Chapitre 785
Seo Daeryong entra dans le village de Maga à la tête des enquêteurs du Pavillon des Enfers et de tous les guerriers chargés du maintien de l’ordre.
Quand plus d’une centaine d’entre eux firent irruption dans le village, les passants du marché se tournèrent vers eux, l’air stupéfait.
Naturellement, ils crurent assister à une sorte de procession de départ.
Pourtant, les guerriers chargés du maintien de l’ordre passèrent de maison en maison en criant à pleins poumons.
« Bien, tout le monde doit quitter son logement immédiatement. Emportez seulement le nécessaire et sortez sans tarder ! »
Les guerriers parcoururent le village de Maga et chassèrent les habitants de chez eux.
Ils commencèrent par vider non seulement les boutiques des rues commerçantes, mais aussi toutes les maisons des environs. Le village de Maga était plus vaste qu’il n’y paraissait, et sa population n’avait rien de négligeable.
Les guerriers du Pavillon des Enfers, qui avaient déjà préparé un plan d’évacuation, se dispersèrent dans les secteurs qui leur avaient été assignés et guidèrent les habitants vers la sortie.
Seo Daeryong se chargea personnellement de la Taverne du Vent Flottant.
Jo Chunbae et les clients qui étaient en train d’y manger le regardèrent, stupéfaits.
« Vous allez devoir séjourner quelque temps dans les logements mis à disposition par le Culte. »
« Est-il arrivé quelque chose ? »
À la question inquiète de Jo Chunbae, Seo Daeryong répondit calmement :
« Je suis désolé, mais je ne peux pas vous donner les détails. Je vous en prie, préparez vite vos affaires. »
Tous les clients se précipitèrent chez eux. Ce qui rassura quelque peu les villageois, c’était que ceux qui faisaient appliquer l’ordre étaient des guerriers du Pavillon des Enfers.
Depuis que Geommugeuk avait établi une antenne du Pavillon des Enfers dans le village de Maga, les habitants avaient reçu une aide précieuse. Grâce à eux, les guerriers qui avaient l’habitude de les harceler et de les maltraiter avaient complètement disparu.
Au milieu de sa confusion et de son inquiétude, Jo Chunbae pensa à une personne et se dit qu’un grave incident avait dû se produire au sein du Culte du Démon Céleste.
« Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste est en sécurité ? »
Seo Daeryong répondit avec un léger sourire.
« Bien sûr. Il est en sécurité. »
Malgré ses paroles, Seo Daeryong s’inquiétait intérieurement pour Geommugeuk.
L’ordre était tombé si soudainement qu’il n’avait pas eu tous les détails, mais le quartier général devait probablement être menacé. C’était pour cette raison qu’on évacuait les habitants du village de Maga.
Si le quartier général était en danger, aucun endroit à l’extérieur ne serait vraiment sûr.
Jeune Maître ! Je vous en prie, soyez prudent.
Au début, il avait regretté de ne pas pouvoir accompagner Geommugeuk.
Mais à présent, il était soulagé de ne pas être parti. Il avait ici des personnes qu’il devait absolument protéger : son fils, sa femme et ses belles-sœurs. Même s’il devait y laisser la vie, il protégerait sa famille.
Jo Chunbae ressortit après avoir rassemblé à la hâte le nécessaire. Avant de franchir le seuil, il se retourna.
Son regard inquiet se posa sur le mur du deuxième étage. En silence, il espéra qu’à son retour, ce mur serait toujours debout.
Quand Jo Chunbae sortit, les habitants qui l’avaient précédé murmuraient entre eux. C’était la première fois qu’ils devaient évacuer de cette façon ; tous étaient tendus et effrayés. Ils chuchotaient, persuadés qu’une guerre avait éclaté.
Jo Chunbae avait au moins une raison de se réjouir. Par chance, sa femme, Yang In, se trouvait justement chez leur enfant, dans une ville éloignée.
À vrai dire, il avait assez vécu pour ne pas regretter de mourir à n’importe quel moment. Ce qui lui pesait toujours, c’était sa femme, qui avait enduré tant d’épreuves toute sa vie, et ses enfants.
