Chapitre 845
Tandis que Geommugeuk était allé chercher de l’alcool, le chef du Culte du Vent Céleste et le Roi de l’Épée restèrent assis côte à côte, les yeux levés vers la lune.
Après avoir combattu ensemble à la Taverne du Vent Flottant cette fois-ci, ils s’étaient rapprochés. Se retrouver seuls tous les deux ainsi ne les gênait pas le moins du monde.
« Auberge du Héros… C’est un très beau nom. »
À ces mots du Roi de l’Épée, le chef du Culte du Vent Céleste afficha un air satisfait. À vrai dire, ce nom lui était venu à l’esprit dès qu’il avait entendu les paroles de Geommugeuk en arrivant ici.
« J’y ai longuement réfléchi pour toi. »
« Merci. Mais je ne sais pas si je pourrai mener une telle vie. »
La proposition de Geom Mugeuk n’était pas facile à mettre en œuvre : il fallait une sacrée détermination.
« Je n’ai vécu que pour moi. Crois-tu que je saurais prendre soin des autres ? »
Une grande auberge emploierait sans peine des dizaines de personnes. Et il n’y aurait pas que les employés : pourrait-il vraiment aussi gérer sa relation avec Cha Iran ?
Non, plus encore : Cha Iran voudrait-elle seulement partager une telle vie avec lui ?
Pourtant, s’il se posait toutes ces questions, c’était sans doute qu’il avait envie d’essayer au moins une fois de tenir une auberge. Peut-être d’autant plus qu’il avait toujours vécu en songeant à partir ailleurs.
« Quand on s’y résout, rien n’est impossible en ce monde. C’est simplement la résolution qui est difficile à trouver. »
Le Roi de l’Épée savait pourquoi le chef du Culte du Vent Céleste lui disait cela. Parmi tous ceux qu’il connaissait, l’homme qui avait pris la résolution la plus ferme et changé de vie, c’était justement lui.
À sa place, aurait-il pu renoncer à sa position de chef de culte pour venir ici ? Même ouvrir une seule auberge le faisait hésiter autant.
« Chef de culte, ne regrettes-tu pas ta décision ? »
Diverses émotions traversèrent le visage du chef du Culte du Vent Céleste. Il aurait pu simplement éluder la question d’un sourire, mais il préféra répondre avec sincérité.
« Bien sûr que si. »
Il y avait surtout eu cette période où il avait parcouru les Plaines centrales avec Gowol, fondant des succursales et des antennes de la Lune Cachée. Cela avait été éprouvant. Protéger Gowol, qui s’était jeté à corps perdu dans ce travail, avait eu un sens, mais créer la Lune Cachée n’avait jamais été son désir.
« Pour être honnête, il m’arrivait de m’endormir en repensant à l’époque où j’étais chef du Culte du Vent Céleste. La terrible tempête de sable me manquait même. »
Le Roi de l’Épée hocha la tête, comme s’il comprenait parfaitement.
Le chef du Culte du Vent Céleste se confiait à lui.
Au-delà de la sympathie supplémentaire qu’il éprouvait pour lui parce que Geom Mugeuk l’appréciait tant — il devait forcément être quelqu’un de bien —, le Roi de l’Épée qu’il avait appris à connaître cette fois-ci avait un certain charme.
C’était le genre d’homme qui inspirait confiance : il ne se servirait jamais de confidences aussi sincères pour vous faire du mal.
« Et maintenant ? Le regrettes-tu encore ? »
« Maintenant… parfois. »
À ces mots, le Roi de l’Épée éclata de rire, et le chef du Culte du Vent Céleste rit avec lui.
« Tout ça, c’est la faute du Jeune chef du Culte du Démon Céleste. Alors toi aussi, méfie-toi. Chaque fois que tu te coucheras dans cette auberge, tu pourrais regretter cet instant. Rien ne dit que tu ne deviendras pas toi-même “ce type à la queue-de-cheval”. Ah ! J’ai dû être ensorcelé, à l’époque. Pourquoi me suis-je laissé ensorceler par ce Jeune chef qui ne vient même pas à l’auberge ? »
Une voix retentit alors derrière eux.
