Chapitre 776
Après avoir pris congé de son père, Geommugeuk invoqua l’Esprit du Démon Céleste et maîtrisa la huitième forme de l’Art démoniaque des Neuf Calamités afin de découvrir ce qui avait changé en lui.
Mais avant cela, il convenait de saluer d’abord la personne dont l’apparence ressemblait le plus à celle de l’Esprit du Démon Céleste.
« Maître ! Comment allez-vous ? »
Le Démon du Poing remarqua aussitôt le changement chez Geommugeuk.
« Déshabille-toi. »
« Vous demandez à votre disciple de se déshabiller dès nos retrouvailles ? »
« Arrête de plaisanter. »
Geommugeuk ôta entièrement le haut de sa tenue.
Le Démon du Poing l’observa en silence, puis ouvrit soudain de grands yeux.
« Impossible… Tu as subi une Transformation corporelle complète ? »
Le Démon du Poing reconnut immédiatement la transformation du corps de Geommugeuk. Ils s’étaient souvent entraînés torse nu côte à côte ; il ne pouvait donc pas se tromper.
« Oui. Au cours de ce voyage, j’ai eu la chance de recevoir la bénédiction du Ciel et j’ai connu une transformation complète. »
La surprise passa un instant sur le visage du Démon du Poing. Renaître entièrement était une chance qui ne se présentait qu’une fois dans une vie, et que peu de gens avaient même entendu évoquer.
Comme son père, le Démon du Poing examina attentivement le corps de Geommugeuk. Son père l’avait fait par inquiétude paternelle, de peur qu’un problème ne soit survenu pendant le processus. Le Démon du Poing, lui, avait une autre raison.
« Pour un pratiquant des arts du poing, une renaissance complète a bien plus d’importance que pour n’importe quel autre artiste martial. »
C’était logique. Les techniques de poing faisaient du corps entier une arme ; si le corps changeait, l’arme elle-même se transformait.
Pour le Démon du Poing, l’expression « refonte complète » avait un poids immense.
« Autrefois, tu maniais les arts martiaux de l’homme. À présent, tu es parvenu à manier ceux du Ciel. Tu as posé le pied sur la voie de l’unité entre le Ciel et l’homme. »
Peut-être était-ce son maître plus que quiconque qui avait longtemps souhaité voir une telle transformation. Le comprenant, Geommugeuk l’écouta avec le plus grand sérieux.
« Avec ce nouveau corps, ne pas maîtriser le Poing de l’Asura tonitruant serait une insulte à la fois à l’art et à ton corps, tu ne crois pas ? »
Geommugeuk avait déjà sollicité le Démon du Poing une première fois pour lui demander de lui enseigner le Poing de l’Asura tonitruant depuis le début. Grâce à cet entraînement, il avait atteint l’étape suivante de sa voie martiale.
Sa compréhension des arts martiaux était devenue si profonde que la maîtrise suprême du Poing de l’Asura tonitruant ne lui semblait plus si lointaine.
« Cette fois, j’atteindrai sans faute la maîtrise suprême. »
Au moment où il maîtrisa la huitième forme de l’Art démoniaque des Neuf Calamités, le Démon du Poing l’exhorta à atteindre la maîtrise suprême du Poing de l’Asura tonitruant.
Geommugeuk pensait que cette suite d’événements était une bénédiction due à sa renaissance complète.
Cette renaissance était étroitement liée à des événements inattendus : ce n’était pas seulement une chance spirituelle ou physique.
« As-tu affronté quelqu’un depuis ta transformation ? »
« Non. »
Il se demanda pourquoi son maître lui posait soudain cette question.
Le Démon du Poing garda le silence, plongé dans ses pensées. Malgré son air d’homme qui ne se faisait aucun souci, il était bien plus prudent et réfléchi qu’il n’y paraissait.