« Ceux qui viennent de l’extérieur doivent partir avec nous. Et si des habitants de Maga sont absents en ce moment, indiquez aux guerriers du Pavillon où ils sont allés. Nous leur ferons transmettre un message pour qu’ils ne rentrent pas pour le moment. »
Bien qu’il faille déplacer près d’un millier de personnes, tout se déroula sans accroc.
Personne ne contesta les ordres des guerriers chargés du maintien de l’ordre ni ne leur causa d’ennuis. Aux yeux des étrangers, on aurait pu croire qu’ils étaient simplement terrorisés par les guerriers démoniaques, mais ce n’était pas la raison.
Sans l’aide des guerriers du Pavillon des Enfers et les liens étroits qu’ils avaient noués avec le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, les villageois auraient pu croire que le Culte voulait leur faire du mal.
Mais à présent, ils n’en pensaient rien. Ils savaient qu’on agissait ainsi pour les protéger.
« Bien, tout le monde, en route pour le quartier général. »
Les enquêteurs du Pavillon des Enfers passèrent de maison en maison pour vérifier que personne n’avait été oublié.
Bientôt, tous suivirent les guerriers chargés du maintien de l’ordre en direction du Culte du Démon Céleste.
Les habitants du village de Maga furent saisis d’admiration devant la grandeur du Culte du Démon Céleste. La plupart n’avaient jamais franchi ses portes.
Après avoir marché un bon moment sous l’escorte des guerriers, ils arrivèrent dans une zone où étaient dressées des centaines de tentes provisoires.
« Les logements ne sont peut-être pas très confortables, mais je vous prie de patienter. »
Les abris contenaient de l’eau, de la nourriture et les produits de première nécessité dont ils auraient besoin pendant quelque temps.
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, allez à la tente bleue, là-bas, et dites-le-leur. Ils s’en occuperont. »
Au loin, deux hommes regardaient les villageois entrer dans l’enceinte du Culte. C’étaient Geom Woojin et Sima Ming.
Après avoir pris congé de Gowol, Sima Ming s’était rendu directement auprès du chef du Culte pour lui signaler l’apparition de l’Étoile meurtrière céleste.
La réaction de Geom Woojin fut exactement celle à laquelle Sima Ming s’était attendu.
— Je vois.
Sima Ming le savait bien : le chef du Culte n’était pas homme à croire aux présages célestes ni au destin. Il ne se fiait qu’à la volonté humaine et à la puissance des arts martiaux.
En effet, le chef du Culte accueillerait sans doute favorablement l’apparition d’une étoile aussi meurtrière.
— Que l’Étoile meurtrière céleste apparaisse à un tel moment… Quelle ironie.
À ces mots, Geom Woojin hocha la tête en silence. Il venait d’entendre parler de déclencher la transformation démoniaque, et voilà que l’Étoile meurtrière céleste était apparue.
— J’aimerais donc faire évacuer le village de Maga. Si cette personne se rend au quartier général, elle passera forcément par le village. Si elle est vraiment née sous l’Étoile meurtrière céleste, elle pourrait massacrer tous ceux qui s’y trouvent.
Sima Ming s’exprima avec prudence. C’était le genre de décision qu’on pouvait facilement balayer d’un revers de main, en la jugeant inutilement alarmiste, voire lâche.
Et puis, même si l’Étoile meurtrière céleste était apparue dans le ciel, cela ne signifiait pas que le désastre annoncé par sa venue allait se produire aussitôt. Nul ne pouvait savoir s’il surviendrait le lendemain, un mois plus tard ou même dans un an.
Pourtant, Geom Woojin donna aussitôt son accord.
— Très bien.
Ce consentement si prompt était déjà inattendu, mais le chef du Culte alla plus loin encore.
— Faites-les tous entrer dans l’enceinte du Culte et protégez-les.
Comme Sima Ming le regardait, surpris, le chef du Culte s’expliqua.
— Si nous envoyons les habitants du village de Maga ailleurs, les rumeurs ne vont-elles pas prétendre que nous préparons quelque chose ? Faites cela discrètement.
