Chapitre 10
— Huh Mes yeux
La lumière l’aveugla. Il eut à peine le temps d’ouvrir les yeux qu’il ne voyait déjà plus rien.
Ce n’était pas une lumière chaude, pas une lumière vivante. Un blanc total, plat, sans direction. Il cligna des yeux, ou du moins crut le faire, car il lui était impossible de savoir si ses paupières bougeaient vraiment.
Tout bourdonnait d’un silence si pur qu’il en devenait agressif, un silence qui grattait l’intérieur de son crâne.
Et autour de lui, aucune sensation de sol, ni aucun repère. Juste cet infini blanc. Il flotta un instant, ou pensa flotter. Puis son estomac se contracta d’un coup.
Un décalage pourtant minuscule, presque imperceptible. Comme si son corps, son être, venait de se souvenir qu’il était en train de tomber.
Réalisant peu à peu ce qui lui arrivait vraiment, sa gorge se noua et, par réflexe, il cria :
— Qu’est-ce qu’il se passe ?! Il est où mon bureau ?!
À cet instant, la chute commença vraiment. Le blanc se tordit autour de lui, se mit à glisser vers l’avant comme un voile qu’on arrache trop vite d’une fenêtre.
La gravité le reprit d’une main brutale et il dégringola dans ce vide immaculé, sans ombre pour témoigner de sa chute.
— Je vais mourir si ça continue comme ça !
Son corps bascula dans tous les sens, essayant de se remettre droit. Mais ça lui était impossible, il avait beau chercher dans ses pauvres souvenirs, aucun d’entre eux ne disposait de solution pour pallier ce genre de situation.
Après tout, dans ces expériences passées, il lui arrivait juste de tomber au sol, ou de se prendre des croche-pieds, de se faire bousculer, mais jamais il n’était tombé d’aussi haut.
— Si j’heurte quelque chose…
10 mètres ? 20 mètres ? 40 mètres ? La distance entre lui et le sol demeurait inconnue, il n’avait tout simplement pas de moyen de la connaître. Dans tous les cas, la chute lui serait mortelle.
Et dans cette chute mortelle, quelque chose d’autre attira son attention :
— Mince, mon couteau !
Son couteau glissa de sa poche, aspiré par la chute, profitant de l’occasion pour partir tout seul. La lame fila devant lui, un point argenté qui disparaissait déjà dans le blanc.
L’arme l’avait quitté avec une facilité déconcertante, alors que c’était elle qui l’avait aidé tant bien que mal contre l’Entity et qui s’était alignée avec ses actes dans le souvenir de sa mère. Assurément, il y tenait —
— Reviens ! Je fais quoi sans toi !
Il cria dans sa direction, mais seul le vide lui répondit par un souffle glacé dans ses oreilles et, sans précédent, la panique lui monta d’un coup. Son corps tournoyait toujours, incapable de comprendre où était le haut, où était le bas, où il allait s’écraser et mourir.
— Et moi alors ? Je compte pour du beurre ?
Une voix, ou plutôt la Voix, l’interpela avec une certaine indignation. Sa protestation, qui revenait à dire qu’il n’était pas inutile, était sûrement justifiée, mais Mike n’avait aucun souvenir de son aide pendant sa période au collège.
Pour autant, il l’écouterait quand même si ça en valait le coup :
— T’as un moyen de m’éviter la mort ?
— Il va falloir que tu restes lucide. L’air va se stabiliser. Respire.
— Je tombe dans le vide ! Et tu me dis d’être zen ?!
Suite à ces conseils qu’il jugea automatiquement inutiles, Mike regretta d’avoir voulu l’écouter et pourtant, il sentit quelque chose changer autour de lui.
Non pas une main, ni une force extérieure, mais juste l’air.
Un courant léger, presque imperceptible, qui semblait ralentir sa chute par vagues. Comme si l’endroit lui-même ajustait sa vitesse, mécaniquement, méthodiquement.
「Je ralentis… Mais est-ce que ça va vraiment suffire ?」
Sa pensée fut à juste titre vraie, et la réponse arriva plus vite qu’il ne l’attendait.
