Chapitre 58
Cole prit les clés du Forea d’Elina. Elle l’avait laissé là en partant avec les autres pour l’OTAC et, franchement, il se disait que l’« emprunter » valait mieux que marcher pendant une heure. Elle comprendrait. Sans doute. Du moment qu’il faisait le plein après.
Le trajet lui laissa le temps de réfléchir, ce qui était une bénédiction ou une malédiction, selon la façon dont son cerveau décidait de l’occuper.
Mais qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire à l’OTAC ? Sa première idée — et, à vrai dire, la meilleure qui lui venait pour l’instant —, c’était de s’entraîner.
Il n’avait rien développé de vraiment nouveau depuis ses techniques de Boule de feu propulsée par fusée et de Boule de plasma, avant le combat contre le Seigneur vampire. Certes, il avait appris à lancer plusieurs sorts à la fois et à accélérer sa pensée, mais ces capacités décuplaient surtout l’efficacité de ce qu’il savait déjà faire, en lui permettant de l’appliquer plus vite et en parallèle. C’était utile, sans aucun doute. Mais pas nouveau, à proprement parler.
En fait, non. La télékinésie, c’était nouveau. Il venait juste de l’apprendre avec le reste de l’équipe.
Ce qui l’amena à réfléchir aux forces fondamentales.
La télékinésie, c’était une force exercée à distance, non ? Déplacer une masse sans la toucher. Alors, qu’est-ce qu’il manipulait vraiment ? Pas la gravité : elle était constante, attirait toujours vers le bas. La télékinésie lui permettait de pousser, tirer, tordre, dans la direction de son choix. C’était plutôt… appliquer des vecteurs de force arbitraires à des objets. Mais si la magie pouvait faire ça, qu’est-ce que ça impliquait pour les véritables forces fondamentales ?
La gravité, l’électromagnétisme, l’interaction nucléaire forte et l’interaction nucléaire faible. D’après la physique, ces quatre piliers soutenaient la réalité.
Il ne connaissait pas grand-chose aux forces nucléaires, si ce n’est l’essentiel : la force forte maintenait les noyaux atomiques ensemble, la force faible intervenait dans la désintégration radioactive. Et il y avait aussi cette histoire de quarks et de gluons qu’il n’avait jamais eu besoin de comprendre en détail.
Mais la fission et la fusion, ça, il connaissait. Sa dernière mission avant son isekai avait littéralement impliqué une bombe sale. Scinder des atomes lourds, libérer de l’énergie et des radiations. Fusionner des atomes légers, libérer encore plus d’énergie. Des principes simples, des conséquences apocalyptiques.
Mais comment était-il censé expérimenter ça avec la magie ? Même s’il travaillait avec Kathyra Valise et ses microscopes, et découvrait comment scinder des atomes avec du mana ou les forcer à fusionner… et après ? Comment transformer ça en un sort utilisable sans se vaporiser lui-même — et probablement Alexandria avec — dans la foulée ?
C’était le problème du Davy Crockett, tout craché : une bombe nucléaire si petite et portable que son rayon d’explosion dépassait la portée efficace de son lanceur. Félicitations, il venait de s’irradier, lui et tous ceux qui se trouvaient dans un rayon de plusieurs kilomètres. Un vrai génie de la tactique.
Cole mit l’option nucléaire de côté. Il en connaissait les principes, bien sûr : scinder des atomes, en fusionner, libérer des quantités obscènes d’énergie. À condition de s’y prendre correctement.
Mais « s’y prendre correctement » exigeait une précision qu’il n’avait pas, et « se planter » revenait à se transformer en un exemple très bref, très lumineux et peut-être très impressionnant de la raison pour laquelle il ne fallait pas déconner avec les forces fondamentales.
Même s’il travaillait avec Kathyra Valise et ses microscopes, découvrait la manipulation du mana nécessaire et faisait tout ce qu’il fallait pour déclencher une réaction en chaîne… comment était-il censé la tester, au juste ? Faire exploser une petite bombe nucléaire en espérant survivre à l’expérience ?