« Tu es occupé, en ce moment ? »
Son maître, qui méditait en silence, lui demanda soudain s’il était occupé. Quelle que fût la quantité de travail qui l’attendait, il n’y avait qu’une seule réponse possible. Même si son père l’appelait, il aurait fallu qu’il lui dise cette fois : « Je ne peux pas venir tout de suite. »
« Non, je n’ai que du temps devant moi, Maître ! »
« Attends ici un instant. »
Le Démon du Poing entra dans ses quartiers et revint peu après avec une boîte. Geommugeuk ignorait ce qu’elle contenait, mais la couche de poussière et les traces du temps montraient qu’on ne l’avait pas utilisée depuis très longtemps.
« Suis-moi. »
Le Démon du Poing conduisit Geommugeuk hors du Culte du Démon Céleste.
Après avoir parcouru la région à vive allure grâce à leur déplacement léger, ils arrivèrent aux monts Daecheon. Le Démon du Poing emmena Geommugeuk dans une petite clairière, près de la plus grande cascade des environs.
Il posa la boîte sur un rocher voisin, puis se plaça face à Geommugeuk.
« Est-ce que tu me fais confiance ? »
« Pourquoi me demandez-vous ça tout à coup, Maître ? »
« Réponds-moi. »
« Oui. Je vous fais plus confiance qu’à moi-même. »
Ce n’était pas une simple formule. Le Démon du Poing inspirait une foi particulière. C’était le genre d’homme qui, si on lui demandait d’attendre cent ans, resterait là sans broncher, sans dire un mot, tout ce temps.
« À quel point me respectes-tu ? »
Geommugeuk tressaillit et recula d’un pas.
« Pourquoi vous faites-vous si effrayant, tout à coup ? »
« Réponds-moi. »
« Je vous respecte sans doute bien plus que vous ne le pensez, Maître. »
« Alors tu ne te fâcheras pas si je te frappe sans raison, n’est-ce pas ? »
« Quoi ? »
À peine eut-il prononcé ce mot que le poing du Démon du Poing fendit l’air.
Fiiiiou !
Boum !
Pris complètement au dépourvu, Geommugeuk se plia en deux, se tenant le ventre, et roula en arrière. Peut-être parce que le coup n’était animé d’aucune intention meurtrière, ou parce qu’il ne contenait pas de qi interne, la Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste ne s’activa pas.
« Pour les prochains coups, n’utilise ni ton qi interne ni aucune technique défensive. »
Geommugeuk se releva.
« Vous dites ça alors que c’est votre poing qui va s’abattre sur moi, Maître ? Vous voulez que je me laisse tuer ici… ? »
Boum !
Le poing du Démon du Poing le frappa de nouveau et l’envoya rouler au sol.
Si ce coup avait été chargé de qi interne, Geommugeuk aurait été tué ou grièvement blessé, c’était certain.
Mais les poings du Démon du Poing ne contenaient que la force du tonnerre. Il pouvait insuffler à ses coups une énergie foudroyante sans recourir au moindre qi interne.
Bien sûr, cela ne voulait pas dire que le coup ne faisait pas mal : être frappé par les poings du Démon du Poing était une douleur qu’on n’oubliait pas de toute sa vie.
Boum ! Boum !
Ses coups s’abattirent sans relâche. À chaque endroit touché, des décharges d’énergie foudroyante parcouraient le corps de Geommugeuk.
« Quoi, vous frappez votre disciple parce que j’ai connu la renaissance avant vous ? Si vous continuez, je répandrai la rumeur que vous étiez jaloux et que vous m’avez frappé par envie… »
Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
Cette fois, le Démon du Poing frappa pour de bon. Il ne visait aucune partie précise du corps et répartissait ses coups partout, sans distinction : le torse, les membres, et même le visage.
Peu à peu, les coups gagnèrent en puissance, et le courant d’énergie foudroyante qui les traversait s’intensifia.
Malgré la correction qu’il recevait, Geommugeuk comprenait parfaitement que le Démon du Poing trempait son corps.
Sinon, son maître ne l’aurait jamais roué de coups de la sorte.
C’est pourquoi Geommugeuk faisait tout son possible pour ne pas activer sa technique de protection corporelle.
Mais il avait beau la réprimer, la douleur irradiait dans tout son corps. Comment la Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste pouvait-elle rester inactive face à une telle souffrance ? Il devait lutter de toutes ses forces pour l’empêcher de s’activer.