— L’étage t’accueille. Il ne te laissera pas mourir à l’entrée. Garde ton centre et redresse-toi.
Mike tenta de suivre ses instructions, ses bras continuant de battre dans tous les sens comme un enfant largué dans une piscine trop grande.
— Et tu penses que me lâcher dans le vide alors que je pouvais enfin dormir, ce n’était pas tenter de me tuer ! D’ailleurs, comment…
Il renonça à continuer de parler, laissant son corps cesser de tourner petit à petit. Assez pour qu’il distingue enfin où était le bas et où était le haut, et ainsi ce qu’il se passait sous lui.
Le blanc se condensait. Une surface apparaissait, d’abord floue, puis nette : un sol lisse, pâle, presque miroir.
— Mon couteau…
Sa lame, de nouveau visible, tombait beaucoup plus vite, ne bénéficiant pas de la résistance de l’air. Ainsi, elle toucha le sol avant lui, rebondit et se planta plus loin dans un chack.
Quant à Mike, lui, sentit sa chute ralentir encore, l’air devenait bien plus dense, telle une mer invisible qui amortissait sa descente.
Quelques instants plus tard, son corps atterrit dans une dernière secousse, relâchant une forte pression sous lui. Ce n’était ni totalement en douceur, ni parfaitement… mais il était vivant.
Mais, un léger lapsus le fit tomber brusquement à terre, sur ses genoux, le souffle court et les yeux écarquillés.
— Je suis vivant… J’ai vraiment survécu !!
Avec un certain triomphe, il serra les poings et la Voix rétorqua, presque amusée :
— Tu vois, je te l’avais dit. Pas besoin de paniquer.
— C’était une chute indescriptible. J’ai bien le droit de paniquer.
En rétorquant sa propre logique à la Voix, il se releva doucement en continuant de vérifier s’il n’avait aucune égratignure. Il venait de survivre à une chute qui aurait pu le tuer, une chute qu’il n’avait vraiment pas demandée.
Pourtant, Mike et la Voix continuaient de se comporter comme deux gamins qui avaient réussi un des plus grands exploits.
Assez content d’avoir évité la mort, Mike se mit à étirer tranquillement chaque parcelle de son corps, mais un objet glissa jusqu’à ses pieds. Tout en reculant brusquement, il regarda l’objet ; ce n’était que son couteau. Mais —
— Vous avez fini ?
Une voix agacée qu’il commençait à connaître jeta cette question. Il était assis derrière un amas de vapeur et bâillait tranquillement.
— Tu te montres en personne ? Huh. Attends, tu fais quoi ici ? Comment tu…
Face à la silhouette de Gekidō, Mike recula encore, réalisant qu’il l’avait bien en face de lui. Pourtant, la dernière fois qu’il l’avait vu, c’était derrière le miroir, alors —
「Comment est-il arrivé ici ?」
Dans un mouvement rapide, Mike ramassa son couteau, tandis que Gekidō sortait de la vapeur, laissant voir son apparence tout entière.
— Tu ne t’arrêtes jamais avec tes questions débiles ?
— Beuh Il t’est arrivé quoi ? T’étais beaucoup plus beau la dernière fois. T’aurais vraiment dû rester derrière le miroir.
Ignorant la question qui lui était lancée, Mike ne put se retenir de rire de l’apparence de Gekidō. Sans nul doute, car il ressemblait à un corps presque humain, sculpté dans des braises compactes. Sa surface sombre était parcourue de fissures rougeoyantes qui pulsaient dans un souffle chaud.
Il n’avait aucun muscle, aucune chair, seulement une matière incandescente d’où s’échappaient parfois de fines flammes. Ses yeux n’étaient que des fentes de lumière vive sur un visage sans traits, tandis que ses doigts étaient longs et effilés, se terminaient en griffes noires et acérées, comme taillées dans le charbon.
Ce qui pouvait être qualifié d’homme de feu reprit finalement la parole.
— Tu me juges sur mon apparence ? Tu crois que j’ai choisi d’être comme ça ?
