Chapitre 20
— Bon, on m’explique, quelle est cette histoire de nom ? J’ai d’autres choses à faire, moi !
— Je ne sais pas trop, Rhéa a insisté pour que j’en choisisse un alors qu’on en a déjà un…
— Un nom ? Intéressant ! Fabuleux. Non pas que ça me ferait plaisir d’en avoir un. Vous ne croyez pas ça, j’espère ?
— Mike… est-ce que tu te rappelles de ton nom de famille ?
Finalement, Mike avait dû convaincre les deux autres de le suivre. Note étant plus facile à convaincre que Gekidō, qui avait montré bien des résistances jusqu’à l’entente du réveil de Rhéa.
Les quatre s’étaient rassemblés à un endroit au hasard et — sous les instructions de Rhéa — avaient rassemblé quelques pierres flottantes avant de les poser au sol et de s’asseoir dessus. Ils avaient ainsi formé quatre gros blocs et, malgré sa perplexité, Mike avait fini par ne pas poser de questions, car ça leur semblait logique.
Suite à cela, la discussion pouvait commencer et, malgré de nombreuses recherches dans sa mémoire, Mike ne trouvait aucunement la réponse à la question. Savoir son prénom lui avait suffi, mais il savait que Rhéa avait raison car après tout le nom de famille fait aussi partie de l’identité.
— Maintenant que tu le dis… non, je n’en ai aucun souvenir…
En recevant sa réponse, Rhéa acquiesça avant de se tourner lentement vers Gekidō.
— Et toi, Gekidō, tu t’en rappelles ?
— Il serait totalement inutile ! Je n’ai aucune envie qu’on ait le même nom que deux faibles alcooliques ! Qui puaient à chaque fois que je les voyais…
— C’est dommage. Pourtant, l’alcool remplit le cœur, vous ne pensez pas ?
La réponse de Gekidō fut claire et simple, il garderait toujours le même avis sur les personnes qu’il détestait en tout point et tous ignorèrent la remarque mal placée de Note. Suite à cela, Rhéa reprit la parole dans un faible sourire :
— Je vois que tu as bien changé, Gekidō. Je suis contente, ça doit être grâce à Mike…
— Tss, grâce à ce faible ? Impossible ! À part si tu veux dire que je parais plus jeune ?
La remarque agaçait déjà Gekidō et il préféra attirer l’attention sur son apparence qui avait encore changé. Il ressemblait maintenant plus à un préadolescent qu’à un enfant et avait repris quelques couleurs rouge vif, mais était-ce vraiment le même Gekidō que plus tôt ?
Lorsque Mike était venu le voir, un amas de corps brûlés jonchait les alentours du volcan. Le cycle de rage qui animait Gekidō l’avait poussé à le braver de nouveau et, en ce sens, il n’avait pas changé. Mais son fond était-il resté le même ?
Mike avait beau réfléchir à tout cela, il ne pouvait qu’attendre que Rhéa continue.
— Pourtant, c’est à lui de choisir le nom… Tu l’accepterais ?
— Mhh, oui !
Ainsi, avec cet accord, les trois se tournèrent vers Mike, qui se crispa légèrement, car d’après sa logique—
— Pourquoi ça serait à moi ? T’es plus qualifiée pour le faire, Rhéa, ou même la Voix.
Les trois répondirent en chœur : “On vient de te dire que c’est important.” avant de continuer avec leur propre façon de parler.
— J’ai déjà nommé certains d’entre eux, mais ça me fatigue de le faire…
Telle était la réponse de Rhéa, tout en bâillant. Mike se sentait redevable qu’elle s’en soit occupée à sa place et comprenait étrangement sa fatigue.
— Si quelqu’un d’autre venait à le décider, je le cramerais tout simplement vif !
La réponse de Gekidō ressemblait plus à une menace, vu son poing serré — dont le rouge vif s’intensifiait.
— L’inspiration, fie-toi à ton inspiration ! Même si ça peut paraître loufoque, laisse-la déborder !