*J’ai tellement mal, et je dois quand même t’empêcher de s’activer !*
Boum ! Boum ! Boum !
« Maître, frapper par-derrière, c’est déloyal ! »
Les coups se firent encore plus puissants.
« Ça fait mal ! Maître ! Votre disciple va mourir ! »
Il n’exagérait pas : il souffrait réellement. Et chaque fois que l’énergie foudroyante traversait les endroits frappés, des cris lui échappaient malgré lui.
Même sous les coups, il le sentait.
Le Démon du Poing concentrait toute son attention et toute son énergie dans chacun de ses coups.
*En ce moment, c’est Maître qui souffre plus que moi.*
Il percevait l’immense tension mentale que cela devait imposer au Démon du Poing. Le moindre coup mal dosé risquait de le blesser grièvement, voire de le tuer.
Boum ! Boum ! Boum-boum-boum !
Alors que Geommugeuk était sur le point de perdre connaissance sous cette avalanche de coups, le Démon du Poing cria :
« Tiens bon ! »
Les yeux de Geommugeuk, qui se fermaient, se rouvrirent brusquement.
« Ce procédé ressemble à la forge de l’acier : on le frappe pour le rendre plus résistant. Le matériau que j’ai devant moi est du Fer froid millénaire. Il faut le marteler avant que des impuretés ne s’y mêlent. »
Le Fer froid millénaire, c’était son propre corps ; le marteau qui le frappait, le poing du Démon du Poing.
Et ce marteau appartenait au plus grand maître du poing du monde martial, qui plus est chargé de la puissance du tonnerre. Il n’existait vraiment pas de marteau plus rare ni plus précieux.
Bang ! Kwaang ! Bang !
Si Geommugeuk n’avait pas été le disciple du Démon du Poing, il n’aurait jamais connu pareille chance. Jamais le Jeune chef du Culte du Démon Céleste n’aurait subi des coups aussi impitoyables.
Mais en cet instant, le Démon du Poing le frappait uniquement en tant que disciple.
Après l’avoir roué de coups de toutes ses forces, le Démon du Poing finit par s’arrêter.
Geommugeuk s’effondra aussitôt, mais ce n’était pas fini.
« Maintenant, va sous la cascade. »
« Dans cet état ? »
Sans lui laisser le temps de protester, le Démon du Poing envoya Geommugeuk sous la cascade rugissante.
« N’utilise pas ton qi interne ! »
« Je vais mourir si je ne l’utilise pas ! Aaaah ! »
Malgré ses protestations, Geommugeuk endura la cascade sans recourir à son qi interne. La violence de l’eau lui donnait l’impression que son corps allait se déchirer, mais il écartait les bras pour que le torrent le frappe partout avec la même force.
Il savait que c’était exactement ce que son maître voulait. S’ils étaient venus ici, c’est que cette étape comptait autant que la correction elle-même.
Kwakwa-kwakwa-kwakwa ! Le grondement assourdissant de la cascade couvrit tout le reste.
Quand l’eau s’abattit sur son corps meurtri, Geommugeuk eut l’impression que tout son être fondait. La douleur était encore plus intense que celle qu’il avait endurée pendant sa renaissance complète.
Mais il serra les dents et tint bon.
À quel point faisait-il confiance au Démon du Poing ?
Assez pour accepter de mourir si tout tournait mal.
Il endura, encore et encore, jusqu’à perdre connaissance sous la cascade.
Combien de temps s’était écoulé ?
Quand Geommugeuk ouvrit les yeux, le Démon du Poing se penchait sur lui. L’homme qui lui avait toujours paru terrifiant semblait désormais épuisé, vidé de ses forces et de son énergie.
« … Maître. »
« Tu es réveillé ? »
Il se trouvait allongé sur un rocher, près de la cascade. Une légère odeur médicinale émanait de son corps.
Geommugeuk comprit aussitôt : le médicament que le Démon du Poing avait apporté plus tôt dans cette vieille boîte avait été appliqué sur son corps.