À chaque pas, des éclats brûlants tombaient de son corps, comme s’il s’auto-consumait — lentement, sereinement. Et dans un dernier éclat de vapeur, il bondit rapidement et son corps incomplet se lança vers lui, griffes vers l’avant.
— Esqui…
— T’y vas fort dès le début.
La Voix n’avait pas fini de le prévenir que Mike avait simplement esquivé son coup, trop simplement. Mais cette certaine confiance fut brisée par un coup de genou rapide visant son torse et Gekidō rétorqua :
— Fais attention, imbécile, c’est chaud !
Malgré la prévention, Mike ne pouvait déjà plus l’esquiver et bloqua le coup d’une main, qu’il retira rapidement en reculant. Jetant un coup d’œil sur sa main, Mike remarqua rapidement qu’elle semblait rougir sous la chaleur.
Mais pas seulement, elle avait partiellement brûlé, elle ne ressemblait plus à grand-chose, sa chair était déjà partiellement ravagée et il avait beau souffler dessus, il ne pouvait que se tordre de douleur.
— Ça brûle, ça brûle, ça brûle ! Comment ça peut être aussi chaud…
— C’était quoi cette pseudo-confiance en toi ? Tu joues à quoi, Mike ?
La Voix interpella Mike qui souffrait le martyre. Sans l’ombre d’un doute, Mike savait bien que quelque chose clochait en lui mais ignorait la provenance. Il se sentait mieux que d’habitude et un peu plus confiant, mais c’était sans résultat apparent.
Ses capacités n’avaient en rien augmenté et son adversaire semblait déjà avoir le dessus sur tous les points. Ainsi, Gekidō interpella directement la Voix :
— L’autre, là, ferme-la. C’est entre lui et moi.
Ces mots eurent un impact au plus profond du cœur de Mike et, d’une main, il posa son sac au sol, récupérant rapidement sa bouteille rouge.
— C’est le bon moment… ahh
Dans la douleur, il ouvrit la bouteille avec difficulté mais s’arrêta brusquement.
「Je suis censé le boire ou le verser sur ma main ? Comment ça s’est passé la dernière fois…」
— Mais purée, attention, Mike !
Dans son moment d’hésitation, la Voix cria, mais Gekidō était déjà trop proche, lui arrachant la bouteille d’un geste simple. Sans que Mike n’ait le temps de protester, le plastique commença à fondre dans la main de Gekidō, tel un bout de papier qu’on venait de mettre au feu.
Ce qui fut une bouteille perdit toute forme et cessa d’exister.
— Oups C’était important ?
Le liquide rouge éclaboussa le sol en gouttes épaisses et fumantes avant de s’évaporer dans un petit pshht sinistre.
「Il brûle tout, c’est dangereux… dangereux… beaucoup trop dangereux.」
Réalisant tardivement ce qu’il venait d’arriver à sa main ainsi qu’à sa bouteille, une forte panique le prit et il finit par élever la voix.
— Je fais comment pour me soigner maintenant ?!
— Te soigner ? C’est donc à ça que ça servait…
Il finit par révéler l’objectif qu’il avait voulu accomplir en attrapant la bouteille, pour autant Gekidō continua de s’avancer vers lui, plus calmement qu’auparavant, comme si chaque mètre ne coûtait rien à son corps fissuré de partout.
Mike, lui, recula doucement, couteau pointé vers l’avant avec sa main intacte — la droite — et, avec surprise, il décela ses lèvres dans un “ah”.
— Ta main ! Me dis pas que…
— C’est quoi cette tactique ? T’essayes de me déconcentrer ? C’est débile…
Finissant de parler, Gekidō jeta tout de même un coup d’œil à ses griffes. Étonnamment, il remarqua que sa main, qui était auparavant brûlante et incandescente, s’illuminait.
Elle se recomposait lentement. Là où avant il n’y avait que de la chaleur, des muscles se formaient, ainsi que de la chair, de la peau.
Malgré le fait que sa main semblait plus humaine, plus solide, elle paraissait toujours incomplète. Gekidō la gratta, pour vérifier si elle était bien réelle. S’il venait vraiment de se régénérer.
