Chapitre 869
Les quatre se rapprochèrent des deux autres.
Leur cible n’était pas le brûlant et redoutable, mais la belle et froide.
« Tu ne nous as même pas prévenus que tu venais. »
Geommugeuk lança les hostilités, et Lee Ahn entra dans son jeu.
« Je ne le savais même pas, alors que je suis sa seule cousine. »
Jin Hagun se permit lui aussi une plaisanterie qu’il n’aurait jamais faite à Han Seol en temps normal.
« La dernière fois, tu es allée au Culte du Démon Céleste, puis à l’Alliance des voies démoniaques. Je me suis dit que tu viendrais cette fois à l’Alliance du Murim. »
En entendant Jin Hagun, Jin Haryeong se rappela que Geommugeuk avait un jour demandé à Han Seol quel était son type idéal.
« Tout ça, c’est parce que Grand Frère n’est pas fiable et qu’il parle trop. »
Jin Hagun prit un air blessé.
On l’avait toujours connu comme un homme fiable et peu bavard.
Et voilà qu’on lui reprochait de trop parler, qui plus est devant Geommugeuk.
« Ça, je ne peux pas laisser passer ! »
Geommugeuk prenant la tête, les trois autres le suivirent et avancèrent de concert.
Han Seol recula d’un pas, et Bih Sa se plaça devant elle. Il avait bougé par instinct, mais dès qu’il aperçut la lueur malicieuse dans les yeux de Geommugeuk, il se mit intérieurement à claquer la langue.
« Alors, je me suis trompé depuis tout ce temps. »
Geommugeuk jeta un regard à Jin Hagun, qui se tenait à côté de lui, puis reprit :
« J’ai toujours cru que tu étais le Jeune chef de l’Alliance du Murim. »
Jin Hagun se demanda où il voulait en venir.
« À voir la scène, on nous prendrait pour les méchants et ce brave homme, là-bas, pour le héros vertueux qui protège une demoiselle, non ? »
Jin Hagun acquiesça.
« À vrai dire, j’étais de l’Alliance des voies démoniaques. »
La plaisanterie idiote de son frère arracha un petit rire à Jin Haryeong. Jouait-il les marchands de remèdes ambulants ? Ou lâchait-il tranquillement ce genre de blagues ? Depuis le début de la journée, elle découvrait chez son frère bien des facettes qu’elle ne lui connaissait pas.
Geommugeuk lança d’un ton solennel :
« Dire que la première guerre de notre époque opposera l’Alliance démoniaque à l’Alliance des Quatre Beautés… Je n’aurais jamais cru que les choses en arriveraient là. »
Bih Sa agita vivement les mains.
« Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas ce que vous croyez. C’est juste… »
« Juste quoi ! »
Han Seol, qui avait observé leurs pitreries jusque-là, prit enfin la parole.
« Je suis venue souhaiter un bon anniversaire au Jeune chef Bi. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu tout le monde. »
Han Seol salua ensuite Lee Ahn à part.
« Grande sœur, tu vas bien ? »
« À partir de maintenant, j’aurai de tes nouvelles par le Jeune chef Bi. »
Tout le monde comprit que Han Seol avait des sentiments pour Bih Sa. Venir en personne d’aussi loin pour fêter son anniversaire ? Impossible de faire cela sans s’intéresser à lui.
Et Han Seol ne cherchait pas à le cacher.
« C’est lui qui est le plus gentil avec moi. »
Un léger rouge monta aux joues de Bih Sa. Le printemps avait fleuri sur ce visage redoutable.
« Je t’ai dit que tu étais beau quand tu souriais, pas maintenant ! »
Geommugeuk se mêla de leurs affaires de cœur et leur dressa un obstacle.
« Puisque je suis déjà devenu le méchant, je vais me faire un plaisir de mettre votre amour à rude épreuve. Si vous ne trouvez pas comment surmonter cet obstacle, votre histoire ne pourra jamais aboutir. Je vous suivrai jusqu’au bout et je vous mettrai des bâtons dans les roues ! »
Bih Sa lui demanda soudain :
« Mais y a-t-il seulement quelqu’un ici qui sache comment surmonter un obstacle amoureux ? »
Geommugeuk resta sans voix ; Jin Haryeong intervint alors en arbitre équitable.
