Chapitre 818
Le regard du Roi Démon du Poing se tourna vers Geom Woojin.
Le chef du Culte du Démon Céleste jurait — chose qu’il n’avait pas entendue depuis longtemps. Dans sa jeunesse, il jurait assez souvent.
Avant de devenir le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, et même à cette époque, il avait une attitude bien différente de celle d’aujourd’hui. Quand il avait quelque chose à dire, il le disait. Il exprimait librement ses émotions. Il lui était même arrivé d’appeler le Démon Lame du Ciel de Sang « grand frère ».
Quoi qu’il en soit, une chose était certaine : au cours de sa vie, le chef du Culte du Démon Céleste avait bien plus souvent juré que lui.
Même si personne ne l’aurait cru.
Celui que les paroles de Geom Woojin choquèrent le plus fut Jin Peicheon.
Comment imaginer que cet homme puisse jurer ainsi ?
Jin Paecheon jeta un regard à Baek Jagang.
Ses yeux lui demandaient clairement : Tu le savais ?
Baek Jagang secoua la tête.
Mais il savait une chose : un homme qui avait déjà juré pouvait toujours recommencer.
Alors, le chef du Culte avait autrefois la langue bien pendue ? Comment a-t-il réussi à se retenir jusqu’ici ?
Plus il l’observait, plus il le trouvait incompréhensible.
Ceux qui n’avaient pas encore entendu la transmission vocale comprirent grâce aux paroles de Geom Woojin. Hwa Moogi ne jouait pas la comédie : d’autres âmes résidaient bel et bien dans son corps.
Le Roi de l’Épée s’avança et regarda le chef du Culte du Vent Céleste, qui avait paré l’attaque.
Voyant la gratitude dans son regard, le chef du Culte du Vent Céleste hocha une fois la tête, l’air rassurant.
Si les deuxième et troisième attaques de Hwa Moogi s’étaient enchaînées, impossible de savoir comment le combat aurait tourné.
Ce n’avait été qu’un seul coup, mais, au moment où leurs épées s’étaient heurtées, le Roi de l’Épée avait compris.
Puissant !
Jamais il n’avait rencontré une énergie interne aussi profonde.
Et il n’y avait pas que son énergie interne. Ce mouvement précis et raffiné ! Le Roi de l’Épée mourait d’envie de poursuivre le combat. Affronter un adversaire aussi puissant lui faisait bouillir le sang.
Le Roi Poison observa en silence Hwa Moogi, qui s’approchait de lui, faire demi-tour.
Il comprit.
Le chef du Culte avait détourné l’attention de Hwa Moogi de lui.
Le Roi Poison l’avait su dès le début. Le chef du Culte n’attendait pas de lui qu’il accomplisse de grandes choses dans cette bataille.
Il lui avait simplement demandé une chose : si le combat tournait mal, protéger le Jeune chef du Culte.
Quand il avait reçu cet ordre, un peu plus tôt, le Roi Poison avait répondu qu’il protégerait le Jeune chef du Culte en menaçant de tuer tout le monde.
Malgré tout, s’il avait été assis là aujourd’hui, c’était sans doute pour qu’il puisse bien observer leur adversaire.
Après tout, pour proférer des menaces efficaces, il fallait connaître son ennemi.
Hwa Moogi se tourna lentement vers Geom Woojin.
En un instant, l’air s’alourdit autour d’eux.
Son regard ne quittait pas Geom Woojin.
Le Roi Poison, qu’il avait d’abord tenté de tuer, et même le Roi de l’Épée et le chef du Culte du Vent Céleste, qui s’étaient interposés : aucun d’eux ne l’intéressait plus.
Ce n’était pas étonnant.
À cet instant, ce n’était pas Hwa Moogi, mais une autre âme qui fixait Geom Woojin.
« Comment osez-vous, alors que vous savez qui je suis ! »
Geom Woojin savait qui venait de prendre le dessus.
Le chef du Culte du Démon Céleste, trois cents ans plus tôt !
« Où avez-vous appris à parler d’une manière aussi répugnante ? »
La tension était telle qu’un affrontement semblait imminent. Pourtant, Geom Woojin le fixa droit dans les yeux et demanda :
« Qui êtes-vous ? »
Aucun d’eux n’avait encore révélé son identité.