— Imbécile, c’est incroyable ton truc ! T’en as d’autres ?
「Il fallait juste le faire couler ? Mais pourquoi ça a été si rapide ?」
Mike, comprenant ce qu’il venait d’arriver, se questionna de nouveau. Lui qui avait plongé dans le liquide avait été soigné par ce même liquide, mais son hésitation ne lui avait pas permis de l’utiliser cette fois-ci et, comme si ce n’était pas assez, Gekidō avait pu l’utiliser à sa place.
— Non… c’était la seule… j’aurais préféré la garder et…
Avant qu’il ne finisse de parler, Gekidō esquissa un nouveau bond. Plus rapide que la première fois, lançant une volée de coups plus lourds, plus calculés. Mike les para comme il le pouvait, mais rien à faire : son adversaire prenait le dessus, le forçant à reculer.
Chaque attaque déviée laissait une trace incandescente dans l’air, une brûlure invisible mais menaçante.
— Tu résistes… mais tu ne vas pas tenir longtemps comme ça !
— On est vraiment obligés de se battre ?
— À partir du moment où tu m’as refusé, tu devais t’y attendre ! T’y préparer !
Gekidō cria en continuant ses coups et Mike contre-attaqua d’un coup de couteau visant directement la tête. Mais le couteau fut bloqué d’une main et un sourire cruel se dessina sur les fissures du visage de Gekidō. Ce dernier se gratta la tête avec sa main libre.
— Tu utilises encore une arme ? C’est pathétique. Tu es toujours aussi faible.
— Lâche-le !
Son couteau était totalement bloqué entre les doigts de Gekidō et il lui était impossible de le récupérer.
— Il ne fond pas ?
Le couteau était toujours intact, pas une seule marque de chaleur. Pourtant, il aurait dû fondre, tout comme le verre qui fondait sous les pieds de Gekidō.
Après tout, ce n’était qu’un simple couteau que Mike avait trouvé à son arrivée et avec lequel il s’était battu contre l’Entity, qui s’était cassé puis réparé et maintenant,
— Il est évident que je vais gagner. Fshh Donc tu n’as plus besoin de ça !
Gekidō ne lui laissa pas plus de temps pour réfléchir et lui arracha le couteau de la main, le jeta en l’air comme un simple bout de métal. Il voltigea loin derrière Mike avant de se planter un peu plus loin.
— Mon couteau !
Mike se précipita brusquement vers le couteau tel une souris happée par un morceau de fromage, oubliant pratiquement qu’un chat aux longues griffes attendait patiemment derrière lui pour déchiqueter sa proie.
— Au final, tu bluffais juste… Toujours aussi faible… fshh Il avait raison, maintenant que j’ai obtenu un corps, je n’ai plus besoin de toi… C’est dommage pour les autres, mais vous allez juste mourir avec lui et je sortirai d’ici seul.
Sous les accusations de faiblesse que proférait Gekidō, il tira ce qui lui servait de langue, courte et desséchée, qui peinait dans sa bouche.
— Je ne voulais pas me mêler de ton combat. Je réalise aussi que récupérer certains souvenirs ne t’aide pas ou te rend encore plus gamin… Mais tu fais vraiment n’importe quoi depuis tout à l’heure ! Dès que tu arrives au sol, fais une roulade !
— …
Sans daigner répondre à la Voix qui fabulait, Mike s’approcha rapidement du couteau, mais il était déjà trop tard — Gekidō était déjà derrière lui, prêt à le pourfendre d’un coup de griffe dans le dos.
— Tu vas continuer de fuir longtemps ? À ne pas vouloir attaquer ? À encaisser les coups ? À pleurer dans ton coin ! Si c’est ton choix… alors meurs.
Mike roula sur le côté, voulant se défendre, mais il ne put que dévier — couteau en main — une partie des coups.
Tous ceux qui le touchaient le faisaient hurler de douleur, le transperçant de toute part. Chacun d’entre eux aurait pu lui être fatal et, pour autant,
— Alors, tu vas faire quoi ? Hein ? Me supplier d’arrêter ? Te recroqueviller dans un coin ? Enfin te battre ? Tu ne peux plus !