« On dirait que le Jeune chef a déjà trouvé comment tout régler d’un seul coup. »
L’obstacle fut balayé, et Geommugeuk reconnut sa défaite.
« Argh ! Ni ours ni loup. Un renard, un renard ! »
Tout le monde éclata de rire. Ainsi prit fin cette salve de salutations pleine de chahut.
Bih Sa leur demanda :
« Mais que se passe-t-il, au juste ? »
Geommugeuk regarda Jin Hagun en répondant :
« Hagun a pris un congé. Ça veut dire que toi comme nous avons maintenant l’occasion de frapper l’Alliance du Murim. »
Bih Sa regarda Jin Hagun. D’ordinaire, il lui aurait demandé : « Ça va ? » C’était une question qu’on ne posait qu’à quelqu’un dont on était devenu proche. Mais cette fois, Bih Sa dit plutôt :
« Je t’envie. »
Il l’enviait vraiment. Il enviait le courage de mettre ses désirs à exécution.
« Il y a aussi une place pour toi. »
Bih Sa comprit. Ils n’étaient pas venus pour son anniversaire. Ils étaient venus lui proposer de voyager avec eux.
Bien sûr qu’il devait y aller.
Les mots lui montèrent à la gorge, mais il ne parvint pas à les prononcer.
Il n’était pas libre d’aller et venir à sa guise.
Et surtout, Han Seol était là.
Bih Sa se tourna vers Il-rang.
« Des amis sont venus de loin. Sers-nous ton meilleur alcool. »
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Il-rang loua tout le pavillon Hwayang.
Au départ, il n’avait réservé qu’une seule salle VIP, mais la situation avait changé. Ils réunissaient les héritiers qui gouverneraient bientôt le monde martial.
Leur sécurité comptait, mais il fallait aussi éviter que des informations ne filtrent.
Les Treize Loups surveillèrent les alentours comme une muraille de fer et apportèrent eux-mêmes les boissons et les plats.
Bih Sa servit à boire à tout le monde. Il était sincèrement heureux que ses amis soient venus.
« Merci d’avoir fait tout ce chemin. »
Ils abandonnèrent tous leurs airs enjoués pour lui adresser leurs félicitations avec sincérité.
« Félicitations. »
« Félicitations ! »
Ils n’avaient même pas encore commencé à boire, mais Bih Sa se sentait déjà ivre.
Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste et le Jeune chef de l’Alliance du Murim réunis au banquet d’anniversaire du Jeune chef de l’Alliance des voies démoniaques ?
C’était une première dans l’histoire du monde martial, et cela ne se reproduirait sans doute jamais.
À n’en pas douter, ils marquaient l’histoire.
« Allez, à l’anniversaire de Sa-in ! Santé ! »
Tout le monde vida sa première coupe dans la joie. Le meilleur alcool du pavillon Hwayang glissa en douceur.
Après avoir bu, Bih Sa félicita à son tour Geommugeuk.
« Félicitations pour avoir vaincu l’Étoile meurtrière céleste. »
C’était la première fois qu’ils se retrouvaient depuis que Geommugeuk avait vaincu l’Étoile meurtrière céleste.
« Je n’y suis arrivé que grâce à l’aide des deux chefs d’Alliance. »
Il en attribua le mérite aux chefs, mais Bih Sa savait qu’en définitive, c’étaient le chef du Culte du Démon Céleste et Geommugeuk qui l’avaient tuée et arrêtée. À son retour de la bataille, Baek Jagang l’avait convoqué et lui avait tout raconté.
Puisque le sujet était venu sur le tapis, Geommugeuk parla franchement.
« La bataille contre l’Étoile meurtrière céleste est terminée, mais je continue de me battre. »
Il n’était pas nécessaire de préciser contre qui.
« Nous ne pouvons pas prévoir ce qui va se produire à partir de maintenant. »
Comme l’atmosphère s’alourdissait naturellement, Geommugeuk poursuivit. Il voulait leur dire cela avant d’être ivre.
