Chapitre 17
— Huh huh
Après avoir trébuché, Mike avait réussi à se rattraper de justesse, se retrouvant les bras suspendus au-dessus de sa tête.
「Je ne vais pas pouvoir remonter.」
Malheureusement, seuls les bouts de ses doigts s’étaient accrochés au rebord et Mike était conscient que leur seule force ne suffirait pas à le tracter vers le haut.
Il savait aussi que sa faible constitution, qui lui avait permis de survivre jusque-là, lui était encore une fois inutile et ne le sauverait pas de sa maladresse.
Pourtant, il n’arrivait pas à se résoudre à lâcher prise, quelque chose de profond l’en empêchait.
Sans nul doute, le peu d’instinct qu’il avait lui signalait que descendre n’était assurément pas un choix envisageable.
Mais remonter n’était pas forcément mieux, et pour une bonne raison qui ne dépendait pas d’un faible instinct.
Kling
「Ils m’ont rattrapé…」
Les petits monstres équipés d’une pelle étaient déjà là, le regardant de haut. Leurs petits yeux le fixaient dans ce qui ressemblait à de la colère — s’ils étaient capables d’en ressentir, bien sûr.
Après tout, dans un acte de légitime défense, Mike avait éliminé un des leurs.
Et finalement, l’un d’entre eux se démarqua des autres. Légèrement plus petit, il se rapprocha de Mike et ses petits pieds s’arrêtèrent à quelques centimètres de lui — plus précisément, de ses doigts.
Après l’avoir fixé, le monstre souleva sa pelle dans un fin mouvement et la fit retomber sur les doigts de Mike.
— Aïe
Malgré la douleur, la main de Mike ne bougea pas, elle continuait de rester accrochée au rebord du trou, il ne se résignerait pas à tomber aussi facilement.
— Oust ! Sale monstre, laissez-moi tranquille ! Ça fait mal !
La bouche tremblante, Mike bafouilla ces quelques mots, mais les monstres n’y prêtaient aucune attention et continuaient de le regarder sans bouger.
Tous sauf un, le plus proche s’apprêtait déjà à remettre un coup de pelle sur ses pauvres doigts. Ce qu’il fit en toute hâte, soulevant sa pelle et tapant sur les doigts de Mike.
De plus, le fait qu’il soit doté d’une certaine intelligence ou instinct semblait indéniable car il ne visait pas n’importe quel doigt mais ceux qui avaient le plus de prise sur le rebord.
C’est-à-dire l’index, le majeur et l’annulaire et, indubitablement, ces trois doigts rougissaient sous les assauts répétés.
— C’est bon, j’ai compris ! Je suis désolé… mais là je vais tomber !
Il protesta plus vivement en sentant la douleur s’alourdir dans ses doigts et, à sa grande surprise, le monstre s’arrêta.
Sans sommation et un peu trop rapidement, toute leur bande s’éloigna, laissant ainsi Mike seul accroché au trou.
「Enfin. Ils sont partis, je vais pouvoir réfléchir tranquillement. Ce n’est pas la meilleure position, mais c’est mieux que rien. Mais d’abord…」
Il ferma les yeux et se concentra du mieux qu’il put, malgré la douleur, continuant de parler dans sa petite caboche.
「La Voix ! Gekidō ! Vous êtes là !」
Ainsi, il appela les premières personnes auxquelles il pensa, mais aucune réponse ni aucun retour ne lui parvint.
「GEKIDŌ ! IL Y A DU COMBAT !」
Là où, habituellement, il y avait du monde pour lui répondre, il n’y avait que le silence et Mike. Dans une certaine logique, il trouvait cette absence illogique et il avait beau retenter de les appeler, ça ne fournissait aucun résultat supplémentaire.
Et finalement, une raison apparente lui vint en tête :
「Et si c’était lié aux étages…」
Après tout, sa réflexion était sur la bonne voie—
「À partir du moment où j’ai ouvert la porte de l’étage 89, j’ai ressenti un malaise… J’étais là sans vraiment l’être. Je n’entendais rien… Je n’arrivais plus qu’à bouger, mais mon corps était lourd. Ma gorge vibrait, mais rien ne sortait… ou c’est moi qui ne l’entendais pas ? C’était pareil pour la Voix.」
Ses souvenirs lui revinrent peu à peu, et il tourna ses yeux vers sa chaîne.