Sima Ming comprit. C’était aussi un moyen d’empêcher le porteur du désastre de croiser un jour la route du Jeune chef du Culte du Démon Céleste.
— Bien. Je m’en occupe.
C’est ainsi que les habitants du village de Maga furent conduits dans l’enceinte du Culte.
À cet instant, un remous parcourut la foule.
« Oh ! »
« Regardez là-bas ! »
Un groupe de guerriers démoniaques approchait dans la direction qu’ils désignaient.
Leur aura était bien plus intense que celle des guerriers chargés du maintien de l’ordre ou de tous les membres du Culte que les villageois avaient vus en entrant.
À la vue de l’homme qui marchait en tête, les guerriers du maintien de l’ordre tout proches s’inclinèrent respectueusement. Les villageois les imitèrent et baissèrent la tête.
Il suffisait de le regarder pour sentir la peur vous saisir le cœur.
C’était le Roi Démon du Poing. Ses poings énormes et ses muscles saillants semblaient prêts à exploser de puissance à tout instant. Même sans voir son visage redoutable, sa seule présence suffisait à écraser tous ceux qui se trouvaient là.
Derrière le Roi Démon du Poing marchaient les Poings de fer de la Faction du Poing de l’Est. Parmi eux, les plus puissants étaient connus sous le nom de Poings noirs. Celle qui les commandait n’était autre que Cheon So-hee, l’héritière du Roi Démon du Poing.
Chacun des Poings noirs était un maître que les guerriers ordinaires n’auraient jamais pu espérer affronter. Les voir tous réunis suffisait à couper le souffle sous la pression qu’ils dégageaient.
Leurs regards et leur aura étaient tranchants comme des lames, tels ceux de guerriers marchant à la guerre.
Les Poings noirs se rangèrent en formation sur le terrain d’entraînement, et le Roi Démon du Poing s’avança jusqu’à se tenir devant Geom Woojin.
« Je vous salue, chef du Culte. »
« Vous voilà. »
Geom Woojin félicita le Roi Démon du Poing d’avoir atteint un nouveau royaume.
« Félicitations. »
Le Roi Démon du Poing s’inclina profondément et joignit poliment son énorme poing à sa paume.
« Merci. »
Ce fut tout. Nul besoin d’en dire davantage : le Roi Démon du Poing savait que les félicitations de Geom Woojin étaient sincères. Les deux hommes se comprenaient sans parler.
Les habitants du village de Maga observaient la scène en silence, le souffle retenu. Ce n’est qu’alors que ceux qui se tenaient à distance comprirent que l’homme devant eux n’était autre que le chef du Culte lui-même.
Sima Ming regarda Geom Woojin et le Roi Démon du Poing côte à côte, et le souvenir de leurs jeunes années lui revint avec une netteté saisissante. Un instant, il vit leurs visages juvéniles se superposer parfaitement aux hommes qu’ils étaient devenus.
À cet instant, un autre groupe de guerriers démoniaques apparut.
Les habitants du village de Maga retinrent de nouveau leur souffle, cette fois sous l’effet d’une pression tout autre.
Quand ils avaient vu le Roi Démon du Poing et les Poings de fer, ils étaient restés bouche bée d’admiration. À présent, ils refermèrent la bouche et gardèrent le silence, terrifiés.
Tous les regards se tournèrent vers l’homme qui menait ce nouveau groupe.
C’était un jeune homme au visage d’une extrême jeunesse, et pourtant l’un des plus puissants remparts contre la guerre dans tout le monde martial : le Roi Poison.
Les douze bourses de poison qui pendaient à sa taille n’étaient pas ornées des mignonnes représentations des douze signes du zodiaque qu’on voyait souvent sur les bibelots. Elles n’avaient rien d’amusant ni de charmant. Elles étaient terrifiantes.
Chacune portait une représentation menaçante d’un animal du zodiaque. Les yeux écarlates du rat étaient à eux seuls grotesques, tandis que le tigre semblait prêt à bondir hors de sa bourse pour mettre quelqu’un en pièces.