Et à part le Maître du Palais de la Volonté Céleste — qui avait tiré son épée un peu plus tôt, furieux d’un désaccord sur l’interprétation de la Volonté Céleste —, personne n’avait même dégainé son arme.
Geom Woojin comprit.
Ces âmes étaient forcément soumises à des restrictions.
Je dois les briser.
Il devait les pousser à bout.
Plus les âmes logées dans l’Étoile meurtrière céleste se déchaîneraient, plus ils auraient de chances de la vaincre.
En temps normal, un adversaire d’autant plus chaotique et imprévisible serait d’autant plus dangereux.
Mais avec les Sept Grands Maîtres réunis ici, ce chaos jouerait en réalité en leur faveur.
« Je vous ai demandé qui vous étiez. »
« Je suis… »
Le pratiquant démoniaque à l’intérieur de Hwa Moogi ne parvenait pas à révéler son identité.
Une puissante contrainte l’empêchait de parler, lui qui avait été chef du Culte du Démon Céleste. Geom Woojin le provoqua davantage :
« Espèce de lâche ! Tu n’es même pas capable de révéler ton nom ! »
Au moment où ces mots parvinrent à Hwa Moogi…
L’instant d’après !
Une restriction céda.
Une aura démoniaque commença à se condenser dans ses yeux, jusque-là baignés d’une simple lueur écarlate. Jusqu’à présent, cette énergie avait été si ténue que seul Geom Woojin pouvait la percevoir. À présent, elle se manifesta au grand jour.
L’âme à l’intérieur de Hwa Moogi révéla son identité.
« Je suis Hyeok Do-cheon, celui qui dirigea le Culte du Démon Céleste il y a trois cents ans. »
Il aurait peut-être supporté ces insultes de n’importe qui d’autre, mais pas d’un chef du Culte du Démon Céleste d’une génération ultérieure.
Son orgueil ne le lui permettait pas.
Hyeok Do-cheon déclara d’un ton sévère :
« À genoux, tout de suite, et présentez vos excuses ! »
Une immense aura démoniaque se déversa sur Geom Woojin.
Fouuuuu !
Tous ceux qui se trouvaient dans l’auberge déployèrent aussitôt leur énergie protectrice pour se protéger. Bien que l’aura démoniaque ne visât que Geom Woojin, le simple fait de partager le même espace rendait la respiration difficile.
Alors, une seule phrase retentit.
« Je refuse. »
Le visage de Hyeok Do-cheon se figea.
Il semblait davantage déconcerté que furieux.
Il ignorait tout.
Il ignorait que le chef du Culte du Démon Céleste qui lui faisait face était celui qui avait un jour gravé les mots « Bande d’idiots » sur le mur de la Grotte céleste où Geom Mugeuk avait passé son épreuve.
Geom Woojin ne se montra pas indulgent sous prétexte qu’il avait affaire au chef du Culte du Démon Céleste d’il y a trois cents ans. Au contraire, il exploita son tempérament fougueux.
« Parce que vous n’êtes pas le Démon Céleste. »
Cette négation catégorique mit Hyeok Do-cheon hors de lui.
« Vous doutez de moi ? Je suis Hyeok Do-cheon ! »
Crac !
Le sol se fendit, des fissures se propageant sur toute sa surface.
Ce n’était pas l’énergie interne qui en était la cause, mais la seule pression de son aura démoniaque.
En vérité, cette aura suffisait à prouver qu’il était bel et bien Hyeok Do-cheon. Elle ne tirait pas sa puissance d’une simple énergie interne profonde. C’était la dignité d’un chef du Culte du Démon Céleste — une force qu’une aura démoniaque ordinaire ne pouvait jamais imiter.
Mais, au lieu de se laisser intimider, Geom Woojin jeta de l’huile sur le feu.
« Si vous étiez vraiment le Démon Céleste, vous seriez déjà sorti de là. Vous ne seriez pas prisonnier du corps d’un autre, à souiller l’honneur de notre culte. »
La colère d’avoir été touché en plein cœur s’embrasa comme un feu de forêt.
Oui, deviens fou. Laisse tes émotions éclater. Fais exploser ton aura démoniaque et sème le chaos ! Déchire les autres âmes !
L’épée noire que Hyeok Do-cheon tendait était pointée vers Geom Woojin. Il semblait prêt à se jeter sur lui à tout instant.
