Chapitre 5
Dans la pénombre, chaque marche lui paraissait plus haute que la précédente. À chaque fois qu’il arrivait sur une nouvelle marche, il avait l’impression qu’il allait tomber, mais il continuait tout de même à descendre de manière effrénée.
— Mince !
Son pied rata une marche, se cogna sur la suivante et son corps fut entraîné en avant. Il dévala une dizaine de marches avant de se cogner violemment la tête. Boom
— Aïe ! Ça fait un mal de chien !
— Tu feras plus attention la prochaine fois.
Mike se releva et épousseta ses vêtements. Étrangement, il n’avait pas la moindre égratignure sur son corps, il était même en parfait état. Venait-il vraiment de dévaler les escaliers ?
Enfin, il n’avait rien remarqué de tout cela, ou plutôt quelque chose d’autre attirait son attention.
— Encore une porte… 99…
Ses yeux ne pouvaient se détacher de la porte face à lui et, en supplément, 【99】 y était inscrit. Mais l’inconnu de ce qui était placé derrière cette porte l’empêchait de la pousser.
「Je fais comment s’il y a encore une Entity…」
— Bon Mike, tu vas passer cette porte ou pas ? Rester devant ne servira à rien…
— Attends… il y a quelque chose qui me chiffonne… Si on est à l’étage 99… Logiquement, le précédent était le centième, n’est-ce pas ? C’est haut… Mais ne me dis pas que je dois descendre 99 étages ?
— Oui, apparemment… C’est étrange… Enfin, il faut bien commencer quelque part… Alors allons-y.
「Il m’agace encore, je vais la passer, cette porte… Dans tous les cas, je n’ai plus le choix.」
Derrière lui, les marches se refermaient sur elles-mêmes dans un petit cliquetis métallique. Ayant toutes disparu, il ne restait plus que la marche où il se tenait et un vide incommensurable.
Sans autre choix, il poussa la porte et entra à l’étage 99. Une fois fait, la porte se referma d’elle-même et disparut, ne laissant qu’un simple mur.
— Super… Je n’ai vraiment pas le choix… En plus, ça ressemble un peu trop à l’étage précédent.
Il se retourna et observa les détails, ses yeux s’étaient quelque peu habitués à la lumière de la lune et sa lampe ne lui était plus nécessaire, au point qu’il l’avait totalement oubliée.
— Je suis vraiment descendu ? Les murs sont cassés… les traces de mes combats… tout y est…
Certains éléments étaient reconnaissables, que ce soit les débris, les portes d’appartement ou le reste. Mike essaya donc de déplacer une pierre parmi les débris, mais cette dernière refusa de bouger.
— T’as l’air d’avoir du mal, non ? Pourtant, c’est censé être facile à soulever. Il faut que tu te mettes au sport.
Mike ignora les remarques de la Voix et força davantage. Mais rien à faire, la pierre restait figée, comme soudée dans le liquide rouge. Et justement, ce dernier…
「Le liquide est bizarre. Il est solide… Même plus dur que le sol.」
Tout semblait stoppé, même l’air et sa respiration y résonnaient dans un lointain écho.
Mike fit quelques pas supplémentaires et ses chaussures reposaient littéralement sur le liquide. Ce dernier était devenu une surface dure et impénétrable et pourtant, il était couvert de traces de pas.
Il pouvait distinguer deux types de semelles différentes :
Une première catégorie, très nombreuse, qui, à vue d’œil, avait une taille similaire à celle de Mike. Elles se dessinaient avec une précision presque mécanique. Des rainures épaisses — pareilles à des cicatrices — marquaient le passage d’une botte lourde et solide. Le motif anguleux formait un étrange symbole, régulier.
Tandis qu’une deuxième était beaucoup moins nombreuse, mais bien plus grande. Ce n’étaient ni des empreintes de cuir ni de métal : une marque taillée, anguleuse, faite de fractures et d’éclats pâles. En leur centre, le liquide avait l’air aspiré, comme pétrifié par la simple présence de celui qui était passé par là.
