Chapitre 20
Traducteur : FenrirTL
Éditeur : Greedy
< Chapitre 20 >
Je portais un casque emmêlé de câbles déconcertants. Les fils prolongés étaient reliés à l'ordinateur du superviseur.
Sur l'affichage projeté du casque, des images et des mots métaphysiques défilaient rapidement. Parfois, des questions alternaient entre une voix masculine et une voix féminine.
Des sons à haute fréquence émanaient par intermittence du casque, qui scannait les réactions de mon cerveau.
Peu importe le nombre de fois où je passais un test psychologique, je ne m'y habituais jamais. Cela laissait toujours un arrière-goût désagréable une fois terminé. Ma tête tambourinait. Ma respiration était rapide et ma poitrine se nouait, comme si je venais de me réveiller d'un cauchemar.
— C'est terminé, Luka-nim. Vous avez bien travaillé.
L'androïde déclara cela en relevant mon casque. J'hochai légèrement la tête et quittai le fauteuil médical.
Mon regard s'arrêta au-delà de la vitre semi-transparente. Derrière, le personnel médical et le superviseur discutaient probablement des résultats de mon test psychologique.
« Il n'y aura rien d'anormal. »
J'étais confiant quant à ce test psychologique. Surtout depuis que l'allusion subtile du Commandant de la Garde Impériale à une récompense m'avait profondément remué.
Le protégé du Commandant, un membre de la famille Kusthoria.
C'était plus qu'il n'en fallait pour alimenter mon désir de réussite. La détermination à accomplir cette mission jaillit naturellement en moi. Cette pulsion intense suffisait à consumer toutes mes pensées parasites.
« Je surveille Kinuan tout en maîtrisant la Méthode de combat Arkies. »
Je sortis de la salle d'examen. Le personnel médical et le superviseur ne me montrèrent pas immédiatement les résultats. Cependant, avec ma confiance en l'obtention d'un score élevé, je ne ressentais aucune anxiété.
Prenant un moment pour respirer, je sortis mon terminal.
Bip.
Quelques messages s'étaient accumulés sur le terminal. Parmi eux, un message de Kinuan.
« Repose-toi un moment. Le repos fait aussi partie de l'entraînement. »
Le message était bref. Interprété différemment, cela signifiait de ne pas venir avant nouvel ordre.
Bip.
Je vérifiai le message suivant.
« Luka, passe me voir si tu as le temps. »
C'était un message d'Ilay. Ilay m'avait aussi aidé pour ce test psychologique. Sans lui, je n'aurais peut-être pas eu l'audace d'aller de l'avant.
Je me remémorai mon ancien moi et réajustai mon état psychologique. Je pouvais trancher les parties floues et faibles.
« Je devrais maintenir mon état mental ainsi autant que possible. »
C'était une période favorable pour moi. Je n'irais pas dans le secteur inférieur pendant un moment, et je ne contacterais pas Kinuan. Autant profiter de cette occasion pour me débarrasser de toute sympathie persistante envers les faibles.
Idéalement, je réduirais aussi mes interactions avec Ilay. Il avait également une mauvaise influence sur moi. Jusqu'à ce que mon esprit soit fermement fixé et ma forme pleinement solidifiée, je n'avais aucun désir de voir Ilay.
Cependant, le message d'Ilay cette fois semblait étrangement urgent. Je pouvais sentir son anxiété et son agitation dans ce court message.
Pas, pas.
Aujourd'hui, mon système nerveux moteur semblait stable ; mes pas étaient légers et assurés. J'avais l'impression que je pouvais courir plusieurs kilomètres sans perdre mon souffle.
Après avoir marché un peu, le mal de tête persistant dû au test psychologique disparut rapidement.
Mon esprit et mon corps étaient à leur apogée. J'avais l'impression de pouvoir tout faire. Si j'entraînais l'extension de mon système nerveux moteur maintenant, je pourrais briser mes limites. Ce n'était pas juste une impression ; c'était presque une certitude.
...Tout se déroulait sans accroc.
* * *
Bang— !
Dès que j'entrai dans la salle d'entraînement qu'Ilay avait réservée, des bruits sourds éclatèrent les uns après les autres.
