Chapitre 8
[Demarge de l'intrigue principal avec un grand retard]
J'étais enfin arrivé devant mon lycée. Ma mère, gentiment, m'y avait accompagné — vous vous dites peut-être "oh, quelle mère responsable, elle tient à emmener son fils à l'école elle-même". Sauf que non. En réalité, elle m'avait accompagné parce qu'elle était en plein mode "amour béat" : tellement occupée à embrasser mon père, tellement absorbée dans sa love story matinale, qu'elle en oubliait presque qu'elle avait un fils à surveiller. Une vraie perverse narcissique, cette femme, sérieusement. Heureusement que je ne suis pas comme elle.
Et puis, cerise sur le gâteau, elle avait pris le temps de me rappeler, avec le sourire, les cours de soutien supplémentaires qu'elle avait rajoutés à mon programme. Je pensais naïvement qu'elle allait finir par se dire "bon, mon Yoo-in a compris la leçon, il ne recommencera plus". Manque de chance. Il ne manquerait plus qu'elle installe des caméras dans ma chambre, tiens.
Imaginez juste un instant : vous êtes dans votre chambre, en train de vous entraîner à embrasser votre oreiller — vous cherchez le bon angle, la bonne pression, vous vous dites "wahou, quel prodige, quelle délicatesse" — et là, BAM, votre mère débarque. Elle vous regarde avec ce regard-là, ce mélange de dégoût pur et de déception profonde, la même tête que quand on sent une odeur infecte et qu'on ne peut pas s'empêcher de grimacer. Elle vous détaille de haut en bas, l'air de vous plaindre. Non, non, ne vous en faites pas, ça ne m'est jamais arrivé, hein, c'est juste histoire de planter le décor.
Bref. J'avais franchi le portail de l'établissement. Au départ, j'avais bien envie de me faire tout petit, de me cacher, la peur au ventre face aux regards des autres. Mais non, réfléchissons deux secondes : j'ai dirigé plusieurs entreprises, géré des dizaines de collaborateurs, eu plusieurs femmes dans ma vie — avoir peur de quelques gamins de lycée, hors de question. Enfin. En vrai, j'avais un peu peur. Je sais pas mentir, même à moi-même apparemment.
J'avançais donc la tête baissée, capuche relevée pour éviter qu'on me reconnaisse — parce que sinon les gens allaient forcément se dire "oh mais c'est le beau gosse de Yoo-in, une photo, une photo !" et j'aurais été contraint de refuser poliment, sachant qu'il y en aurait eu pour tout le monde, chacun son tour. Manque de bol, j'avais complètement oublié d'apporter une capuche. Quelle honte. J'espérais juste que personne ne m'avait vu tenir ce raisonnement à voix haute.
J'étais encore loin de l'entrée, mais je voyais déjà les élèves franchir la porte, entrer les uns après les autres. Je continuais d'avancer, et c'est là que j'entendis :
— Oh, mais c'est lui, le gamin...
Tsss. Quoi, "le gamin" ? J'arrive, et c'est comme ça qu'on me qualifie ? Ah oui, c'est vrai, je suis techniquement dans la peau d'un gamin en ce moment. Mais ça reste vexant, qu'on me le rappelle comme ça.
— Tu savais qu'il a em—
Elle s'interrompit net en voyant que j'avais tourné la tête vers elle. Sa copine, hilare, s'était déjà mise à glousser :
— Hahaha !
Elles se tenaient juste devant l'entrée, bloquant presque le passage, à me fixer en rigolant. Aura sociale : moins mille points. Je fourrai mes mains dans mes poches, essayant tant bien que mal de garder une contenance, tandis que les commentaires continuaient de fuser autour de moi, insistants.
— Ce mec me dégoûte.
— C'est un pervers.
— Sûr qu'il doit même pas avoir de copine, à faire ça avec un matelas.
— Eih, Sindy, c'est quoi le rapport, avec ce que je viens de dire ?
— Ben moi je connais un gars qui a déjà fait un truc comme ça, c'est tout.
— T'as des fréquentations étranges, Sindy. J'espère que tu le sais, parce que là tu me fais peur.