「Mes empreintes et celles de l’Entity. C’est donc une copie de l’étage précédent…」
Malgré sa déduction, quelque chose d’autre ne lui convenait pas. Il suivit un petit moment ses propres traces avant d’arriver face à un mur.
— Un cul-de-sac… Pourquoi ça s’arrête ici… J’ai vraiment autant marché… Je suis seulement allé dans des appartements et j’ai dormi… La Voix, il y a quelque chose de bizarre…
— Hmm ? Je te l’ai dit, non ? L’un des autres s’est déplacé pendant que tu dormais.
「Encore cette histoire ? Les autres… Je suppose qu'il va me dire de découvrir par moi-même… Qu'est-ce qu'il cache ? Il y a quelqu'un d'autre dans l'immeuble…?」
Mike doutait de nouveau de la Voix. Que lui cachait-il vraiment ?
— Puisqu’on n’est plus autant pressés qu’avant, trouve un endroit pour t’asseoir, je vais t’expliquer ça. Tu pourras en profiter pour manger quelque chose.
— Pourquoi pas…
Les sourcils de Mike se relevèrent et il se dirigea vers une porte d’appartement entrebâillée. Il voulut la pousser, mais elle ne bougea pas d’un iota. Totalement figée.
「Tss même les portes…」
Il fit passer son sac dans l’interstice et se faufila après lui.
D’un coup d’œil, l’intérieur était identique à celui de l’étage précédent. Au sol, les emballages étaient bien là. Après un instant à les fixer avec dédain, il alla s’asseoir sur la table à manger, y posa son sac et en sortit quelques gâteaux ronds.
— J’aime bien ces gâteaux, mais venons-en au fait, explique-moi tout ça !
Croquant dans ses gâteaux, il était fin prêt à écouter la Voix.
— Je t’ai dit de ne pas t’asseoir sur la table ! D’arrêter de prendre les gâteaux pour un repas ! Ton sac, pas sur la table non plus ! Et les chaussures, c’est à l’entrée qu’on les enlève !
「On vient de me parler ? Un humain ? Une femme ?」
Dans cet endroit où il n’avait vu personne… à part l’Entity qui avait voulu le tuer. Mike venait d’entendre quelqu’un lui parler. Qui n’aurait pas été content à sa place ? Qui n’aurait pas sauté de joie au point de faire fi des paroles prononcées ?
— Enfin !
— Mike non ne…
Ayant oublié toute peur, il se retourna dans un élan de joie.
Mais cette joie fut coupée de court. Derrière lui se tenait une silhouette noire, ombragée, semblable à un fantôme.
Ses cheveux étaient longs et dépourvus de toute couleur, tels un linge mal lavé. Son visage, quant à lui, était indistinct, gribouillé de traits fins, flous, déformés. Ses pieds nus traversaient le liquide — durci — et étaient posés directement sur le sol d’origine. Si un âge lui était donné, ce serait la quarantaine.
— Maman t’a pourtant dit d’être sage, n’est-ce pas !? D’arrêter de lui faire du souci ! De rester discret… et arrête de me regarder comme ça !
Tout en criant, elle s’approcha de lui, levant sa main et s’apprêtant à la redescendre droit vers son visage.
— Maman… ? Ma tête… hgg il se passe quoi ! On me presse le cerveau !
Le cœur de Mike fut submergé d’une violente vague de rage, de dégoût… puis de fortes nausées. Un mal insoutenable le prit.
— Désolée ! Je t’aime…
La voix de la femme disparut dans les centaines, non, les milliers d’images qui déferlaient à toute vitesse en lui.
「Cette main… je l’ai vue des centaines de fois… retomber sur moi…」
Il ferma les yeux, attendant le retour du coup. Mais rien ne vint.
Il les rouvrit lentement. Devant lui… se tenait à nouveau la porte 【99】.