« Comme prévu ! Voilà enfin que tu parles comme notre chef de culte. »
Geom Mugeuk venait d’arriver avec l’alcool qu’il était allé chercher.
« Tu te caches pour ne sortir que lorsque je dis du mal de toi ? »
« C’est un malentendu qui en vaut la peine ! »
Geom Mugeuk rit et s’assit entre les deux hommes.
« Par une soirée pareille, il faut boire un verre. C’est un jour mémorable : Frère Ak et moi avons commencé à nous parler sans façons, et nous avons trouvé un nom magnifique, l’Auberge du Héros. »
« Rien n’est encore décidé. »
Le Roi de l’Épée avait beau se rétracter, dans le cœur de Geom Mugeuk, l’auberge avait déjà ouvert ses portes.
« Qu’est-ce qui t’inquiète tant ? Si la situation se complique un jour, écris ça en grand à l’entrée et affiche-le : “Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste est mon ami. — Le propriétaire.” »
Le Roi de l’Épée secoua la tête en riant.
« Alors, les ennuis seront dix fois plus graves. »
« Et nous, qui regarderons, nous nous amuserons dix fois plus. »
Geom Mugeuk avait même pris soin d’apporter une coupe pour chacun.
« Tenez, laissez-moi vous servir. »
Il servit d’abord le chef du Culte du Vent Céleste, puis le Roi de l’Épée.
« À ton tour de m’accepter un verre. »
Le Roi de l’Épée servit Geom Mugeuk.
Ils levèrent leurs coupes et burent. Assis sur le large rocher de la cour, ils partageaient un verre sous la lune…
« C’est bon. »
« Vraiment. »
Tous approuvèrent naturellement.
En reposant sa coupe, Geom Mugeuk prononça des mots qu’il gardait enfouis au fond de son cœur depuis longtemps.
« Je suis heureux que vous soyez tous sains et saufs. »
Le chef du Culte du Vent Céleste et le Roi de l’Épée regardèrent Geom Mugeuk. Tous deux savaient à quel point il s’était battu pour les sauver.
Le chef du Culte du Vent Céleste s’adressa à lui.
« Tu les as tous sauvés. »
Un sourire se dessina au coin des lèvres de Geom Mugeuk. Il disait toujours aux autres ce qu’ils voulaient entendre, mais comment aurait-il pu ne pas souhaiter entendre ces mots lui-même ?
Il avait vraiment voulu les entendre.
Bien joué. Tu les as tous sauvés.
Il avait consacré toutes ces longues années à lutter, rien que pour entendre ces mots.
Geom Mugeuk posa sur le chef du Culte du Vent Céleste un regard doux.
« Et vous, chef de culte, vous m’avez sauvé. Grâce à vous, je suis assis ici à boire avec vous. »
Le chef du Culte du Vent Céleste aimait d’ordinaire s’attribuer le mérite, mais pas pour cette bataille décisive.
« J’ai seulement saisi l’occasion et pris les devants pour m’en attribuer le mérite. Qui aurait voulu te voir mourir ? Même si l’épargner devait entraîner la mort de tous les autres… tant que tu étais dans le corps de cet homme, ton père ne l’aurait pas tué. J’en suis certain. »
Geom Mugeuk se rappela soudain ce que le vieil homme lui avait dit un jour : les gens admirables qu’il s’était entouré finiraient, à leur tour, par le guider et le rendre encore plus admirable.
« J’ai entendu dire que vous vous étiez placé devant mon père en lui lançant : “Vous avez perdu la tête ?” »
Le chef du Culte du Vent Céleste agita la main, comme pour balayer la remarque.
« À ce moment-là, j’avais perdu la tête. »
Ils éclatèrent tous de rire.
Tous trois burent dans la bonne humeur.
Lorsqu’ils eurent fini tout l’alcool et se levèrent pour se séparer, Geom Mugeuk évoqua leur prochaine réunion.
« Quand Lee Ahn et le second chef d’unité Cha seront de retour, buvons tous les quatre ensemble. »
« D’accord. »
À l’évocation de Cha Iran, le Roi de l’Épée se tassa légèrement. Geom Mugeuk ne manqua pas de le remarquer.