Ilay frappait les côtés d'un sac de frappe avec des coups alternés. Chaque fois que ses poings heurtaient le sac, cela résonnait avec un son puissant et grave.
Boum !
Le sac de frappe, pesant plus d'une tonne, montait jusqu'à presque toucher le plafond à chaque coup.
Sans parler à Ilay, je m'appuyai contre le mur et attendis. Il libérait ses émotions à travers des frappes incessantes et intenses.
Vrrr, vrrr.
Sous la peau artificielle de ses bras et de ses jambes, des circuits surchauffés émergeaient comme des tatouages, et de la vapeur âcre s'échappait de ses glandes sudoripares.
Ilay poussait la puissance de sortie de ses prothèses à leur limite. Aux jonctions où les machines rencontraient la chair, sa peau ne pouvait supporter l'impact, se comprimant et se déchirant au point que le sang coulait librement. Le contrecoup de ses frappes était si violent que les amortisseurs de ses articulations ne tenaient plus.
Clang !
Finalement, le sac de frappe heurta le plafond. Ilay, les yeux grands ouverts, observa le sac alors qu'il redescendait.
Vrrrriii !
Le moteur dans la jambe d'Ilay tourna rapidement. Il pivota et donna un coup de pied dans le sac de frappe qui tombait.
Je me bouchai brièvement les oreilles. Son pied frappa le sac, et l'air trembla légèrement, presque comme si quelque chose avait explosé.
Crac !
Les dalles du plafond reliées au sac de frappe volèrent en éclats. Le sac traversa la pièce et s'encastra dans le mur.
— Hah... hah...
Ilay, qui venait d'envoyer le sac valser, haletait lourdement. Il se pencha, agrippant ses genoux. Sa jambe droite, qui venait d'exécuter le coup de pied, émit un grincement alors qu'un espace se formait.
Avec ses cheveux humides tombant sur son visage, Ilay fixait le sol. Je restai silencieux, attendant qu'il lève les yeux.
Après tout, c'était lui qui m'avait appelé. S'il avait quelque chose à dire, il commencerait par là.
Goutte, goutte.
Le sang et la sueur d'Ilay coulaient ensemble. Je ne l'avais jamais vu, lui d'habitude si calme, aussi intensément agité.
Pshhh !
Ilay injecta dans ses membres une seringue remplie de liquide de refroidissement. De la vapeur, chargée de la chaleur de la vaporisation, s'échappa de ses bras et de ses jambes.
— Hoo.
Ce n'est qu'alors qu'Ilay rejeta la tête en arrière et expira de sa manière habituelle. Il repoussa ses mèches humides et me regarda.
— As-tu réussi le test psychologique ?
— Grâce à toi.
Je répondis brièvement en me décollant du mur. Après avoir refroidi ses membres, Ilay appliqua une pommade sur la peau au niveau des articulations.
Ilay était loin d'être du genre à s'engager dans un comportement autodestructeur. Le fait qu'il pousse son corps à ce point signifiait qu'il faisait face à une détresse mentale importante.
Je me demandais quelle pouvait être la source de la souffrance d'Ilay. La première chose qui me vint à l'esprit fut la mort de sa famille.
— Ilay, s'il y a quoi que ce soit avec quoi je peux t'aider, dis-le-moi simplement.
Je le dis avec désinvolture. Mais Ilay me regarda intensément, comme s'il avait vraiment quelque chose à demander.
— Je ne peux pas encore le dire. Mais...
— Mais ?
Je plissai les yeux.
— Bientôt, juste une fois... accorde-moi une faveur.
Je ne pus répondre immédiatement. Pour qu'Ilay parle aussi sérieusement, ce n'était pas une affaire triviale. Cela pourrait même m'obliger à risquer ma vie et ma carrière.
Ma plus grande inquiétude... était que cela risque d'aller à l'encontre de l'Empire.
Il était rare qu'Ilay me fasse une demande aussi sincère. Je résistai à l'envie d'acquiescer. Si je n'avais pas fortifié mon esprit grâce au test psychologique, j'aurais peut-être dit que j'aiderais.
Ilay connaissait probablement aussi mon état mental actuel. En ce moment, j'étais un soldat plus rationnel et inébranlable que jamais.
