Chapitre 85 – Pas si indifférent après tout
Chapitre 85 – Pas si indifférent après tout
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Atticus s’approcha d’Aurora, qui pleurait à terre. Il se baissa à son niveau et lui releva doucement le menton, regardant directement ses yeux rouges et gonflés.
Son visage était trempé de larmes, du mucus sortait de son nez et ses yeux étaient gonflés. Atticus lui adressa son plus chaleureux sourire, un sourire rassurant, mais cela ne fit que faire pleurer Aurora encore plus fort.
Ses sanglots secouaient son corps fragile alors qu’elle s’accrochait à lui, ses petites mains agrippant ses vêtements, les trempant de ses larmes.
Atticus ne prononça pas un mot ; à la place, il offrit un réconfort silencieux à travers son étreinte. Il la serra contre lui, lui tapotant la tête d’une manière tendre et rassurante.
Dans cette ruelle isolée, les seuls sons qui résonnaient étaient les sanglots déchirants d’une jeune fille, témoignage de l’enfer qu’Aurora avait enduré depuis bien trop longtemps.
Après quelques minutes de larmes effrénées, l’épuisement la submergea. Les pleurs d’Aurora s’apaisèrent lentement, remplacés par des souffles doux et tremblants alors qu’elle sombrait dans un sommeil agité dans la main d’Atticus.
Atticus soupira : ‘Mais qu’est-ce que je fais ?’ se demanda-t-il. Sa décision d’intervenir dans l’affaire d’Aurora l’avait pris par surprise, remettant en question son image d’indifférence.
Il souleva délicatement sa frêle silhouette, la berçant contre sa poitrine, comme une princesse. Il la porta dans sa chambre, la déposa doucement sur son lit et la couvrit d’une couverture.
Aurora se mit à remuer légèrement, son corps cherchant instinctivement la chaleur et le réconfort. Atticus la regarda un instant, puis, le cœur déchiré, secoua la tête et quitta doucement la pièce en refermant la porte derrière lui.
Il alla s’asseoir sur le canapé du salon, le regard froid et distant.
Pourquoi Atticus avait-il fait cela ?
Même lui n’avait pas de réponse claire.
D’aussi loin qu’il se souvienne, Atticus s’était toujours considéré comme indifférent aux autres, ou du moins c’est ce qu’il croyait. Il avait toujours tenu sa famille en haute estime, chérissant par-dessus tout ses proches.
Il ne se considérait pas comme un scélérat ou un solitaire antisocial ; il se voyait plutôt comme quelqu’un qui ne se mettrait pas en quatre pour aider ceux qu’il ne jugeait pas importants.
Tout au long de sa vie sur Terre, ce principe l’avait guidé : une croyance inébranlable en la loi du talion. Il traitait les gens avec gentillesse, offrant de la bonté à ceux qui la lui rendaient et se vengeant de ceux qui lui faisaient du mal.
Même face à la souffrance des autres, cela n’avait guère ému ses émotions. Atticus s’était toujours enorgueilli de son indifférence envers quiconque en dehors de son cercle familial.
Dans sa vie passée, sa mère l’avait comblé d’amour et d’attention, et même dans cette vie, il continuait de recevoir de l’affection et des soins de la part de ses proches.
Cependant, le fait d’être témoin du tourment infligé à quelqu’un qui aurait dû être chéri par son propre père avait déclenché en lui un sentiment inhabituel. C’était une sensation qu’il ne pouvait pas vraiment définir.
Ce qui avait consolidé ce changement en lui, c’était la prise de conscience que la jeune fille en question, Aurora, n’était qu’une enfant. Elle n’avait que 10 ans !
Atticus ne put s’empêcher d’établir un parallèle entre sa situation et la vie des enfants de 10 ans sur Terre.
Malgré la maturation accélérée des enfants sur Eldoralth, il avait du mal à accepter la dure réalité à laquelle Aurora était confrontée.
Voir un enfant endurer un tel supplice était profondément troublant, quelque chose que seul le plus froid des cœurs pouvait ignorer.
Et il s’avéra que le cœur d’Atticus n’était pas aussi froid qu’il le pensait.
Au début, il était déterminé à ignorer la situation troublante qui se déroulait devant lui. Il voulait effacer de son esprit l’image obsédante d’Aurora cette nuit-là, espérant qu’en fermant les yeux, il pourrait se libérer des pensées lancinantes qui le tourmentaient.
Cependant, peu importe à quel point il s’efforçait d’oublier cette affaire, elle continuait de le ronger, refusant d’être ignorée.
Finalement, il décida d’agir.
Atticus savait qu’il n’était pas assez proche d’Aurora pour la convaincre de désobéir aux ordres de son père.
La peur qu’elle avait de Rowan était profondément ancrée en elle, la rendant obéissante malgré le trouble intérieur qu’elle ressentait sûrement. Il avait donc conçu une stratégie différente, qui nécessitait une délicate touche de manipulation.
Le plan était simple. Il avait remarqué qu’Aurora manquait de chaleur et d’affection dans sa vie. Elle n’avait pas d’amis au camp, sa mère était décédée et son père la traitait froidement.
Atticus s’était rendu compte que la clé pour l’aider était de lui faire désirer cette chaleur.
Pendant les nuits où il se montrait régulièrement, Atticus remarqua qu’Aurora commençait lentement à s’habituer à sa présence et même à l’apprécier.
Il avait été témoin du changement subtil de son comportement, de la façon dont elle commençait à anticiper leurs brèves interactions, trouvant du réconfort et une lueur de bonheur dans ces moments fugaces.
Il cessa donc brusquement de se montrer pendant un certain temps, observant de loin comment elle le cherchait à leur lieu de rencontre habituel.
Il avait vu la tristesse qui assombrissait ses yeux quand il n’était pas là, la réticence avec laquelle elle finissait par se retirer dans sa chambre quand il ne se montrait pas.
Atticus observa ce schéma se dérouler pendant plusieurs jours, réalisant qu’Aurora atteignait son point de rupture. C’est alors qu’il décida de réapparaître, poussant ses émotions à leur paroxysme.
Atticus était maintenant assis sur le canapé, le dos appuyé contre le dossier, et réfléchissait à ses actes.
Il marmonna doucement pour lui-même : « Je suppose que je ne suis pas si indifférent après tout, hein ? » C’était un aveu réticent, mais il avait accepté le fait qu’il se souciait de la situation.
Il poussa un profond soupir et murmura : « Maintenant, comment dois-je gérer ça ? » Il se demandait quelle était la meilleure façon de gérer la situation.