Non merci.
Il ne lui restait donc que l’électromagnétisme et la gravité.
L’électromagnétisme était intéressant. Il ouvrait un tas de possibilités : des canons électromagnétiques enchantés, des canons à rail, ou encore balancer du métal dans tous les sens comme Magneto. Manipuler le métal ne devait pas être si différent de la télékinésie, à vrai dire. Le principe de base était le même : exercer une force à distance, avec une application plus précise.
Mais l’électromagnétisme n’était pas exactement la plus faible des quatre forces fondamentales. C’était la deuxième plus puissante, après l’interaction nucléaire forte, ce qui signifiait qu’il risquait d’avoir plus de mal à la maîtriser qu’il n’était prêt à l’admettre.
S’il devait commencer quelque part, autant commencer par la gravité et progresser à partir de là.
Pas qu’il comptait faire apparaître des trous noirs — ça semblait être un excellent moyen de détruire toute la planète et tous ses habitants. Mais même une manipulation élémentaire de la gravité pouvait servir.
Augmenter la gravité pouvait écraser des cibles, les ralentir et comprimer des objets, entre autres. La diminuer permettait de projeter des obstacles — imaginez lancer un boulet de canon qui ne pèse pas plus lourd qu’une balle de baseball, puis qui retrouve le poids d’un immeuble en plein vol. En plus, réduire la gravité était apparemment un prérequis à la magie de vol, ce qui serait plutôt pratique.
Le moment était parfait : le complexe de l’OTAC apparut en vue. Cole gara le Forea et entra.
Le bureau de Verna lui sembla être le bon endroit pour commencer. Si quelqu’un pouvait lui indiquer où trouver des ressources sur la manipulation de la gravité, c’était bien elle.
Il arriva devant sa porte et frappa. Un « Entrez » étouffé lui parvint de l’intérieur.
Verna leva les yeux de son bureau enseveli sous la paperasse, une plume à la main et l’air quelque part entre la résignation et l’épuisement. « Chevalier Cole. Quelle surprise de vous voir ici ; je commençais à croire que cette journée m’accorderait un instant de répit. »
« Mauvais moment ? »
« En ce moment ? » Elle reposa sa plume dans un petit bruit sourd. « Tous les moments sont mauvais. Le chevalier Fotham voudrait que je rassemble encore votre équipe pour mesurer son mana ; Kathyra Valise a construit une nouvelle petite merveille de catastrophe et réclame mes conseils. Quant à votre compagnie, chevalier Cole, elle m’a condamnée à ne jamais venir à bout de ma correspondance. J’en suis tout à fait convaincue. »
Cole retint un sourire. « Eh bien, si ça peut vous rassurer, je ne viens pas pour la paperasse. »
« Ah, oui, je suis certaine que ce sera bien plus simple. » Elle s’adossa à sa chaise. « Alors, qu’y a-t-il ? »
« Je pensais me mettre à la magie de gravité. Je me suis dit que vous pourriez m’orienter. »
« La magie de gravité. » Verna haussa un sourcil. « Et pourquoi, je vous prie, avez-vous choisi cette discipline en particulier ? Il doit bien y avoir une raison, aussi singulière soit-elle. »
« Ça m’a semblé être le bon point de départ. C’est la plus faible des forces fondamentales, donc j’ai moins de chances de me tuer par accident. »
« La plus faible… » Elle s’interrompit, la tête penchée, pensive. « Je n’ai pas la moindre idée de ce que vous entendez par là, mais je reconnais que votre raisonnement se tient. La magie gravitationnelle est relativement simple. » Un sourire en coin étira ses lèvres. « Je dois au moins reconnaître que vous abordez le sujet avec bon sens. »
Elle soupira, puis se leva, abandonnant ses papiers comme si elle n’avait jamais eu l’intention de s’en occuper. « Venez. Trouvons un terrain d’entraînement. »
Ils sortirent et traversèrent les couloirs de l’OTAC en direction des terrains extérieurs. Le soleil de fin d’après-midi baignait les fenêtres : le moment idéal pour s’entraîner dehors.