« Alors, je vais vous parler d’un principe que j’ai décidé de suivre. »
À ces mots, tous les regards se tournèrent vers lui. Et ce principe était stupéfiant.
« Quelle que soit la situation, je ne vous attaquerai jamais. »
Et il ajouta quelque chose de plus bouleversant encore :
« Même si cela doit me coûter la vie. »
« ! »
Tous le sentirent : Geommugeuk parlait avec sincérité.
« Ah, bien sûr, je ne veux pas dire que vous comptez plus que moi. Ma vie m’est bien plus précieuse. »
La raison pour laquelle il disait cela était pourtant simple.
« Si nos liens se brisent un jour, ce ne sera pas par manque de confiance, mais à cause des circonstances. »
Geommugeuk choisit l’exemple le plus extrême.
« Des centaines de pratiquants démoniaques sont en danger de mort. Si je ne vous attaque pas, ils mourront tous. Et inversement, ce sera pareil. Quand une telle situation se présentera, même si nous sommes proches, nous commencerons à nous méfier les uns des autres. “La situation ne nous laisse pas le choix. Hagun va attaquer.” “Sa-in va attaquer.” “Ce démon grande gueule va attaquer.” »
Tous écoutèrent Geommugeuk en silence.
« Voilà pourquoi je vous énonce ce principe maintenant. Même si une telle situation se présente, je ne vous attaquerai pas. Je chercherai probablement une autre façon de la résoudre. Alors, ne perdez pas de temps à vous demander ce que je pourrais faire. Profitez-en plutôt pour trouver vous-mêmes une autre solution. »
Ce n’est qu’alors qu’ils comprirent pleinement pourquoi Geommugeuk énonçait ce principe. Il leur disait de ne pas gaspiller leur énergie mentale en conjectures inutiles, mais de chercher la réponse la plus sage possible.
Et cette résolution n’était pas la sienne seule. Jin Hagun exprima calmement sa propre volonté.
« Moi non plus, je ne tirerai jamais l’épée contre vous. »
Bih Sa leur témoigna à son tour sa sincérité.
« Je le jure aussi. Je ne vous attaquerai jamais. »
Il n’y avait rien à ajouter. Tous trois levèrent leurs coupes en même temps et trinquèrent.
Les trois femmes qui les observaient le sentirent : ce qu’elles voyaient pouvait bien être l’unification du monde martial.
Si, au lieu des Jeunes chefs, les chefs de culte et les chefs d’Alliance eux-mêmes se réunissaient ainsi, alors le monde martial connaîtrait une unification véritablement parfaite.
Pas une unification où la faction la plus puissante écraserait les deux autres.
Mais une unification parfaite où les trois se respecteraient, s’abstiendraient d’empiéter sur les territoires des autres et coexisteraient en harmonie.
Bien sûr, même au milieu de ces vœux solennels, Geommugeuk n’oublia pas de taquiner l’homme du jour.
« Bien sûr, si tu t’éclipses pour voir une femme dans le dos de ton ami, je devrai peut-être tirer l’épée. »
Bih Sa accueillit la plaisanterie de bon cœur.
« Tant qu’il ne s’agit pas d’enlever cette femme, je ne tirerai jamais l’épée non plus. »
Les trois rirent ensemble et vidèrent à nouveau leurs coupes.
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Lee Ahn se tenait dehors, laissant la brise nocturne lui rafraîchir le visage.
Voilà longtemps qu’elle n’avait pas autant bu. Personne n’avait expulsé son alcool par le qi.
Personne n’avait forcé qui que ce soit à boire, mais tout le monde était passablement ivre.
Bih Sa, surtout, avait été plus joyeux que jamais. C’était la première fois qu’il vivait un banquet d’anniversaire aussi animé et heureux.
Il avait bu parce qu’il se sentait bien, parce que l’alcool était bon, et tout simplement parce qu’il en avait envie.
On entendait encore le vacarme à l’intérieur. Lors des réunions où seule la voix de Geommugeuk dominait autrefois, celles de Bih Sa et de Jin Hagun se faisaient maintenant entendre tout autant.