« Au cas où vous seriez vraiment le Démon Céleste… »
Tous s’attendaient à ce qu’il ajoute quelque chose comme : Apportez la preuve que vous êtes le Démon Céleste.
Mais Geom Woojin prononça des mots que personne n’aurait pu imaginer.
« Alors, vous êtes vraiment une honte pour tous les Démons Célestes. Tuez-vous. »
« ! »
Un lourd silence s’abattit sur la pièce.
Jin Paecheon déglutit.
À en juger par la situation, cette âme était sans aucun doute celle de Hyeok Do-cheon, le chef du Culte du Démon Céleste d’il y a trois cents ans.
Et pourtant, Geom Woojin venait de lui dire de se tuer ?
À une âme, en plus ?
Baek Jagang n’en eut pas la chair de poule.
Car il savait que Geom Woojin ne prenait pas ses paroles à la légère : il les pensait vraiment.
Dans cette atmosphère, Baek Jagang faillit éclater de rire.
À cet instant, quelqu’un éclata bel et bien de rire.
C’était Hwa Moogi.
Alors que l’aura démoniaque était sur le point d’exploser, le rire jaillit le premier.
Hyeok Do-cheon, qui avait été sur le point de déchaîner sa fureur, disparut et Hwa Moogi reparut.
« On raconte que le Jeune chef du Culte est un fou qui fait rire les gens. On dirait qu’il tient ça de son père. »
À cet instant, Geom Woojin comprit quelque chose.
Les âmes qui prenaient le dessus changeaient de façon imprévisible, mais celui qui les contrôlait, au bout du compte, était Hwa Moogi lui-même.
S’il ne les avait pas retenus, Hyeok Do-cheon se serait déjà jeté sur lui.
Hwa Moogi entra dans la cuisine à la recherche d’alcool.
Comme pour calmer Hyeok Do-cheon, toujours furieux, il remplit une grande coupe et la vida.
Puis il tendit la bouteille à Geom Woojin, l’air de demander : Tu en veux ?
Geom Woojin secoua la tête.
« Aucun sens du style. Un Démon Céleste devrait boire à même la bouteille ! »
Hwa Moogi prit le ragoût que Baek Jagang avait préparé plus tôt et le mangea en guise d’accompagnement.
« Il est un peu froid, mais bon. Qui l’a fait ? »
Hwa Moogi avait toujours l’air détendu.
Depuis qu’il était apparu, Geom Woojin s’interrogeait sur ce calme.
Pourquoi ne nous a-t-il pas attaqués sur-le-champ ?
Était-ce parce qu’il avait retrouvé le monde après une longue absence et voulait en profiter ?
Ou parce qu’il voulait jouer avec eux et savourer sa propre puissance ?
C’était ce que Geom Woojin avait d’abord cru.
Mais à mesure que l’intention meurtrière qui émanait de Hwa Moogi s’intensifiait, il parvint à une autre conclusion.
Lui aussi se montre prudent.
Geom Woojin le sentait. Malgré son calme apparent, l’intention meurtrière de Hwa Moogi ne cessait de croître.
Il se servait des émotions des personnes qui partageaient son corps.
Il accumule le meurtre céleste.
La puissance de cette Étoile meurtrière céleste atteindrait sans doute son apogée lorsque l’intention meurtrière qu’elle avait accumulée aurait atteint son paroxysme.
Hwa Moogi frapperait précisément à ce moment-là.
Cette constatation conduisit Geom Woojin à une autre déduction.
Si ce combat ne lui demandait vraiment aucun effort, il n’aurait pas besoin d’accumuler ainsi son intention meurtrière.
À présent, Geom Woojin avait deux possibilités.
Combattre avant que l’intention meurtrière ne s’accumule davantage…
Ou bouleverser les âmes qui résidaient dans le corps de Hwa Moogi.
Geom Woojin choisit la seconde option.
De leur côté, il y avait lui-même, le Chef de l’Alliance du Murim et le Chef de l’Alliance des voies démoniaques.
En face, il y avait le chef du Culte du Démon Céleste d’il y a trois cents ans et deux chefs d’alliance.
Si le destin les avait réunis de cette façon, ces âmes joueraient peut-être un rôle.
Il ignorait combien d’âmes se trouvaient dans ce corps.
Mais, jusqu’ici, trois s’étaient manifestées : l’Épée divine de l’Empereur martial, Hyeok Do-cheon et le Maître du Palais de la Volonté Céleste.
