Chapitre 539
« Je crois que chacun devrait faire ce qu’il aime. »
Ce furent les premiers mots de Cheonghyeon quand il commença à m’apprendre la composition. Vu sa façon de voir les choses, ce n’était pas particulièrement étonnant de l’entendre dire ça. Mais j’avais déjà dépassé l’âge où je pouvais simplement partir à la recherche de mon rêve, alors je lui avais demandé :
« Ne devrait-on pas plutôt faire ce dans quoi on est doué ? »
« Ce dans quoi tu es doué finira par se révéler au grand jour. Mais si tu ne fais pas ressortir ce que tu aimes, ça finira enfoui sans que personne le sache. »
C’était peut-être pour ça que ses devoirs comportaient toujours une consigne du genre : « Trouver les éléments qui te plaisent ». Chercher des accords qui sonnaient bien à mes oreilles, choisir un style de basse que j’aimais, et ainsi de suite.
Les devoirs ne se limitaient pas à la musique. Les sujets étaient innombrables : styles vestimentaires, sports, et même mes sunbaenim préférés. Quand j’essayai de consulter d’anciens directs de questions-réponses pour vérifier les goûts indiqués sur mon profil, il m’arrêta.
« Oublie l’ancien Kim Iwol ! C’étaient les goûts d’hier ! »
« Les gens ne vont pas me trouver incohérent si je fais ça ? »
« Tu crois qu’on passe toute sa vie exactement comme on est né ? Concentre-toi sur le présent ! »
Il faisait exception pour mes goûts alimentaires, disant qu’il savait qu’ils n’avaient pas changé. Je ne savais pas d’où lui venait cette assurance. Qu’aurait-il fait si je lui avais dit que je n’aimais plus le jjolmyeon ?
Tout ce processus m’était étranger et me paraissait extrêmement difficile. J’avais passé ma vie à une époque où l’on me disait qu’il fallait être doué en tout pour survivre et que, si je n’excellais pas dans un domaine, on pouvait me remplacer à tout moment. Qu’on me demande d’agir selon mes propres préférences me semblait aussi absurde qu’une annonce d’emploi exigeant une expérience préalable d’un poste de débutant.
Mais puisque mon professeur m’avait donné ce travail, je fis consciencieusement tous mes devoirs. Une chanson dont la structure explosait franchement au moment fort me semblait un peu plus addictive. Les sons métalliques et le bruit avaient un caractère bien à eux. Et dans toutes les chansons que j’écoutais souvent, les basses semblaient monter en volume dès l’intro.
La critique de Cheonghyeon après avoir vérifié mon devoir fut très simple.
« Alors, c’est ça que Hyung aime. »
Le devoir suivant consistait à réunir tous ces éléments dans une chanson. Je me demandais : « Mais qu’est-ce que je suis censé faire avec ça ? » Seulement, mon professeur me surveillait avec les yeux d’un aigle harpie, alors impossible de me relâcher. Même si je lui demandais : « Professeur, c’est juste ? », il me répondrait seulement : « Oui, c’est original et réussi ! »
Tremblant, j’empilai des pas hésitants et grimpai toujours plus haut. Pour cette première chanson composée par un tout-petit, nous avancions tous deux à petits pas chancelants, elle et moi. 『Connect』 trébuchait avec moi et fit ses premiers pas incertains en partant de la ligne mélodique principale.
『Dis-moi, qu’est-ce que tu vois ?
S’il existe un avenir
Dans le monde que tu vois』
« Ce n’est vraiment pas facile de faire face à ses propres faiblesses. »
C’était douloureux de mesurer mes compétences médiocres à l’aune des exigences élevées que je m’étais fixées. Dans la Salle de conférence, je discutais des chansons à la mode de compositeurs talentueux comme Cheonghyeon, en remontant mes lunettes comme un expert en musique, puis je retournais à la Salle de répétition, où le métronome claquait comme un fouet tandis que je me confrontais encore et encore à la réalité.
Alors que je piétinais après quelques pas, Kiyeon me surprit avec une remarque inattendue.
« C’est peut-être parce que tu commences à avoir de l’ambition, Hyung ? »
« Moi ? »
« Quand tu as commencé la danse, tu nous as dit de ne pas t’attendre et que, malheureusement, tu avais déjà fait de ton mieux. Tu es déçu parce que tu as des exigences élevées et que tu veux réussir. Je pense que c’est bon signe. »
Les gens autour de moi étaient gentils. Ils m’encourageaient sans compter. Personne ne disait : « C’est parce que tu n’es pas assez doué. » Ils me rappelaient que c’était normal pour un débutant.