« Je préfère vous prévenir, dit Verna en marchant, la magie gravitationnelle n’est pas ma spécialité. J’en connais les principes et peux vous en faire une démonstration, mais je ne prétends pas la maîtriser. »
« Oh, aucun problème. Les principes de base me suffisent. »
« Fort bien. Je suppose que je n’ai pas besoin de perdre du temps à vous expliquer pourquoi les choses tombent ? »
Cole eut un petit rire. « Oui, certainement pas. »
« Parfait. Mais je dois vous avouer… » Elle lui jeta un regard en coin. « Quand vous avez parlé de la gravité comme de “la plus faible des forces fondamentales”, comme si c’était une évidence… qu’entendiez-vous exactement par là ? »
« La physique terrestre. On a découvert qu’il existait quatre forces fondamentales qui maintenaient la réalité en place : la gravité, l’électromagnétisme et deux forces nucléaires qui agissent à l’échelle atomique. La gravité est de loin la plus faible. »
« Atomique. » Verna goûta le mot. « Vous parlez des minuscules structures visibles au microscope ? Des éléments constitutifs de la matière ? Ou de quelque chose d’encore plus petit ? »
« Des éléments constitutifs, oui. Les atomes forment les molécules — vous en avez sans doute déjà observé au microscope. Il se trouve que les atomes eux-mêmes sont faits de composants plus petits, mais là, on entre dans les détails. »
« Fascinant. » Elle le dit sans la moindre ironie. « Et dans quelle mesure est-elle plus faible, selon vous ? Donnez-moi un chiffre, si tant est que cela puisse se mesurer. »
« Eh bien, je ne me souviens pas des chiffres exacts. J’en ai peut-être noté quelque part dans un de mes carnets, mais c’est quelque chose comme… dix puissance trente et quelques fois plus forte ? » Voyant Verna pencher la tête, Cole précisa : « Imaginez un un suivi de trente zéros. C’est à peu près la différence de puissance avec l’électromagnétisme. Bref, l’idée générale, c’est que la gravité est la plus faible des quatre. »
Verna avait l’air un peu trop ravie de cette information, comme si elle venait d’entendre un ragot croustillant autour d’une tasse de thé. « Le chevalier Fotham en perdrait complètement la tête s’il assistait à cette conversation. »
Cole imaginait bien pourquoi, mais il devait tout de même demander. « Pourquoi ça ? »
Verna rit. « Il vous enfermerait dans son laboratoire avant la fin de l’heure, et vous ne reverriez pas la lumière du jour avant qu’il ait disséqué chacune de vos pensées. »
Ouais, très peu pour lui. « Heureusement qu’il n’est pas là, alors. »
« En effet. »
Ils débouchèrent sur l’un des terrains d’entraînement extérieurs. L’herbe avait connu des jours meilleurs et des mannequins d’exercice étaient éparpillés çà et là, comme si quelqu’un avait renoncé à les ranger à mi-chemin. Des cibles se dressaient à différentes distances : proches, moyennes, ou suffisamment éloignées pour que Cole puisse vraiment tester la portée de ses sorts, s’il en avait besoin. Il y avait largement assez de place pour qu’un éventuel accident n’endommage rien d’important.
Verna examina les lieux, parut satisfaite, puis se tourna vers lui. « Alors, on commence ? »
Elle désigna quelques pierres éparpillées sur le terrain : des petites, des moyennes, et quelques-unes qui auraient été sacrément pénibles à porter. « Prenez-en une. Celle qui vous plaît. »
Cole passa les possibilités en revue.
Pour tester la manipulation de la gravité — alourdir ou alléger des objets —, il lui fallait quelque chose dont le changement serait évident. Trop petit, et il risquait de ne pas sentir la différence. Trop gros, et il lutterait contre son poids avant même de commencer à le modifier.
Il lui en fallait donc une de taille moyenne. Assez lourde pour qu’il doive renforcer son corps s’il augmentait son poids, mais assez légère pour qu’une diminution se remarque immédiatement.