— Pourquoi je suis de retour ici ?! Il s’est passé quoi ? C’était un rêve ? Un cauchemar ? Hein ? Hein ?
Il fixait la porte, le regard ahuri. La peur, le doute, l’incompréhension… La peur ! Le doute ! L’incompréhension !
Chaque sentiment prenait le dessus sur lui. Il tapait de toutes ses forces sur la porte, son souffle se raréfiait.
— Pourquoi ! Pourquoi ! Pourquoi !
— Res-sai-sis… Je sa-is ce que ça représ-ente pour… mais il faut que tu te- !
Entendait-il vraiment les nombreux appels de la Voix ?
「Pourquoi ! Pourquoi ! Pourquoi !」
Sa tête résonnait de plus en plus fort, la seule chose qu’il percevait était un charabia strident — amplifiant son état mental. Plus il l’entendait, plus sa tête lui faisait mal. Plus elle lui faisait mal, plus le bruit s’intensifiait. Une boucle infernale !
「Pourquoi ! Pourquoi ! Pourquoi !」
Recroquevillé sur lui-même, il se boucha les oreilles. Il était touché — peiné — au plus profond de son être.
Son être ? Au fond… qui était-il ?
Un simple jeune homme perdu dans un immeuble inconnu ? Sans raison apparente ?
Il devait subir, sans savoir les raisons de sa venue en ce lieu ? Ni ce qu’il faisait avant ?
Au contraire, ce qu’il venait de voir réveillait beaucoup trop de souvenirs pour son “lui” actuel. Des souvenirs qu’il aurait préféré oublier.
Oublier ? Vraiment ? Pourtant, il avait tout oublié…
「Pourquoi me rappeler ça ! Pourquoi ! Pourquoi !」
— CALME-TOI !
Sous ce cri qui résonna autour de lui, tout redevint clair et silencieux. Le charabia disparut, ses maux de tête s’apaisaient… sans pour autant s’éteindre complètement. Les nombreuses images furent stoppées brusquement, tel un barrage qui venait d’être posé dans son esprit, dans un grand fracas.
— Merci… Je vais me reposer un peu…
Encore un peu tremblant, il posa son sac et s’assit, dos contre la porte.
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「Je n’ai vraiment aucun bon moment avec elle…」
Au bout d’un long moment à trier ses souvenirs — nouvellement acquis — et à contempler le vide, il se releva.
「Qu’est-ce que je fais… J’y retourne ?」
Il aurait préféré rester là, assis, mais le choix ne lui était pas donné. Il se devait d’avancer, de continuer.
Il poussa la porte avec appréhension. Rien n’avait changé, tout était figé comme la première fois, et comme cette fois-là, la porte se referma et disparut.
「Encore… Il n’y a pas d’autres portes, donc si je veux aller à l’étage suivant, je dois…」
Lentement, Mike s’approcha de l’appartement entrouvert, fit passer son sac et entra avec facilité dans l’interstice.
Il commençait — malheureusement — à prendre la mauvaise habitude de se faufiler partout.
「C’est quoi ? Ce n’était pas là avant…」
Sur la table, une pile d’enveloppes était posée. Avec étonnement, il s’en approcha.
— C’est…
Les noms sur les enveloppes étaient illisibles, mais le destinataire et la raison de leur présence lui revenaient petit à petit.
Il savait mieux que quiconque à qui elles étaient destinées. Et pourquoi…
— Ce sont les anciennes factures de tes parents, n’est-ce pas ?
— Oui… ce sont elles. Les impayés… Les charges… Les dettes… et les enveloppes remplies de menaces incompréhensibles.
Au moment où il approcha ses mains, les enveloppes tombèrent et s’éparpillèrent sur le sol…
— Qu’est-ce qu’il se passe !? Je ne les ai même pas touchées…
Il se baissa pour les ramasser, mais ses mains les traversaient. L’impossibilité de les ramasser ou même de les toucher faisait remonter en lui une frustration sans précédent.