« C’est exactement pour ça que Frère Ak a besoin du second chef d’unité Cha ! »
Geom Mugeuk et le chef du Culte du Vent Céleste quittèrent la résidence du Roi de l’Épée.
Alors qu’ils traversaient ensemble la cour intérieure, le chef du Culte du Vent Céleste s’arrêta brusquement.
« Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
« Oui, chef de culte ? »
« Puis-je vous demander quelque chose ? »
« Allez-y. »
Une inquiétude inattendue lui échappa.
« Est-ce que ma présence aux côtés de Gowol… pourrait lui peser ? »
« Lui peser ? »
« Je veux dire exactement ce que je dis. Puisqu’il m’a fait venir ici, se sent-il obligé de veiller sur moi jusqu’au bout ? »
« Vous vous permettez d’insulter sans retenue le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, mais vous vous souciez encore des sentiments du Stratège Go. »
Le chef du Culte du Vent Céleste esquissa un sourire gêné, et Geom Mugeuk le rassura.
« À l’époque, vous l’avez tant supplié de vous emmener, et maintenant vous pensez être un fardeau ? Dans ce cas, partez carrément. C’est seulement quand quelqu’un n’est plus là qu’on réalise sa valeur. »
« Il est si occupé qu’il ne remarquera peut-être même pas mon absence. »
Quand on commence à s’inquiéter pour quelqu’un, des suppositions inutiles peuvent finir par empoisonner toute la relation. Dans ces moments-là, mieux vaut…
« Puisque vous en parlez, allons voir notre Stratège Go. Il ne dort sûrement pas encore, si ? »
« Il doit travailler. »
« Allons-y. Nous pourrons au moins le voir avant de partir. »
Geom Mugeuk prit la direction de la Lune Cachée, accompagné du chef du Culte du Vent Céleste. Arrivé sur place, il demanda au maître d’arts martiaux qui gardait l’entrée d’appeler Gowol.
En attendant, Geom Mugeuk reprit soudain la parole. Il répondait à la question que le chef du Culte du Vent Céleste lui avait posée un peu plus tôt.
« Je crois que c’est plutôt l’inverse. »
« L’inverse ? »
« Le Stratège Go doit se faire du souci lui aussi : “Est-ce que je pèse au chef de culte ? Est-ce qu’il renonce à parcourir librement les Plaines centrales parce qu’il est attaché à moi ? Et s’il finissait par se lasser de quelqu’un comme moi ?” Même s’il ne le montre pas, il doit beaucoup s’en inquiéter. »
« Tu le penses vraiment ? »
« À sa place, je m’inquiéterais. »
La réponse catégorique de Geom Mugeuk réconforta le chef du Culte du Vent Céleste. Même s’il savait que c’était pour le rassurer, ces paroles lui redonnèrent du courage.
Gowol sortit alors du bâtiment en courant, le visage rayonnant.
« Jeune chef du Culte du Démon Céleste, félicitations pour avoir vaincu votre grand ennemi. »
Gowol le salua avec déférence.
« C’est grâce à vous, qui avez veillé sur les choses depuis l’arrière. »
Le chef du Culte du Vent Céleste protesta d’un ton faussement contrarié.
« Et moi, alors ? J’ai moi aussi risqué ma vie au combat. »
Gowol se tourna vers lui.
« Vous aussi, vous avez fait du bon travail, chef de culte. »
Ses paroles étaient polies, mais une lueur espiègle brillait dans ses yeux.
Si le Jeune chef n’avait pas été là, son regard aurait semblé dire : « Chef de culte ! Vous avez fait encore mieux ! »
En voyant cette expression, le chef comprit qu’il s’était inquiété pour rien. Malgré tout le travail qui l’accaparait, Gowol était resté le même.
Gowol demanda à Geom Mugeuk :
« Comment vous sentez-vous ? »
« À la fois soulagé et amer. »
La mort de Hwa Moogi remontait à moins d’une journée.
Gowol comprit aussitôt ce que Geom Mugeuk avait sur le cœur.