Il ramassa une pierre de la taille d’une boule de bowling et la soupesa : un poids conséquent, peut-être neuf kilos, mais tout à fait gérable. Oui, ça ferait l’affaire. En doubler le poids se sentirait tout de suite. Le réduire de moitié aussi.
« Fort bien. Vous avez de la chance d’avoir déjà maîtrisé la télékinésie, car la gravité est bien plus simple à apprivoiser. Son attraction est constante, stable et tout à fait impossible à ignorer. Il vous suffit de lui demander d’exercer un peu plus de force, ou un peu moins. Augmentez l’attraction, et la pierre devient plus lourde ; diminuez-la, et son poids baisse. »
D’accord, il n’avait qu’à… tourner un bouton vers le haut ou vers le bas, modifier quelque chose qui existait déjà au lieu de créer quoi que ce soit.
Ce qui demandait probablement moins d’énergie. Et s’il modifiait un champ au lieu de pousser activement l’objet, est-ce qu’il se maintiendrait une fois réglé ? Comme un thermostat, plutôt que de devoir ajuster la température à chaque seconde ?
Verna sembla lire dans ses pensées. Ou, plus probablement, vit son air perplexe.
« La différence entre la magie de gravité et la télékinésie ne tient pas à l’effort, mais à sa cible : la télékinésie agit sur la pierre, la gravité sur l’espace qu’elle occupe. Vous devez maintenir le sort comme n’importe quel autre, mais votre emprise porte sur le champ, pas sur l’objet lui-même. »
Cole hocha la tête.
« Comme pour le feu ou le givre, poursuivit-elle, commencez par visualiser le changement : plus lourd ou plus léger, selon votre volonté. »
Verna fit une démonstration. Le rocher près de ses pieds s’enfonça d’abord légèrement, écrasant l’herbe sous lui. Puis il se mit à fissurer le sol, comme s’il avait été remplacé par une ancre. Elle inversa ensuite son sort et le lança en l’air. Le rocher flotta un instant avant de redescendre au ralenti.
Elle désigna la pierre dans la main de Cole. « À vous. Éblouissez-nous. »
D’accord. Aucune pression.
Cole se concentra sur la pierre qu’il tenait — ou plutôt sur l’espace autour. La gravité de Tenria était assez proche de celle de la Terre pour que la différence n’ait pas vraiment d’importance. Disons 9,8 mètres par seconde au carré, à peu près.
Il visualisa le champ qui s’intensifiait autour du rocher, la constante gravitationnelle augmentant dans une sphère délimitée.
Le poids augmenta aussitôt. Sa main s’alourdit aussi, au début — le sort affectait toute la zone, apparemment. Il rétrécit le champ et resserra ses limites jusqu’à ce qu’il enveloppe seulement le rocher.
C’était mieux. Il testa le résultat en fléchissant simplement le bras, soulevant la pierre puis la redescendant. Elle était effectivement plus lourde — peut-être deux fois son poids initial.
« Ah, excellent. Ça… aurait vraiment dû vous prendre beaucoup plus de temps. »
Il dissipa le sort, et le poids redevint immédiatement normal. « Oui, ça m’a paru évident. »
« Évident, vraiment ? Quelle merveilleuse modestie. » Elle esquissa un sourire. « La plupart des gens tâtonnent un bon moment avant de comprendre le principe. J’imagine que tout le temps passé à déplacer des objets par télékinésie vous a été utile. »
Cole ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. « Présenté comme ça, on dirait un vrai prodige. »
« Hum, si vous le dites. Voyons maintenant si vous parvenez à faire l’inverse. »
Cole se concentra de nouveau, visualisant l’affaiblissement du champ, l’attraction gravitationnelle qui se relâchait et desserrait son emprise sur la pierre. Il la réduisit à environ une demi-gravité.
La pierre s’allégea dans sa main et ne pesait plus qu’environ cinq kilos.