Pour finir, Note avait ouvert en grand ses bras, laissant aussi voir ses dents d’un blanc pur et, réalisant qu’il n’avait pas le choix, Mike sortit la première proposition qui lui vint en tête :
— Bon, alors Kasane ?
— Mike. Non…
— Tu te fous de nous ? Tu nous as pris pour une chanteuse ?
— Moi, tout me va tant que tu y mets du cœur, et là, il y en avait zéro !
Les trois étaient d’accord sur l’étrangeté du nom que Mike avait sorti d’un coin de sa pauvre mémoire. Kasane = nom refusé.
— Hmm, Kageyama ?
— Mike… mets-y du tien.
— Tu peux arrêter de dire de la merde ! T’es une ombre, maintenant ?
— Je n’y vois aucun cœur ! Aucune inspiration !
Une seconde fois, les trois étaient d’accord — ce qui pouvait être rare et ironiquement dû à Mike. Kageyama = nom refusé.
— Rah, un nom qui sera provisoire… Il faut qu’il nous englobe et aille aussi à ceux que je ne connais pas…
— …
— Oui, alors t’as quelque chose ? Il faut que j’y retourne. Je commence déjà à refroidir.
— La troisième sera la bonne ! N’est-ce pas ?
Gekidō et Note le pressaient un peu, pendant que Mike continuait de marmonner dans sa main une multitude d’options.
— Wakare… Shigehara… Ka… Aida… Puisque c’est provisoire et que c’est pour nous…
Il continua un moment avant de s’allonger sur le dos et de s’arrêter tout simplement. L’impression qu’on lui en avait trop demandé l’emplissait, et il ne comprenait toujours pas l’intérêt de choisir un nom maintenant, alors qu’il ne connaissait pas son propre état.
Tant qu’il serait là, il ne pourrait pas confirmer son état. Et un peu comme le chat de Schrödinger dont il avait déjà entendu parler, il avait l’impression d’être mort sans l’être. Pour améliorer le tout, cet endroit avait aussi quelque chose de reposant qui le faisait hésiter sur la nécessité de retourner dans cet immeuble, ce monde rouge, sec et méchant…
— J’ai trouvé ! Kasō ! Notre existence sera temporaire dans cet immeuble, car je compte bien en sortir, et il pourra être modifié plus tard. Et aussi, nous sommes plusieurs, comme des couches superposées, avec leur propre personnalité, tout en étant un dans ce même corps.
— Ainsi, vous descendrez tous les étages comme un seul pendant que je dormirai ?
— Je pourrais continuer de dessiner tout mon saoul ? N’est-ce pas ? T’as aussi pensé à moi ? Que c’est gentil.
— Ça a été long pour te décider ! Mais… ça me va, je pense.
Ils approuvèrent cette appellation et désormais, pour une durée indéterminée, ils partageraient un même nom de famille : Kasō.
— On a donc Mike Kasō, Rhéa Kasō, Gekidō Kasō, Note Kasō et la Voix Kasō… si on peut l’appeler ainsi. C’est tout bonnement incroyable.
Note valida une dernière fois la liste en griffonnant sur le dos de son carnet, et tous acquiescèrent. Kasō = nom adopté à l’unanimité — ou presque.
Une profonde lumière émana de Mike, ou plutôt de ses habits : ils s’agrandirent, disparurent momentanément avant de revenir sous la forme d’un t-shirt noir, d’un pantalon sombre, ressemblant à un cargo, ainsi que d’une paire de bottes montantes. L’ensemble était neuf et lui allait bien mieux que les habits délabrés qu’il avait jusqu’à maintenant.
— C’était quoi ? C’est normal ?
Malgré sa surprise, les trois autres haussèrent les épaules à leur façon, sans pour autant donner d’explication, et tout comme les pierres, il en conclut que ce n’était pas si surprenant dans ce monde intérieur et que même dans le monde rouge, cela aurait pu se produire.