「Je ne sais pas comment, mais elle m’a sauvé. Et l’étage 88 c’était pire. Ces monstres, leurs pelles, leur invisibilité… Je ne les voyais pas, mais je les entendais. Mes pas aussi… Pourtant mon corps avançait seul. Ils m’ont traîné quelque part et là, j’ai pu m’entendre…」
Il souffla légèrement, crispant ses doigts, refusant ainsi de lâcher.
「Mais comment ils m’ont déplacé ? Traîné ? Porté ? L’immeuble en est rempli ? Impossible ! Alors, pourquoi je peux m’entendre ? J’ai dû rater quelque chose… Si je résume : étage 89, j’entendais plus rien. Étage 88, je les ai entendus… Donc étage 87… Non. Ils m’ont traîné plus bas ? Ils peuvent passer les portes ? Mais leurs pelles… Ce trou, c’est eux. Donc en bas」
Alors qu’il pensait encore, Mike sentit une pression sur une de ses jambes et ses doigts lâchèrent. Son corps fut ainsi aspiré vers le bas — vers l’étage 86.
Son dos heurta le sol en premier, et son corps suivit. Gisant maintenant au sol, ses yeux regardaient en direction du trou auquel il était accroché depuis tout ce temps.
「Ce n’était pas si haut… heureusement.」
Lentement, il se releva malgré ses nombreuses douleurs et la lourdeur de son corps.
「Je voulais juste réfléchir tranquillement, et je n’ai toujours pas récupéré de couteau…」
Face à lui, était postée la chose qui lui avait tiré la jambe et—
— Grrrr
Cette chose grognait, dans la pénombre, elle était sûrement la raison de la fuite des précédents monstres.
En face de Mike, se démarquait un chien, ou plutôt un loup ?
Dans les deux cas, il était bien plus grand que ces deux animaux et devait bien faire plus d’un mètre quinze au garrot — bien plus si on rajoutait sa tête dans le calcul.
Son pelage était gris, cendré, sa silhouette allongée et son museau d’une finesse et d’une longueur remarquables. Sa gueule entrouverte laissait voir de grands crocs, dont dépassait aussi une fine langue grise, desséchée.
Ses pattes étaient proportionnelles à sa grande carrure, tout comme sa queue qui finissait sur une teinte bien plus sombre que le reste de son corps, un dégradé partant du gris pour aller au noir sombre, se fondant presque dans la pénombre du couloir. Tel un pinceau qu’on aurait trempé dans la peinture la plus noire possible.
Mike avait beau l’analyser, il ne comprenait pas ce que faisait une telle bête dans un immeuble. Ça ne pouvait aucunement être son habitat naturel. Il n’aurait pas dû être là, tout comme les corps incandescents et les petits monstres.
Finalement, une autre pensée vint surplomber les autres—
「Je le sens mal ! Mieux vaut fuir !」
Indubitablement, il avait fini par comprendre que rien — ou presque — n’était amical en ce lieu et que sa vie était bien plus importante que la logique.
En accord avec cette idée, il se retourna instantanément et commença par sa réaction habituelle : la fuite, il préférait largement fuir que se battre.
— khrr–AAH
Un hurlement grave retentit de la gueule du monstre avant de s’arrêter brusquement, comme si la rugosité ne suffisait pas.
Et les oreilles de Mike sifflèrent amèrement sous ce bruit infect, mais il préféra continuer de courir.