Il continua à réduire le champ jusqu’à ce qu’il soit à peine perceptible — une faible pression contre ses paumes, comme s’il tenait un ballon en forme de rocher. Il aurait probablement pu l’envoyer à l’autre bout du terrain d’un lancer à la cuillère et le regarder planer.
La pierre avait toujours une masse — donc de l’inertie, de la quantité de mouvement, tout ça —, mais l’attraction qui s’exerçait sur elle était presque nulle. C’était une sensation étrange, de tenir quelque chose qui aurait dû peser neuf kilos sans en sentir le poids.
Il la fit légèrement rebondir pour tester. La pierre s’éleva et resta suspendue dans les airs plusieurs secondes, puis redescendit au ralenti.
Ouais, c’était sacrément bizarre. Génial, mais bizarre.
« Et si nous testions maintenant votre portée ? Formez, je vous prie, un champ à environ quatre mètres et demi d’ici. Il devra mesurer deux mètres quarante de côté et être allégé comme tout à l’heure. Je le traverserai, afin que nous puissions vérifier si vous en avez bien délimité les contours. »
Cole recula, se concentra sur un point situé à quatre mètres et demi, puis visualisa le champ — même principe que pour la pierre, mais agrandi jusqu’à former un cube de deux mètres quarante de côté. Il en repoussa les limites dans son esprit, en définissant clairement les contours, puis réduisit la gravité à peu près au niveau de celle de la Lune, soit environ un sixième de la gravité terrestre.
Il ramassa une pierre à proximité et la lança à travers le champ pour tester son sort.
La pierre suivit d’abord une trajectoire normale, puis heurta la limite du champ. Sa trajectoire s’aplatit aussitôt : elle continuait à s’incurver vers le sol, mais bien plus lentement, comme si quelqu’un avait étiré la parabole à l’horizontale. Elle traversa la zone de gravité réduite en décrivant une longue courbe paresseuse, puis retomba brusquement en franchissant la limite opposée et heurta le sol dans un bruit sourd.
Oui, ça marchait.
Cole jeta un coup d’œil à Verna. « D’accord, vous pouvez y aller. »
Elle s’approcha et traversa le champ.
Son pas suivant fut un peu trop bondissant : ses bottes la propulsèrent plus haut que nécessaire, et elle avança à grands sauts exagérés, comme si elle venait de découvrir la gravité lunaire et avait décidé que la bienséance pouvait attendre. Le sourire qui illumina son visage ne laissait aucun doute : elle s’amusait comme une folle.
Si elle était née sur Terre, elle aurait probablement été la première à se porter volontaire pour une mission Artemis, prête à faire toutes les sorties lunaires pour avoir une excuse de sautiller en apesanteur. Pas que Cole puisse la blâmer. Tout le monde rêvait d’aller dans l’espace, même si ce n’était pas sa vocation.
Il eut un sourire en coin. « Vous vous amusez bien, là-bas ? »
Verna sortit du champ, sa démarche retrouvant son allure normale dès qu’elle en franchit la limite. Elle se redressa et lissa ses vêtements comme si de rien n’était, reprenant en une demi-seconde son expression neutre d’instructrice.
« Difficile de l’évaluer en marchant sur la pointe des pieds, n’est-ce pas ? » Elle réprima les derniers vestiges de son sourire. « Cela dit, votre sort est resté stable de bout en bout. Bien joué. »
« Hum-hum… »
« Fort bien. » Elle se racla la gorge, désormais tout à fait maîtresse d’elle-même — ou du moins s’y efforçant sérieusement. « Restez ici quelque temps pour continuer à vous entraîner. Faites varier l’intensité, modifiez la taille du champ et déterminez à quel moment l’effort devient trop important. Faites comme bon vous semble jusqu’à six heures ; je vous attendrai alors, vous et les autres, dans mon bureau. Le chevalier Fotham tient à prendre ses mesures, et je n’ai aucune envie de subir seule ses lamentations. »
Ah oui, les mesures de mana. Cole devait reconnaître que ça avait l’air intéressant, même si rien ne promettait que le résultat le soit. « Compris. À six heures. À tout à l’heure. »