Une autre âme était censée être présente, mais elle ne s’était pas encore révélée : le Chef de l’Alliance des voies démoniaques.
Après Hyeok Do-cheon, la prochaine cible de Geom Woojin était la plus singulière de toutes.
Geom Woojin transmit ses paroles à Jin Paecheon.
— Ne souhaitez-vous pas voir l’Épée divine de l’Empereur martial ?
Jin Paecheon comprit.
Il ignorait l’intention exacte de Geom Woojin, mais celui-ci lui demandait clairement de faire sortir l’âme de l’Épée divine de l’Empereur martial du corps de Hwa Moogi.
Même sans qu’on le lui demande, il désirait revoir l’Épée divine de l’Empereur martial.
Jin Paecheon s’adressa à Hwa Moogi.
« Sers-moi un verre. »
Hwa Moogi éclata de rire en le regardant.
« Magnifique ! Le chef du Culte du Démon Céleste, qui a l’air de boire sans hésiter, se retient, tandis que le Chef de l’Alliance du Murim, qui ressemble à un lettré timoré, se révèle le plus audacieux ! »
La bouteille à la main, Hwa Moogi lui fit signe d’approcher.
« Viens ! Je vais te servir moi-même. »
Frrt.
Mais Jin Paecheon ne s’approcha pas. Il attira plutôt la bouteille à lui au moyen de la Télékinésie du Vide.
Hwa Moogi prit délibérément un air déçu.
« Tu es donc vraiment un lettré timoré. »
La réaction de Jin Paecheon fut inattendue.
Tenant la bouteille, il demanda poliment à Hwa Moogi :
« Chef de l’Alliance, accepteriez-vous que je vous serve un verre ? »
À cet instant, un sourire étrange se dessina au coin des lèvres de Hwa Moogi.
Puis, soudain…
Son regard changea.
« Servez-moi un verre. »
À cette voix calme, il était évident qu’une autre âme venait de prendre le dessus.
Jin Paecheon fixa un instant Hwa Moogi en silence. Il sentit que ce n’était pas une ruse : la personne devant lui avait réellement changé.
Geom Woojin admira la façon dont Jin Paecheon l’avait fait apparaître.
Au lieu de provoquer l’Épée divine de l’Empereur martial, il l’avait appelé d’une manière qui correspondait à son caractère, avec une seule phrase respectueuse.
Jin Paecheon s’avança, la bouteille à la main.
Glouglou.
Il remplit la coupe à ras bord.
Après l’avoir vidée, Hwa Moogi demanda :
« Savez-vous qui je suis ? »
« N’êtes-vous pas l’Épée divine de l’Empereur martial ? »
« Comment avez-vous su que c’était moi ? »
Quand il eut la confirmation qu’il s’agissait bien de l’Épée divine de l’Empereur martial, une émotion débordante envahit le cœur de Jin Paecheon.
Les paroles du chef du Culte étaient vraies.
Le regard calme, Jin Paecheon répondit avec franchise :
« C’est vous que j’admire le plus, Chef de l’Alliance. Chaque fois qu’on me demandait qui j’admirais le plus, je répondais toujours que c’était vous. »
Une émotion passa un instant sur le visage de l’Épée divine de l’Empereur martial.
Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas parlé ainsi avec quelqu’un de la faction orthodoxe plutôt qu’avec des scélérats. Et voilà qu’il apprenait qu’un homme l’admirait plus que tout autre.
« Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce corps ? »
À la question de Jin Paecheon, l’Épée divine de l’Empereur martial soupira.
« Le Palais de la Volonté Céleste possédait une relique divine qui absorbait les esprits maléfiques. Elle a aspiré les autres, mais m’a emporté avec eux. »
« Alors, pourquoi ce chef du Culte du Démon Céleste était-il là ? »
La présence du Maître du Palais de la Volonté Céleste était logique.
Mais pourquoi le chef du Culte du Démon Céleste se trouvait-il avec eux ?
L’Épée divine de l’Empereur martial hésita à répondre.
Il ne pouvait pas se résoudre à avouer au Chef de l’Alliance du Murim d’une génération ultérieure — qui disait l’admirer plus que tout autre — qu’il avait lui-même entraîné le Culte du Démon Céleste et l’Alliance des voies démoniaques dans cette guerre.
