Chapitre 19
Le jeune homme, un carnet à la main, fixait toujours Mike de ses yeux bleus.
— Alors toi aussi, tu es…
— Un alter ? Une des personnalités ? Une part d’un tout ? Quelle question ! Bien sûr ! Mais ne va pas penser que ça me fait plaisir, loin de là. Tu ne penses pas ça, j’espère ?
Mike n’avait pas fini sa question que la réponse lui avait déjà été donnée d’une façon rapide et assez démonstrative.
Note, comme il avait dit s’appeler, s’était reculé et avait commencé à gesticuler dans tous les sens, donnant avec ses mains un impact sous chacun de ses mots.
Au premier abord, il était vêtu d’une chemise claire, crème, dont les manches étaient retroussées vers les avant-bras. Sous le col, une cravate le décorait, cachée par un gilet bleu profond sans manches.
Le gilet était cintré et boutonné, épousant étroitement son fin torse. Il avait beau se plier dans tous les sens, il continuait de souligner sa silhouette fine et sans force. Pour finir, il portait un pantalon bleu sombre, près des jambes.
Mike avait beau le regarder, un détail le chiffonnait plus que les autres :
— Les trucs blancs, là ? C’est des taches ?
— Des taches ? Où ça ? Je n’ai pas utilisé de blanc !
Tout en gesticulant, Note regarda sa propre apparence, comme s’il l’avait oubliée.
— Ahhh, tu parles des étoiles ? Je les ai rajoutées moi-même ! T’aimes bien ? T’en veux ?
— Des étoiles ? C’est censé être…
— Les lumières dans le ciel qui clignotent tout le temps, tu ne connais pas ?
Note s’arrêta et leva son crayon droit vers Mike, plus précisément vers le haut du corps de Mike, avant de le rapprocher de sa propre bouche, faisant mine de réfléchir.
— Bizarre. C’est vrai qu’il n’y en a pas ici… Dommage.
Mike comprenait peu à peu que les lumières qu’il avait vues derrière la lune rougeâtre étaient en fait appelées étoiles et, assez facilement, il en conclut que c’était une des informations qu’il avait oubliées.
Mais alors pourquoi certaines infos lui étaient évidentes, tandis que d’autres non ? Et qu’en plus, à certains alters, dont Note, ces connaissances leur étaient purement naturelles ?
Enfin, Mike avait les réponses à ces questions, s’étant bien rendu compte qu’ils avaient une mémoire différente, leur propre personnalité, leur propre façon de parler ainsi que leur propre envie.
Et justement, en parlant de l’un d’entre eux : Note toisait Mike de haut en bas à maintes reprises.
— Toi, par contre, t’aurais bien besoin de nouveaux habits ! T’en veux ? Faudrait te relooker ! Non pas que ça me ferait plaisir de m’en occuper. Ne t’imagine rien de ce genre… Aïe !
— T’es qui, sale excentrique ? Depuis tout à l’heure, tu l’ouvres de trop !
Alors que Note parlait encore, Gekidō lui donna un franc coup de pied à l’arrière de la jambe, se mêlant ainsi à la discussion — qui n’en était pratiquement pas une — d’une façon bien à lui.
Il avait beau avoir cette force d’enfant, un coup bien placé avec de la pierre ferait forcément mal, et la petite grimace de Note en témoignait.
Pour autant, Note n’avait pas tort : Mike était ici avec une tenue délabrée et sans réel sens, plus précisément celle qu’il portait en se réveillant à l’étage 100, avant tout changement.
Mike s’auto-qualifiait ainsi de personne mal habillée, avec des habits déchirés de partout, mais là n’était pas le sujet et, en regardant Gekidō, Note proposa :
— Toi aussi, tu veux des habits ? Le peu—
— Tu ne comprends pas quand je te dis de la fermer ! Tu voulais lui montrer un gribouillis, non ? Alors fais-le ou barre-toi !
Refusant catégoriquement les propos de Note, Gekidō continua de lui donner d’autres coups de pied.
