Chapitre 66
Après le film, Cole et Elina passèrent d’abord par le terrain de golf, surtout par acquit de conscience. L’endroit était désert, à l’exception de deux clients du complexe qui jouaient au putting sur le green du fond ; aucun des deux ne ressemblait de près ou de loin à leurs hommes.
Rien d’étonnant. Cole ne s’était pas vraiment attendu à les trouver là ; l’excuse du « golf » n’avait convaincu personne. Ils devaient quand même vérifier. Une fois l’évidence confirmée, la seule chose sensée à faire était de suivre la piste jusqu’à l’endroit où leurs amis s’étaient vraiment retrouvés.
Ils trouvèrent tout le monde au bowling, déjà bien engagés dans une partie qui semblait particulièrement disputée. Le tableau des scores racontait tout avant même que quiconque ait pu leur expliquer : Miles était en train de réussir une partie parfaite. Mack et Ethan affichaient des scores respectables, autour de 140 et 150, mais ils étaient loin, très loin, des strikes à répétition de Miles.
Bref, ayant débarqué à la toute fin de la compétition, Cole et Elina s’étaient contentés de regarder. Miles termina avec un score de 300, puis se vanta comme un coq jusqu’à ce qu’ils regagnent leurs chambres. Il continua le lendemain, jusqu’à ce que l’océan lui donne autre chose à penser.
Les eaux limpides et les mimosas coiffés de petits parasols en papier avaient le don de dissoudre tout ce qu’on traînait avec soi, qu’on ait envie de lâcher prise ou non. Ils passèrent la majeure partie de la matinée à patauger comme des idiots et à bâtir des forteresses de sable avec la magie. Après assez de soleil et d’eau salée, le déjeuner s’imposa de lui-même.
Le Pavillon l’avait surpris. Cole ne s’était pas attendu à ce que quoi que ce soit, dans ce monde, puisse toucher la part de son palais qui se souvenait des week-ends de repos, des bons restaurants et des repas qu’on ne prenait pas uniquement parce que l’emploi du temps l’exigeait.
Entre l’agneau presque semblable au vrai, les agrumes de substitution et l’ail vaguement reconnaissable, le restaurant s’était approché de très près de certains des meilleurs plats méditerranéens qu’il avait mangés chez lui. Et le pain ! Bon sang, il lui prouva que quelqu’un ici comprenait vraiment ce que devait évoquer le mot « méditerranéen », même si cette personne n’avait pu le reconstituer qu’à partir de descriptions.
Était-ce authentique ? Non ; rien ne l’était jamais ici. Mais c’était assez convaincant pour qu’il cesse de s’attendre au pire.
La salle de concert avait suivi le même principe, même si le pari était moins risqué. Une société victorienne sans musique orchestrale aurait été comme la France sans vin ni croissants : techniquement possible, mais contraire à quelque chose de fondamental.
La salle de concert tint exactement ses promesses : sièges de velours, ornements dorés et ensemble de musiciens qui savait ce qu’il faisait. Cole aurait été incapable de distinguer une fugue d’un concerto ou quoi que ce soit d’autre, mais si Ethan était aussi absorbé, c’était que la représentation devait être excellente. Même Miles resta silencieux pendant toute l’heure, ce qui tenait peut-être du véritable miracle.
Les jours suivants, ils essayèrent à tour de rôle tout ce que le complexe avait à offrir. Le patinage sur glace ne fut guère qu’un prétexte pour regarder Miles se vautrer deux fois, ce qui valait le détour. Mais le vrai temps fort, ce fut d’emmener Elina sur la glace : elle n’en avait jamais fait, alors Cole joua les moniteurs. À la fin, ils patinaient ensemble, sa main dans la sienne. Il y avait certainement des façons bien pires de passer l’après-midi.
Le golf, ils ne l’essayèrent qu’une fois. Cole avait toujours soupçonné que les gens prétendaient aimer ce sport parce qu’il renvoyait une certaine image : réseautage de PDG, adhésion à un club huppé, ce genre de conneries. Il s’avéra que c’était aussi tout simplement ennuyeux. Au bout de cinq trous, le groupe sembla parvenir à la même conclusion. Personne ne regretta d’avoir arrêté.