Jin Paecheon pensa qu’il n’y avait aucune raison d’hésiter, à moins que ce ne fût précisément pour cela.
« C’est vous qui les avez fait venir ? »
Après un bref silence, l’Épée divine de l’Empereur martial se remémora un autre jour au lieu de répondre directement.
« Je me souviens du jour où j’ai déclaré la guerre au Palais de la Volonté Céleste. Je me tenais fièrement devant tous les membres de la faction orthodoxe et j’annonçais que nous éradiquerions le mal et protégerions le monde martial. À l’époque, j’étais sûr de moi. Je croyais pouvoir mettre fin à la guerre rapidement, de ma propre main. »
Son regard s’assombrit.
« Mais la guerre ne s’est pas achevée rapidement. D’innombrables personnes y ont perdu la vie. Tout était de ma faute. »
Ayant lui aussi été Chef de l’Alliance, Jin Paecheon comprenait ce sentiment mieux que quiconque.
Mais ce qu’il voulait savoir, ce n’était pas ce que ressentait l’homme.
Il n’avait toujours pas obtenu de réponse à sa question.
« C’est vous qui avez fait venir le chef du Culte du Démon Céleste ? »
À la fin, l’Épée divine de l’Empereur martial répondit franchement :
« Oui. C’est moi. »
De nombreuses émotions affleurèrent dans ses yeux.
La plus forte était le ressentiment.
« Je voulais seulement réduire les pertes parmi mes subordonnés. Je voulais mettre un terme décisif à la guerre pour qu’aucun d’eux ne perde encore la vie. Même si ma réputation devait en souffrir, je croyais que c’était la voie à suivre pour le monde martial de la faction orthodoxe. J’ai fait ce choix pour le monde martial ! »
Jin Paecheon sentit son agitation monter et garda le silence.
« Et pourtant ! Le Ciel m’a traité comme le chef du Culte du Démon Céleste et le Chef de l’Alliance des voies démoniaques ! Il m’a entraîné avec le Maître du Palais de la Volonté Céleste, celui qui avait déclenché la guerre ! Tout cela parce que je me trouvais là ! »
À cet instant, Jin Paecheon ravala les mots qui lui montaient aux lèvres.
Était-ce vraiment la seule raison ?
Comme Jin Paecheon gardait le silence, l’Épée divine de l’Empereur martial crut qu’il le jugeait.
« Auriez-vous agi autrement ? Vous qui vous tenez aux côtés du chef du Culte du Démon Céleste et du Chef de l’Alliance des voies démoniaques alors qu’aucune guerre n’a éclaté ? »
Jin Paecheon ne répondit toujours pas.
Alors, quelqu’un prit la parole.
« Il aurait agi autrement. »
Celui qui répondit à sa place était Geom Woojin.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
« C’est un homme qui accourrait seul jusqu’ici pour son petit-fils. Mais jamais il ne m’entraînerait dans sa guerre. Le Chef de l’Alliance Jin est ainsi. »
Le regard de Geom Woojin croisa celui de Jin Paecheon.
Jin Paecheon en fut surpris.
Geom Woojin le comprenait parfaitement.
Il avait raison. À sa place, Jin Paecheon n’aurait jamais entraîné le Culte du Démon Céleste dans le conflit, même si cela signifiait que lui-même et tous les autres y trouveraient la mort.
Sur le visage de l’Épée divine de l’Empereur martial, la colère monta.
Entendre de tels propos de la bouche d’un chef du Culte du Démon Céleste — entre tous — était une humiliation insupportable.
Geom Woojin insista pour une raison bien précise.
Il voulait faire surgir des éléments imprévisibles au sein de ce corps.
À mesure que l’intention meurtrière s’accumulait, le trouble devait lui aussi s’amplifier.
« Vous dites que vous avez agi pour le monde martial ? »
Geom Woojin le fixa droit dans les yeux.
« Alors, prouvez-le. »
Il ne précisa ni comment ni ce qu’il devait prouver.
Car il savait que, dans des moments pareils, ne rien ajouter était la meilleure façon de frapper.
« Si vous n’en êtes pas capable… »
Geom Woojin le poussa jusqu’au bout.
Il ne lui demandait pas d’agir.
Bien au contraire.
« Alors cessez de ressasser vos vieilles histoires et faites apparaître quelqu’un d’autre. »