« Tout le monde passe par une période où son niveau est lamentable. J’espère que tu ne t’attarderas pas trop là-dessus, Hyung. »
« Même si je n’ai aucune idée de quand je vais progresser ? »
« Le jour où tu t’amélioreras finira forcément par arriver. »
Kiyeon avait raison. À force de persévérer, de petits moments de joie commencèrent peu à peu à se présenter. Quand je trouvais une place pour une mélodie que je gardais sous le coude simplement parce que je tenais absolument à l’utiliser, ou quand je dénichais un effet qui s’accordait à la perfection, la catharsis était incroyable.
Je n’oublierais jamais ce que j’éprouvai le jour où je fis écouter la chanson du début à la fin pour la première fois. Il restait encore beaucoup de choses à peaufiner, et elle ne comptait que cinq pistes, comme un bâtiment dont on n’aurait monté que l’armature métallique.
« Tu en es si fier que ça ? »
« Tu as l’air tellement heureux, Hyung… ! »
Même les membres de Spark ne pouvaient s’empêcher de me faire une ou deux remarques en me voyant. Je leur expliquai que c’était le sentiment d’accomplissement qu’on éprouvait en apprenant quelque chose de nouveau, mais Kiyeon me rabroua aussitôt.
« Pourtant, tu n’étais pas comme ça quand tu as commencé la danse. »
« La danse et la musique, c’est vraiment si différent que ça ? »
En se grattant la tête, Kiyeon se mit dès ce jour-là à m’accompagner aux cours de composition de Cheonghyeon chaque fois que son emploi du temps le lui permettait. Il ne cherchait pas à apprendre la composition lui-même ; c’était uniquement par curiosité.
« Si je sais ce qui intéresse Hyung, je pourrai mieux guider les répétitions de chorégraphie, non ? »
Avec un excellent professeur et un superviseur de chaque côté, je réussis à progresser modestement, même sans faire de bonds en avant. Chaque instant était si rempli par les gens autour de moi que mes souvenirs d’études et de travail en solitaire commençaient à s’estomper.
『C’est probablement
Frapper à la porte』
Même si je ne pouvais pas garantir le résultat, j’étais sûr de pouvoir me lancer. Je l’avais simplement oublié pendant quelque temps à cause de Manager Nam, mais j’avais toujours réussi à survivre tant que j’avais quelqu’un sur qui m’appuyer. Plusieurs personnes étaient près de moi et je pouvais leur demander de l’aide ; d’autres m’avaient dit qu’elles me soutiendraient quoi que je fasse. Alors, rien ne m’était impossible.
Je n’abandonnai donc pas en cours de route. Et je finis par aller au bout.
Quand je plaçai des batteries aux rythmes finement découpés sur une base solide et que j’y ancriai les notes de basse, une fondation indestructible commença à se former. Chaque fois que je rassemblais et assemblais des sons d’instruments, ils s’emboîtaient comme des engrenages pour créer un mouvement inédit. Les voix vinrent se superposer, et 『Connect』 prit le large.
J’écrivis la chanson comme on construit un robot avec des blocs, en rassemblant les éléments qui me plaisaient et en utilisant les petits accomplissements comme de la colle.
Ce ne fut qu’après avoir sauvegardé le morceau terminé, fermé le programme et aperçu le fond d’écran de l’ordinateur de mon studio — si couvert de photos qu’on distinguait à peine l’image de fond — que je compris ce que j’avais voulu créer avec les choses que j’aimais le plus à cet instant.
『C’est sûrement ce que je voulais』
« Tu vas supprimer toutes les photos ? »
« Oui. Je n’en ai plus besoin comme références. »
« Pourquoi tu ne les mets pas dans un dossier pour les garder ? Tu auras rarement l’occasion d’en rassembler autant. Je suis sûr que tu t’en resserviras. »
Kiyeon, venu me chercher pour la répétition de danse, posa le menton dans sa main et réfléchit un instant. Puis, toujours plongé dans ses pensées, il attrapa la souris et créa un dossier.
Le nouveau dossier s’appelait…
[Références] Images de Flame
« Au fait, tu aimes vraiment beaucoup Spark, pas vrai, Hyung ? Tu as du magma qui coule dans les veines ou quoi ? »
J’allais aussitôt nier ce que venait de dire Kiyeon. J’allais prétexter que c’était simplement parce que je m’étais habitué à voir les images les plus proches de moi.
Mais dès l’instant où j’avais appelé la chanson 『Connect』, c’était comme si je l’avais avoué.
Ce à quoi j’avais le plus pensé en composant ce morceau, et ce que je ressentais pour eux.
『De toutes mes forces』
Une expression revenait systématiquement dans les critiques de 『Connect』. Elle était toujours suivie de remarques comme : « Je veux l’entendre en concert » ou « C’est une chanson faite pour la scène ».
Les gens avaient raison. Avec les acclamations explosives du public, même cette chanson encore imparfaite sonnait sacrément bien. C’était comme si le public l’avait achevée. Puisque je l’avais conçue et écrite dès le début en pensant à la scène où Spark pourrait briller de tout son éclat, c’était sans doute normal.