En revanche, les bains onsen, eux, restèrent. Ce fut la seule activité qui s’installa dans leur routine, devenant leur rituel du soir : dîner, bain, lit. Et on recommence. Littéralement.
Mais avant ça, tout était permis. Quelque part dans leur programme, ils allèrent voir un autre film tous ensemble, un shōnen de combat intense qui aurait sans aucun doute été frappé d’une réclamation pour violation du droit d’auteur, s’il était sorti chez eux. Ils firent aussi une revanche au bowling, à un moment ou à un autre : Mack s’en sortit mieux, Ethan moins bien, et la domination de Miles ne bougea pas d’un pouce. Ils allèrent deux ou trois fois au stand de tir à la carabine à air comprimé, quelques fois au spa, et encore plus souvent à la plage.
Les journées commencèrent à se confondre, comme il se devait en vacances : les heures s’empilaient sans se distinguer, les horaires se dissolvaient. Cole ne se laissa toutefois pas totalement emporter par le fantasme ; son esprit restait en alerte, quel que soit le confort ambiant. Le bordel qui les attendait chez eux n’avait pas disparu simplement parce qu’ils avaient cessé de le surveiller.
Mais, pour ce que c’était, cette pause ressemblait presque à du vrai repos. Aucun d’eux n’avait pu décompresser autant depuis les magouilles démoniaques ; depuis leur enlèvement ; bon sang, depuis avant même Al-Jadira !
Mack, plus que quiconque, semblait avoir retrouvé ses esprits. Dieu sait qu’il en avait besoin. Bien sûr, les signes n’avaient rien de spectaculaire : rire avec les autres, engager spontanément la conversation, ce genre de choses. Des détails, certes, mais c’était ainsi que les gens dans sa situation sortaient du trou : en remontant l’échelle, barreau après barreau.
Le dernier matin, leur réticence était évidente. Après le petit déjeuner, Elina resta sur le balcon, à contempler le domaine comme si sa seule volonté pouvait retenir le calme. Miles avait proposé de prolonger le séjour de quelques jours — à moitié pour plaisanter, à moitié parce qu’il l’espérait vraiment — jusqu’à ce qu’Ethan mette fin à l’idée. Quant à Mack… eh bien, il n’avait rien dit, mais ses bagages préparés à la lenteur en disaient long.
À vrai dire, Cole ressentait la même chose : l’envie de rester, de prolonger encore un peu le séjour. Mais il n’était pas devenu capitaine en cédant à ce genre de tentations. Il ouvrit la voie et les fit partir à midi.
Et, bien sûr, personne n’avait vraiment envie de reprendre le volant. C’était donc à Cole d’endosser ce rôle.
Les heures s’étirèrent à l’infini : la route n’en finissait pas, la conversation tournait à vide et ils ne cessaient de regretter de ne pas avoir prolongé le séjour d’un jour. Quand le manoir apparut enfin, Cole avait le dos soudé à son siège.
Tenna, Darin et Melnar les attendaient déjà devant la maison. Cole se gara, coupa le moteur et n’avait pas fait deux pas que Darin et Melnar se jetaient sur les bagages comme une équipe de ravitaillement de Formule 1. Tenna se contenta de leur désigner la porte.
« Messieurs, Madame, je vous en prie. Le petit salon est prêt et le thé a été servi. Une dépêche de l’OTAC vous attend ; je vous l’apporterai sans tarder. »
À leur retour, le petit salon était inchangé, hormis le service à thé qui les attendait, la vapeur s’élevant des tasses comme si Tenna les avait remplies dès qu’elle avait aperçu leur voiture. Chacun rejoignit son siège.
« Deux affaires réclament votre attention, annonça Tenna en sortant une enveloppe de la poche intérieure de son tablier. La première est celle-ci : un pli express livré hier, portant le sceau de l’OTAC. »
Le sceau raffiné lui apprit tout ce qu’il avait besoin de savoir, mais Cole ouvrit quand même l’enveloppe et lut à voix haute : « Capitaine Mercer et personnel rattaché : vous êtes convoqués au siège de l’OTAC demain à neuf heures. Des renseignements récents concernant de possibles activités sectaires exigent un briefing immédiat. Présence obligatoire. Signé : Fernal. »
Il posa la lettre. Adieu, reprise en douceur.