Une fois ce problème écarté, Mike se tourna vers Rhéa, qui continuait de le regarder avec un faible sourire enjoué.
— Vu que cette histoire de nom est réglée… Rhéa, comment je fais pour sortir ?
— Sortir ? Ahh… Front ? Eh bien, ça ne se produit que sous certaines conditions. Mais dans tous les cas, il vaut mieux que tu te reposes pour l’instant, car je ne peux pas non plus. Je ne sors qu’en cas d’urgence ; sinon, c’est fatigant, et à chaque fois que tu viens, tu restes bloqué…
Mike comprit que sortir ne serait pas pour maintenant et ressentait un certain soulagement, mais d’autres mots attiraient bien plus son attention. Le fait qu’il soit déjà resté bloqué voulait dire que—
— Je suis bien venu avant de perdre mes souvenirs ?
— Pourquoi tu me poses la question ? Tu parlais déjà à la Voix quand tu étais petit, et à quelques autres. C’est aussi comme ça que tu m’as donné mon beau prénom.
— Tu as beau me dire ça, je n’en ai aucun souvenir, à part celui de ma mère me disant que je parle tout seul…
— C’est pour ça qu’il faut que tu t’en souviennes de toi-même. Tu as récupéré certains d’entre eux, mais ça ne change pas grand-chose à ton état, et même si je t’en parlais, tu ne verrais pas tous les autres. Ce serait comme parler à un sourd.
Mike acquiesça à chacun de ses dires, comprenant assez facilement où elle voulait en venir. Il l’avait vécu de lui-même : les mots ne suffisaient pas à la simple récupération de ses souvenirs et l’immeuble était aussi l’endroit qui arrivait le plus facilement à lui les redonner.
Et le fait qu’elle parlait des autres alter en regardant autour d’eux lui confirmait leur présence malgré qu’il ne les voit pas.
— Bref, maintenant que tu es réveillé et avant que tu retournes dormir, j’ai des questions aussi.
Gekidō coupa la discussion comme il aimait si bien le faire dès qu’un sujet s’éloignait trop de son intérêt, et Rhéa tourna lentement la tête vers lui, acquiesçant comme pour lui dire de reprendre la parole.
— Pour toi… les forts doivent protéger ou marcher sur les faibles ?
— Pourquoi tu me poses la question ?
— Oh, quelle question dénuée de sens. Tout un chacun est différent, chacun doit faire ses choix.
— L’excentrique, ferme-la un peu. Je pose la question à Rhéa car elle est forte !
Note voulut rajouter sa touche personnelle à la discussion, mais fut vite rembarré par Gekidō dans de grands gestes, ce qui fit échapper un petit ricanement de la bouche de Rhéa.
— Je suis loin d’être forte…
— Qu’est-ce que tu racontes ? Tu m’as battu sans effort et, depuis le début, j’ai cette impression que toi et la Voix êtes les plus forts.
— Calme… Premièrement, tu as vu combien de temps j’ai dormi après ça ?
— Bien plus que d’habitude…
Réalisant peu à peu ce que ça voulait dire, le ton et les sourcils de Gekidō s’abaissèrent et Rhéa bâilla avant de surenchérir.
— Parler me fatigue déjà… Deuxièmement, il y a les piliers qui chamboulent tout. Ce que tu appelles un faible peut finalement être bien plus fort que toi, et inversement. Enfin, je dis ça, mais je pense que tu ne t’arrêtes pas qu’aux muscles ou à ce genre de choses, n’est-ce pas ?
— Oui, bien sûr. Ça a l’air casse-tête dans tous les cas, ça m’agace déjà.
Gekidō se gratta rapidement les bras, se perdant aussi dans sa propre réflexion, et Mike en profita pour poser une seconde question à Rhéa :
— Justement, en parlant des piliers, tu pourrais m’expliquer comment je suis censé les utiliser ?
— Mike… j’ai l’air de quoi ?
— C’est-à-dire ? Un alter ? Une grande sœur ? Une femme ?