Génial. Un point bonus pour la comparaison avec un inconnu au passé visiblement chargé. Je soufflais, désespéré, résistant à l'envie de leur expliquer que non, en fait, techniquement, j'avais transmigré, que je pensais rêver, que dans un rêve on fait bien ce qu'on veut, non ? Bon. Peut-être pas la meilleure défense à sortir en public.
J'étais presque arrivé à l'entrée quand une voix, beaucoup trop forte pour l'heure matinale, retentit derrière moi :
— SALUUUT mon ami, c'est comment déjà ton nom ?
Un bras massive s'abattit sur mon épaule gauche, à croire qu'on se connaissait depuis toujours. Je n'avais clairement pas besoin de ça, en plus du reste.
— argeegh heg quf fuf ce bros ballour dhulk metoufait en plus de ca — je je mappel Y... Yoo-in, articulai-je avec une timidité qui ne me ressemblait décidément pas.
— T'AS DIT QUOI ?
En plus d'être baraqué comme une armoire, le type semblait dur d'oreille — ou alors il faisait exprès, allez savoir. Il pencha la tête vers moi, tendant l'oreille avec une lenteur théâtrale. Je me rapprochai, articulant bien.heureusement quil avait un peu decerer bras enfin decerer et meme pas le mot juste
— lee Yoo-in.
— OOOK, YOO-IN !
Il beugla mon prénom si fort que d'autres élèves se retournèrent, intrigués.
— Pourquoi il fait ça ?
— T'AS DIT QUOI, MON POTE À LA COMPOTE ?
— non rienn
Mon pote à la compote. Je ne savais même plus s'il se moquait de moi ou s'il improvisait juste au hasard. Il continuait de me secouer l'épaule dans tous les sens, hilare, répétant "mon pote, mon pote, mon pote" comme un mantra.
— Eh, les gars ! lança-t-il soudain, tourné vers quelque chose derrière moi.
Je le fixai, les yeux écarquillés, une sensation désagréable montant dans ma poitrine. Qu'est-ce qu'il va faire, celui-là ?
Je suivis son regard. Un petit groupe approchait
— oooh non cest les avengers
c'etais l'équipe de baseball, on les appeler parce ce que ...euh parce ce que .. ET BIEN je sais pas vraiment enfin bref vous pensez que jallais vous expliquer quoi la dessus serieusement je remarquais que Celui du milieu, visiblement le meneur du groupe, plissa les yeux en me regardant , avant de s'exclamer, un large sourire aux lèvres :
— C'est... c'est LUI. Le mec qui a embrassé madame Ji-woo, hahahaha !
Bon sang, il est sérieuuuuuuu lui
Mon sang se glaça. J'ouvris grand les yeux, balayant du regard tous les élèves massés dehors, cherchant frénétiquement une échappatoire. Je tentai de me dégager de l'emprise du colosse qui me tenait toujours par l'épaule — peine perdue, ce corps de dix-sept ans, encore loin d'être entraîné, n'avait clairement pas la force nécessaire pour lutter. J'étais coincé. Autour de moi, tout ressemblait de plus en plus à une battue, moi le gibier, eux les chasseurs, et ce type qui riait à gorge déployée.
— T'en es sûr, Seong-su ? demanda l'un des joueurs.
— Mais puisque je vous le dis, les gars, dépêchez-vous, venez voir ça !
Il me tapota vigoureusement la tête en criant vers ses potes, qui répondaient déjà, s'approchant à grands pas.
— Ouais, on arrive, Seong-su !
Je sentais leur groupe se rapprocher, leur odeur, leur présence de plus en plus proche. J'essayais encore de m'extirper de la poigne de ce gros balourd sur pattes, sans succès — chaque tentative se soldait par un rire encore plus fort et une main qui me ramenait fermement vers lui.
Il me dévisagea avec un air de prédateur satisfait.
— Eh, tu vas où comme ça ? On n'a pas fini.
Je tournai la tête vers lui, affichant un sourire crispé, histoire de faire comprendre que j'allais, bien sûr, rester encore un peu. Il eut alors un large sourire.
— ah m..mais non cest je vais etre en retard dit je avec un sourir crispé
— PARDON?!