« Vous vous inquiétez davantage de ce qui vous attend, n’est-ce pas ? »
« Vous pensez donc, vous aussi, que Père veut unifier le monde martial. »
Gowol partageait effectivement l’avis du Démon Lame du Ciel de Sang.
« Oui. Le chef de culte cherchera sans aucun doute à unifier le monde martial. »
Si Gowol voyait les choses ainsi, cela signifiait qu’au moins, c’était bien la réalité.
« Si vous deviez me conseiller en stratège ? »
Les Suprêmes Démoniaques, qu’ils le veuillent ou non, étaient tenus d’obéir aux ordres de son père. Le Démon au Sourire Maléfique et la Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes pourraient le suivre, mais tous les autres se rangeraient du côté de son père.
Gowol n’était toutefois pas encore le stratège du Culte du Démon Céleste. C’était son stratège à lui.
« Il existe un moyen infaillible d’empêcher l’unification du monde martial. Mais c’est une solution que le Jeune chef ne voudra pas adopter. »
« Dites-moi. »
Il n’avait jamais imaginé une telle solution — et, comme Gowol venait de le dire, il ne voulait pas l’envisager.
« Vous devez devenir chef de culte avant la fin des cinq années promises. »
« ! »
C’était aussi, dans le même temps, le moyen le plus sûr. Après tout, seul le chef de culte pouvait déclencher une guerre.
Le problème, c’était qu’il n’avait aucune envie de prendre la tête du culte tant que son père était encore dans la fleur de l’âge.
« Et avez-vous un moyen de me faire accéder à cette position ? »
Gowol ne répondit pas. Son expression montrait qu’il le savait, mais qu’il ne pourrait jamais le dire à voix haute.
À sa réaction, Geom Mugeuk devina la méthode.
Affronter son père en duel et l’emporter.
Si le fils devenait plus fort que le père, celui-ci lui céderait sa place de chef de culte.
Geom Mugeuk répondit calmement :
« Comme vous le savez, j’ai déjà été chef par intérim du Culte du Démon Céleste. Je restais enfermé toute la journée au Pavillon du Démon Céleste à travailler. C’était vraiment étouffant et pénible. Mais j’ai aussi compris que, si Père supportait ces épreuves, les innombrables membres de notre culte pouvaient vivre en paix. »
Le regard de Geom Mugeuk, qui s’était posé sur Gowol, se leva vers la lune.
« Le jour où Père se retirera, j’en ferai le jour le plus honorable de ce monde. Il sera à la hauteur de toute une vie de dévouement passée à protéger le Pavillon du Démon Céleste. »
Gowol inclina respectueusement la tête. Sa perspicacité lui permettait de comprendre parfaitement le sens de ces paroles. Il avait sûrement saisi la ferme résolution de Geom Mugeuk : jamais il ne prendrait la place de son père en le vainquant.
Le chef du Culte du Vent Céleste, qui écoutait en silence, trouva une autre solution.
« Hé, Jeune chef du Culte du Démon Céleste. J’ai trouvé un moyen d’empêcher l’unification du monde martial. »
Geom Mugeuk et Gowol tournèrent les yeux vers lui. Il leur proposa une solution inattendue :
« Mariez-vous et donnez-lui un petit-enfant. »
Geom Mugeuk crut à une plaisanterie et éclata de rire. Mais le chef du Culte du Vent Céleste était sérieux.
« Je ne plaisante pas. S’il tient dans ses bras un petit-fils adorable et beau qui vous ressemble, toute envie de faire la guerre lui passera sur-le-champ. Non, puisqu’il n’a élevé qu’un fils, donnez-lui plutôt une petite-fille. Croyez-moi ! Même ce terrible Esprit du Démon Céleste sourira devant une petite-fille ! »
Contrairement à Geom Mugeuk, qui avait ri de cette absurdité, Gowol hocha gravement la tête.
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« Vous ne dormez pas encore ? »
Quand Geom Mugeuk alla le voir, Geom Woojin se tenait dans la cour intérieure de sa résidence, les mains croisées derrière le dos, à contempler le ciel nocturne.
