Chapitre 111 – Égoïste
Chapitre 111 – Égoïste
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Dès que Vorlock vit la tête d’Astrion tomber du ciel, son cœur se serra immédiatement sous le choc. C’était comme si son monde entier s’écroulait.
Astrion perdant face à un enfant ? Il ne pensait pas qu’une telle chose était possible.
Il faut noter qu’Astrion était connu comme un génie parmi les génies dans le rang expert. Vorlock pouvait compter sur un doigt les personnes dans le domaine humain dans le rang expert qui pouvaient le combattre de front et ne pas perdre instantanément.
La lignée spatiale d’Astrion était tout simplement surpuissante.
Mais perdre instantanément face à un enfant ? Vorlock se donna une petite tape sur la joue pour voir s’il rêvait, mais la tape sembla le ramener à la réalité et le sortir de ses pensées, comme si son cerveau venait de se mettre à fonctionner.
‘Mais qu’est-ce que je fous encore ici ?!’ pensa-t-il frénétiquement, réalisant soudain la situation désastreuse dans laquelle il se trouvait.
‘Qui se soucie de savoir s’il est un enfant ? Ce qui compte, c’est que s’il a pu tuer Astrion aussi facilement, qu’est-ce qui m’arriverait ?!’
Aussi dérangé qu’un individu puisse être, l’instinct de survie est toujours présent en chacun de nous.
Sans perdre de temps, Vorlock se retourna et commença à s’éloigner rapidement de la scène. Son intention était claire : il fuyait pour sauver sa vie !
Mais Atticus le laisserait-il faire ?
À une vitesse que Vorlock pouvait à peine imaginer, d’innombrables entailles azurées le transpercèrent soudainement. Elles étaient si rapides qu’il ne sentit même rien.
Elles continuèrent leur course, découpant les arbres devant Vorlock.
‘Qu’est-ce que c’était ?’ pensa-t-il immédiatement en voyant les arbres tailladés devant lui, mais seul le silence lui répondit.
Et puis soudain, il entendit le son d’une voix qui fit frissonner tout son être.
« Série Katana, 2e art : Tranchant Éternel »,
Et comme si cela avait été le déclencheur, Vorlock ne put réagir alors que sa forme commençait à se diviser, en commençant par sa tête, puis son torse, ses mains, ses jambes. Vorlock tomba en morceaux, sans vie.
Atticus rengaina froidement son katana.
Il laissa soudain échapper un souffle très profond. Bien que les combats aient été courts, ils lui avaient tout de même beaucoup coûté. Chaque centimètre de son corps était mis à rude épreuve pour contenir cette énorme quantité d’énergie.
Il était sûr que la seule raison pour laquelle il se sentait encore plein de vie était l’énergie qui coulait encore en lui.
Atticus savait que l’une des principales raisons pour lesquelles il était capable de gérer cette énergie était son talent Mythique. Gérer ce pouvoir sans un corps exceptionnellement adaptable était un suicide.
Le talent indiquait simplement à quel point un individu pouvait s’adapter au mana par rapport aux autres, tandis que les rangs indiquaient le niveau de mana auquel le corps d’un individu s’était déjà adapté.
Et à chaque rang, quel que soit le talent, chaque individu avait fondamentalement les mêmes niveaux de mana dans son corps.
Bien que cette énergie qui le parcourait ne soit pas que du mana, Atticus savait que son talent jouait un rôle important dans la maîtrise de ce pouvoir.
Il avait su instinctivement que si l’énergie était un peu plus élevée, son corps n’aurait pas été capable de la supporter. C’était comme si la source de l’énergie savait exactement combien il pouvait en supporter.
Son katana, qui se mit soudain à briller, attira son attention. Et comme si un aspirateur vidait rapidement quelque chose, Atticus sentit le pouvoir qui coulait dans son être s’épuiser.
En moins d’une minute, il se retrouva complètement vidé.
C’était comme si ses « batteries » avaient été soudainement retirées. Il se sentait fatigué, tout son corps lui faisait mal, et le mana dans son cœur était complètement vide.
Il ne pouvait se tenir debout que grâce à sa volonté. Atticus ne put s’empêcher de regarder son katana. ‘Était-ce Cedric ?’ se demanda-t-il.