Miles semblait partager son sentiment. « Déjà ? Merde, on vient à peine de rentrer. Même pas le temps de se poser, hein ? »
« Ouais, ça aurait été sympa », approuva Cole.
Mais, en vérité, il voulait avoir une nouvelle occasion de s’en prendre à ces sectaires. Sur le plan strictement technique, la mission au port avait été un succès : cellule ennemie détruite, attaque déjouée. Mais les succès qui laissaient des civils morts sur le carreau le rongeaient. Même un nombre de victimes réduit restait inacceptable, surtout pour Mack.
Cole n’avait pas besoin de télépathie pour savoir ce que Mack pensait d’un deuxième round et de la possibilité de se venger des sectaires.
Tenna dut sentir l’atmosphère changer, car elle enchaîna avant que l’humeur ne tourne au vinaigre.
« La seconde affaire est plus routinière, reprit Tenna. J’ai dressé une liste de neuf candidats pour le poste supplémentaire au service de la maison. Lorsque vous en aurez le loisir, je vous serais obligée de bien vouloir m’indiquer lesquels des trois vous souhaitez convoquer à un entretien officiel. »
Elle leur tendit les documents. Cole les prit, soulagé de pouvoir détourner ses pensées de l’enfant et les ramener à quelque chose qu’il comprenait : le travail.
Les profils lui donnaient tout ce dont il avait besoin : les noms, les antécédents professionnels et les annotations de Tenna, auxquelles il accordait bien plus de crédit qu’aux CV eux-mêmes. Cole n’y vit pas la moindre brebis galeuse. Tous les candidats étaient capables de faire le travail.
Quelques-uns, toutefois, avaient des réserves. Rien d’aussi grossier qu’un motif d’exclusion, mais il fallait en tenir compte. Il s’agissait plutôt de subtils décalages : une personnalité trop explosive pour les besoins de la maison, quelqu’un d’un peu trop rigide, et un candidat marqué d’un X bien appuyé, signe du rare mais catégorique « non merci » de Tenna.
Cole fit circuler la pile. « Qu’en pensez-vous ? »
Miles fronça les sourcils devant l’un des profils. « Il est écrit que ce type a travaillé pour un baron. Ça fait vraiment classe, je vais pas mentir. »
« Mais il n’y travaille plus », fit remarquer Ethan en se penchant par-dessus son épaule.
Miles haussa une épaule. « Les gens quittent leur boulot tout le temps. Peut-être qu’il voulait partir. »
« Ou peut-être que le baron voulait qu’il parte », rétorqua Ethan.
Mack intervint en brandissant une autre feuille. « Et celui-là, alors ? Quinze ans dans un domaine de Verantia, aucun antécédent, aucun trou suspect dans son parcours. »
Cole vérifia la note en marge, qui indiquait « Préférence 1 ». De la part de Tenna, c’était quasiment une certitude. « Ça me va. »
Elina fit glisser une autre page vers lui. « “Aimable et professionnelle” », murmura-t-elle en tapotant la marge du pouce. « Elle ne fait pas de tels compliments sans raison. »
« Ça en fait deux », dit Cole.
Le troisième choix prit plus de temps. La plupart des autres candidats convenaient, mais n’avaient rien de remarquable. Puis il tomba sur un candidat plus jeune, au CV moins fourni, mais que Tenna jugeait apparemment digne d’intérêt.
Le potentiel avant les états de service, en somme. Quelqu’un avait parié sur lui de cette façon, autrefois, quand il avait plus de cran que de qualifications. Cela ne le dérangeait pas de rendre la pareille.
« Ces trois-là », dit-il en mettant les profils de côté. « Organisez les entretiens. »
« Dois-je consulter votre agenda pour fixer les entretiens, ou préférez-vous que je choisisse les créneaux en votre nom ? »
Cole envisagea de lui demander de lui réserver un créneau, mais il y avait peu de chances que l’OTAC leur laisse un moment de répit. Autant déléguer.