「C’est chaud… ça brûle… Pourquoi il ne m’achève pas… Pourquoi il ne vise que mon couteau… Pourquoi il n’utilise pas ses griffes…」
Malgré sa peau brûlée, inexistante, aucun de ses points vitaux n’était touché, ce qui laissa le temps à Mike de répondre aux accusations répétées de Gekidō.
— Tu t’amuses ? Hgh, pourquoi tu ne me tues pas ?!
— HEHEHE Je voulais te montrer un petit quelque chose avant ta mort ! Tu m’as demandé pourquoi j’ai cette apparence, n’est-ce pas ?
Sous la réponse de Gekidō, Mike sentit son corps s’enfoncer dans le sol.
Un sol absent qui se ramollissait. Un sol de plus en plus brûlant. Un sol pointé d’une griffe par Gekidō.
Mike, encore entre la vie et la mort, tourna les yeux et son souffle se coupa intégralement. L’endroit où il pensait ne voir que du verre fondu… était remplacé par des formes bouillonnantes, des silhouettes noires, inconstantes et des corps incomplets, torturés.
Des monstres qui échouaient encore et encore à atteindre la surface… tous emprisonnés par l’espace, tous cherchant à se relever.
— Quoi… C’est quoi tout ça ?
— Mes nombreux essais qui sont devenus réalité… enfin plutôt les corps que j’ai utilisés. Chaque échec, chaque tentative, chaque création, chaque brûlure, chaque vie… est ici ! Comparé à toi ! J’ai essayé et ils m’ont donné ce que je voulais, ce dont j’avais besoin pour me détacher de toi. J’ai beau avoir souffert, ce n’est rien. C’est ce qu’il fallait pour devenir plus fort. Pour t’écraser !
Le sol trembla violemment et, dans un craquement, il se fissura sous les coups des monstres brûlants. Mike n’eut aucun temps de réagir et le verre céda soudainement.
Les deux chutèrent dans un abîme de corps incandescents, des bras, des jambes, des têtes incomplètes, des flammes qui hurlaient et s’entremêlaient.
— Non… non ! Je peux encore l’attraper !
「Ce n’est pas possible ! Je brûle ! Je me fais écraser ! Je vais mourir comme ça ? Où est la Voix ? Pourquoi il ne me donne pas de solution… Pourquoi… Je vais juste… mourir. Je vais…」
Telles étaient ses dernières pensées, voulant attraper par la même occasion la jambe de Gekidō dans d’atroces douleurs.
Non, dans ce monde de flammes, la douleur n’existait pas, les sons n’existaient pas. Pas seulement les sons, la vision n’existait pas, le toucher n’existait pas, le goût n’existait pas.
Tout était là, une douleur écrasante, des sens qui vacillaient. Il ne savait pas, il sentit son corps se défaire plus vite qu’il ne pouvait le comprendre, et la douleur elle-même se mit à s’éloigner, avalée par le magma, les braises.
Puis plus rien. Le vide. Plus de Mike. Plus de jeune homme frêle et incapable de se battre. Juste Gekidō.
— HEHEHEHEH ! Enfin mort ! Enfin ! Enfin ! ENFIN !
Gekidō avait finalement réussi ! Il s’était débarrassé de cette personne qu’il trouvait si peureuse, si inutile. Des larmes de joie coulaient de son visage — ce qui aurait pu être des larmes s’évaporait à son propre contact.
Absorbant toute la chaleur, il continuait de tomber seul, à travers la mer bouillonnante de corps — incandescente, mouvante, vivante.
— Son couteau… Avec ça, la membrane devrait se percer.
S’approchant du fond, il attrapa le couteau de Mike… ce couteau qui avait tant servi… allait servir une nouvelle fois…
Couteau en main, il s’acharna sur la membrane et la perça. Tombant au sol.
— Liberté… Enfin libéré de ce corps inutile ! À moi la liberté ! HEHEHEHEHE