Jeho et Seongbin s’agenouillèrent au centre de la scène, un genou relevé. Derrière eux, Cheonghyeon et Joowoo plièrent les bras pour former un appui.
Au centre, Kiyeon posa son bras droit sur ce solide appui. De la main gauche, il forma un pistolet, puis croisa les bras en X. Son visage, caché derrière des lunettes de protection et illuminé d’un sourire qui vous gonflait le cœur, apparut en gros plan sur les écrans géants de chaque côté de la scène.
Le Kiyeon qui restait assis seul dans un coin, blessé et en pleine période de doute, avait disparu. Le Kiyeon qui craignait la caméra aussi. À sa place se tenait Seongbin, entouré des membres qui étaient restés à ses côtés et l’avaient protégé sans jamais quitter l’équipe.
« … C’est pour que mes activités soient plus faciles, pas parce que je me force à continuer. Tu n’as pas à t’inquiéter. »
Pourtant, il n’avait pas abandonné et se tenait sur cette scène, comme autrefois. Quels qu’aient été les obstacles rencontrés jusque-là.
+
[Volonté éternelle de Spark] Kiyeon
Kiyeon (21 ans)
Parcours
─ Danseur principal de Spark, 4e année
+
Clic. Le bruit d’une gâchette qu’on pressait retentit. Le bras de Kiyeon recula comme s’il venait de tirer quelque chose du bout des doigts.
『Pour que tu ressentes
Comme un destin inéluctable』
Pourquoi avais-je cru que ce choix me soulagerait ?
Je ne pouvais plus supporter de regarder, alors je m’enfuis de la salle de concert comme si je prenais la fuite.
***
Le concert avait commencé depuis plus de deux heures. Toutes les performances seraient bientôt terminées. Si ça avait été un festival de fin d’année, elle aurait peut-être pu espérer une scène spéciale ou quelque chose du genre, mais elle ne pensait pas qu’ils auraient prévu autant de choses pour un concert caritatif.
Oubliant les heures passées à grelotter, elle trépignait d’excitation et regrettait déjà que tout se termine. Elle avait si chaud qu’elle avait l’impression de brûler.
Son amie, qui attendait avec elle depuis le matin, n’était pas en reste. La lightstick orange qu’elle serrait dans sa main tremblait violemment.
« C’était pas incroyable, franchement ?! »
« C’était fou… complètement fou… »
En plein délire, elles se tapotèrent rapidement les bras l’une l’autre. L’exaltation qui montait leur donnait l’impression de flotter. Elle se sentit même fière, en songeant qu’elle avait tant travaillé pour ses examens juste pour vivre ce moment.
« Je n’aurais jamais cru qu’ils chanteraient 『Connect』. »
« Mais oui ! Il y a une raison pour laquelle les Sparklers disent qu’il faut entendre 『Connect』 en vrai… »
En tant que fans, leur conversation tournait encore et toujours autour de la performance de Spark. Depuis l’entrée du groupe sur scène jusqu’à bien après son départ, elles étaient restées dans cet état. Même si leur groupe préféré n’avait joué que dix minutes après toutes ces heures d’attente, leur excitation ne retombait toujours pas.
Même sur place, elles s’échangeaient les aperçus publiés en temps réel. Parler des tenues de Spark, de leurs expressions qu’elles distinguaient mal de loin et de la chorégraphie modifiée qu’ils ne leur avaient encore jamais montrée, ça ne les lassait pas.
Après avoir bavardé un moment avec elle, son amie regarda soudain autour d’elles. Quand elle lui demanda pourquoi, son amie désigna l’espace derrière elle.
« Le grand type qui était là tout à l’heure, il est parti ? »
« Ça fait un moment qu’il n’est plus là. Il a dû partir en plein milieu. »
Elle repensa au grand homme qui s’était tenu à côté d’elle. Vu qu’il avait choisi de se placer assez loin derrière et qu’il n’avait jamais sorti son téléphone, il n’avait pas l’air d’être venu spécialement pour prendre des photos. Il ne semblait pas non plus accompagné ; il était resté immobile comme une statue de pierre, les yeux rivés sur la scène.
« Tu ne lui as pas donné quelque chose ? Je l’ai vu fouiller dans son sac. »
« Ah, je lui ai donné un mouchoir. »
Elle entrouvrit un peu sa doudoune, étouffant de chaleur.
« Il pleurait… »
« Il pleurait ? »
« Je n’en suis pas complètement sûre, mais tu vois… j’en ai eu l’impression ! »
Au début, elle l’avait trouvé bizarre et avait essayé de garder ses distances. Pendant tout le trajet jusqu’au concert, son père lui avait répété qu’elle devait faire très attention dans les endroits bondés remplis d’inconnus. Elle était donc restée sur ses gardes, mais quand il lui avait donné une chaufferette avant de replonger dans le silence, elle avait cessé de penser à lui et s’était contentée de profiter du concert.