「— Faible… faible… c’est toujours la même chose avec toi.」
Une voix agacée marmonna dans son esprit, ses propos reflétant une réalité brute. Après tout, cette personne ne pouvait être que—
「— Gekidō ?」
「— Eh bah… C’est pas trop tôt !」
「— Je t’entends enfin, c’était donc bien lié aux étages… Mais t’es là depuis longtemps ?」
「— C’est pas le sujet, imbécile ! Tu vois un petit chiot et tout ce que tu trouves à faire, c’est fuir ? Fuir contre les merdes invisibles ne t’a pas suffi ?」
En contraste avec le soulagement de Mike, Gekidō augmentait son ton avec une légère colère. Indigné, Mike continua à protester en commençant par le plus évident :
「— Petit chien ? T’as vu la taille de la bestiole ?」
「— Et donc ? Les machins de tout à l’heure étaient tout petits, pourtant ta priorité a été de récupérer ma veste, ce qui n’était pas si mal… Mais surtout, tu as fui dès que tu as pu !」
Gekidō n’avait pas tort, mais ces remarques passaient en travers de la gorge de Mike. Il avait fui pour une bonne raison, leur nombre, et là encore, il se rendait bien compte qu’il ne pensait pas de la même manière que Gekidō et—
「— Tu veux me faire la morale ?」
「— Non ! Je ne veux juste pas être associé à un faible. Pendant un moment, j’ai cru que…」
— Huh…
Alors que Gekidō lui répondait, Mike le coupa avec une réaction quelque peu anormale. Il avait remarqué que, malgré sa course, il ne s’était éloigné que de quelques mètres, et pourtant la bête n’avait pas bougé.
Une certaine panique le prit, pourquoi son corps n’avait pas bougé ? Pourquoi ne s’était-il pas éloigné de ce loup bien trop grand pour en être un ?
C’est pourtant ce qu’il voulait faire, c’est même ce qu’il avait trouvé de mieux à faire, alors la seule personne contre cette action aurait été—
「— Gekidō ! Mon corps ne répond plus ! C’est toi qui as fait ça ?!」
Mike accusa la personne qui l’aurait empêché de fuir en prenant le contrôle de ses pieds, il n’en était pas sûr mais ça aurait été le plus logique si cette même personne ne réfutait pas—
「— Tu le remarques que maintenant ? Mais non ! Ce n’est pas moi ! Je ne ferai pas en sorte que tu meures, abruti ! Même si…」
「— Alors pourquoi…」
Malgré les réfutations de Gekidō, Mike avait beau vouloir mettre un pas devant lui, son corps ne réagissait pas.
Il était planté là, semblable à une statue qu’on aurait soigneusement sculptée, une statue plus vraie que nature placée en plein couloir. Mais qui voudrait d’une telle statue…
「— Rahh ! J’ai beau essayer, je n’y arrive pas non plus !」
Mike sentait une aide venir de la part de Gekidō, mais pour autant, le corps ne semblait pas avancer.
Après les sons, l’immeuble lui avait donc coupé l’accès à son corps ?
— Grrr
Comme en réponse à leurs efforts, la bête grogna et s’élança vers Mike en balançant sa patte en avant.
— Ghh
En recevant l’énorme coup, le corps de Mike fut projeté au loin et roula sur le sol. En haletant, Mike mit sa force dans ses jambes, se relevant face au monstre.
— Je… je peux bouger !
Il s’en était rendu compte un peu en retard, mais son corps était de nouveau totalement disponible. Il pouvait de nouveau se mouvoir et une autre question émergea dans son esprit :
「— Comment j’ai survécu ?」
Il jeta un œil vers le loup qui avait précédemment voulu lui charcuter le dos. Qui aurait dû lui détruire le dos, car après tout, une patte de cette envergure était dangereuse au possible.
Mais le plus important était sûrement—
「— Vu qu’ils sont plusieurs, tu vas fuir à nouveau ?」
— Quoi ? Plusieurs ?
Sous la remarque de Gekidō signalant leur nombre, Mike fut dans l’impossibilité de contenir sa surprise dans son esprit car en effet, sous ses yeux, il n’y avait pas qu’un seul loup démesuré mais trois, faisant tous la même taille, même corpulence…
L’un d’entre eux ouvrit sa gueule, hurlant de nouveau, krr-AAH
「— Encore ? Mes oreilles ?」
Mike se boucha rapidement les oreilles et Gekidō rétorqua :
「— T’as mal ? C’est important ? Concentre-toi sur le combat !」
「— Le combat ? Non !」
Mike, déjà retourné, s’apprêtait à fuir une fois encore.
Malheureusement, indubitablement, évidemment, son corps ne bougea pas. Aucun des mouvements qu’il aurait voulu faire ne se fit.