— La bonne réponse était : une étudiante fatiguée qui a envie de se rendormir…
— C’est pas faux…
Malgré sa remarque, Rhéa souriait paisiblement en pointant ses cernes et, un peu déçu, Mike acquiesça, car après tout, il savait bien qu’elle n’avait pas tort. Sa tenue avait été la première chose qu’il avait remarquée et tout comme pour Note et Gekidō, il se demandait si elle ne venait pas de leur personnalité ou autre chose dans ce genre-là.
— Je vais au moins t’expliquer quelque chose avant de m’endormir… Pour l’instant, tu as besoin d’un objet auquel te raccrocher et, justement, avec un stylo, on est censé faire quoi ?
— Dessiner ! Écrire ! Plaquer son imaginaire sur une feuille de papier !
Sans laisser le temps à Mike de répondre, Note sortit toutes les idées qu’il avait en tête, et Mike en conclut rapidement que tout avait été dit. Et pourtant, Rhéa secouait légèrement la tête.
— Pas seulement. Et si, avec ce même stylo, tu pouvais rattacher ta volonté et ne plus écrire seulement sur une feuille ou tout endroit réel, mais partout où tu veux ? Si ta volonté pouvait justement imposer au stylo d’écrire dans l’air, et que ça ne s’arrêtait pas là ? Et si tu pouvais imposer des règles aux choses avec ce même stylo ? Que le papier se plie de lui-même après avoir écrit.
— Attends, attends. Moi, faire ça ?
Il avait beau l’entendre dire tout ça, c’était le genre de chose qu’il avait du mal à croire. Pourtant, avec tout ce qu’il avait vécu, il ne pouvait que la croire, et Gekidō arriva à la même conclusion :
— Imbécile, dans ton cas, ça serait le couteau et la chaîne…
— Oui, je sais, mais je n’étais pas dans un état normal, ma tête tournait, je vomissais, j’étais bloqué sur la même pensée…
Mike se remémorait ces moments où il ne se sentait plus lui-même, ce qui lui donnait une certaine appréhension, car si Gekidō n’avait pas été là dans les premiers moments, il aurait sûrement mis fin à sa vie.
— Tu ne voulais plus qu’une chose… La tête qui tourne, les vomissements, c’est en partie des effets secondaires du pilier qu’est Tamashii.
— Et comment je suis censé l’utiliser si c’est pour vomir à chaque fois, ou ne plus être moi ?
— Pense à un objectif clair et concentre-toi du mieux possible. Bwah, ça fait longtemps qu’on n’avait pas parlé autant… ça fait plaisir de t’avoir revu.
Elle bâilla longuement, clignant des yeux de manière répétée avant de finalement s’arrêter, les yeux fermés et la tête vers le bas.
— Rhéa ?
— Ça ne sert à rien, elle dort…
— Quoi, comme ça ? Elle n’avait pas fini !
— C’est toujours comme ça et ça m’énerve… J’ai rien compris à ces explications ainsi qu’à ce que je dois faire des faibles.
— Choisis par toi-même, telle est la réponse.
— Je pars avant de le cramer, celui-là…
Une troisième voix vint casser leur discussion, et Gekidō descendit rapidement de son rocher en grommelant seul et partit de nouveau vers son volcan, tandis que Note retourna à son carnet et recommença à dessiner.
— Bon, bah j’ai plus qu’à m’en occuper… et il n’y a vraiment aucun lit ici…
Mike avait fini par être le seul restant avec une Rhéa endormie. Elle n’avait pas bougé de sa position et était restée assise en tailleur, sans basculer ni tomber et malgré l’habitude de la voir endormie, il trouvait cela encore une fois apaisant.
Tout chez elle lui semblait apaisant, que ce soit sa façon d’être, sa façon d’écouter tout le monde, sa façon de parler et de sourire, mais aussi son beau visage qui esquissait un fin sourire en dormant.
Pour Mike, c’était bien plus une grande sœur qu’une étudiante fatigué et comme tout petit frère, il se devait de respecter son sommeil.