« N’est-ce pas pour cela que tu es venu, sachant que je serais là ? »
« Oui, c’est exact. »
Son père se couchait d’ordinaire tôt, mais, pour une raison ou une autre, Geom Mugeuk avait eu le pressentiment qu’il serait encore éveillé ce soir. Il avait donc dissipé par son énergie interne les effets de l’alcool qu’il avait bu plus tôt, puis était venu sobre.
Geom Mugeuk se plaça à côté de son père. C’était la même lune qu’il avait contemplée dans la chambre du Démon Lame du Ciel de Sang, avec le chef du Culte du Vent Céleste et le Roi de l’Épée, puis avec Gowol. À présent, il la regardait avec son père.
Jusque-là, il l’avait contemplée sans y penser, mais, maintenant qu’il se tenait là avec son père, son cœur se gonfla. Il était aux côtés de la personne qu’il avait le plus désiré sauver.
« Comment te sens-tu ? »
« Bien. Si bien que je ne crois pas pouvoir dormir cette nuit. Ah, regarde ça. »
Geom Mugeuk sortit une feuille de papier de sa tunique. C’était la liste qu’il avait écrite plus tôt dans la chambre du Démon Lame du Ciel de Sang.
« Voilà tout ce que je dois faire maintenant. Enfin, non, regarde plutôt ici. Ne va pas croire que tu dois rejoindre les Quatre Beaux et mettre les Suprêmes Démoniaques mal à l’aise. »
Les lèvres de Geom Woojin s’étirèrent en un sourire en coin. C’était la première fois depuis la mort de Hwa Moogi qu’il arborait cette expression familière.
« Regarde : voyager avec Père ! Je veux repartir en voyage avec toi, Père ! »
Il s’attendait, bien sûr, à ce que son père réponde qu’il était occupé.
« Alors, prépare de nouveau une canne à pêche. »
Son père attendait la revanche de leur concours de pêche.
Et, ce soir, il attendait son fils.
« Déploie la Technique de transfert spatial. »
Geom Mugeuk obéit et déploya la Technique de transfert spatial.
« Celle-là aussi. »
Sans discuter, Geom Mugeuk déploya également l’Art secret du Temps Céleste, révélant le paysage extérieur.
Bien qu’il eût déjà fait l’expérience de l’Art secret du Temps Céleste, Geom Woojin fut de nouveau stupéfait en le voyant. Le temps s’écoulait comme s’il s’était arrêté. À l’œil nu, on distinguait le léger battement des ailes d’un insecte qui volait vers la lanterne accrochée au mur.
Même si je lui enseigne tout le reste, je ne lui apprendrai pas l’Art secret du Temps Céleste. Pardonne-moi, Père.
Mais son père ne lui avait pas demandé d’ouvrir cet espace pour apprendre cette technique.
« Ton Art démoniaque des Neuf Calamités a franchi un palier. »
« Oui. Cette bataille m’a aidé. »
L’Art démoniaque des Neuf Calamités avait désormais atteint la onzième étoile. Il ne lui restait qu’un seul palier à franchir pour atteindre la Grandeur des douze étoiles. Bien sûr, ce dernier pas pouvait être impossible à accomplir de toute une vie si la chance ne vous souriait pas.
Geom Woojin dégaina l’Épée du Démon Céleste en parlant.
« Tu ne partiras pas avant d’avoir atteint la Grandeur des douze étoiles. »
Geom Mugeuk en fut stupéfait. Son père lui avait demandé de déployer l’Art secret du Temps Céleste pour l’entraîner. S’il portait encore son épée si tard dans la nuit, c’était aussi parce qu’il avait prévu que son fils viendrait.
Son père devait savoir que si son fils devenait plus fort, il lui serait encore plus difficile de réaliser son propre rêve.
Et pourtant, au lieu de lui demander de lui enseigner l’Art secret du Temps Céleste, son père voulait l’aider à atteindre la Grandeur des douze étoiles. Parce qu’il était ce genre de père.
C’est pour cela que ce combat est le plus difficile pour moi.
Geom Mugeuk sourit et s’adressa à son père.
« Comme tu le vois, j’ai beaucoup de choses à faire… »
Geom Mugeuk dégaina l’Épée du Démon Noir et répondit d’un ton ferme :
« Je partirai avant l’aube. »