「— HEH-HEHEHEHEHEH Fantastique !」
Dans une raillerie intense, Gekidō se moqua de lui et l’une des bêtes sauta. Donnant un coup de patte d’une envergure colossale, le corps de Mike fut projeté directement contre le mur à sa gauche.
Malgré le fracas direct avec le mur, ses jambes ne cédèrent pas et Gekidō surenchérit ses propos.
「— Ils ne font que jouer avec toi ! C’est hilarant !」
「— Et toi, tu rigoles ?」
「— Je t’ai dit de les combattre ! Et toi, tu fuis ? Mais ce monstre est parfait ! Tu ne l’as pas remarqué ? Cet ignoble couinement ! C’est ça qui t’immobilise ! Encore un pouvoir de faible… Heureusement que ma veste ne sert pas à rien.」
De son ton colérique et quelque peu sarcastique, Gekidō lâcha toutes les vérités qu’il avait au cœur et Mike se rendit compte que, s’il n’avait pas tort—
「— C’est donc à cause d’eux ? Et tu me dis de me battre ? Sans arme ?」
「— Une arme ? C’est pour les faibles, les lâches ! Et comment ça, tu n’en as pas ? Hein !? C’est quoi ta chaîne ?」
Posant sa main sur le mur, Mike regarda sa chaîne. Gekidō n’avait peut-être pas tort, cette chaîne lui avait bien servi, mais Mike—
「— Je l’oublie à chaque fois…」
「— Pff Imbécile… En plus d’oublier ta chaîne, tu fuis contre des chiots que tu pourrais très bien dresser.」
Lentement, Mike dénoua la chaîne, la laissant pendouiller. Quant aux bêtes — chiots, comme Gekidō aimait les appeler — elles n’avaient pas bougé d’un poil.
Elles semblaient prendre un malin plaisir à le laisser se débattre depuis tout à l’heure. Le laissant ainsi fuir avant de l’arrêter et de le frapper — une tactique qui pourrait être qualifiée de mesquine.
Malheureusement pour ces trois-là, cette fois-ci, Mike ne fuirait pas. Au contraire, équipé de sa chaîne, il les combattrait.
— Grrr
Remarquant la différence dans ses yeux, un premier loup grogna face à un Mike s’approchant, s’apprêtant à lui sauter dessus, et il ouvrit grand sa gueule.
Ainsi, il sauta directement sur Mike, voulant le croquer directement, mais sa gueule resta bloquée, impossible à refermer.
— …
Mike se retrouva ainsi dans une position désastreuse : une extrémité de sa chaîne dans les deux mains lui permit de bloquer la mâchoire qui s’apprêtait à se refermer sur lui, tandis que la salive acre du loup coulait sur lui.
Pour couronner le tout, le loup poussait sur ses pattes arrière, essayant ainsi de faire céder Mike.
「— Mouais, c’est pas ouf ce que tu fais…」
Mike savait que Gekidō avait raison, sa chaîne ne tiendrait pas longtemps face à cela, ça ne suffirait tout simplement pas. Mais il continuait tout de même de forcer, et il protesta de vive voix.
— Je ne te laisserai pas me croquer ! Je n’ai pas bon goût, de toute façon…
Ainsi, Mike reculait pour éviter de tomber, car il savait bien que la chute lui serait fatale, et le loup continuait à pousser sur ses pattes arrière.
— Je ne peux rien faire, mais je ne… lâcherai pas !
La pression de la gueule voulant se refermer commençait à peser sur Mike. Son corps lâcherait d’un moment à l’autre, et ce serait la fin.
La fin de sa vie, la fin de sa descente, la fin de sa survie.
Croqué, molesté, mâchouillé. Son corps finirait éparpillé sur le sol, à l’étage 86.
「— Je ne dois pas lâcher, il ne faut pas que je lâche, je n’ai pas le droit de lâcher !」
Ses fortes pensées fusaient, sa volonté montait en flèche. Il ne pouvait plus fuir, il ne voulait plus fuir…
— Le clebs… désolé, mais ce n’est pas aujourd’hui que je mourrai…
Assurément, il ne voulait plus que combattre, éviter la mort, contrer la mort, survivre !
Sous ses mots, son crâne siffla, un son provenant directement de son esprit, si intense qu’il provoquait directement des maux de tête.