« Ce sera le premier et le dernier banquet d’anniversaire. »
Aux mots de Bih Sa, Geommugeuk et Jin Hagun s’écrièrent d’une voix pâteuse :
« Le dernier ? Et mon banquet d’anniversaire, alors ? Même si tu arrêtes, viens au moins au mien ! »
« Désolé, mais le prochain anniversaire, c’est le mien. »
En les entendant, Lee Ahn sourit.
À cet instant, Han Seol s’approcha d’elle par-derrière.
Il suffisait de voir les taches de nourriture et d’alcool sur ses vêtements d’un blanc immaculé pour deviner l’ambiance qui avait régné.
« Ils ne m’ont pas ratée. »
Les joues de Han Seol étaient elles aussi rouges à cause de l’alcool.
« C’est un banquet d’anniversaire, mais aussi une célébration après la victoire contre un grand ennemi. »
Han Seol acquiesça. Elle avait elle aussi tout à fait le droit de prendre part à cette célébration. Elle et le Palais de glace de la Mer du Nord avaient joué leur rôle dans la bataille.
« Mais il s’est passé quelque chose entre vous deux ? »
« Rien du tout. Je suis juste sortie m’amuser avec le Jeune chef du Culte. »
« Non. »
Les deux personnes dont parlait Han Seol n’étaient pas Geommugeuk et Lee Ahn.
« Je parle de toi et de Mademoiselle Jin. »
« Pourquoi Mademoiselle Jin et moi ? »
« Vous avez l’air un peu gênées l’une avec l’autre. Je suis assez douée pour avoir l’air enjouée quand je parle à des gens avec qui je ne suis pas à l’aise. »
Lee Ahn ne chercha pas à le cacher.
« On a décidé qu’au cours de ce voyage, on déterminerait si on devient amies ou ennemies. »
Bien sûr, elle ne lui raconta pas tout.
Han Seol eut un instant l’air de ne pas comprendre, puis répondit soudain :
« Alors, devenez ennemies. »
Sans même entendre les détails, Han Seol le lui conseilla aussitôt. L’alcool y était peut-être pour quelque chose, mais elle était bien plus bavarde que d’habitude.
« Je crois que ce serait mieux pour toi, grande sœur. »
Lee Ahn la regarda en silence, puis prononça des mots qu’elle n’avait encore jamais dits.
« J’ai toujours dit au Jeune chef du Culte que j’avais dix queues. Mais en vérité, je n’en ai pas. »
« Alors, combien en as-tu ? »
Han Seol s’était attendue à ce qu’elle en annonce bien davantage, mais sa réponse la surprit.
« Une. »
Après une courte pause, Lee Ahn poursuivit :
« Je n’ai qu’une seule queue, qui trompe les autres en leur faisant croire que j’en ai dix. »
Han Seol lui demanda :
« Pourquoi as-tu prétendu en avoir dix ? »
Lee Ahn leva un instant les yeux vers le ciel nocturne.
« C’est peut-être ça que je voulais dire. Même si je reste silencieusement à tes côtés comme un paravent, à jouer les gardes du corps, je ne suis pas dépourvue de charme. Je ne suis pas seulement quelqu’un d’agaçant et de gentil, qui cède toujours aux autres. Je sais aussi défendre mes intérêts. Je ne suis pas une idiote qui ne fait que céder. Je suis capable de prendre ce que je veux. »
Bien sûr, Lee Ahn savait qu’elle n’était pas ainsi.
Cette épée ordinaire laissée derrière la boutique d’armes lui avait ressemblé. Après avoir reçu une simple gorgée d’eau, elle était partie sauver le mari de cette femme. Même Han Seol, qui ne la connaissait pas intimement, craignait qu’elle ne cède quelque chose.
« Je te trouvais plus charmante encore parce que tu n’avais aucune queue. »
« Quoi ? »
« Ce que tu n’aimes pas chez toi, ce sont des qualités que je ne pourrais jamais avoir, même en faisant de mon mieux. Pour devenir quelqu’un comme toi, il me faudrait dix queues : faire semblant d’être gentille, de céder, de ne pas être égoïste, de vouloir me sacrifier pour les autres. J’ai besoin de ces queues pour devenir comme toi, alors que toi, tu en as besoin pour devenir tout le contraire. »
Les deux femmes se regardèrent en silence.