Le Roi Poison ne portait ces bourses que lorsqu’il partait en guerre. Ceux qui savaient ce qu’elles signifiaient comprirent d’un seul regard dans quel état d’esprit il se trouvait.
Derrière lui suivait Sangseon, qui portait neuf bourses de poison, puis venaient les Crocs empoisonnés de la Forêt du Poison Céleste.
Chacun portait à la taille un nombre différent de bourses, mais seuls ceux qui en avaient au moins cinq étaient sortis cette fois-ci.
Les Crocs empoisonnés se mirent en formation comme les Poings de fer, et le Roi Poison s’approcha de Geom Woojin. Contrairement à son habituelle distraction nonchalante, il était à présent parfaitement concentré face au chef du Culte.
« Je vous salue, chef du Culte. »
« Soyez le bienvenu. »
À cause de son apparence juvénile, il semblait presque être le fils ou le neveu de Geom Woojin et du Roi Démon du Poing. Pourtant, sa présence n’avait rien à envier à celle du Roi Démon du Poing.
La tension entre ces deux seuls hommes semblait sur le point d’exploser, mais une autre présence écrasante ne tarda pas à faire son apparition.
L’air sembla trembler sous l’aura accablante qui s’abattit sur les lieux. L’homme qui venait d’arriver était le chef du Culte du Vent Céleste.
Il n’avait plus rien de l’homme léger et enjoué qui plaisantait à tout bout de champ. Il se tenait désormais là en maître absolu du Culte extérieur : le véritable ancien chef du Culte du Vent Céleste.
Après s’être approché de Geom Woojin, il s’inclina respectueusement et prit la parole.
« J’aimerais enfin mériter les repas que j’ai savourés gratuitement jusqu’ici. M’en donnerez-vous l’occasion ? »
Geom Woojin hocha la tête et répondit :
« Je vous en serais reconnaissant. »
Sima Ming en resta surpris. Le Geom Woojin qu’il connaissait aurait normalement décliné poliment, en disant quelque chose comme : « Cette affaire concerne le Culte. Je vous en prie, reposez-vous. »
Pourtant, cette fois, il accepta l’offre sans hésiter, pour une raison quelconque.
Puis une autre silhouette apparut.
Parmi les trois maîtres qui s’étaient présentés devant lui, il y en avait maintenant un quatrième, dont la présence et l’aura n’avaient rien à leur envier.
Les cheveux soigneusement attachés et une épée unique au côté, l’homme qui s’avança n’était autre que le Roi de l’Épée.
Il marcha en silence, chaussé de ses bottes.
D’ordinaire, chaque fois qu’il rencontrait le chef du Culte, il retirait ses chaussures par respect. Mais cette fois, il était venu en les gardant aux pieds : le message était clair, il comptait combattre aux côtés du chef du Culte.
Quand le Roi de l’Épée joignit respectueusement les poings en salut, Geom Woojin acquiesça silencieusement.
Il avait promis au chef du Culte de rester aux côtés de Geommugeuk et de l’aider le moment venu. Jusque-là, il demeurerait au Culte du Démon Céleste. Dès lors, tout ce qui se passerait au sein du Culte le concernerait également.
Quand les quatre maîtres furent tous réunis, Geom Woojin donna un ordre à Sima Ming.
« Allumez la flamme démoniaque. »
« ! »
Sima Ming ouvrit de grands yeux, stupéfait. Il comprenait qu’on convoque les deux Suprêmes Démoniaques et qu’on accepte l’aide de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste et du Roi de l’Épée.
Mais allumer la flamme démoniaque ? Le chef du Culte avait expressément dit qu’il ne le ferait pas : une fois le quartier général devenu une forteresse imprenable, ceux qui poursuivaient le Jeune chef du Culte du Démon Céleste se tourneraient vers lui à la place.
À cet instant, Sima Ming comprit.
Ah ! Le chef du Culte compte partir du quartier général avec ces quatre maîtres et aller à la rencontre de l’ennemi au village de Maga !
Il avait pris cette décision dès qu’il avait approuvé l’évacuation du village de Maga.
Peu importait que l’ennemi l’apprenne. En fait, c’était même préférable.