— Hrkk-BLRRAA
Si intense que tout son estomac remua longuement et en sortit tout ce qu’il contenait, vomissant partout sur lui-même.
Si intense qu’il en tomba en arrière, la gueule du loup toujours bloquée par la chaîne.
Si intense qu’il ne pouvait plus que réfléchir à une chose :
— Ne pas lâcher !
Sous cette scène peu reluisante…
Un autre bruit émergea… Un bruit pas méconnu… Le bruit d’une chaîne vibrante… Une chaîne sur le point de se casser…
Non… Malgré son état de simple chaîne, elle n’avait montré aucune fissure, aucun signe de cassure.
「Ne pas lâcher… Ne pas lâcher… Ne pas lâcher… Nepas lâcher… Ne pas lâcher… Nepaslâcher… Nepaslâcher…」
Sous ses intenses pensées ! Sous son intense volonté ! Sous son intense résolution !
La chaîne vibrait… La chaîne lui répondait… La chaîne s’allongeait…
Ainsi, la mâchoire du loup se remplissait excessivement de métal, le métal de la chaîne, et dans le même temps, elle était poussée à se refermer par ce même métal qui l’entourait totalement.
La chaîne, quant à elle, continuait à s’allonger, le nombre de maillons se démultipliait des deux côtés. Elle entourait le loup, venant le serrer, l’étouffer, le presser.
Indubitablement, le loup devenait totalement inapte à faire le moindre mouvement. Ses pattes, son museau, sa queue… Au final, tout son corps était sous les maillons.
Et la présence d’un loup ne serait plus que remarquable par la forme qu’avait prise l’amas de maillons.
Bien sûr, les deux autres loups n’étaient pas restés immobiles et avaient tenté de le mordre avec leurs puissants crocs sur les bras de Mike.
Mais il leur était impossible de croquer, tout ce que leurs crocs pouvaient toucher était le métal froid qui entourait les bras de Mike.
「Nepaslâcher… Nepaslâcher… Nepaslâcher… Nepaslâcher… Nepaslâcher Nepaslâcher Nepaslâcher Nepaslâcher Nepaslâcher」
「— Mike ? Tu fous quoi !?」
Pshhh
L’amas de métal retomba subitement au sol. Il n’y avait là plus rien, plus de loup, plus que de la poussière.
Plus que Mike et un amas de chaînes excessivement long.
「— C’était quoi ça ?」
「— J’en- j’en sais rien…」
Mike revenait doucement à lui, de nouveau conscient, se rendant réellement compte que le loup était mort, évaporé…
Et les deux autres loups reculaient, leur museau au sol en couinant légèrement.
Voyant en eux une certaine peur, Mike s’approcha dans une fausse confiance et leur balança :
— Faites attention à vous, les clebs ! C’est ce qu’il risque de vous arri—
Alors qu’il mettait les pieds dans l’amas de métal au sol, Mike un loup vola brusquement sur le côté — directement dans le mur écarlate.
Le loup traversa directement le mur et, en agonisant, il s’arrêta de bouger.
— Qu’est-ce que…
Avant que Mike ait le temps de réagir, il vit le deuxième couiner bien plus fort qu’auparavant et une ombre s’approcher dans la pénombre.
Un autre loup venait d’apparaître, légèrement plus grand que les précédents, un pelage sombre, bien plus sombre — totalement noir.
— Ils étaient quatre ?
Et sans sommation, il sauta sur le loup restant, crocs les premiers, visant directement son cou. Sous son énorme mâchoire, le loup gris se débattit, tentant de donner des coups de patte.
Mais ça lui était totalement impossible, aucune de ses pattes ne pouvait atteindre le loup noir. Et un fin craquement se fit entendre, sa vertèbre avait fini par lâcher, et dans une dernière tentative d’hurlement, il disparut en poussière.
Sous cette vision, Mike ne pouvait faire le moindre pas, bloqué dans un mélange non homogène de confiance et de peur.
Le loup noir se tourna donc et le fixa de ses yeux noirs, perçants.
「— Et là, je n’ai pas le droit de fuir ?!」
「— Non, c’est maintenant que ça devient intéressant !」