« Tu as bien tenu. Je savais que tu en serais capable. »
Le léger sourire qui apparut sur le visage d’ordinaire sévère du Démon du Poing apprit à Geommugeuk que le procédé avait réussi.
« Un corps qui a connu une renaissance complète est déjà extraordinaire ; la plupart le qualifieraient de parfait. Mais si on le trempe comme il faut, il devient quelque chose qui dépasse la perfection. »
Le Démon du Poing lui révéla que ce qu’il venait de faire n’était pas une simple correction.
« La technique que j’ai utilisée s’appelle la Méthode de Trempe Musculaire de la Foudre. C’est un art secret transmis avec le Poing de l’Asura tonitruant. Elle détruit la peau et les muscles à l’aide de l’énergie foudroyante, puis les régénère. On ne peut l’utiliser qu’une fois dans sa vie, et uniquement sur un corps qui a connu une refonte complète. Je n’aurais jamais cru pouvoir la pratiquer de mon vivant. »
Geommugeuk se redressa. Il avait pensé que la douleur l’empêcherait de bouger, mais, à sa grande surprise, son corps lui semblait léger, presque comme s’il était né une nouvelle fois.
« Va te laver sous la cascade. »
Geommugeuk retourna à la cascade et se rinça pour enlever le sang et la sueur.
Quand il sortit et s’observa, il ne restait pas la moindre ecchymose malgré la correction sauvage qu’il avait reçue.
Sa peau semblait plus claire, ses muscles plus denses. Il sentait la force parcourir son corps : il était véritablement devenu du Fer froid millénaire, désormais forgé en une lame divine.
« Ça aurait été mieux si quelqu’un de plus doué que moi avait pratiqué la Méthode de Trempe Musculaire de la Foudre, mais j’ai fait de mon mieux. »
« Il n’existe personne dont le poing soit supérieur à celui de mon maître. »
Geommugeuk se leva et s’inclina profondément.
« Maître, merci. Vous avez transformé ma chance en une chance encore plus grande. Je vous en suis profondément reconnaissant. »
Le Démon du Poing sourit, satisfait que ses efforts n’aient pas été vains.
« Assure-toi d’atteindre la maîtrise suprême du Poing de l’Asura tonitruant. »
La chance de sa renaissance complète ne s’était pas encore épuisée.
« Maître, je vous en prie, enseignez-moi de nouveau. »
Geommugeuk ne repoussa pas son entraînement au Poing de l’Asura tonitruant. Après les efforts que son maître avait consacrés à lui, il ne pouvait plus retarder sa quête de maîtrise.
C’était, en vérité, une occasion à saisir.
Et Geommugeuk savait parfaitement que les portes de l’occasion ne restaient jamais ouvertes bien longtemps.
« Je viendrai vous voir chaque jour, jusqu’à ce que le tonnerre disparaisse de mes poings. »
Il ne visait pas seulement la maîtrise suprême. Il aspirait à un état supérieur, où il pourrait atteindre l’accomplissement tout en faisant disparaître le grondement du tonnerre de ses poings. Dans les arts martiaux, il existait une force qui dépassait la logique, qu’on ne pouvait décrire que comme une aura ou un élan. Il avait l’intention de ne jamais laisser retomber l’élan de cet instant.
*Je vais tout franchir d’un seul coup !*
Geommugeuk projeta son poing en avant, et le Démon du Poing lui opposa le sien. La différence de taille était toujours celle d’un adulte et d’un enfant, mais…
« Bien. Faisons de ce poing d’enfant un poing d’adulte ! »
À partir de ce jour, Geommugeuk commença à perfectionner le Poing de l’Asura tonitruant.
Après avoir terminé son entraînement de la journée, il rentra chez lui, ouvrit la Technique de transfert temporel et de transfert spatial, invoqua l’Art secret du Temps Céleste et continua de frapper avec ses poings.
Le lendemain, quand il revint s’entraîner avec le Démon du Poing, son maître fut intérieurement stupéfait.
*Il a changé à ce point en un seul jour ?*
Il supposa que cette évolution était due à la renaissance de Geommugeuk et à l’art secret qu’il lui avait appliqué, mais ce n’était pas la seule explication. Après tout, l’entraînement de Geommugeuk ne se limitait pas à une seule journée.