Mike pouvait bien voir son agacement et le comprenait, mais il voulait quand même écouter ce que Note avait à dire. Ainsi, ses mains vinrent arrêter Gekidō, le soulevant par l’arrière et, ne touchant plus le sol, ses pieds ne pouvaient plus que se balancer.
— Lâche-moi, abruti ! Laisse-moi lui faire la peau !
En réaction, Gekidō se débattait, donnant des coups de coude un peu partout et, avec un faible sourire, Mike rétorqua :
— Il a l’air un peu loufoque… mais faut bien l’écouter, non ?
— Non, je n’ai aucune envie d’écouter un faible comme lui ! Il a de la chance que j’aie refroidi… Sinon, je l’aurais déjà brûlé vif !
— Gekidō, calme-toi !
Gekidō se crispa, surpris de la montée du ton de Mike et, pour autant, il continua de se débattre plus vivement.
— Regarde le sourire ! Il s’en moque ! J’vais me le faire et il n’aura plus de visage avec sa tronche d’excentrique !
Mike releva la tête, et un large sourire était effectivement remarquable sur le visage de Note, qui les regardait tous les deux, attendant patiemment.
Pour autant, Mike réfléchissait à un moyen de les séparer et le plus simple était sûrement d’éloigner Gekidō.
— Tu ne m’avais pas parlé d’un volcan ?
— Ouais, pourquoi ?
— Alors vas-y, je suis sûr que tu retrouveras tes couleurs… et, pour l’instant, je vais parler un peu avec lui.
— Tch. Dans tous les cas, je lui ferai la peau !
Alors que Mike déposait Gekidō au sol, Note se rapprocha d’eux.
— Je te précise qu’on ne peut pas mourir ici. Sinon, ça serait totalement loufoque, comme l’a dit Mike. J’aime bien ce mot…
De son crayon, il nota rapidement le mot sur le dos de son carnet rouge et reprit de plus belle :
— Si on pouvait mourir chez soi, ça serait le clou du spectacle. Dans notre propre endroit personnel, c’est comme une maison. Qui meurt chez soi de nos jours ? C’est… loufoque !
— …
Sous ce discours dit à un débit rapide et toujours parsemé de gestes, Mike et Gekidō s’arrêtèrent totalement, laissant ainsi place à un blanc.
Après tout, pour ces deux-là, cette mention était mal placée pour bien des raisons, que ce soit la mort du père ou de la mère causée par nul autre qu’eux. Mike se sentait encore coupable sur bien des points et Gekidō n’avait pratiquement aucun remords, mais, pour autant, une fois au sol, il lui lança le plus acéré des regards.
— Tss, tu vois, c’est une enflure…
— Il n’a pas l’air au courant…
Les deux marmonnèrent et Gekidō se détourna puis s’éloigna d’un pas décidé vers son volcan. Réalisant soudain son manque de tact, Note se rapprocha rapidement de Mike.
— Quoi ? Un problème ? Ai-je dit quelque chose de blessant ? Si c’est le cas, je vous prierais de me pardonner…
— Stop, ça va. Tu voulais me montrer quelque chose, non ? Alors vas-y.
— Ah oui ! C’est vrai. Je voulais te montrer ceci !
Mike l’interrompit avant que la discussion ne s’éparpille de nouveau et, une fois de plus, le carnet lui fut plaqué contre le visage. Il le repoussa aussitôt et le saisit dans ses deux mains.
Sur la page, une silhouette était griffonnée : un homme de taille moyenne, sans rien de particulièrement notable.
— C’est censé être qui ?
— La Voix ! Celui dont tu parlais, qui d’autre que lui !
Il avait beau regarder, la silhouette ne pouvait que confirmer que c’était un homme : des mains, des pieds, une bouche et des yeux.
Tout était là sans l’être pour autant, blanc, terne et dénué de sens, et justement, c’est ce qui le gênait.