— Euh enfait tu sais quoi ?je vais finalement resté
— NAHANAH CEST bien ce quil me semblais dit til encore entrain de crier et rigoler a voix haute alors qui poooouais juuuste le dire a vois basse
Purée. Depuis quelques semaines, depuis la transmigration, j'ai commencé à remarquer un truc bizarre : je perds petit à petit ma personnalité d'ado, et en même temps, je retrouve peu à peu mon ancienne personnalité, celle d'avant. Mais j'en garde toujours un peu, de cette timidité de gamin. Argh. Bref. Les voilà, ils sont déjà là. Quel plaisir.
— Fais voir.
— AUUU, oui, fait voir, fait voir ! renchérit un deuxième, tout excité.
— Tsk, fit le garçon aux cheveux noirs, en regardant son camarade venu se poster à sa droite cétais Ch'u Jong-yul, une personne au cheveux châtain foncé.et celui a cheveux noir cetait Ran Jin-Young
Il commençait déjà à venir se poster derrière moi. Ça en faisait deux, maintenant. Quel plaisir de ne pas les revoir, sérieusement. Il a fallu que ce soit eux, pile le jour de ma rentrée.
— Voyons voir... commença un troisième, s'approchant. Voilà qu'un troisième probleme arrive, si je me souviens bien c'est Seok Seung-eun, avec ses vieux cheveux rouges délavés.
— Hmmm... Je crois que tu t'es trompé de personne, Seong-su, dit-il, un doigt sous le menton, l'air faussement pensif. Tu devrais peut-être aller voir un ophtalmologue, je pense.
Je haussai un sourcil. "Trompé de personne" ? Ça veut dire quoi, ça ? Que je ne suis pas la bonne cible ? Que je suis pas à la hauteur, c'est ça ? Il joue à quoi, celui-là ? Pas que ça me vexe. Enfin si. Beaucoup. Il devait avoir en tête l'image d'un mec plus beau, plus charismatique — remarque, moi non plus je ne prétends pas être moche, hein, loin de là — mais bon, apparemment, ce n'était pas la question.
— on dirait pas comme ça, mais je vous assure que c'est bel et bien lui, insista Seong-su.
Je sentis une main se poser sur mon épaule gauche, tandis qu'une autre silhouette s'avançait, me jaugeant de haut en bas exactement comme les autres l'avaient fait. Je suivis son mouvement du regard jusqu'à ce qu'il se plante devant moi.
— Ouais, Seung-eun a raison, c'est pas possible que ce soit lui, il est bien trop nerd, bouffon, intello — genre le mec dans les dessins animés que personne ne calcule et qui n'a jamais eu de copine de sa vie, pour... enfin, pardon, j'arrive pas à me contr..., dit-il, une main plaquée sur la bouche — Pang Se-yeon, si j'avais bien suivi — dans un rire un peu trop niais pour être sincère.
Les autres autour de lui pouffèrent aussi. Mais en les voyant tous rassemblés comme une petite bande d'Avengers au rabais, je remarquai qu'il en manquait un. Mais où il est, celui-là ?
— mais les gars, si je vous le dis ! s'exclama Seong-su, agacé. C'est même Yumi qui me l'a dit, que c'est lui ! Elle m'a meme montré une photo de lui !
— Une photo ? répétai-je à voix basse, sincèrement étonné, un sourcil levé. Comment ça, une photo de moi ? Et c'est qui, cette Yumi, d'abord ?
Une avalanche de questions me tombait dessus d'un coup. Je les regardais discuter, se moquer de moi, et l'idée qu'une inconnue se promène avec une photo de moi me paraissait complètement improbable — enfin, non, en fait, c'était sans doute assez normal, j'étais du genre que les filles appréciaient, dans mon ancienne vie. Je ne me posais jamais ce genre de question, à l'époque — elles voulaient toutes sortir avec moi, vous voyez le tableau, et le genre de mec qu'elles recherchaient, c'était moi. *Mais attendez, une minute. C'est pas celle qui est venue chez moi, pendant mon exclusion ? Non... non, c'est pas elle.
— Hmmm...
— Eihhhh, Yuuumi ? La Yumi ?
— Non, pas possible.
— ...
— Si, je vous le dis, les gars, c'est vrai, en plus de ça, quand j'était au shopping avec...
— Oula, attends, attends, pose , coupa l'un d'eux, l'air suspicieux. Depuis quand toi tu vas faire du shopping ?