— Calme, tout ça n’est qu’un souvenir. On ne peut rien y faire…
Son sort était donc de prendre son mal en patience, à pouvoir seulement les regarder en silence ?
Dri—Dring
Un bruit régulier brisa le silence. Métallique et légèrement strident.
— Une sonnerie ? Ici ?
Dring Dring
— D’où ça vient ?
La sonnerie se rapprochait. Il avait beau parcourir la pièce du regard, il n’y avait rien, aucun appareil, aucun objet.
DRING DRING
— Mike ! Là, sur la table !
Dans un timbre sec, clair, légèrement vibrant, un objet commençait à apparaître. Un objet rectangulaire ainsi que de larges boutons numérotés. Sur le côté, un combiné relié par un fil.
— Un téléphone ?
DRING DRING… DRING DRING !
Chacune des sonneries du téléphone fixe durait environ une seconde, suivie d’un petit silence avant de reprendre de plus belle.
「Je dois décrocher ? Si je ne décroche pas… ça va continuer encore longtemps…」
Il tendit la main vers le combiné, mais une fois encore, elle le traversa.
— Encore ! Ce n’est pas possible…
Dri—iiiiiiiiiiiii
— Khh…khhrr… Bonjour Mr et Mme ” ___ “, comme à votre habitude, vous ne répondez pas.
La sonnerie fut remplacée par une voix d’homme, la vingtaine ? La trentaine ? La quarantaine ? Cette info n’était finalement pas déterminable et peu importante, et ainsi l’homme reprit :
— khhrr… khhr… C’en est vraiment exaspérant et fatigant haha. Vous nous devez de l’argent. Vous aviez promis que si on vous laissait plus de temps, vous alliez payer, et vous continuez de fuir ? Hein ? Ça fait plus de deux ans maintenant. Khh… Je vais finir par envoyer mes hommes. Ceux qui récupèrent toujours ce qu’il m’est dû. Vous habitez au ” ___ ” rue ” ___ “, n’est-ce pas ? C’est assez loin mais pas bien difficile à trouver. Même un chasseur de primes avec un mauvais sens de l’orientation le trouverait. Khhrr… Je sais que votre gamin n’est pas votre plus grande fierté, mais faites bien attention à lui, il pourrait lui arriver un mauvais accident. Hahaha khh… fichue toux… Bip bip bi-
Sous les derniers bips, le message s’interrompit.
— Qu’est-ce que c’était ?!
Mike fit deux pas en arrière, prenant son couteau en main et le pointa vers la silhouette.
— Tu as donc tout entendu… Arrête de me regarder comme ça ! Pourquoi tu n’es pas allé directement dans ta chambre ? Pourquoi n’as-tu pas continué ton chemin ? Tu n’aurais jamais dû le savoir ! Jamais !
Elle était de retour, faisant de grands gestes et parlant d’un ton acerbe — en le fixant.
— Regarde le sol ! Je t’avais dit de ne jamais toucher au courrier, il n’est pas pour toi ! À moins que tu puisses payer tout ça ? Tu veux réparer les erreurs de ton père ? Il ne faisait jamais rien ! Il n’était jamais là ! Jamais !
— Mais…
— Arrête de me regarder comme ça ! Quand il était là, il ne faisait que boire !
Chaque mot était brut, dur, froid, sans compassion ; le manque d’amour était apparent. On aurait pu le sentir à des kilomètres. Tout comme cette forte odeur d’alcool qui émanait d’elle.
Qui s’approchait à chaque pas qu’elle faisait. Qui irradiait la pièce.
— Mike, reste calme… Ne t’inquiète pas, elle ne peut rien te faire.
— Oui… Merci, c’est compliqué… mais…
Il respirait lentement, ne se laissant pas emporter par ses émotions proéminentes.