Pourquoi Note aurait-il dessiné la Voix avec des traits flous et aggravés ? Comment faisait-il pour être aussi fier de ça ? Était-ce un piètre dessinateur sans talent ?
— Tu veux voir les autres ?
Note prit le carnet avec hâte et tourna les pages avant que Mike n’ait le temps de réagir. Sous chaque dessin, de petites notes étaient griffonnées, et quelque chose attira l’attention de Mike, qui lui attrapa la main pour l’empêcher de continuer.
— Attends, je n’ai pas le temps de voir ! C’était les petits monstres… et les loups ?
— Hmm ? Quoi, t’aimes bien ? Tu veux en voir plus ?
Note fit tout de même repartir le carnet dans l’autre sens avant de l’arrêter sur une page en particulier.
Sur cette dernière était dessinée une personne, assez petite, à la peau sombre, cendrée. Des cheveux légèrement sombres, blancs par endroits. Un torse nu et un pantalon ample, ressemblant à un hakama modifié et renforcé aux articulations. Ainsi qu’une sangle rajoutée à sa taille, négligée, et des pieds nus.
À sa grande surprise, Mike, connaissant indubitablement cette personne car, après tout, c’était—
— L’Entity 708 ? Tu l’as vue où ?
Note libéra sa main tenue par Mike avant de s’exclamer dans une curiosité grandissante :
— La voir ? Pourquoi je l’aurais vue ? Tu la connais ? Tu l’as déjà vue ? Elle est sympa ? Mais pour en revenir à ta question… Je ne l’ai jamais vue.
Ainsi, ces questions démontraient bien assez qu’il n’avait jamais vu la personne qu’il avait dessinée, alors—
— Comment t’as pu dessiner ça ?
Note écarta les bras en s’éloignant à reculons. Sa démarche claquait sur le sol, ses chaussures en cuir bleu très foncé aux bouts arrondis, sans extravagance. Tout simplement des chaussures de ville qui venaient compléter le reste de sa tenue.
Un jeune homme bien habillé qui n’avait finalement pas le comportement qui allait avec…
Pour faire simple, un excentrique, comme l’avait si bien dit Gekidō. Un excentrique qui ouvrait grand les bras avant de relever ses cheveux d’un coup sec, les faisant remonter. Ses cheveux d’un bleu à part entière, légèrement noirs par endroits.
— C’est mon inspiration ! De la pure inspiration ! Ils me viennent en tête et je les dessine ! Ça me prend du temps, mais c’est tout bonnement simple !
L’inspiration ? Non, ça ne pouvait pas être ça car, après tout—
— C’est quelqu’un que j’ai rencontré… Donc tes dessins sont les personnes que je rencontre ?
— Rencontrées ? Pourtant, je ne suis jamais sorti d’ici…
Dans sa réponse, Note s’arrêta totalement, réalisant réellement ce que ça voulait dire, et ses yeux s’illuminèrent.
— Donc mon inspiration vient de toi ? De l’extérieur ? C’est encore mieux ! Fabuleux ! Incroyable ! Loufoque !
Son passe-temps, non son obsession, était de mettre sur papier ce qui lui passait par la tête et, sans qu’il ne s’en rende compte, il avait des pics de ce qu’il appelait de l’inspiration.
Cette inspiration lui venait de Mike, mais ce dernier avait une autre impression : ces dessins ne pouvaient pas se limiter à la simple représentation. Et il avait raison, sous chaque dessin, de petits mots étaient présents.
Logiquement, sous celle du gobelin était marqué 【Entity N°708】 et, ironiquement, le mot qui interpellait le plus Mike était 【Entity】.
— Mais du coup, tu sais ce qu’est une Entity ?
— Non, pourquoi ? Toi, tu sais ? Explique-moi ! Non pas que ça me ferait plaisir que tu éclaires ma lanterne…
Plaçant son crayon dans les cheveux, il avait redonné le carnet à Mike.
— J’en sais trop rien… Des mecs en armure qui traînent dans cet immeuble. Un d’entre eux a essayé de me tuer, et l’autre, je ne sais pas trop. C’est justement lui que tu dessinais… Attends, tu connais aussi son prénom et son pouvoir ?