S’entraîner aux côtés de Geommugeuk, désormais renaissant, inspira profondément même le Démon du Poing.
Comment aurait-il pu en être autrement ?
Celui qui avait connu une renaissance complète n’était autre que Geommugeuk, qui avait aussi enduré la Méthode de Trempe Musculaire de la Foudre. S’entraîner avec un tel homme était une expérience extraordinaire.
Pendant leurs courtes pauses, Geommugeuk posait des questions qui touchaient à l’essence même des arts du poing. Pour le Démon du Poing, qui approchait déjà de la maîtrise ultime des techniques de poing, ces questions l’amenaient à réfléchir à sa voie martiale et à son entraînement. Tous deux échangeaient sans réserve leur profonde compréhension des arts martiaux.
Le Démon du Poing renonça à l’idée de lui enseigner.
Il s’entraîna à ses côtés.
Avec cette attitude, tous deux se consacrèrent entièrement à leur pratique. La chance de la renaissance de Geommugeuk s’était même étendue au cœur de son maître.
De tous ceux avec qui Geommugeuk s’était entraîné, le Démon du Poing était celui dont le rythme et le style s’accordaient le mieux aux siens.
Le Démon du Poing était un homme qui ne savait pas capituler. Dès qu’il commençait à lancer des coups, il ne s’arrêtait pas avant d’avoir les bras en morceaux.
Geommugeuk n’était pas différent.
Aucun son ne sortait des poings du Démon du Poing, tandis que ceux de Geommugeuk grondaient encore de tonnerre.
Lors d’un de leurs précédents entraînements, le Démon du Poing avait dit :
— Je me demande si mes poings feront de nouveau ce bruit, un jour.
Ses poings ne produisaient plus de tonnerre, mais il avait dit qu’il entendrait de nouveau ce bruit s’il franchissait une fois encore cette barrière.
L’un lançait ses poings pour faire renaître le tonnerre.
L’autre frappait pour faire disparaître le tonnerre de ses poings.
Depuis le terrain d’entraînement du Démon du Poing, au sein de la Faction du Poing de l’Est, le tonnerre retentissait chaque jour : c’était celui des poings de Geommugeuk. Les Poings de fer de la Faction du Poing de l’Est s’entraînaient en l’écoutant.
Cheon So-hee, la prochaine héritière du Démon du Poing, contemplait la direction d’où venait le bruit, le regard chargé d’émotion.
*Grand frère aîné s’entraîne vraiment de toutes ses forces.*
Le tonnerre qui continuait de retentir signifiait qu’il frappait sans cesse, sans repos. Ces grondements incessants rendaient tout le monde grave.
Avec leur maître et leur frère aîné qui s’entraînaient avec tant d’acharnement, comment auraient-ils pu se permettre de paresser ?
Chaque Poing de fer s’entraîna de toutes ses forces, jusqu’à ses limites. Même lorsqu’ils s’effondraient d’épuisement, Cheon So-hee continuait de frapper à mains nues.
Et même après qu’elle se fut effondrée à son tour, le tonnerre continua de résonner.
Puis, un jour, après d’innombrables journées d’entraînement éprouvant avec le Démon du Poing…
Le poing de Geommugeuk fendit l’air. Soudain, son mouvement s’interrompit.
Il lança son coup comme toujours, mais cette fois, aucun grondement de tonnerre ne suivit.
*J’ai réussi !*
Geommugeuk se tourna vers le Démon du Poing, le visage rayonnant de joie, tandis que le fruit de leurs efforts communs s’abattait sur eux comme si le destin lui-même l’avait décidé.
Kwahhhhhhh-BOOOOM !
Un coup de tonnerre éclata du poing du Démon du Poing, plus puissant, plus profond et plus fracassant que tous ceux qu’on avait entendus jusque-là.
Le grondement fit trembler le sol sous leurs pieds et résonna dans toute l’immensité du Culte du Démon Céleste, retentissant jusqu’en ses moindres recoins.
Ce fut l’instant où le tonnerre changea de mains.