À cet instant, Jin Haryeong se pencha à la fenêtre du troisième étage et les appela :
« Qu’est-ce que vous faites toutes les deux ? Dépêchez-vous ! La vedette du jour va danser ! »
Jin Haryeong était elle aussi bien ivre. Si elle en était là, Bih Sa, qui s’était porté volontaire pour danser, devait l’être encore davantage.
Lee Ahn lui cria en retour :
« J’arrive ! Je peux rater n’importe quoi, mais pas ça. »
Quand elle eut fini de parler, Han Seol était déjà rentrée.
Ces pas précipités n’étaient manifestement pas ceux de quelqu’un qui voulait profiter du spectacle, mais de quelqu’un qui comptait l’empêcher.
Sur le point de la suivre, Lee Ahn leva les yeux vers le ciel nocturne et murmura doucement :
« Seol, on dirait qu’aujourd’hui, même le froid de la Mer du Nord ne pourra pas calmer cette chaleur. »
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Bih Sa se réveilla. Sa tête lui faisait terriblement mal. C’était la première fois qu’il buvait autant sans se soucier des conséquences.
À cet instant, tout au fond de son esprit, la voix de Geommugeuk résonna comme un écho. Ses paroles lui hérissèrent les cheveux.
— Par une si belle journée, comment pourrait-on renoncer à danser ?
Bih Sa ouvrit brusquement les yeux.
Il avait juré de ne plus jamais danser de toute sa vie. Alors pourquoi l’image de lui-même se levant avec assurance, comme si c’était tout naturel, lui traversait-elle l’esprit ?
« Impossible… hein ? Sûrement pas ? »
Bien sûr que non. Mais alors, d’où venait ce mauvais pressentiment ?
Bih Sa se leva et appela :
« Il-rang ! »
« Vous êtes réveillé ? »
« Viens ici un instant. »
Il-rang, qui montait la garde dehors, ouvrit la porte et entra.
En le voyant, Bih Sa se rappela l’avoir saisi par la main, entraîné à l’intérieur et forcé à boire avec elle.
Il lui demanda sans détour :
« Est-ce que j’ai dansé ? »
Un sourire passa sur le visage d’Il-rang.
« De quelle danse et avec qui parlez-vous ? »
Bon sang ! Bih Sa secoua la tête et renonça à poser d’autres questions.
« Laisse tomber. Oublie ça. »
Non, il devait demander au moins ceci.
« Est-ce que j’ai fait une scène en étant ivre ? »
Il ne s’était tout de même pas couvert de ridicule devant Han Seol ?
Heureusement, Il-rang secoua la tête.
« C’est la première fois que je vous vois vous amuser autant. C’était un plaisir à voir. »
« Et les autres, où sont-ils ? »
À ces mots, Il-rang sortit une lettre de sa manche et la lui tendit.
« Le Jeune chef du Culte Geom a laissé cette lettre en partant avec vos amis. »
Bih Sa tressaillit. On aurait dit qu’ils n’avaient pas pu attendre et étaient partis avant lui. Ils lui avaient sans doute laissé le temps de passer un moment avec Han Seol.
Ils auraient tout de même pu prendre le petit déjeuner avec lui avant de partir. Ou au moins lui dire au revoir.
À regret, il ouvrit la lettre.
Si tu veux sauver Mademoiselle Han, suis la grande route de l’ouest. Mais viens seul.
Bih Sa fixa un instant la lettre d’un air absent, puis éclata de rire.
Cette proposition était tout à fait dans le style de Geommugeuk. Emmener Han Seol avec lui revenait à lui dire : « Ne te pose pas trop de questions, suis-moi. » Un mélange effronté de coercition et de prise d’otage que seul Geommugeuk pouvait se permettre.
Bih Sa montra la lettre à Il-rang. Celui-ci avait déjà deviné ce qu’elle contenait. Après tout, Geommugeuk était parti en emmenant Han Seol.
« Il-rang. »
« Oui, Jeune chef. »
Bih Sa le regarda calmement.
« Cette fois… je vais vraiment devoir aller la sauver seul. »