« C'est pourquoi Ilay me le demande maintenant. »
Ilay n'avait pas essayé d'exploiter une quelconque hésitation ou faiblesse dans mon cœur. Il avait fait cette demande au sommet de ma résilience. Vraiment honorable de ta part, Ilay Carthica.
— Je ferai de mon mieux, mais je ne peux pas te donner de réponse définitive.
Ma réponse était diplomatique. Ilay pourrait penser que j'étais lâche.
— Merci de dire ça, Luka.
Ilay esquissa un sourire amer. Je sentis une lourdeur s'installer dans un coin de ma poitrine.
— Ilay, si tu es en danger sur le champ de bataille, même si les chances sont minces, je te sauverai. Même si cela me coûte la vie.
— Je sais. Je ne pense pas que tu sois lâche. En premier lieu, c'est impudent de ma part de demander sans même te dire de quoi il s'agit.
Avant d'être l'ami d'Ilay, j'étais un soldat de l'Empire. Clarifions cela et passons à autre chose. Je fermai les yeux et les rouvris. Mon regard serait aussi sec que celui d'un objet sans vie.
— C'est tout ce dont tu avais besoin ?
— Ouais, mais tu finiras par découvrir ce que je demande. J'aurais préféré que ce ne soit rien de plus que ma propre inquiétude inutile...
Ce serait mentir de dire que je n'étais pas curieux de savoir ce que pouvait être la demande d'Ilay.
Cependant, je ne fis aucun effort pour satisfaire cette curiosité. Ne cherche pas de connaissances inutiles. C'est une vertu d'un Garde Impérial.
* * *
Pendant les dix jours suivants, je ne vis pas Ilay. Il semblait occupé à préparer quelque chose à sa manière.
Je passais chaque journée avec diligence, sans Ilay ni Kinuan. J'avais même réussi à étendre mon système nerveux moteur, me permettant d'utiliser une prothèse à plus haute puissance de sortie.
Il y avait peu de progrès dans la Méthode de combat Arkies. Le combat Arkies doit être appris dans une bataille réelle. L'auto-apprentissage et l'entraînement seuls avaient leurs limites.
« Gilda, Gabriel. »
Cela faisait longtemps que je n'avais vu ni l'un ni l'autre. Mais j'avais l'impression que je pourrais passer ma vie entière sans les revoir.
Mon cœur durcissait. J'enterrai mes émotions confuses dans le sol comme des ordures, pressant la terre si fort qu'aucune odeur ne s'en échapperait.
Luka de la famille Kusthoria.
Le son de ces mots n'était pas si mauvais. En ce moment, c'était mon objectif immédiat.
Quinze autres jours passèrent. Je pouvais me sentir devenir de l'acier.
Oui, c'est mon vrai moi. J'avais retrouvé mon vrai moi — celui qui était sorti de l'orphelinat et s'était tenu devant le centre d'entraînement de la Garde Impériale.
C'est un mois plus tard que je vis enfin Ilay à nouveau.
Le Commandant de la Garde Impériale avait convoqué tous les cadets de ma promotion.
— Tout ce que je m'apprête à dire est classifié. Une fois compris, coupez toutes les communications externes.
Le Commandant de la Garde Impériale parla depuis le podium. Il scruta les cadets, laissant son regard se poser brièvement sur moi.
Je croisai le regard du Commandant, puis regardai autour de moi. Ilay se tenait également raide, attendant les mots du Commandant.
— À partir de ce moment, nous entrons dans une opération militaire spéciale...
L'explication du Commandant était longue. En bref, cela se résumait à ceci :
Premièrement, une rébellion avait éclaté.
Deuxièmement, les cadets de la Garde Impériale entreraient au combat en tant que chefs de peloton.
Troisièmement, l'une des familles impliquées avec les rebelles était la famille Ramoness.
La famille Ramoness — la famille de Lilian, la femme que j'avais rejetée. C'était aussi la famille de Claude, que j'avais dû tuer. Cette famille est maintenant une maison de traîtres. Une cible pour une purge.
Qu'est-ce que je ressens à ce sujet ?
Absolument merdique.