— De quoi tu parles ?
Sur le recto de la page que Mike avait entre les mains était dessinée l’Entity N°708, et sur le verso, une flopée d’informations ordonnées :
【Nom : N°708】
【Vrai Nom : Ertos】
【Race : Gobelin, Entity】
【Genre : Homme】
【Statut : Vivant】
【Âge : 216 ans】
【Vrai âge : 16 ans】
【Piliers :
Hōshutsu : ???
Ryūjin : ???
Shuhō : ???
Tamashii : ???
Unmei : ???】
【Hatsugen : Zero Point Fix】
【Armes : Aucune】
【Memories : ???】
【Origin Sekai : ???】
Une part de ces informations lui paraissait approximativement normale car, après tout, elle lui avait déjà été mentionnée : l’Hatsugen correspondait à ce que N°708 avait appelé la manifestation.
Le dernier pilier dont n’avait pas parlé N°708 était en fait Unmei, donc sûrement un lien avec le temps ou le destin, et il comprenait en partie pourquoi il n’en avait pas fait mention.
De plus, N°708 avait failli donner son prénom et s’appelait finalement Ertos, mais Mike ne comprenait pas vraiment pourquoi une différence était notable entre un nom et un vrai prénom.
Finalement, les deux dernières informations qu’étaient le Memories et l’Origin Sekai étaient ce qu’il comprenait le moins.
— Et comment tu sais tout ça ?
— L’inspiration ! Pourquoi ça t’intéresse autant ? C’est important ?
— Non, ça ne peut pas être juste ça… Attends, mais ça veut dire que…
Mike rapprocha le carnet directement de lui, le prenant pleinement dans les mains, tournant les pages et retournant ainsi au début.
— Quoi ? T’as commencé à faire tout ça quand ?
Continuant de se dandiner, Note répondit :
— J’en sais rien. Mes carnets ont disparu à un moment… J’avais dessiné plein de personnes, mais ce n’est pas important ! Depuis un moment, je dessine des personnes bien plus intéressantes qu’avant ! Des créatures loufoques ! C’est le clou du spectacle !
En l’écoutant, Mike continuait de feuilleter le carnet : la première page était totalement vide, la seconde aussi, tandis que la troisième était celle qui lui avait été montrée au début.
Finalement, c’était la plus brouillonne et elle contrastait amèrement avec le reste des dessins qui étaient de toute beauté.
— Et pour la Voix, tu n’as pas d’autres informations ?
Note s’arrêta, crayon sous la bouche, en commençant sa réponse par un “ Non “.
— Il n’y a rien qui me vient en tête. J’ai beau attendre de l’inspiration… Nada. Il t’intéresse beaucoup ?
— Mouais…
Le verso était vide et la seule chose marquée au recto était 【La Voix】, juste en dessous du griffonnage.
Déçu, Mike tourna la page pour tomber sur le dessin d’une autre personne : vêtu d’une armure de pierre blanche, de haut en bas, veinée de quelques reflets opaques, et son visage, caché par un heaume anguleux.
Juste en bas, il était griffonné 【Entity N°260】, et sur le verso, une autre liste d’informations.
【Nom : 260】
【Vrai Nom : ???】
【Race : Humain, Entity】
【Genre : Homme】
【Statut : ???】
【Âge : 737 ans】
【Piliers :
Hōshutsu : ???
Ryūjin : ???
Shuhō : ???
Tamashii : ???
Unmei : ???】
【Hatsugen : ???】
【Armes : ???】
【Memories : ???】
【Origin Sekai : ???】
— Y a moins d’infos… et 737 ans ? Ce n’est pas un âge normal !
— Ah bon ? Tout paraît logique quand j’écris et je dessine.
Mike soupira longuement, posant sa tête contre sa main.