« Oui, vous pouvez vous en occuper », dit-il. « Nous avons confiance en votre jugement. »
« Très bien. Je vous tiendrai au courant dès que tout sera confirmé. » Elle s’arrêta sur le seuil. « Lisara préparera le dîner à dix-neuf heures ; veuillez donc lui faire part de vos demandes. »
« Parfait. Merci, Tenna. »
Le reste de la soirée fut aussi calme qu’il pouvait l’être. Chacun s’occupa de ses bagages, ce qui prit inexplicablement plus de temps que prévu : une semaine de linge sale, des souvenirs divers qui avaient fini dans des poches improbables, ce genre de choses. Le dîner fut tranquille, et la conversation plus encore.
À neuf heures, Cole était à l’étage, son lit l’appelant presque à lui.
C’était là toute la bizarrerie des vacances : aussi bonnes soient-elles, il y avait toujours quelque chose de particulier dans le retour. Même dans un manoir où ils venaient à peine de s’installer. Même si le complexe avait objectivement été plus agréable : meilleure vue, meilleurs équipements, meilleur tout. Malgré tout, cette chambre, ce lit, cette disposition bien précise du silence et de l’ombre lui semblaient davantage être chez lui que n’importe quel autre endroit.
Il finit par s’endormir, et le matin arriva plus vite qu’il n’aurait dû.
Cole était levé, habillé et avait déjà bu la moitié de son café avant que son esprit ne rattrape son corps : il était déjà de nouveau en mode mission, apparemment, qu’il l’ait décidé ou non. Les autres descendirent à leur rythme, sans grand-chose à dire. Le petit déjeuner fut rapide. Quand ils arrivèrent à l’OTAC, les vacances semblaient déjà appartenir à quelqu’un d’autre.
La salle de briefing était déjà pleine quand ils entrèrent. Le directeur général Fernal siégeait à la tête de la table, les mains jointes, le visage impénétrable. Lady Syndra avait pris place à sa droite. Warren Graves et Gideon Vale occupaient les sièges de gauche : Graves leur adressa un petit signe de tête, Vale rien du tout.
« Capitaine Mercer, salua Fernal. J’espère que votre repos vous a été bénéfique. »
« Oui, tout à fait. »
« Alors, commençons. » Fernal désigna quelques sièges libres. « Je vous en prie. »
Cole et les autres s’assirent.
Fernal attendit que tout le monde soit installé. « Vale a extrait des renseignements du sectaire capturé lors de votre opération au port. Il va vous exposer ses conclusions. »
Vale se leva. « Le complice a opposé peu de résistance. J’ai fini par lui faire avouer la vérité : la cargaison venait des Terres désolées d’Istrayn, des ruines d’Ostreva, sur la côte est. »
« Voici ce que nous avons trouvé à bord. » Il tira de son manteau un registre plié et le posa sur la table. « Leur mission était dérisoire : d’Ostreva à Alexandria, puis à Auber s’ils avaient un surplus de cargaison. Ils devaient rencontrer des intermédiaires, des imbéciles comme ce distributeur, Conway. Comme on pouvait s’y attendre d’un pion, le capitaine n’avait qu’une idée pitoyablement limitée du plan d’ensemble. »
Vale laissa les informations faire leur chemin avant de poursuivre : « Le navire qui a fui Alexandria a également été retrouvé, semble-t-il, dans un port délabré d’Ostreva. Lady Syndra ? »
Syndra inclina légèrement la tête, puis prit la parole. « Notre enquête au Port d’Auber a porté d’autres fruits. Nous y avons découvert un entrepôt des sectaires, que nous avons placé sous notre responsabilité. À l’intérieur, nous avons trouvé des documents intéressants : des registres et de la correspondance qui révèlent l’étendue de leur réseau de distribution. Ces pièces sont actuellement classées en vue d’un examen approfondi. »
Elle posa un dossier en cuir sur la table sans l’ouvrir. « Les provisions contaminées n’étaient pas destinées à Alexandria seulement. Le Port d’Auber devait servir de point de dispersion secondaire ; une autre cargaison devait ensuite souiller les réserves ferroviaires à destination des villes frontalières : Veloren, Carston et Tarwick. Les documents les nomment toutes, avec des dates qui indiquent que les expéditions devaient suivre de près la livraison à Alexandria. »
Elle laissa s’installer un bref silence, puis reprit : « Le reste du contenu du dossier révèle l’ampleur du plan d’Ostreva. Nous avons récupéré des registres d’approvisionnement, des directives portant la signature du Seigneur vampire K’hinnum et de ses semblables, ainsi que des mentions d’autres établissements dans la ville en ruines. Pris dans leur ensemble, ces éléments ne laissent guère de doute : la secte s’est solidement implantée à Ostreva et se sert de la ville comme principal centre de contrebande vers Celdorne. »
Fernal prit le relais. « La Marine royale a confirmé l’emplacement. Un sloop envoyé en reconnaissance a repéré du mouvement dans la ville, mais n’a pas pu s’approcher sans risquer d’être détecté. »
« Je suppose que c’est là que nous intervenons », dit Cole.