Cedric lui avait dit de s’attendre à quelque chose avant de quitter le royaume de l’Arme de vie, il était donc logique que ce soit lui qui lui donne un coup de pouce.
Mais Atticus ne put s’empêcher de se demander si ce gain soudain de force n’avait pas de conséquences, n’est-ce pas ?
Atticus était bien conscient de la situation de Cedric à l’intérieur de l’Arme de vie. Il était pour ainsi dire prisonnier, et le fait que seule son âme se trouvait dans le royaume rendait la situation encore plus mystérieuse.
Comment avait-il réussi à lui donner un tel coup de pouce extraordinaire en termes de puissance, et à quel prix ?
Le regard d’Atticus plongeait dans son katana comme s’il cherchait des réponses, mais ce dernier se contentait d’émettre une subtile vibration.
Atticus, qui était lié à elle, sut immédiatement ce qu’elle ressentait : elle était timide.
Cette révélation fit rire Atticus, ce qui envoya une vague de douleur dans tout son corps. Pour une arme aussi puissante qui asservissait fondamentalement l’âme de ses utilisateurs, ses réactions étaient étonnamment innocentes.
La situation sembla détendre un peu Atticus, mais son humeur sembla changer complètement alors qu’il regardait le corps mutilé de Vorlock.
C’est vrai, il avait tué quatre personnes aujourd’hui. Atticus ne put s’empêcher de prendre une profonde inspiration.
Plus tôt, lorsqu’il avait tué cet homme pour sauver Ember, Atticus s’était senti malade et dégoûté par ses actes.
Peu importe à quel point il était cruel et indifférent envers les autres, peu importe à quel point il pouvait être cruel et brutal envers les autres, prendre la vie d’un autre être humain était profondément différent.
Mettre fin à la vie d’un être humain qui avait des rêves, des objectifs et des aspirations n’était pas quelque chose qu’on devait simplement ignorer, aussi mauvaise que puisse être la personne.
Seul un psychopathe dérangé pouvait mettre fin à une vie et ne plus y penser, ce qui n’était clairement pas le cas d’Atticus. Malgré son désir ardent de se venger de l’être qui l’avait envoyé ici, Atticus n’avait en fait jamais pensé à le tuer.
Mais tous ces sentiments avaient été mis de côté lorsqu’il avait failli mourir et avait été envoyé dans le royaume de l’Arme de Vie. Dans ce royaume, pendant des mois, Atticus s’était entraîné sans relâche jusqu’à ne plus pouvoir lever le petit doigt.
Il était constamment seul dans ses pensées. À part s’inquiéter constamment de ce qui se passait à l’extérieur, même s’il savait que le temps passait lentement à l’extérieur, c’est pendant cette période qu’Atticus avait pu réfléchir calmement à tout.
Le meurtre était-il mal ? Prendre la vie d’un autre être humain était-il mal ? Le fait d’avoir une bonne justification rend-il cela juste ? Après avoir réfléchi à ces questions pendant des mois, Atticus a finalement trouvé une réponse : cela n’a pas d’importance.
Il pouvait dire qu’il avait tué cet homme parce qu’il voulait protéger Ember. Il pouvait dire qu’il avait tué Astrion et Vorlock parce qu’il ne faisait que se défendre et qu’il essayait de protéger tout le monde.
Mais cela, au final, n’était qu’une excuse. Cela ne changeait rien au fait qu’il avait ôté la vie à un autre être humain. Cela ne changeait rien au fait qu’il avait ôté la vie à une personne qui avait peut-être des proches qui l’attendaient à la maison.
Atticus était beaucoup de choses, mais il n’avait jamais été hypocrite.
Il avait accepté ces faits. Il avait accepté d’être égoïste. Il avait accepté d’être un meurtrier. Il avait accepté de faire tout ce qu’il fallait pour se protéger et protéger ses proches, quel qu’en soit le prix.
Oui, il avait tué ces hommes. Oui, il avait ôté une autre vie.
Si la même situation se présentait à nouveau, adopterait-il toujours la même approche ? Prendrait-il toujours la vie d’un autre être humain ? Oui, il le referait sans aucune hésitation !
Les yeux d’Atticus semblaient briller d’intensité alors que sa résolution se renforçait. « Pour me protéger moi-même et protéger mes proches, je deviendrai égoïste. »