— Arrête de me regarder comme ça ! Tu parles encore tout seul ? Ai-je vraiment donné naissance à un fou ? Non, ce n’est pas possible ! Ça n’aurait jamais dû arriver. Jamais ! J’ai élevé ça… ça…
Elle tourna légèrement la tête, ouvrant grand les bras.
— Tu sais que je t’aime ? Hein ?
Elle sanglotait, ses mots étaient épris de nombreuses gouttes rouges, ensanglantées.
— Mais j’aurais préféré que tu naisses jamais. Regarde-toi… Même quand tu respires, on dirait que tu t’excuses d’exister ! Tu es un incapable ! Un meurtrier ! Un fainéant ! Depuis ta naissance, je m’occupe de toi ! 10 années à m’occuper de toi pour rien ? Pour que tu parles seul ? Pour que…
— Huh Qu’est-ce que…
Ses mots résonnaient dans l’esprit de Mike, mais certains attirèrent bien plus son attention.
「10 années ? Pourtant j’ai 16 ans…」
Il en était étrangement sûr. Même s’il ignorait comment, son âge lui était revenu à cet instant précis, ainsi que de forts maux de tête.
「Pourquoi elle me donne moins ? C’est bien un souvenir ! Alors, pourquoi me donner moins ? 10 ans ?」
Dans un instant d’inattention, elle lui attrapa le bras gauche.
— Quoi ?
— Il vaut mieux en finir, comme ça je n’aurai plus jamais à en souffrir. Jamais !
Alors qu’elle le retenait, une masse noire apparut dans sa main droite. Un couteau qu’elle s’apprêtait à rabattre droit sur Mike.
— HEH Tu fous quoi ? Tu te laisses faire encore une fois ?! On l’a déjà fait une fois ! On peut bien le refaire, non ?!
Une autre voix résonna dans sa tête et, à partir de ce moment-là, le contrôle de son corps lui échappa.
「Qu’est-ce que c’était…」
Il planta son couteau dans la poitrine de la silhouette.
— HEHEHEHEH
Son couteau se planta dans la jambe droite de la silhouette.
— Ahhhhh Arrête de me regarder comme ça. C’est ça que tu es. Je le savais !
Dans un cri d’agonie, elle planta à son tour son couteau dans la nuque de Mike. Mais il le traversa et aucune blessure ne lui fut causée, tandis que son corps continuait de donner des coups de couteau.
Encore ! Et encore ! Toujours plus de coups, violents, incontrôlés. Ils fusaient tous dans la direction de la silhouette. Mains ! Jambes ! Bras ! Pieds ! Torse ! Tous les membres étaient criblés de coups, mais absolument aucune partie vitale n’était visée.
「Stop ! Stop ! Stop ! Stop ! Non… non… non…」
Au moment où il reprit le contrôle de son corps, il ne put que tomber à genoux.
— …
Incapable d’emmagasiner les nouvelles informations. Incapable de sortir le moindre son de sa bouche, à part pour répéter les mêmes mots en boucle…
— NON ! Ce n’est pas moi qui l’ai tuée ?! Ce n’est pas moi… Ce n’est… pas… Pourquoi me rappeler ça ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Des images — plus précises — de sa mère défilaient dans sa tête.
Un jour, elle souriait ; le lendemain, elle frappait ; le jour d’après, elle pleurait puis buvait jusqu’à en être saoule, dans un état second, et la boucle recommençait.
Sourire, frapper, pleurer, boire. Frapper, sourire, boire, pleurer. Pleurer, frapper, boire, sourire. Boire, frapper, sourire, pleurer. Sourire en frappant, puis boire.
Boire en souriant, puis frapper. Pleurer en buvant, puis sourire. Frapper jusqu’à en pleurer. Boire à en oublier toute chose.
Les traumatismes resurgissaient. Des larmes coulaient.
Une tristesse incommensurable l’écrasait.
Il cligna lourdement des yeux.
Et de nouveau…
— 98…