« Exactement. » Fernal posa les yeux sur lui. « Ostreva est désormais votre affaire. Vous vous y rendrez discrètement et découvrirez ce qui respire derrière ces murs. Et si la situation se révèle… propice à une intervention, vous jugerez s’il convient d’agir. »
« L’Amirauté est prête à boucler les accès par la mer, ajouta Syndra. Ses navires surveilleront le littoral et fourniront l’aide que les circonstances exigeront, qu’il s’agisse de bombardements ou d’une approche plus méthodique de la ville. En revanche, c’est à vous, capitaine, de décider s’il convient d’intensifier les opérations. »
C’était probablement la meilleure nouvelle que Cole avait entendue depuis un bon moment. Toute cette liberté d’action, rien que pour eux ? Bon sang, si seulement Washington leur avait proposé la même chose lors de leur dernière mission à Al-Jadira.
Cole réprima un sourire. « Compris. »
« Vous partirez pour Ashpoint cet après-midi, dit Fernal. Un chauffeur vous attendra devant chez vous et vous conduira jusqu’à votre navire. Vous embarquerez sur le sloop de la Marine royale HMS Redoubt, qui est actuellement à quai dans le port. Vous devriez arriver à Ashpoint demain, dans la journée. »
Il marqua une pause. « La base se trouve à une trentaine de kilomètres d’Ostreva. Le commandant Percival Stroud en a la charge et a été pleinement informé. Il vous fournira tout le soutien nécessaire. »
« Quelles sont les règles d’engagement ? demanda Ethan.
« Votre mission consiste à reconnaître les lieux, répondit Fernal. Vous devez éviter tout affrontement, sauf si la mission ou votre survie l’exige. Cela dit… si les circonstances placent une cible de valeur à votre portée, je ne voudrais pas que l’hésitation vous retienne. La secte a montré qu’elle n’avait aucun scrupule à sacrifier des civils. Je vois peu de raisons de leur témoigner des égards qu’ils ne nous rendraient pas. »
Pas de paperasse interminable, hein ? Chez lui, il aurait fallu des semaines pour faire approuver une opération pareille. Le JAG aurait exigé une confirmation, le CENTCOM aurait réclamé un briefing et, le temps que tout le monde finisse de se couvrir, l’occasion aurait disparu depuis longtemps.
Ici, apparemment, les Héros obtenaient tout ce qu’il leur fallait pour faire le travail. Cole pouvait sans aucun doute composer avec ça. « Compris, monsieur. »
« Graves et Vale vous accompagneront à Ashpoint. Graves veillera à la bonne coordination de vos opérations ; Vale poursuivra son travail pour toute… enquête qui se présentera. »
Vale semblait un peu trop enthousiaste à l’idée de cette mission. En temps normal, cela aurait inquiété Cole, mais après la tentative des sectaires d’empoisonner la moitié du pays, il n’était pas d’humeur à s’en soucier. Ils l’avaient bien cherché.
« D’autres questions ? demanda Fernal.
Cole jeta un coup d’œil à son équipe. Personne n’avait l’air d’en avoir. « Aucune autre question. »
« Préparez-vous. Votre véhicule partira dans trois heures. Bonne chasse, Héros. »