Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
On aurait dit que l’apocalypse s’était abattue sur la terre.
Le domaine d’Avalon était sans aucun doute un véritable enfer sur terre.
Tout l’environnement s’était transformé en un brasier infernal, avec des colonnes de feu s’élevant violemment du sol.
Le ciel au-dessus du domaine était une masse sombre et tourbillonnante de nuages, déchirée par intermittence par des éclairs enflammés.
Le sol était un désert craquelé et fumant, traversé par des rivières de lave en fusion.
La chaleur était si intense que même les rochers étaient incandescents, et toute végétation ou source d’eau qui avait pu exister auparavant avait été instantanément incinérée lors de la libération du domaine.
‘Incroyable.’
C’est Atticus qui pensa cela. L’atmosphère était complètement oppressante, l’air scintillant sous l’effet de la chaleur extrême.
Cependant, malgré la chaleur incroyable qui régnait dans tout l’espace, Atticus ne ressentait absolument aucun inconfort. En fait, le feu l’enveloppait d’une douce étreinte, et il était plus que surpris de se sentir guérir. Quand le feu pouvait-il guérir ?
Pourtant, c’était ce qui se passait sous ses yeux.
‘Ce contrôle du feu…’
Atticus avait beaucoup progressé dans sa maîtrise de l’élément feu, mais il pouvait le sentir : son contrôle n’était rien comparé à ce qu’il vivait actuellement.
Le feu semblait vivant. Atticus pouvait sentir l’intense colère qui se dégageait des molécules de feu. Les flammes qui l’entouraient étaient chaudes et bienveillantes, mais le feu partout ailleurs dans la pièce était courroucé.
Atticus tourna son regard vers Avalon qui se tenait devant lui, puis vers les deux silhouettes qui luttaient au loin, et esquissa un sourire. « Je m’attendais à ce qu’il soit puissant, mais là, c’est trop. »
Les domaines de deux grands maîtres+ étaient en train de perdre face à une seule personne. C’était un fait qui aurait choqué n’importe qui, et Alvis et Ronad étaient en effet plus que choqués.
Même s’ils savaient qu’ils finiraient par perdre, ils s’attendaient à ce que l’un de leurs domaines affronte Avalon en premier.
Mais avec leurs deux domaines combattant activement celui d’Avalon, ils pensaient que son attention serait divisée entre les deux fronts et que l’intensité de l’attaque serait encore plus forte. Alvis et Ronad, ainsi que toute personne sensée, s’attendaient à ce que leurs domaines combinés surpassent celui d’Avalon ou, à tout le moins, parviennent à une impasse !
Cependant, la dernière chose à laquelle ils s’attendaient était que le domaine d’Avalon domine le leur de manière aussi écrasante.
Alvis et Ronad étaient tous deux à distance l’un de l’autre. Le monde qui avait autrefois été vaste et grandiose dans son ensemble avait été réduit à une petite parcelle d’air entourée de feu.
Un domaine, l’incarnation du pouvoir d’un grand maître — qui, une fois libéré, était une catastrophe naturelle à lui seul, majestueux et puissant — avait été réduit à cela.
Il en allait de même pour Alvis, dont l’aura sombre et inquiétante qui composait son domaine était confinée à un rayon de 30 mètres et rétrécissait progressivement.
‘Merde, on est des pions’, pensa Alvis, le regard glacial. Ronad et lui venaient de commettre une terrible erreur qui pourrait leur coûter la vie.
Convaincus de pouvoir combattre et vaincre Avalon, Alvis et Ronad s’étaient abstenus d’utiliser leurs artefacts de fuite. Mais dès qu’Avalon les eut engloutis, cette voie de sortie devint obsolète.
« Ariel Ravenstein. Tu te souviens de lui ? »
La voix d’Avalon résonna dans tout l’espace, comme si un dieu s’adressait à un groupe d’êtres inférieurs. Malgré l’enfer qu’il venait de déchaîner, il semblait toujours calme.
Ronad plissa les yeux avant d’esquisser un large sourire. Il était inquiet de la situation, mais il lui était impossible de ne pas provoquer le chaos alors que l’occasion se présentait.
« Hmm, j’ai tué beaucoup d’entre vous, singes aux cheveux blancs. Mais je me souviens d’un imbécile en particulier. Il pleurait en appelant ses enfants ! »
Ronad éclata d’un rire rauque avant de tenter pathétiquement d’imiter la voix d’Ariel sur un ton moqueur.
« Ember… Caldor, je suis désolé ! Hahaha ! » Le rire de Ronad ne semblait pas vouloir s’arrêter.
Cependant, Avalon restait calme, le visage impassible. Il se tenait à plus de cent mètres de Ronad.
Mais l’instant d’après, avant même que quiconque ait eu le temps de cligner des yeux, il se trouvait devant Ronad, sa main fendant l’air à une vitesse fulgurante.
En moins d’une nanoseconde, la distance entre eux avait disparu, comme si Avalon avait toujours été là.
Ronad n’avait même pas remarqué la présence d’Avalon avant que la main ouverte de ce dernier ne vienne frapper sa joue gauche avec une force cataclysmique.
Le choc envoya une onde de choc à travers le corps de Ronad, sa peau se déformant et se tordant sous l’effet de l’énergie qui traversait son visage.
C’était comme si un raz-de-marée de force s’était abattu sur lui, sa pommette craquant sous la pression, la chair ondulant vers l’extérieur au ralenti avant de revenir en place dans un recul douloureux.
Sa vision se brouilla alors que son corps était violemment projeté par l’élan. Son esprit luttait pour suivre, le monde tournoyant autour de lui tandis que la force de la gifle le propulsait sur le côté à une vitesse stupéfiante.
Il fut envoyé valdinguer dans les airs, son corps se tordant dans une spirale incontrôlée, la tête la première.
Juste avant de perdre connaissance, il parvint à se raccrocher à la vie, son instinct reprenant le dessus alors qu’il luttait pour reprendre le contrôle.
Ses pieds heurtèrent violemment le sol et il glissa sur la terre, creusant de profonds sillons dans la boue molle alors qu’il luttait pour rester debout.
‘Est-ce que je viens de recevoir une gifle ?’ Ronad avait du mal à comprendre ce qui venait de se passer.
Mais avant même d’avoir le temps d’analyser cette pensée, un autre mouvement vint remplir son champ de vision, et une deuxième gifle dévastatrice s’abattit sur son autre joue.
La force n’était pas moins terrifiante, le propulsant une nouvelle fois dans les airs, son corps tournoyant de manière incontrôlable tandis que le monde se mettait à tourner autour de lui.
Ronad s’écrasa au sol, son corps roulant et rebondissant sur le terrain impitoyable. Il tenta désespérément de retrouver son équilibre, mais la force du coup le désorienta, ses sens se brouillèrent alors qu’il dérapait pour s’arrêter une fois de plus.
Le monde tournait, son visage brûlait de douleur et le goût du sang emplissait sa bouche.