En corrélation avec cette idée, il n’avait plus que le choix de la ramener à sa chaise, ce qu’il fit promptement en la portant sur son dos du mieux possible et en la déposant délicatement, la recouvrant ensuite de sa couverture noire et remplie de petites lumières blanches — qui était restée au sol depuis qu’elle s’était levée pour aller à sa rencontre.
— Des étoiles…
✧ ✧ ✧ ✧ ✧ ✧ ✧ ✧ ✧ ✧
Finalement, il était de nouveau seul, avec des parties de réponse à ses plus grandes interrogations et de nouvelles qui se créaient.
Sous le ciel inchangé — si c’était réellement un ciel dans ce monde — Mike se remit à réfléchir à toutes les informations qu’il se devait d’emmagasiner.
Malgré le fait qu’il ne comprenne pas pourquoi il était arrivé dans ce monde, il soupçonnait que quelqu’un l’y avait emmené, et le fait qu’il y ait sûrement d’autres personnes dans d’autres immeubles ne le rassurait pas plus.
Après tout, ce qui le chiffonnait un peu était l’existence de l’immeuble et ce qui l’attendrait une fois qu’il serait descendu, ainsi que l’origine de ces Entity aux âges illogiques et aux pouvoirs incongrus.
Par-dessus tout, ce qui l’importait vraiment était la raison de ces souvenirs perdus et ce qu’il faisait avant de les perdre, ainsi que la raison de la disparition de la Voix et l’endroit où il se trouvait.
Pourquoi ? Comment ? Qui ? Et bien d’autres questions fusaient dans sa tête, et il avait bien du temps pour réfléchir dessus.
Passant à côté du volcan à de nombreuses reprises, remarquant ainsi la pile de corps grandissante à chaque fois.
Vérifiant si Rhéa dormait toujours et relevant sa couverture à chaque fois qu’elle tombait.
Parlant à Note de temps en temps, lui demandant de regarder son carnet, sans succès.
Essayant de concentrer sa volonté sans succès et finissant par recommencer la boucle.
Parfois, dans une position allongée sur le sol, ni dur ni mou, il réfléchissait, il s’interrogeait, mais tout restait brouillon, trop brouillon pour lui.
— Il faut que je note ça quelque part… Quoi de mieux que d’aller demander à Note ?
Une pensée stupide vint couper cette longue réflexion et, animé par le besoin d’ancrer quelque part ses couches de questions, il s’approcha de Note. Ce dernier était allongé sur le sol, carnet en main.
— Note, je te dérange ?
— Oui ! Là, j’ai de l’inspiration ! De la fabuleuse inspiration ! Une incroyable inspiration !
Malgré cette protestation, Mike regarda par-dessus l’épaule de Note, qui dessinait frénétiquement, sans s’arrêter. Un visage se forma après quelques traits rapides, un corps simple et quelque peu mécanique, puis un manteau, pour finir sur un chapeau et un objet difficilement reconnaissable dans la main.
— Tada ! Voilà mon croquis ! Alors, ça te plaît ! T’aimes bien ? Non pas que ça me ferait plaisir…
Il avait rapidement fini un croquis, ce qu’il trouvait sûrement suffisant pour le montrer à Mike, et se leva rapidement, le plaquant devant le visage de Mike, qui le recula légèrement. En dessous du dessin était écrit :
— L’Entity n°324 ?
Un bruit sourd résonna, et Mike cligna des yeux une fraction de seconde en continuant de parler. Dans ce seul instant, l’air devint plus lourd, les odeurs envahirent son nez et la pénombre remplit ses yeux.
Il n’était plus dans le monde intérieur, et en face de lui, l’homme — l’Entity qu’il avait vu dans le carnet — secoua la main.
— Oui, c’est moi ? T’as l’air perdu ! Sans perdre de temps, je suppose que je dois te réexpliquer l’épreuve, n’est-ce pas, Fract ?