Le Démon Céleste ne serait plus au quartier général, mais dehors, dans le village de Maga, avec seulement un petit nombre de personnes.
C’était une invitation lancée ouvertement : il attirait l’ennemi à lui.
Sima Ming ne doutait pas de la justesse du jugement de Geom Woojin.
Quiconque était capable d’attaquer le quartier général — surtout s’il était né sous l’Étoile meurtrière céleste — ne ferait qu’entraîner des pertes inutiles si ses subordonnés se battaient. L’ennemi ne ferait que tirer profit de leur mort.
Si Geom Woojin avait été le genre d’homme à sacrifier ses hommes pour épuiser son adversaire, il aurait mieux valu tenir bon au sein du Culte. Mais il n’était pas ainsi.
Plus l’ennemi était puissant, plus il était déterminé à l’affronter de front. Tel était le chef du Culte.
Sima Ming le savait mieux que quiconque et obéit calmement à sa volonté.
« Oui. L’arrière est entre mes mains. »
Leurs regards se croisèrent.
Soyez prudent, chef du Culte.
Geom Woojin hocha une fois la tête, puis se détourna et s’avança.
Le Roi Démon du Poing et le Roi Poison lui emboîtèrent le pas, l’un à sa gauche, l’autre à sa droite. L’ancien chef du Culte du Vent Céleste et le Roi de l’Épée marchaient derrière eux.
À leur passage, tous les guerriers démoniaques et tous les habitants du village de Maga baissèrent la tête à l’unisson.
Sima Ming donna alors un ordre au général adjoint qui attendait à proximité.
« Allumez la flamme démoniaque. »
Le général adjoint partit en courant et, peu après…
Boum ! Boum ! Boum !
Dans tout le Culte du Démon Céleste, le grondement profond des tambours se mit à résonner. Des flammes jaillirent des braseros brandis par les statues démoniaques.
Au même instant, les formations et les mécanismes installés dans toute l’enceinte du Culte s’activèrent de concert.
Des formations protectrices se dressèrent aussi autour des tentes où logeaient les habitants du village de Maga, afin de les mettre à l’abri de tout danger.
Boum ! Boum-boum ! Boum !
Ainsi, le Culte du Démon Céleste se transforma peu à peu en une forteresse imprenable. Et cinq hommes en sortirent.
Chacun d’eux possédait à lui seul une puissance suffisante pour plonger toutes les Plaines centrales dans le chaos.
D’ordinaire, Geom Woojin serait parti seul affronter l’ennemi. S’il avait emmené quelqu’un, il aurait peut-être choisi uniquement le Roi Démon du Poing, comme autrefois.
Mais cette fois, il les avait tous emmenés, à cause de Geommugeuk.
« Mon fils a toujours vécu dans la crainte d’un être en particulier. »
À présent, Geom Woojin comprenait. Avec l’apparition de l’Étoile meurtrière céleste, il comprit enfin pourquoi son fils s’était entraîné sans relâche, pourquoi il avait lutté si désespérément pour devenir plus fort.
On aurait dit que son fils avait déjà su que cet être finirait par apparaître un jour.
Les quatre hommes derrière lui étaient tous étroitement liés à Geommugeuk. C’est pourquoi ils comprirent mieux que quiconque ce que Geom Woojin voulait dire.
« Si c’est bien celui que mon fils redoutait tant, je ne dois surtout pas le prendre à la légère. »
C’était à la fois un geste de sollicitude et une preuve de confiance envers son fils.
Si cet ennemi était bien celui que son fils avait tant redouté, il l’affronterait avec la plus grande prudence.
Geom Woojin se tourna vers les quatre hommes qui se tenaient derrière lui. Chacun était un guerrier sans égal dans son domaine, un homme qui se serait offusqué qu’on le dise deuxième, et plus encore troisième, dans un combat.
« Ce combat ne concerne pas le Culte », dit-il calmement, la voix ferme et le regard inébranlable.
« Il ne concerne pas non plus le monde martial. »
Puis, avec une résolution tranquille, Geom Woojin ajouta :
« Je compte effacer cet homme, pour mon fils. »