— J’en ai marre. Tout est bizarre ici… Plus j’avance, pire c’est…
Il avait déjà vu l’âge de l’Entity N°707 mais avait automatiquement conclu que c’était dû à sa nature de gobelin et que cette race avait tout simplement une vie prolongée.
Bien évidemment, Mike savait aussi que ça ne servait à rien de poser la question à Note et que, malgré la faible probabilité de réponse, il valait mieux la poser aux concernés : les Entity.
Concluant cela, il lui fallait donc partir de ce monde.
— Bon ! Tu sais comment je retourne de l’autre côté ?
— Non, je viens de te le dire, je ne suis jamais allé de l’autre côté. Pourquoi faire ? Je suis bien ici !
Note s’allongea sur le sol, regardant le plafond ou plutôt les pierres flottantes, les lumières vives et le vide à portée de vue. Chantonnant joyeusement, crayon et carnet à la main, il finit par se tourner de nouveau vers Mike.
— Tu fais quoi ? Tu ne veux pas venir t’allonger et te reposer ?
— J’essaie de partir. Si Gekidō a juste, on n’est pas mort. Mais il faut bien que je vérifie… et j’ai encore plus de questions à poser maintenant…
Ce furent les derniers mots de leur première conversation — longue et fatigante en tout point. Ainsi que totalement inégale en termes de mots.
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La solution pour sortir du monde intérieur… Ni Mike, ni Gekidō, et maintenant ni Note ne l’avaient. Même si, pour lui, la raison était différente : il n’en voyait pas l’intérêt car ce monde extérieur qu’il n’avait jamais vu ne l’intéressait tout simplement pas.
— Peut-être que Rhéa… mais elle dort.
Mike avait jeté un dernier coup d’œil à Rhéa avant de s’éloigner de Note, tout en réfléchissant à sa propre situation d’être bloqué dans son propre monde intérieur.
— Il y a peut-être une sortie quelque part…
Cette nouvelle pensée en main, il s’éloignait constamment de tous les autres.
Marchant sans trop savoir où il allait.
Il marchait, totalement perdu dans ses pensées.
Passant entre les gravats flottants, il marchait encore.
— C’est vraiment un drôle d’endroit.
Sans aucune fatigue et toujours tout droit, il continuait de marcher.
Il marchait toujours, les pierres toujours autour de lui et sûrement bien d’autres.
— C’est long…
Il marchait inlassablement, cherchant la sortie qu’il convoitait tant.
— La Voix se serait amusée à compter mon nombre de pas…
Ses pensées s’entremêlaient constamment. Après tout, pensait-il vraiment ? Marchait-il vraiment ? Cherchait-il vraiment ? À quoi devait ressembler la sortie ? Que cherchait-il ?
— Finalement, je suis peut-être mort… et eux aussi, par ma faute…
— Non…
Une voix calme, féminine, vint percer l’abstrait de la longue marche qu’il avait accomplie.
— Qui ?
Alors qu’il se retournait, une silhouette violette l’attrapa, lui laissant à peine le temps de réagir. Il la connaissait, ça ne pouvait pas être une inconnue, ça ne pouvait être que—
— Rhéa ?
— Mike, tu es enfin là…
Elle le lâcha avant de s’éloigner avec lenteur.
Une femme aux longs cheveux violets, des yeux tout autant violets et cernés, un sourire lent et apaisant. Sans nul doute, un visage magnifique.
Sa carrure était fine et elle portait une longue jupe noire légèrement froissée, un pull tout aussi noir ainsi que des chaussettes noires montantes à l’intérieur de chaussures noires vernies.
Finalement, c’était bien un pull qui venait compléter son uniforme, et c’était bien un uniforme, comme il l’avait si bien supposé, et si un âge devait lui être donné, elle se rapprocherait de la vingtaine, si ce n’est plus.
Une certaine prestance semblait se rapprocher de sa beauté et ses fines lèvres roses se rouvrirent.
— Rassemble les autres ! Il faut que tu choisisses notre nom de famille !
— Quoi ? Un nom de famille ? Mais j’ai d’autres choses à faire.