immédiatement renvoyé la passe, la faisant passer à travers la ligne vers l'espace où Lukas sprintait déjà, comme s'il avait anticipé tout le terrain. Le ballon a roulé parfaitement dans sa course.
La défense italienne a été prise au dépourvu, Bastoni et Buongiorno se précipitant pour se replacer alors que Lukas levait la tête. Kleindienst filait entre les lignes, la main levée.
Lukas n'a pas hésité. Il a envoyé un magnifique ballon en cloche par-dessus la défense, la scindant proprement.
« Regardez cette passe ! » s'est exclamé Kehl. « Quelle vision incroyable pour un joueur de 16 ans ! »
Kleindienst accéléra, synchronisant parfaitement sa course, mais Donnarumma fit de même. Le capitaine italien quitta sa ligne et se jeta en avant de tout son poids au moment où le ballon tombait à la limite de la surface.
Un cri collectif parcourut les tribunes.
Donnarumma tendit le bras et s'empara du ballon de justesse, quelques centimètres avant que Kleindienst ne puisse l'atteindre.
La voix d'O'Hagan s'éleva à nouveau :
« Oh, c'était proche ! Lukas Brandt a failli débloquer la défense italienne en moins de trois minutes ! Juste un peu trop sur cette passe, mais quel avertissement de la part de l'Allemagne ! »
Alors que Donnarumma se relevait, serrant le ballon dans ses mains, il jeta un coup d'œil vers le terrain et expira profondément.
Il en avait vu assez à Milan. Il savait que ce n'était pas un adolescent comme les autres, mais le danger incarné.
Et maintenant, à Dortmund, ce danger commençait déjà à se manifester à nouveau.
L'Allemagne avait gagné en assurance au fil des minutes. Elle faisait désormais circuler le ballon avec confiance : Baumann le passait à Rüdiger, qui échangeait des passes avec Tah avant de passer le ballon à Kimmich sur le flanc droit.
L’attaque italienne remontait, mais Kimmich restait calme, glissant le ballon vers Mittelstädt. L'arrière gauche se retournait vers l'intérieur, passait le ballon à Stiller, qui pivotait habilement et trouvait Goretzka qui avançait au milieu.
O'Hagan :
« Joli rythme de l'Allemagne maintenant : lent et régulier, mais on voit qu'ils essaient de déstabiliser l'Italie. »
Goretzka a avancé, puis a fait une passe à Lukas, qui s'était déplacé au centre entre Ricci et Tonali. La première touche du jeune joueur a collé le ballon à sa chaussure, et la deuxième était une feinte de corps brusque qui a envoyé Ricci dans la mauvaise direction.
Avec un espace qui s'ouvrait devant lui, Lukas a avancé - une, deux, trois touches courtes - puis a effectué une combinaison éblouissante de drag-and-roll qui a laissé Tonali sur place. Il a contourné le milieu de terrain, utilisant son corps pour protéger le ballon alors qu'il fonçait vers la limite du dernier tiers.
Kehl :
« C'est magnifique de la part de Brandt : équilibre, confiance et un toucher qui lui colle à la peau comme un aimant ! »
Bastoni s'est avancé pour l'affronter, mais Lukas n'a pas paniqué. Il a utilisé un toucher extérieur doux pour glisser le ballon à Musiala, qui arrivait à toute vitesse.
Musiala a pris le relais avec élégance, feintant Buongiorno avec ce rythme saccadé caractéristique qui le rendait si difficile à lire. Il s'est engouffré dans la surface de réparation, mais juste au moment où Bastoni s'apprêtait à le fermer, Musiala a renvoyé le ballon à Lukas à l'entrée de la surface, un délicat une-deux qui a ouvert le jeu italien.
Lukas a répondu présent. Il n'a pas précipité les choses. Il a pris le temps de se positionner d'une seule touche, le corps légèrement penché vers la gauche tandis que sa jambe droite se repliait vers l'arrière. Le stade a semblé retenir son souffle.
« Brandt à l'entrée de la surface... Il peut tirer... BRANDTTT !! »