Mais quand Spark leur avait fait signe avant de disparaître derrière la scène, les mains de l’homme étaient sans cesse remontées vers son visage. En jetant un coup d’œil de côté, elle l’avait vu se frotter le coin des yeux du bout des doigts. Elle s’était d’abord demandé s’il avait de la poussière sur le visage, puis il s’était essuyé brutalement les yeux et les joues avec la paume. Malgré ses traits indistincts, le bout de son nez rougi se voyait clairement.
Si elle racontait ça à qui que ce soit, on la traiterait de folle et on lui demanderait si elle croyait qu’on croisait facilement dans la rue un homme avec ce physique et cette allure. Mais, d’une certaine façon…
Cet homme lui avait fait penser à Kim Iwol. Cette impression lui donna, à elle qui était plutôt timide, le courage de se mêler des affaires d’un inconnu.
« Quand ça ? »
« Quand la performance de Spark s’est terminée. Je me demande bien pourquoi. »
« Peut-être que son ex-petite amie aimait Spark ? »
« Alors je lui ai donné des mouchoirs. Il fait déjà un froid de canard, et si en plus tu pleures, tu dois te sentir encore plus mal. Il est sûrement venu pour profiter du concert ! »
En l’entendant parler avec tant de gentillesse, elle se rappela les conseils d’une connaissance plus âgée. Quand on était accompagnée comme aujourd’hui, tout allait bien, mais seule, il fallait toujours faire attention ; avec les adultes, on n’était jamais trop prudente. Sachant que ces paroles venaient de l’affection qu’on lui portait, elle hocha la tête.
« Ah, je crois que ça se termine… »
Un petit soupir s’éleva quelque part. Les animateurs quittèrent l’espace où ils présentaient le spectacle et se dirigèrent vers la scène pour le conclure. Quelques personnes qui avaient compris que la fin approchait commencèrent à prendre le chemin de la sortie. Pour sortir leur voiture un peu plus vite ou attraper les transports en commun, elles devaient se dépêcher.
« Ton père a dit qu’il t’attendait dehors, pas vrai ? Tu ne devrais pas sortir un peu avant les autres ? Si tu traînes ne serait-ce qu’un peu, les embouteillages vont être terribles. »
« Oui, tu as raison… »
Quand elle alluma son téléphone, elle avait déjà reçu un message de son père. Il disait qu’il l’attendrait devant la sortie. Elle avait beau lui avoir dit de patienter dans la voiture, il s’inquiétait sans doute à l’idée que sa fille traverse seule le parc jusqu’au parking.
Depuis qu’elle s’était mise à aimer Spark, son quotidien avait beaucoup changé. Elle s’était fait plusieurs amies qui adoraient les mêmes Idoles et travaillait avec plus d’entrain parce qu’elle voulait obtenir la permission d’acheter des albums. Elle avait retrouvé son énergie.
C’était peut-être une coïncidence, mais son père avait lui aussi changé peu à peu à la même époque. Qu’il laisse sa fille assister à un concert comme celui-ci alors qu’il ne l’avait jamais laissée sortir seule auparavant, c’était impensable. Les autres disaient que c’était parce qu’il l’aimait trop, mais elle avait plutôt eu l’impression d’étouffer.
Mais son père avait changé, à un moment donné. Il avait commencé à lui demander s’il voulait vraiment tout faire à sa place ou s’il y avait des choses qu’elle voulait essayer par elle-même. Même quand il reconnaissait qu’il s’inquiétait, il ne l’enfermait plus dans ses bras.
Elle avait le sentiment que son père lui faisait peu à peu confiance. Une fois qu’elle eut compris que ses remarques répétées venaient de son inquiétude et de son affection, elle cessa de s’en sentir blessée. Comme elle était sûre que son père l’écouterait, elle pouvait lui parler franchement de tout.
Autrefois, quand son père l’interrogeait sur sa vie privée, elle devait faire des efforts pour cacher son esprit de rébellion. Elle avait eu l’impression qu’il essayait de contrôler sa vie simplement parce qu’elle se faisait des amis sur Internet. Même en sachant qu’il ne voulait pas lui faire de mal, elle s’était tout de même sentie étouffée.
« Mon père a dit qu’il te déposerait aussi à la gare, unnie. Tu veux qu’on y aille ensemble ? »
À présent, les choses étaient différentes. Elle savait que son père attendrait dans les environs, tout en laissant à sa fille la liberté d’aller où elle voulait jusqu’à ce qu’elle l’appelle.
En acceptant cet amour de son plein gré et en commençant à avancer par ses propres moyens, elle élargirait peu à peu son horizon.
Et elle deviendrait une personne très gentille.