Un autre leva un sourcil, les lèvres pincées, style "mouais, ça doit être ça". Un troisième plissa simplement les yeux.
— Et en plus, avec qui ?
— Ah, mais... qui, eih... je... euh... personne, personne, les gars, c'est juste que, voilà, quoi, bon, c'est pas important.
— Nan mais regardez-moi ça, il bégaie ! s'exclama l'un d'eux en se tournant vers ses trois camarades, hilare. Ne me dis pas que tu étaiiiis aveeeec...
Ils commencèrent à se secouer , et a s'enlacer en rigolant.
— Ta petite chérie
— Qu'est-ce qui se passe, c'est quoi qui est aussi drôle ? coupa un autre, une main venant me tapoter la tête avec douceur au passage.
À ce mot prononcé, je remarquai que Seong-su commençait, petit à petit, à rougir. Tant mieux, à lui la gêne, pour une fois.
Puis une nouvelle silhouette, que je n'avais pas encore vue et qui semblait justement arriver, se planta devant moi — cheveux jaunes, enfin, plutôt blonds, parce que on n'est pas dans un dessin animé non plus, faut pas abuser : le type n'était simplement pas d'origine coréenne. il sappelait Son Kwang-louis. cest ce mec qui ma sourie avec sont sourir nargeure . Lui, il m'exaspère, comme d'habitude.il est Plutôt beau gosse, sans plus que moi , il attirait beaucoup les filles pas autant que moi, bien sûr, mais surtout, c'était le genre de type que tout le monde respectait.
— Non, patron, c'est juste que... c'est... ahahah, Seong-su qui. etait avec sa cop.....
— AHAHAHAHAH, TRES DOROLE TRES DROLE Ch'u Jong-yul quest ce quon rigole bien ! coupa Seong-su, hilare— hein dit Ch'u Jong-yul
il se tourna vers Kwang-louis. Kwang-louis,
—c'est juste que Yumi m'avait montré une photo de ce petit rigolo qui a embrassé madame Ji-woo. franchement, c'est un petit chanceux, ehehe.
— Ah... d'accord, eh bien vous venez, on va être en retard, répondit Kwang-louis, relevant son sac sur son épaule gauche avant de s'avancer, droit vers l'entrée du lycée.continuant de me sourire au passage
Je le regardai s'éloigner. Je remarquai aussi que les autres, en le voyant partir, avaient soudain perdu leur sourire prétentieux — comme si quelque chose venait subitement de les contrarier leur chef Peut-être qu'il a la gastro, pensai-je, sans grande conviction. Enfin, je sais pas. Bref, je voyais bien, dans leur regard, la déception que les quatre amis devant moi affichaient en le regardant s'en aller.
— Hmmm, d'accord.
— Ouais.
— On arrive.
— .....
— Tu vas voir, mon pote, t'es une personne célèbre, maintenant, ahahahaha ! lança Seong-su, continuant à me secouer n'importe comment dans tous les sens.
À force, il me faisait mal à la gorge, à me serrer comme ça. Et en plus, il me parlait de "célèbre" — de quoi, encore ?
En nous dirigeant vers l'entrée, je m'attendais au pire. Et pourtant, ma surprise fut... rien. Enfin, presque. Juste des regards, et :
— Yooo, Yoo-in, ça va ?
Hein ?
— Mon gars, t'es trop fort, sérieux, bg jusqu'au bout.
Ça ne m'étonnait de la remarquez, mais quand même... tes qui ?
Un autre élève s'approcha et me serra vigoureusement la main.
— Les gars, j'ai touché Yoo-in, maintenant je me laverai plus jamais les mains.
*Il est complètement taré, celui-là. Il a bu du biberon ou quoi pour dire un truc pareil ? Quelle maladie, a til pue attraper pour dire ca
Je le regardai s'éloigner, avant de reporter mon attention devant moi.
— Eheh, je t'avais dit quoi, hein ? Maintenant t'es célèbre, mon petit pote, souffla Seong-su, rapprochant son visage de mon oreille.
Je ne comprenais absolument pas ce qu'il se passait. Mais une chose était claire : il n'avait toujours pas la moindre intention de me lâcher. On se trimballait dans le lycée comme un vieux couple d'amoureux, moi essayant encore, vainement, de me libérer de son étreinte.